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Full text of "Labyrinthe royal de l'Hercule gaulois triomphant : sur le suject des fortunes, batailles, victoires, trophées, triomphes, mariage & autres faicts heroiques & memorables de tres-auguste & tres-chrestien prince Henry IIII roy de France & de Navarre : representé à l'entrée trimphante de la royne en la cité d'Avignon, le 19 nouembre l'an MDC, ou sont contenues les magnificences et triomphes dressez à cet effect par ladicte ville"

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Des Forluney, Bafaiilei-, Vicioirej, il'ophee.f, 
Triompher, Mariao-e, bC?.ii\:vcs hit\s 
r J lie i-oïc ucs,è<. m cm ora blr .? de H-cr-Auou fie: 
^^Trcf-Cfireflrien Prince. 

H E N Tv Y 1 1 1 1 . ^oydc Fran ce , 












ramme . 



H-ENKY DE BOVKBON 
ROY NE DE B O N H E V i^- 




A V ROY 

La '■ville d'i^mgnon trefohlig€e,<(s^ tresfidele à ojojîre Maiefiè^oheyf- 
fante^O" yo'ùée à n^ofre couronneyà l'efgal de n^o"^ fliiJ natureh^O* 
fidèles fubie^s y fouz^l'ejhoir de iouyr du gracieux Soled de fvofire 
*^ycdle trefencey trejfailioit d'affe^iton^f^ d'allegrejfe,quand le hrmdlar de la nou- 
uelle guerre des brouées,^ les bruits des canons, l'efclair , le brd, ^ l'efr/tery de '■vo\ 
armes flambantes:, ^ foudroyantes fouz^ tefj>ejfeur des Jlpes inaccejfibles , (^ des 
rochers impénétrables à tout autre qu'à Jnnibal,^ à yom , firent à hnfiant ecclip/er 
ce rayon printanier Jequel dcfiaentrouuroitnoz^efi?erances, ^ fatfoit efpanouyr no'^ 
cœurs au leuer de cet ayfe^ comme la prime fleur à l'aube defiree d'yn toyeux renou- 
ueau. Atant demeurotent noz^attentes refroydies ^no'Z^ fouets verglacez^, noflre ioye 
flefrie à l'effaix^ ^ àl'obfcur de no7^ regrets : ne fut la bénigne influence de la 
Royne la Diane ^<^ coforte de foflre couronne Ja copaigne Trefaugufle de vofre heur, 
de-vo-^lû,^ de voz^fceptres, laquelle yiS^orieufe de la mer , i^r des ondes , triom- 
phante des 'vagues:,<(sr des flots^ yint à rechange ^ nom remgourcr de fin ^yalfe- 
ioury^ chajfer arrière de hoz^cœurs , (^ de no\murs t extrême defplaifiri que nom 
caufoit l attente de cette ,5MaiefîeylaqueUe nous auosde tout teps firuie^O' honorée au 
trùy<(s^ haz^rd de noz, moyens^O' de no'K^yies. Le deuoir requeroity S i R E, à la ve- 
nue de cette P rince fe le parangon, çy* la fleur des Primejfes de cet aage^ de faire pa~ 
roiflre en efieSilj&' efclorre^à fi bonne occafionyl' ardente deuotion ^ qui a régné touf- 
tours quant, i^ quant yoflre Maiefié dans noz^cœurs, autant de farter ef^es y SiR E, ^ 
de Louures njoflres , qùdy a d' âmes , ^ de corps dans lepourpris de no\, murailles. 
"Noflre S.? ère le Pape Clément IIX .noflre fouuerain Trince nous en donna le branfle 
far fes trefexprez^y 6^ reyterez^ commandements : monfeigneur l'illuflriffime Charles 
de Comtyfon vicaire gênerai y^ Vicelegat en cette légation , nous y exhorta i^ pouf- 
fa mjiuementdes infimes obligations que nous auons à voflre Maieflé nous y forcèrent. 
.Maù fur toutes chofes, vo"^ hauts faiSis, t£ proueffcs, vo\ combats,&* haz^rdsy To^ 
miSîoires,^ lauriers, les merueilles du ciel en l'eftablifjèment de voflre eflaty les tro- 
fhees,^ triomphes emportez^ fur ce grand monde franco'^ conquefléy^ fibiugué par 
'VoHre Valeur ( qui ne le peut,^ ne le fceut lamaù efire que par des dcfars, par des 
Clouùy ou par ijom^ les '^verdoyâtes Oliues de paix arborées au milieu de ce Royaume 
accablé naguieres^iù* raaalé lufques au centre de fon non-efi.reymaisreleué maint enat 



A V ROY. 

ParT'oJIre '-vertu ^ clémence iufques au T^nit de fes plus aj?eureesy^ Jolides pro/he^ 
ritez^, nom animèrent incontinent à ^vofu drejpr T-'n triomphe parmy lesr'ùes^^ pla- 
ces de vojlre trefaffe6îionnee Amgnon(ou le nS^orieux /Enoharbe dedta ladisfes tro- 
phées )(^ renouueUer,à la re'ùe de la féconde Rome en '■vozjnerites^les pafes^, ^ ma- 
gmfixeces des T\owains Empereurs fejioie\autref)iJ en la ipiUe captale du mode^ auec 
chatSycharwts,^ zArcs triomphaux Je s batailles defquels ne ment ère t iamaù tant de 
foldesyque les conquefles^çy yiSîoires de yojîre Maiejlé^de triomphes^de palmes,^ de 
lauriers, ^ueft lafoiblejfe de no%^ forces nous eufl fHiuy.O' fécondé à l'equwoUet de 
nozyœux^nouj nous promettionSi(^ fiatttons de fia de cette efferace de pouuoir entre- 
prendre chofe,finon proportionme à ^o\meriies:,au moins fortable à noz^deftrs^egale 
à nox^.moyes, Agréable a yofre Maiefé^acceptable a la Roynethonorable à no/ire epat^ 
mémorable à toute la poperité.Mais yoila que du premier abord tabfence inopinée de 
yofre Maiefé nous aterre^f^ nous abat y nous ycyans foudam frclos de l'ohieSi de 
no\ allegreffesy^ frujîrez^ de l'Idée denoz. triomphes : Catafrophe non attendue , ^ 
haftante pour nom faire defchoir de cœur, ^ de cour âge, f l'amour rteuf eflé plm in- 
ç-enieuxj^ accorda remédier à fes ob/iacles, que le malheur à trauerpr noz^ deffeins. 
Celîoit du deuoir que vojîre Maiefé triomphât en perfonnejaquelle tout ce peuple de- 
firoity<iT attendoit auec tant d'impatiece pour affouuirfon ame^O' fes yeux delà veùe 
duPrince fauteur y ^ tutelaire de fayille , prote^Ieurde fes ajjeurames: maù la 
fuerre yrgente^iiS' leuee de frez^aux confins de <-voflre Royaume ^fj eus ayant frufîrc de 
ce cofié la,nouj prtfmes l'expcdient,quifeul refait à nofre malheur.de reccuoir en trio- 
phe à fon nom^ts* en fa place le portraicî^^ image de yciire Maiefé.O' nous preua- 
lûir du droit ancien pracfiqHê par le doEie Empereur Adrian^ qui fit triompher à Rome 
t effigie de Traian^auquelle cas fur ue nu n auott permis deio'ùtr du triomphe en fa pro- 
pre perfcnne.^ au ce porira:£I, Si RE, que nom auons tracé à yofre Maiefié^ n'eB 
pas y ne peinture muette,^ mixtionee feulement de couleurs sams yf.e y'iue image pai'- 
lante.Û^ antitype de l'hifioirey&' Héroïques fai fis de ^ofre incomparable yaleur. Le 
modclle,&' l'idée en f'At retirée d Hercules (car auffi à 'l\ome ne f faifoit larnaù trio- 
phe que l'effifjie d'Hercules ne marchât deuant) de fon entregeant^f^ pofure.nom a- 
mons portraicî au natureU& naifué en parallèle les îraifts les plm eminents , f^ re- 
marquables de njoT^exploits^comme yiues couleurs de<-L'ofre Maiefié ^iSîorieufe , e!?* 
triomphante:pofeeSyi^ couchées fir le fonds de Ihijïoire , <i5r extra&ion des'%pys de 
J^auarre ^Joz.deuancf ers pour mg7ie\de lafouche^^ t'ge d'Hercules: lequel après la 
ytSîairedis Lommiens donna commencement au Royaume de Nauarre^i^ y jonda le 
premier larace Royale deyoz^maieurs Jefquelsyom aue\receu pour héritage lanja- 
leiir;& lefceptre d'Hercules. Alexandre le grand fe ^antoit,à ïaffemblee des Dieux» 
d!auoir iwité de près, ^ fuiuy à la pifie Hercules-, auffi beuuoit ddans fa coupe., fe ye- 
fiahàfois comme luy, cantrefaifoit fes pas, fes contenances^^ fes troignes. Milon le 
Crtt^mate feidinuincible Pancrattafie en la Grèce e(îoit de l'humeur d'Alexadri^s'ha- 
bUlait à tHerculienney s'affeublantde la toi fon de fonlyon, ^ branflanten main le 



A V ROY. 

hampe de fa majfe au preaUMe que d'entrer au Tournons. Les Empereurs CommodMy 
ts* Caracalla bien plus Jantafques que cela, a(Jot.e7^ après la Metempfycofe de Pytha- 
gore.penfoient iauoir dans leur s corps les deux âmes , cehy la à Hercule s ^[e faifani 
hahiUer^portrairey^ nommer comme Hercules: cettuy cy d' Alexandre, fe rendante 
■finge,fj la manette de fes apophtegmes, ^ detoutfon port. Mats ^ous aue\, SlRE, 
tar droit d'héritage ce que ceux cy nauoient que par prefomption^O" funtojme.Ceft le 
fondsi^ le champ de noflre tableau. Là deJpiSy au tour natal de VoJIre Maiefié , le ciel 
crayonna les premiers traiSîs de cette image, i^ en getta la première ordonnance,'voui 
rencontrant [owilà conjiellation genereufe du lyon calculée en Conxiefme maifon de 
ropre natmit€,prefage de ce que ^ojlre Maiejîé deuoit ejîre par après, ^ fuieSîà ns- 
(îre pinceau de donner À vojlre image pour cafaque d'armes U defpomlle du lyon pa- 
rement ordinaire d'Hercule s. C on formemet à cet horofope les mntfires t r ai 5î s, ^ pour- 
fils commencèrent àfe defcouurir en "vofîre W aage-,ou "vous auez^ cfihappéj^y e(?oufé 
mille embufches, (s^ dangiers comme fer^enteaux rampan s fir le berceau de yojlrea- 
dolefcence. En laquelle de fia, S i R E , Koy feulement de ?{Auarre, yom prefentajîes 
le duel en champ closyà vn lyon à herac,!^ le mittes par terre,i^ deflors efi^auchates 
pardiuers fuccez^j^ ^viSioires fignalees tout le proieSide feslmeamens Hercalmsjef 
guets 'ziofirc Maieflê du depuij à couloure-^, ^ reduiffs à leur entière , 6?^ inimitable 
terfSiion. Hercules desfit l' Hydre :'X>ofire Maiejléyparces mémorables tournées d'Ar- 
qués, d'Tury, d! Amiens, ^ autres prefque fans nombre a ahbatu plus d'armées, que 
l'Hydre nauoît de go-^ers s broyant à la moulette de yofire couteLis tranchant le 
pliis beau "vermillon de Vofire peinture. Hercules chargea le ciel fiir fes efiaules, (^ 
njoiu endcijfatesyle lourde yofire facre i ce monde de France , ou brillent les fleurs 
de lis fur le beau lambris de leur champ az.uré : oi ef latte le Soleil de '-uojire 
gloire : ou e flairent , à guize de flambeaux , tous les Princes , e!?" officiers de cet- 
te coronne , 7îe fe mouuans qu au branfle de njoi^ 'z^olontcs, & fur les pôles 
i^ refforts de vcfire ebeyjfance^ Bref ou la Galaxi^ argenture de cette ejchar- 
pe blaruhe rehaujje ' la candeur , ç^ la finccritc de ce peuple Gaulois blan- 
chijjant de <uoflre laiSi ^ O* brillant de voBre aflre. Ce ciel Vous auons nous mis 
4n main pour efcu, ^ pour boucher inexpugn.tble, fleurdelisé d'or, çy champé d'azur. 
Hercules ajfoupit le "Dragon gardien, (^ portier du jardin Hefpbride,fe rendant par 
ce moyen le matflre des ifles fortunées : yofire M ctieflé ay:.nt endormy au ^iron de fa 
douce obeyffarjce, du fommed de fes principales fu€urs,fa bonne '-viUe de Lyon clef 
frontière de la France fe yeid monarque payfible de ce flonffant Eoyaime lardtn de 
t Europe, le plias beau parterre de l'vntuers,o'à font autant de yergiers aue de yilles; 
eu germent les fleurs de lii^où yiennent les rofes de Florence^ ou fe y oit Paru le Pa- 
radis du Royaume, ^ l' ifle fortunée de France, le pi m beau fleuron ^ S i R E, ^? yo- 
flre chapeau de triomphe / toutes lefqucUes beautés nous feruoient iiy d'yn plafant, 
^ f,^^'fii'^- j!^yf^ge,He'/\:uUs a^rcj auoir tout gaigni hormis f y, fe voulut reu.'cre 



A V ROY. 

foy mefme-, sejlançant dansles brafcrs du mont Oeta : 'Vojîre Maie fié au tltu haut 
de fa ro'àe , fur la croupe de l'Olympe de fes fro^erite^y embrafee de l'amour de 
fes pouures [ubieSîs,fe furmontaellemefme tnfurmontable à tout autre ^ par fa feule 
clémence^ ofiroyantl'amnijiie générale des excez^pajfez^à tant de mdliers de Fran- 
^où : de laquelle "vertu lapine lUufre de toutes les autres, noM auions leué les plus ap- 
parentes couleurs pour rehauffer toutenfemble^c^ adoucir ce portratS^, O" en toucher 
le Vif âge du traiSîde vertu le plus beau , le pluj clair ^ ^ leplm remarquable en n^n 
Roy accomply de toutes fes couleurs. Hercules pour fes armes portait yne maf'ùe fai~ 
6îe de bois d'Oliue , laquelle après tant de coups donnez^t eftant replantée creuji en f-un 
grand Ohuler y O* dit on que la pl/^ part de ps voyages ne furent entreprms que 
pour trouuer l'Oliue , (^ la tranfporter en la Grèce, pour couronner les veinqueurs au 
Tournoys Olympique. S i R E , yo'^ demfes que font elles autre chofe^ que la majfue 
d'Hercules depemSîe en yoz^ admirables Galeries, fmee parmy vo"^ parterres^ efeuee 
par yo%Tudleriesj grauee dans vo'zJLoHures, brodée fur les Hocquetons de yoz^gar- 
desy burinée dans voz^medatlles, enchajfee dans ijoz^ loyaux, placée dans y oz^ ca- 
binet s^C^ threfors, efnaillee fur ïefmery de y 02^ cmrajjes , fourbie dans les lames de 
yoz^coutelas^Et quel a ejié le but de tant de cobats,finonque la paix de ce Royaume af- 
fligé 3 plantée à la force de <x>oz^ bras, après tant de conuul fions, O" auec tant de mer- 
uetlks? Ainfirefpondittesyom aux ambaffadeurs Efpagnols yenw pour traiSîer de 
la paixydifant que vous neprifiés rien tant que la paix,& queyous ne feriez^iamaù 
la guerre,que contre ceux qui refferoient la paix. De ce traiSînous retirâmes la maf- 
fe que youj auiês en main en ce tableau triomphal. Hercules de fia le puijjant, ^ fage 
Promethee des chaînes, qui le tenoient engagé en Caucafe : vous, S i R E , /;■« iour mé- 
morable à toute la Chrcflienté, que yoflre Maie/lé, auec la foubmi[fo?i., (^ ï obédience 
d^'-vnRoytrefchrefiien fils aifjédelEglife,profejfa.la foy de fes ancefires, (^ ré- 
cent le baifer de paix, la benediSiion, <(sr abfolutwn recherchée a'jec telle ferucur , (^ 
infiance, de fa famSîeté ; que fittes vous autre que couper tout àfatEî^ h neud Gor- 
dien de 'Z'o/lre efiat, <& brijeryne barrière de hens , O" de chtines pli^j efpejfes que 
celles que Sanche le fort Roy de Nauarreenfonfx à ladefaicîe des Arabes s chaînes 
lefqueL'es blafonnerent depuù lefcufon du Royaume !7{auarrois, comme les chaînes 
d'or embelhfioient laftatuëde l ancien Hercul Gaulois f' D'icelle humilité^ Sire, qui 
rend proprement admirables les 'T{oys , nor^j auions me fié , (g^ donné les ombrages de 
rvoflre effigie, qui donnctent toute la grâce , releuoient, ^ f ai f oient paroifire toutes 
les autres couleurs, lefjuelles ne fuffent efté que plates deftrampez^fans celles icy. En 
fin ce grand Héros Hercules,apres les longues cour fes de la fore fl de Menale , print la 
belle biche Menalee aux cornes & ongles d'or. Et yoflre Maiefié pour comble de fes 
fortunes,^ accompliffement du bon heur de la France a obtenu du ciel cette belle Prin- 
ce jfe y ray miro'ùer deyoT^humeun^ moulée à yo^yertm, ^ grandeurs, en laquelle, 
apresyotu,repofem toutesles plus folides efperances de 'xjofire peuple , qui enuoye à 
tout heure fis yoix,(^ fes yœux là haut au Roy des "^oys^ afin que d'icelle il yueille 



A V R O '^ 

kien tofi notu donner yn petit Uerculin. Cette btche emmenée en lejfe par Hercu- 
les efioit dépeinte en payfage y fouTjvn laurier verdoyant y ç^ donnoit beaucoup de 
frracei&'deyetieàtoutlerejiede l'œuure. Voyla en peu de mots la portraiture de 
l'image de vojire Maiejîé,en parallèle de l' ancien Hercules. Les proportions y ejloient 
aufJîeBrotSlefnent gardees^toutes en ppienaire^àla dimenfion de fept faces feule- 
ment : puù que toutes lesmefures prennent leur principe d'yn feptenaire^^' mef- 
me fart des proportions du corps a efié puifé de la plante^^' '-ve/ltge d Hercules. Car 
S 1 R E , pour ne dire tant de fois, que yojire Maie fié efl le feptiefne Roy de ce fecle 
enFrance^O' le neuf fois feptiefme de tous les Koys yoz^predecejfeurs ; voz.ans cou- 
rent par pptenaire,you4 eflant ia paruenu aufèpt fois feptiefme : '■uoz. quatre prin- 
cipales batailles, ijofire facre, yojire profefjion de foy^ ç^ plufieurs autres faiàs des 
plus importans eurent tous leur feptenaire comme l'on a deduiSïcy après : nombre di- 
uin,(^ augufie,fauorable,0' comme fatal àyojîre Maiefé,qui a propriété, C^ force 
corne yous, fur les efcroùelles, qui a félicité toutes les circonfances de ycflre triomphe 
dreffé en <iAuignon yille feptenaire de toutes parts ; fur le fubieSÎ d Hercules qui efktt 
de Thebes yille à fept portes, à l'occafon du mariage célébré le 1 7. de Decembre,auec 
la Royne aagee dey ingt fept ansjpetite fille de Ferdinand fptiefme Empereur de la 
maifon d' Aujîriche,yenuë de Florence auec dix fept Galère s, çy la fienne toute fepte- 
naire de feptante pas de long^ à '■vingt fept rames de chafquecoflê : a^ fur toutj'an 
du lubilé ejjentiellemet feptenaire, duquel efl efcrit en l' e friture faitjSîe.Tv CONTE- 
RAS SEPT SEPMAINES DANNEES, CEST A SÇAVOiR, SEPT POlS SEPT, QVl SONT 
EN TOVT QVARANTE NE VF ANS &C. CAR c'eST LE IvBlLE'.C?« noiurecognoifos, 

S I R.E , t admirable recentre des ans de'uo(ireaâge, auec ceux du lubilé. Mais pour 
nabufer auec tat de licece,de '^uoz^oreilles Royalles,»^ ne nous ejhndre dauataae fur 
ce fuic5ï traicîe à fonds puis après Ja proportion feptenaire de yoHre effigie fant a fee 
fur le ^iretotype dHt rc ules^ vous donna matière de drcfer le triomphe aujfi feptenaire 
fa fo fias yn labyrinthe des fept trauaux d'Hercules rapportez cy dejfi^s,^ appropriez, 
à ceux de njoflre Maiefc, le tout corr;pofc de fept Arcs triophaux efleuez^ aux fept en- 
^droicïs les plus célèbres de nofre yiUe^fur l'Hypothcfe de l'Hydre de <uo\ yiSîoires,dn 
cielde'voftre Koyaume,du iardinHeJj.>eriende yoz^'z^illes ^ des flammes de ijoHre 
amour (^ clemece^de l'Oliue rjr de la majfe de la paix,quaueifai6îe,du Vremethee de 
njoflre pïeté^^ religion,^ de la Biche de yoflre mariage. Sans compter les chariots. 
Galeries j Temples, Trophées, ^ Théâtres feruans au mefme ejfeEi , qui fe dedmfent 
par le menu par tout le fuyuant difcours. Nous Voulions icy finir cette dédicace^ 
^ prefenter à yoflre clémence ceportraiSîracourcy, O* comme réduit au petit pied 
efiroifjijfant yo\merueiUes dans l'eflroit de ce petit tableau^à l'exemple de celuy, lequel 
abbregea la Mapemonde de tout l'vniuers,dans le petit efpace de fn ongle: ou de l'au- 
tre, qui auoit réduit toute l'Iliade dans yn creux de noix:ou de T mante s ^lequel en njn 
petit coup de pinceau donnait à entendre mille chofes. Maisy SiRE;«o//i nouj auifames 

t s d'yn 



A V R O Y- 

d'il}}! coi» important de cette peinture que nom auions p'efque oublié mal à propos'.car 
cof^>e Phidias dépeignant le bouclier de Mmeme fin chef d'ceuure^y entajf a tellement 
€n yn bout fon vortraiSiyqud ne fouuoit ejire bifé fans défigurer O" corrompre tout 
tot'.urAve'.iiuffi "voHi nepouués fafferj SiRE, l'œil de n^ofîre bonté admirable fur cgtte 
effigie yofre^fans y recognoifire les aut heurs de ce froieSi^qui y font wfejie'z^ft auant 
que l'on ne peut ne les recognoiflie-, ny gaffer fans difformité notable du portraici. Ce 
font) S I ILE, les Pères de la Compagnie de lESyS, lefquels à no^re requefe, ontpro- 
teSIéyCondiuSIjO' n-enè tout ce defjeinit^ ont toufîours faiSÎ grand efîat de njom ho- 
nortr^O* fennr-,^ ne rien oublier de tout ce quils efîimoiet concerner le feruice de yo- 
fîre Maiejiê. Nous auons eïlé tefmoings irréprochables de leurs deportemens , mefme 
depuis la dernière bourrafque^ qu emporta le refle de leur bris, O* le rehquat de leur 
naufrage en naflre yilie.On ne peut dcfîrer pliu de foin^d'affecîion-<ij^ de zèle aubien 
commun j ou au feruice de '-uojhe couronne^quils en ont fuCÎ paroiftreyfans fe laffer 
iamais en ce deuoir. Auffi, Sire, aucz^ yovts fuiSî reluire les rayons de yo'^fuueurs, 
(^ Royales promeffesycnleur endroit, If ecialement en cette année du lubiU, année de 
remiffïon^anne^ feptenaire^annee cortcourant auecles années de yofîre aage^annee fep- 
tief;ie de leur drfpurt de la France, qui ejioit le terme or donc de Dieu^apres lequel tous 
les abfens deuount retourner en leiirpatrie^ rentrer en leurs pofSejfïuns , eflre remis m 
leurs droitSyatpeûé pour cela an de remiffion au Deuieronome is.{^ 21. Toute la Chre^ 
fiielé^ S 1 R E; 4 reccu cette ioye de To^ folenelles promcjj^s, <^ careffesfi remarquables 
enuers<ette Copa^nieyles frutSis de laquelle elle yoiten toM les endroits de la terre ha- 
hitalle,^ noué en part.icuhir,qui yoyons àl'œiltouj les tours, les grards biens, quife 
font parleur moyen, en topu les lieux circonuoyjins-i^ limitrophes de yofre Royaume y 
okils combatet par leur docirine, c yie exemplaire, au moins p -rie dehors,^ parla 
tourtinej-es aduerfuires de nofrefyyt^ ceux lefquels pieça auoict antidaté leur ruine, 
fi yofre douceur^ ^ bonté merueilleufe,ne les eut empefché-Jeur donnât de fi belles^^ 
authentiques cfperaces, à la yt'ùe de toute la Frace,de pouuoir bien tofl feruir^auecque 
pl/nj de libertr,^^ cfficace.tant yo/Ire^oyaume,que la fainf^e Eglife^de laquelle yom 
ef es le fils aif??é. Cependant, S i R linons fupplions, en toute reuert ne e^ yo[lre facditi 
mcGmparahle,de donner tandis congé^O^ faufconduiSi à ce petit tableau, de ce prefen^ 
ier,c^proferner humblement ^au nom de toute cette yiUe^aux pieds de yofire Maiefléi 
afin que par fon fauorable accueil,il publie p/«/ hardimet, ç^^fans crainte les merueiU 
lei'fesproueffes de yofre Maiefé,(^ enseble l" entière affecîion^f^ deuotion r-nmortele 
de yoz^fîdeles Auignonois,qui ne cefferont lamais de prier le créateur de youj prolferer 
toufoun depha en plus ■,(^ yons ayant preferué par longues années à yozJRoyaumes^ 
Voujcobler de tant de guirlades auciel,quAue\merité de lauriers, (^ triophes en terre.. 

De voftre Maieflc La tref-obligee, tref- fidèle, &. 

n'.ef-obeyirancfi, 

La ville d'Auignon.. 




AVANT-PROPOS 

DE L'AV THEVR- 

c^r LBCtEVR. 

M Y Icâ:eur, fur les nouuelles itérées, par plufîeurs fois, 
de la delcéce du Roy en cette ville d'Auignô,& de l'em- 
barquemét de laRoyneà Liuorne, Monfeigneur Tlllu- 
ftrilîime Charles de Coty Eue{qucd'Ancône,vicaire gê- 
nerai pour fa fain6teté,& Vicelegat en la légation d'Aui- 
gnon, fe refolut de pouruoir,fans plus lôg delay.aux pré- 
paratifs neceffaires à receuoir leurs Maieltés j & en donna l'ordre aux ma- 
gnifiques feigneursConfuls de ladidle ville, leur enioignant de prendre 
les expediens , & s'y apprefter en diligence. L'on aflembla le Confeil le 4. 
d'Od:obre,& futdi6t,duconfentementde tous, que les reuerends Pères 
du Collège de la Compagnie de Iesvs, auquel la ieuneffe de cette ville eft 
eflcuee en la cognoilTance de toutes fciences, &: drefl'ee es bonnes meurs, 
fcroiét requis de la part de mondidt feigneur, & de ladiâ:e ville en corps, 
d'en entreprendre la charge, ôc en efpoulcr en chef tout le foin^ ce qu'ils 
firent aucc autant de volonté,que l'on dehroit, accompagnée d'vn grand 
zèle de leruir à fi Maiefté,<3^ honorer la ville. Le fixiefme d'Odiobre,^ fe- 
monce en tut taide par les députés du Confeil. Oncrayônale deffein du 
labyriiiths tout aufiitoft: iltut communiqué de viue voixaudidbCôfeil: 
prefenté à mondid: feigneur le Vicelegat en preience des Confuls lelon la 
forme Se teneur des loix,& bonnes couftumcs de la ville. Fut loiié, &ap- 
prouué de tous,& iugé trefconuenable, & fortable au fuient. L'on met la 
mainàl'œuure. Se pafl'e vn mois fur l'attente, tantoll du Roy , puis delà 
Royne,ores de tous les deux, que fut tout le temps qu'on peut auoir , tant 
pourproiedterle plan de ce Dedale,que pour le mettre en eftat.Trop peu, 
à la verité,fi l'on conddere de pres,ou l'appareil requis à receuoir vne Ma- 
icftc Royale \ où le grand corps du defîein, le monde d'hirtoircs , le laby- 
rinthe d'infcriptions de bien plus grande fuitte,& loilir que cela: laiflant 
à parc les recherches curieufesjes rencontres neceflaircs , les heures qui fe 
partent à rcuoir, fonder, minuter, parafer, & authentiquer toutes chofes. 
Nefutrafliftencediuinejque l'on aexpcrimcteefortfpeciale enpîufieurs 
occurencesjla prouidence infatigable du Princc,qui à toufiours viuemcnt 

anin* 



AP LECTeyR. 
aniaicj& prefTé raffaire:Ia vigilace desMagiftrats,qui y ont tenu la main: 
l'indalbicdes depucés^quly apportèrent tout deuoir,& diligence; l'efprit 
& vfagc du peintre,& des autres ouuriers^qui s'en acquiterent deucmcnt: 
ô<: fur tout la grandeur du fuieâ:,OLi l'on n'auoit peine , qu'à faire le tria- 
ge des threfors inexpuy fables, que Thiftoire de fa Maiefté, les miracles de 
la fortunejes hauts exploits de fa vaillance, la plantureufc moifibn de fes 
lauriers,& trophées \ & d'ailleurs le bon heur,la félicité, les rares qualitez, 
la grandeur,& Maiefté,la vcrtu,& eminencejla fpledeur, & la gloire delà 
RoyncjDous fourniiToiétton peut dire auec verité,ou que l'on n euffc fçeu 
amener iuiques là en demy année ce que l'on a veu drefle heureufement 
en vn mois ; où que l'on euife, fans doubte,du premier coup , ployé fouz 
le faix d'vne fi ardue,& foudaine entreprinfe. A Dieu en reuicnne la gloi- 
re caufe première, & principe de tout bien ; Theurjôc l'honneur au Roy, 
qui a cela de naturel, & de propre,que de faire bôdir,& galoper les elprits, 
qui s'approchent delà fplendeur de fa gloire, & du luttrede fesproûelTes 
pour en dilcourir, ou fpcculer quelque chofc.Mais comme ce fut quafi in- 
compatible, fignamment en fi grande briefucté de temps, d'auoir vn foin 
vniuerfcl,& furintendance architeélonique d'vn tel proicd: , pour affilier 
d'efpricô: d'oeil aux ouuiiers , & s'enclauer enfemblc dedans les outils,&; 
ferrailles des artifans^ou fe raualer iuiques aux penfees les plus menues, &: 
mechaniques;Mefrieurs les Confuls,& le Confeil y pourueurêt auifi^choi- 
fîfl'ans d'être eux fix députez gens expers, & entendus pour foulagerl'ou- 
urage, quant au faidl de l'executioniCe furent les Sieurs Thomas de Serre 
threfaurier gênerai de la marine pour fa Maicfté:Pierre Guiart S' de S.îuil- 
Ien:Ieà Michel Pertuvs,AnthoineCrozetJea A nthoineFabri,& François 
ChaylfijCitoics &: Bourgeois d'Auignon.Laf:eile>&:iournee du triopheef- 
coulee,ron nepcfoitricn de moins,que de mettre en câpaigne,& donner 
carrière à ceft ouurag;e de Ci peu de loi{u',& faire voir à la France ce laby- 
rîche de maUx,duquel par la fage c5duite,& prouidéce admirable du Roy 
come par le filet d' Ariadne, elle a efté defengagee quat & luy,ayant défia 
eu pour telmoing d'infuffisâce notoire la maieilé d'vne cour Royale, fans 
efuentcr d'auantage vn ouurage hafté,& prefque précipité, certes difpro- 
portiowné à la grandeur , & immenfité inaccefïible du fuieét; & qui 
n'a rien en foy de plus rare, ou plaufible, ou digne de laprefle , que la 
magnificence Royale,& le fomptueux appreft des Auignonnois, lequel y 
a efté rcmarquable,& digne de mémoire , qui eut peu correfpondre d'ef- 
pritj& d'éloquence àlabeautéduproie6t,ouauzele de leur cordiale affe- 
(Stion. Toutestoisil eftaduenutout autrement que l'on n'efpeioit: car la. 
Royne, ayant goufte cette preuue fi authentique de la fincere deuotion, 



Av LEcrerR, 

quclabellevilled'Auignonaapportédctout: temps au feruicc des Roys 
fesprote6beurs,commadaIe lendemain defon entrée, ^ue tout l'appareil 
fut rcduiâ: en bon eilat, & mis en Ton entier pour eftre prefenté à la Ma- 
iefté. Son Aurmonierenfitleraportde iapart: & l'ingénieur du Roy le 
Sieur Coni^antm de Serui le pourfuiuit chaudcmét, lequel encore depuis 
le départ de laPvOync,cuidant que l'on Te tut endormy furie meftier, en 
réitéra la demande par lettres en termes trefexpres, & preignans, & fur 
tout,par celles qu'il efcriuit de Lyon datées du /o.dc Décembre. le laiflc 
en arrière les recharges , qu'en a faict moniieur Hierofme de Gondy 
Gentilhomme d'honneur de la Royne, perionnage de grand mérite 
& réputation en ce Royaume , lequel depuis le deipart de la Maiefté en 
afollicité , & requis les Confuls, & la vilie par fes lettres plus d'vnefois; 
toutes kTquellcs mit jnces, de toutes parts, hrent refoudre lefdicls Sieurs 
Confuls,defe mettre quantjdk quant en deuoir de fournir aux de(pensdcs 
planches de taille douce, &fc fcruir fort a propos., de la commodité, qui 
s'eftoit prefcntee tout à point , d'vn certain Alemand excellent gra- 
ueur abbordc n'aguieres en cette ville, à autre occafion. Si que ne fe 
pouuant plus efchiuer,ne contreuenir à tant de deuoirs, & hypothèques, 
on fut contraint de croireplus,en cetcndroit;à tant de commandemens, 
que de dilayer plus long tempSjmefmeauec quelque intercil, & danger 
d'encourir les iugements de piufieursjefquels y verront plus de volonté 
que de taid:: n'y trouueront pas ce qu'ils attendoientoud'eiprit, ou d'é- 
loquence : & peut cftre encore eftimeront ce labeur lurannc , &: hors de 
failon , pour n'eftre lorry Q toit qu'on eulibien defiré. Mais le grand 
nombre de planches ne le pouuoit letrer au moule incontinent, &plu- 
ficursgraues occupations y font entreuenues àlatrauerfe; & fi auroiton 
nonobilant faiâ: telle diligence, Screduict le tout en tel point, que l'on 
en euffe peu auoir liilne au my Carefme , ne fut vn accident inopiné l'ur- 
tienu en mefme tcps àl'hnprimeur.qui amené l'afFaire à la lôgue quatre 
mois au delà de fon deuoir, & de noz efperances: que feroit bien en- 
core le moins de mal, fi l'oenure corrcfpondoit àla longueur du temps: & 
feroit bien afiez toft, s'il eHioic allez bien. Cependant, amyleâ:eur;(l le 
ftile vous femble précipité, les inueiuions haftees,lcs rencontres peu heu- 
reux, les fucccz pellemelleztantolcdubon heur, tantoftdu contraire; je 
vous prie de ne l'imputer à autre qu'a l'incapacité de noftre efnrit , & à la 
foiblelfe de noz forces t ou s'il vous plait d'eftre plus bénin , & fauorablc, 
a l'immenfité du fuiecV,duquel plus on en did:, plus on en laifïe à dire : & 
«ncorc au peu de; Ioy(ir,& dilette de ces beaux iours,qui abondent à ceux 
<^iii n'ont rien autre àfaire, q^u'a bien dire, à efpier les voyelles . à aJambi- 

tt quer 



AV LECTeVK, 
qucr les fyllabcs , à afinei* les mots iufqu'au vingt quatiiefmc carat, à 
tner,coinme l'on dinjcs périodes fur le volet. l'efpere que vous receurez le 
tout en bonne parc, & d'aulli bon cœur que ie vous levoucjiufqucs à tant 
que l'occalion s'eipanouyATc, ôc le temps plus propice fe présente de mon- 
ftrer que ic ne dedre plus grand heur à ma plume , que d'cllre employée 
au feruicede fa Maiellé^que ilionore,ôc admire par defTus les Maieilcz de 
tous les Roys de la terre. Adieu. 






TABLE 



TABLE 



DES PO INCT S PRINCIPAVX DV 
LABYRINTHE ROYAL. 

oAuec les prennes des (tAnagrammes, qui y font rapportés 

en amers endroits. 

CHAP. L 

/. L'argvment, & motif de tout l'appareil- pag. r. 

2. Les Roys àe Knnarre ijjm d'^Hercules fils d'Ojiris. pug. z. 

3. La majjite à'Hcnttles deuife ordinaire du Roj.pag.j. 

4. Bla/on des chaînes d'or des ^rmoyries de Nauarre. pinr. j. 

j. 3l(ifoH des Arttioyrtes de C^kdtcn tirées de la m^JJtte d'Hercules, pifr. 4. 

f. Le premier de la maifon de Medicis Buerard cheualier natif de ïrance. pa^.4. 

7, L'ancien Hercules à bataille à la pleine de Sellon en Trouence. pao. ;, 

8. L'origine^ CT célébrité fabttUufe dit champ j,ierreux de Sellon. pao-.^. 

p . Blafon des Armoyries d Attignon, cr des deux Gerfauts Hiéroglyphique d'Hercules.pag.if. 

CHAP. IL 

/. L'arrivée delà Royne en <^itignon.pag.iSa première couchée d'Ais a Sellon. pag./. 

2. Des vents de Prouence célébrés par les anciens, pag. 7. 

B. De l'humeur gmereufe, é" grandeur de courage de la Royne fymholizante auec telle dft 

Roy. pag. S. 
4. L'on va au deuant de fa Maieflé. pag p. 

CHAP. III. 



2. 



Le premier rencontre delà Galerie hors la ville, pag. ij. 

Les infcriptions d'icelle feruans de prologue a tout l' appareil, pag.13. 
j. Les fept emblèmes des fept planètes, pag. 14. 
4. La première wfcriptio-a triomphale, pag. i). 
}. Les trois -anagrammes qui s'enf/iittent. pag. /< . 

HENRICVS BORBONrrS GALLURJ'M REX. 
EN CLAVAM GERIS ROBVR BONI HbRCVLIS. 
X. changé en C. 

\maria MEDJCAEA REGINA. 
DEIANIRA MEA MIRE CARA.. 

G. En R. 
MARIA UllEDICAEA REGINA. 
DU ! EN CJ&A ME A CVîECARA. 

L De moms. 

tt i CHAP 



TABLE. 

CHAP. IV. 

/. Le s^cotJDKEiJCOiiTKz du char triomphal. pa^.ij. 

1. Sa fabrique, é" ordonnance, pag. iç . 
ï. L'efpec du Roy triomphale portée dam le char. pag. 20. 
4. Le cœur du Roy porté en triomphe dans le mefme ch0r.pag.2o. 
$. Le chœur du char des i4.Nymphes^auec lunon^à. voix é" inftrumentspag.zo. 

L'hymne triomphal chanté dans ledict char, pag.21. 

Ce qui fe pajfa au premier ahbord de la Tîoyne^au char,(jr a la Galerie. pag.i 3. 

La harangue de monfieur l' AjfeJJeur Suares.pag.22. 

V Anagramme de monfeigneur le C0nejlable.pag.2y 

HENRY DE MONTMORETiCt COTiEStABLE 
LE ROr TE CHERIT COMME SOISI^ BON ANNE. 
D. En O. 
g. Vefcription de la Royne,^ de fin appareil. pag. 2j. 
7. Les trois \^nagrammes qui étaient efiripts au char triomphal. p(^g.J$. 
iMARIA DE MEDICIS REGINA. 
I DE A SACRA IN DEI GREMIFM. 

V. De trop. 
MARIA DE CMEDICIS REGINA GALLOBf'M 
PERGO ^D ENRICVM REMIS x^D GALLIAM. 
P. De trop. 
HENRICVS BOKBONirS. pag. 20. 

HOC ROBVR IN ENSIBVS. 

Entier. 
MARIE DE MEDICIS f^g-^^- 

DAME ICI DESIREE. 
M. En E. 
CHAP. V. 
/. Le troisiesme kz-hcot<itk^ des fipt coronnes.pag.14. 

2. yotumpublicum efirit en dehors du Rauelia en vne des tours.pag.24. 

j. Vn Plebifiitum efirit en l'autre tourné' aux fipt créneaux de la mur aille. ib. 

4. Difcours du nombre feptenaire. pag. 2 6. 

r. Les ieus Impériaux ejioient fcptenaires. pag. 2 (f. 
t. Ejioient communs aux Primejjes. 
7. Le Roy ejitout fiptenaire.pag.26. 

5. La Royne aufiiejt feptenaire. pag.zj. 

p. Le iour, cr l heure de l'entrée de la Roy ne en Auignon furent feptenaires. pag. 2 7. 
\o. Hi}riuUs natif de Thebes ville feptenaire. ^ag.27. 
SI. L'an qui court feptenaire a caufe du Iubilé.pag.27. 

Rencontre fignale des ans de l'aage du Roy,auec Us ans du Jubilé. pag.2j. 
12 . Propriété du feptenaire de guérir des efcrouéllcs comme noz R0ys.pag.2j. 
/a. La ville d' Auignon de toutes parts feptenaire. pag.28. 
14. Lesfept Papes legitmesqui furent en Auignon l'v» après l'autre , é" «"^ ^t'i^s y ont faiSt 

de fignale. pag. 2p. 
/j. SainÛ^ urbain cinquiefme premier Autheur du feptenaire éC .^uignon.pagit. 

Pour quelle occafion il fit Auignon feptenaire. pag.^o. 
16. Les parallèles d' Auignon auecque Rome^(^ Confiantinoplc.pag.y, 

tj.Les 



TABLE. 

//. Lesfeft Dieux nuptiaux des fept Arcs triomphaux portants les fept coronnes montés a 

cheual^leitr eq»tppage,l€ur compagnie de fept cheuaux chafcun.pag.s2, 
iS. Les fiances que récitèrent Us fept Dieux. pag.j^. 

CHAP. VI. .,, 

1. Le qv atriesme rencontre du trophée drefiéau Rauelin. pag.^^, 

2. Les infcriptions dudiâf trophée, pag. 41. 

}. V emblème du nauire auec la confiellation de U coronne efUillee deuife commune a nofire 
ptinil Pere,au Roy,(jr à la Royne.pag.^2. , r. . 

4. Le nauire deuife de Paris,à' de I\omeju Reyaume.ér de l'Eglife. pag. 42. 

5. Le Blafon des Armeyries de nofire faincl Pere,é' l"' conuenance meruetlleufe defes efioilles 

auec le nauire de fainci Pierre, pag. 44. 
f. Les Anagrammes faifans à ce propos-.de N.S.Pere^du Boy,^ de la B0yne.pag.4f. 

CLEMSNS OCTAFFS 
SIC CLAVVM. TEV^O. 

S. En J. 
CLEMENS OCTAWS PoNtlFEX. 
JAM FLVCïyS COMPONET SENEX. 
cJW. Répété. 
CLEMENS OCTAVyS PONtlEEX CMAXIMVS 
ELVCÏf^ANTEM NAVEM SOSPES OiîOX IVVI. 
C. Et X. En V. 
CLEMENS OCTAWS PONtfFEX MAXIMVS ^LDOBRANDINVS 
BONVS SENEX CLAHyM PETRI FELIX CVSTOS DOMANDO MALÀ. 
2^ En L. O. Répété. 
HENMCVS BORBoNiyS REX TiAVABRAE 
BFX BINAE NAVIS NAVARCm'S ROBORE. 

R. En L/f. 
MARIA DE MEDICIS REGINA GALLIARVM 
lAM SIDERE A DIRIGAM MARE GALLICVM. 
N. En M. 
7. Le poile pre fente à fa Maiefié par mefiieurs les Viguier^à" Confuls.pag.44, 
/, Les t^nagrammes defdi5is yiguier^cr Confuls.pag.4(f. 
GEORGE DES TSSARS 
SAGE SERF DES ROTS. 

G. En F. 
TAVLVS ^NTONWS SAVVINVS 
TV ^IVS, vnA SALVS iAFlNlONIS. 

V. En I. 
NICOLAVS FERRERlVS ] 

VÎK CONSyi IVRA FERES. 

V. T^peté. 
fOANNES SIBTLLAEVS 
JLLE BASIS tAVENlomS. 
Emier, 

ft i lOSE^ 



TAiBLE./ 

.t.' .f^.f.epetc. 

9. L'infcription du cors de garde, pag. W^. 

10. K^uiTmn confedirejequec les /tnckns Romains, fag. 47. : 
ji. Va fenatnfconfultum k l' antique efcrit aux créneaux du mefme cars de garde, ^ag. 4.7: 
r.ï\\Vnedi^ki'''amenne4nifè^pd(:fiif ia forte éit pont le^df.pag.-4fJ^^^v■, «t^r.wisvVvl '; 
iz. L'ordre dec troupes qui entrèrent auec fa Alaielle.pag. 4P . 

•^> ":'=^, V'I^ ^ ■'" GHAP. VIL ...._. 

jL'E-'PïlEMreR'ARC^TRIÔMPHAL DV LABYRINTHE .^jh^'^ ' 

1. Le THE A:f«.E,^i^j^%/g'«f ./<î?. 54' ^'^ h/cripfions.Jtag. /^.^ ' ^ . ■■■ \ 

La le y ïr'toniphale. p^içr, ^^ L'argument debout U labyrinthe. pag. $4. 

Sa Maiejlé receue par le^g^ap/i couple 4es,violons.,pag^.ri^S',fy 
Taries Grâces, é" P'enm. pag-: ss -Le'ttr rnythologie^ pag. /j. 
Le foterion exhibé par les me/mes Grâces, pag. vr. 
Les clefs de la ville dehlteesa fa Màiejle pag. 6q. ' 

2. L'archttcfhire de l' Ah^'à'o^re ienique. pif g 6^, • - - 

La ville d' Autgnon fondée par les Ions autrement appeliez. Vhocenfes.^ en quel temps, 

qui fut fûnp^i)fnii-fo>id4tepr.pa^.6o. 
L'et^rKologiè'^âtt^PcÀt-c^lfîiit^fk^tf-. paa. ff-o. 

$. Varc dédie à M^rs^cetàd're iila vaiHa'ike^-dtïRo% é" a fes victoires, pag. St. 
■ Le^nom1arefeple4M\u'ej}t^teiNi^'fh4qH^de^'Marr,'é' de vaillance i pag '6u 

4. La première parall'éU de tirfâre dûtrculesauec les batitilks^ ér 'vtcietrcs du Roy. qui font 
toutes fiptenaires. pag. 62. \ > •** '• 

>. Les cinq entblcmes. Lei.du lab^yrintke di Dédale pourtotti lé fuHSfi pag. 6i. le 2. du fou- 
dre pour la iourneê d'Titry pàg, as. k i. du Salus pour l-a ioùrntè d'- Arques pag.6s. le 4^ 
des Jlymphalides pour Fontaine Frafrçoife. pag. 66. le $. de Troye^ é" ^e l^ ^°'^ ^^ f°^~ 
tune pour Amiens'f'dg, 6S-. • ^ • 
L'anagramme de motifieur de Bkon. 

HENRI DE fBOVKBON ; f^^-^7 

rBON UEyR-DS BIKON. 
Entier. 
Les infcriptios desfrotiJpices,cerniçkfy,&picdeJlals Grecques^é' Latines. pagyo. 
Quignon ne fut iamais prins par ajfaut. pag. 71. 

Les Anagrammes des deux ^Aces rapportes a la force » à- valeur du Roy y (jf de la 
Roy ne. pag. j2. 

BENRiers'hoàBùNirs ikex gallorvm. 

o LAP'S, REGNFM, ROBVR B02(J HERCFLIS. 
. X .En V. 
HENRICFS BORBONIFS. 
FNFS HEIC NOBJS ROm'R- 
Entier. 
MA ni A DE lMEDICIS. ' CMARIJ MED ICI A. 

lAM MEIS DICAR DBA.A<i\Vi'à.^:W^,i'i-^< -MUÀ kJIMICA DEL 
A Répète. .t.iVsv.'A ■ Entier. 

EERI^ 



=»! 



TABLE- 

ERRlCrS BORBOmrS. - ENEICP'S SdJiBOKirS. 

yiNCES ROBl^R OBEIS. BN SfB ROBORE VINCîS. 

Entier ^«^'^''• 

MARIA MEDICEA 

DEIECI AMARÂ. 

M. De moins. ^-^ •- • 
HENRIcn BORBoNiyS, MAkrAÎ>i'MEl3lClS' 
BEM! BÏNl DU ORBIS, CREDO, MARS, AC VENVS. 
E?itier. 
j, La csronne de laurier, f ag. j^. 

CHAP. VIII. 
/. Le cimqviesme rencontre de Pamajfe fur la belle croix baftie far îe Cardinal dû 
Fotx Légat d'Amgmn oncle de Phaim de Foix bifayeuldu Roy.pâg. 75. 
Les faicts tUuJlres, é" l'epitaphedu Cardinal de Eoix.pag. 76. 
LatirensdeMedicisfurnomméleperedesMufes.pag.jy. 

2. Lesfept (J^iitCes anciennes auec Phœbiti, Bacchus , Pan, &c. auec leur harmonie qui ime- 

rent des tniiruments fur le Parnaff'e.pag. yS. 

Le nombre feptenaireefiharmoniquc^mufical.pag.^S. 

3. Lesinjcr/ptionsqui ejloient en ce Parna/Jè.pag.ys)- 

4. Narré fommatre du grand fchtjme d'^utgmn appaisè par le Cardinal de Foix. pag. j§ . 
$. La ville dAuignon hautloiiee par le Concile pour /on zèle contre les Schi/mes. pag^j. 

CHAP. IX. 
LE SECOND ARC TRIOMPHAL DV LABYRINTHE. î{. 

1. Son THEATRE auec fa ^ru^ture ^é' parure. pag. Sj. 

L'adieu de Florencc,ô' de la Rope quiy fut exhibé. pag.S/. 

Les hommes illufres de Aledicts quiy furent reprejentés. pag. 90. 

Table de la Gcnealogie, é" extraction de la Boyne du coflé paternel. pag-.p^. 

Autre table de fon extraction du co[té maiernel.pag.çô. 

2. L'architecture de t^rc. p^-g.Ç'j- 

3. Ilejîoit dédié a Apollon to économe, f^ au facre du Roy.pag.g-j. 

La grande affinité des corohnes Royales auec les rayons du Soleil.pag.py. 

4. La parallèle d'Hercules portant le ciel, auec le facre, (jr règne du Roy. pag. ç S. 

Blafon des Armoyries de France comparées au ciel. pag. çB. 

Les fleurs de lit, qt le fain£i huile enuoyez, du ciel. ^ag. ç S.pç. 

Le facre du Boy ef feptenaire. pag. 100. 

Le ciel ejl tout feptenaire. pag. 100. « v ■.,\ îvavv*- 

Le nombre feptenaire fignifie la Maicjlé, (^ Ro'yaute'.pag.roo. 
5'. Les deux emblèmes. Le i Hercules auec la corne d'Amalthee, pag. lor. 

Les cornes font lefymbole de la coronne,^ des rayons folaires. pag^ioi. 

Le fécond emblème l'Arcbange Michel tutelaire de France auec vue cor ne\iabondace, 

^ les Hieroglyp hiques des cérémonies dujacre du Roy. pag. loi. 
(. Les injcriptions de l'Arc. pag. 103. ,. . ,.v 

Les Anagrammes propres du facre JHù^ahpag'ipJ^' 

UE^P4ÇyS-BQJKm^iK^y^ 
HEROS ViilCfS,^ /^' Û.^S,;g. . 



TABLE. 

tmiCVS BORBOmp'S galliarvm rex. 

LVX RVriLA RECVM BIS CORONASERIS. 
N. En T. 
MARIA DE CMEDICIS. 
DIADEMA RECIPIS. 
M. En f. 
tMARIA DE MEDICIS REGINA GALLORVM 
DIADEMA o^C REGNA LILIORVM REGIS. 
mi. Rejeté. 
y, La coronne de France fieurdelizee.-pag. 104. 

CHAP. X. 

1. Les REbfcoNTRES HiSTORiAvx qutejiaient inferez entre les Arcs triomphaux, pag. 10$. 

chartes Martel deliura i^uignon des Sarrajlns par vn ftege mémorable. p(ig.io6. 
Charlemagne fecopd fondateur de l'Eglife Cathédrale d' Auignon. pag. loé. 
Loys huicliefme p£re de fainci Loys deltare i^uignon de la tyrannie des AlbiTCoiSypar 
•vn fiege remarquable, pag. lo-j. 
i_^nig»on dementelee, ^ pourquoy. pag.ioj. 

i^aignon a efié ^Im puijfante^^ plm belle autrefois quelle n'ejl maintenant. pAg.ioj, 
Auignon ne fut tamais infectée à' hère fe. pag. \oS. 

Charles é" Alfonfe frères de S. L oys aut heurs des conuentions d' Auignon. pagAoi. 
a. Abbre^é des Seigneurs d' Aui^non,(j;^ l'hifloire de l'achept parfafainBete.pag.toS^ 
Sainâ Pierre de Luxembourg patrateur de n'iracUs parent du Roj.pag.iii^ 
Les deux Cardinauls de Bourbon Légats d' Auignon. pag. m. 
Brtefdifcours des Légat s^O- de la légation d' Auignon pag.i 12^ 
George d' Armagnac collegat d' Auigno» oncle du Rcy .pag.iis^ 

CHAP. XI. 
L'ARC TROISIESME DV LABYRINTHE. 

îw SoNTHEATRE aitec la bataille., é" Pyrrhique des Pygmees ou Cupidons auecque la grue. 
pag.117. 
Les fept hommes daéfes.Cr illujlres de Florence qui y iouérent pag.irp-. 

2. ta fabrique de l'Arc, pag. 12). 

3. Il efi'oit deâik h lupiter fiator, au bon heur du Roy.^é' ^ l^ reconciliatio des villes de France^ 

(jr des Princes auec fa A-faiefé pag. 12^. 
4.. La parallèle du lardin des Hefperides oii Hercules cueuillit les pommes d'or, auec Us villet 

C^ Royaume de France iardinde l' Europe. pag. 1 2. f, 

La reddition des villes fut fèptenaire. pag. 124, 

La réduction d'Orléans, Lyon, Paris.^é' autres villes. pag.124. 

Le fèptenaire domine aux iarcUns.pag.12^ 
5.,. Les cinq emblèmes. Le i.vn globe celefte auec le koleil tn leone,oà cji expliqué l'horofcope dit 

Rcy,^ appliqué ala reduâlion des villes. pag. 1 2 (f. 

L'habit de l'ancien Hercules vray Hiéroglyphique de l'horofcope du Roy. 

Le 2 .Emblème vn lyon reprefentant la ville de Lyon clef, de France comme le dragon- 

efioit le gardien dniardindes Hefperides. pag. ixd. 

Le s, l'Hercule Gaulois attirant le peuple anec fes chaînes d' or. pag.tzj. 

Le 4. kcercle excentrique-du S-oleilin Auge.pag.i2j-. 

Le j.taris aditigeant la pornme d'or au plus fort. pag. izi\. 



TABLE. 

(. Les infcripHons des deux faces del'Arc.pag. izS. 

Les Ana^ammes fur le fuiecf de la redu^io» des viHes.pag.r31. 



HENRY DE BORBON 
DE BON ROI BGN HEVR. 
0. Répété. 

MAPIA MEAIKtA 
Ma'KAP m'a EIMf. 
le fuii vne Deejfe tresheureufe. 
Entier. 



HENRY DE BOVRBON 
NÉ ROY DE BON HEFR, 
n. En E. 

MARIA DE CMEDICI 
MADRE DE I AMICL 
Entier. 



HENRICVS BORBONIFS 
VRBES HOTipRE yiNCIS. 
B. En E. 
CMABIA MEDICEA 
t^MER A MIC A DEI. 
Entier. 



HE?iRICVS BORBOTiIVS 
EN EN COR ORBIS BVIFS 
B. En E. 
CMARIA DE MEDICIS RhGINA 
DA REGNIS i^MIClS REMEDIA. 
S. Répété. 
La coronne ciuiqtte de Peuplier, pag.r^r. 

Epîgramme efcrit auec les anciennes chifres de Cttfar.pag.i^z. 

CHAP. XII. 
L-ARC QVATRIESME DV LABYRINTHE- 

Son THEATRE aticc fon appareil, psg.i^^. 

Scène lambique de U France deîiuree par l'Hercule Cauloù.pag.rjf. 
Varchiteclare de l'i^rc. 1^0. 

La dédicace à Miner ue la graîteufe.^^ a la clémence du Rcy.pag. ijû. 
La parallèle d'Hercules Je vcini^Hafit fj mcfme emlraié dans les faïKmes d'Oetha.auec 

la clemencc.,(^ ardente amcur du Roy enuers fes fubtecls. p'^g.ijâ'. 

Difcours de la clémence au Boy.pa'T. r;j. 

Le «ombre Jepienaire fyrhhoU de (JAUncrue,^ d'humanitè.pag.i}!!. 
Les En'hlenies. Le \.du Roy des ^beillesjequeln'a point d'aiguHîon^ou s'il en a,iln'en vfç 

point. pag. i,'<r. 

Le 2. de t' Eléphant carcjfant les hrehi4.pag.\jp. 
Les infcriptions.pag.14e. 

Les Ancgra/KMCs.pag.i^i. 

UENKïŒS BORBONIVS 
HIC BONVS VBKE NOBÎS. 
%,En E. 

.V^ARU DE mEDIClS REGIV^A GALLlnKFM 
y IDE FIDE RARAM G A LU REGIS ^AMICAM. 

D^. En y. 
éM>^RIE T)E MEDICIS ROTNE 
"Dieyf fE DESIRE MO?i MARX. 
£. En V. 
La corottite ciuiqtte ancienne de Chefne, pag. 141, 

fît CHAP. 



ENRICyS ^ORIBONIFS 
ERO yiK 'XONyS BONIS, 
C. En 0. 



TABLE. 

CHAP. XIII. 



I. Le sixiesme rencontre du Temple de lattus fermé ér drepatt Change.pag.T4i. 
Son ArchiteBure.pAg.i4S- Les 7. vertus des fept t^rcs fur le 'Temph\p(ig.t4f. 
L'infcription de paix. pag. 14^. 
Lefonnet chanté par le grand chœur de mufic^ae dans le temple, pag. 147, 

3, Les portraits, & éloges des hommes illufires de la race Royale^ qui firent iadis e^ttelqm 

a[te Héroïque en Auignon.pag. 14S. 
j. La Généalogie des Ducs de Bourbon auec leurs pertrai£îs, ^ éloges, pag. ï$f^ 

4. Le labyrinthe quarré fatB artificiellement, pag. i$x. 

CHAP. XIV. 
L'ARC CINQVIESME DV LABYRINTHE. 

I. La galerie aulieu du Théâtre auec fa firuilure. pag. i$s- 

Les Génies facrezdes Papes de la Tofcanequiy récitèrent. pag. 75 (f. 
Les Génies demeffiques qui récitèrent les alliances de MedtcU.p.i^j. 
Table générale des alliances de la maifon de CMedicis.pag. i^p. 
Les éloges des Rojs de Nauarre. 161. 

i. VarchiteBure de l'Arc. pag. 162. 

T.. Jl effoit dedté à Mercure Dieu de paix, ^ 4 //* paix générale entre les deu^x Roy s. pag. lét 

4. La parallèle de Gerion Roy des Bfpaignes ennemy d'Hercules , auec la paix faicîe entre le 
Roy^cr fa Maieflè Catholique. pag.iâz. 
Nombre fepienaire pacifique, é' ennemy de guerre, pag. itfj. 

<. Les emblèmes. L'vn de la paix depeinSfe , é" tirée du prototype de Tthulle. Vautre du Ca- 
ducée de Mercure qui correfpond de point en point à la dettife du Roy Dvo pko r ECir 

f. Les in fer ipt ions. pag. 164, 

Les Anagrammes tirez de la paix. pag. 166. 

HENRiCyS BORBOHiyS. MAFIA DE MEDICIS REGINA. 

ORBIS SVB HOC riRENS. DEI MEDIC 4 I7{^AJ\MA REGIS. 

S. En N. Entier. 

HENRICVS SORBONIf'S-.tJlIARIA DE MEDICIS REGINA. 
HEM! BINI DU RBGES ORBiS MERCVKU'S ^C DIANA. 

"N^ De moins. 

(JUARIA DE MEDICIS REGINA GALLORVM. 
HEA MIRA REGNA MIRE GALLICIS ^DDO. 

V. En L^. 

CHAP. XV. 
L'ARC SIXIESME DV LABYRINTHE. 

!. SonrHEATKEaitec fa fabrique. pag. i^p. 

Les tnfcriptionsdii Théâtre. pag. i <fp. 

Le combat d Hercules contre le Dragon qui y fut (shib/.pag.i/o. 

Les quatre Satyres fur le mefmtfme^. iji, 
V, L(irchifccifiïedudiSfArc.2^g-i74' " , 



TABLE. 

3. lîejtoit dédié à Dîàne.à la religion dit Roy,^' ^ l<^ Bénédiction recette de nojlre fainci Père 
le Pape.-pag.jy2. 

Le nombre feptenaire cjl le fymhole de l'Eglife Catholique, (jr Hiéroglyphique de hcne-. 
àiclion^^ abfolution. pag.172.^ 173. 
i. La parallèle d'Hercules defltant de Caucafe le grand é" f^g^ Promethee, atiecque le Roy 
rompant toutes les barrières, & coupant pnr fa conuerjion,toici les nœuds Gordiens de 
fin ejlat. ^ag.ij4. 

Ladeclaration que fa Maiefie fit à S.Denis de lareligton Caîholiqne.pag.ij^. 
Le premier Efnbleme d'vTf Cerfbeunantklapurefintaine.pag.i-jj. 
Le 2.du Soleil dtfsipant Us nuées. pag. lyj. 

Lej.dx Pegafe fié guindant au ciel,^ frapant le roch des pieds de derrière. pag.rj^. 
Le quatrie/hre du. Soleil fiortant plus bnllant de la nuee.pag.177. 
L' impudence, (^ indignité des Huguenots fyndiquans la Religion de fa Maiefiè.pa.ljf. 
L'ode NehttU Lemamca: fur le fuie^l du 2.Emi/lgme.pag.i7p. 
Les inficriptions de tout l'Arc.pag.tSj. 
Les Anagrammes appropriez a lapiete\é' Religion dit Roy, ^ de la Royne.pag.iSs. 

HENRfC'yS BORBONirS GALLIARVM REX. 
HIC RARyS ORBE NfMA RELICIONIS LVX. 
B. En /. 

ENKICVS BOKBONIVS. 
KO BORE NVBES f'INCIS. 
E. Répète. 

MARIA DE CMEDICIS REGINA GALLOB^M 
MIRA M^NDI GLORIA CLARES MAGE DIE. 
Entier. 

AVARIA DE MEDICIS 
ME DICAS DEAM IKIM. 
M. Répété. 
7. Laeonnne depalme.pag.iS^. 

C H A P. XVI. 
L'ARC SEPTIESME DV LABYRINTHE. 

/. Le THE atr e fur vne T'our dreféa l^immortalité , é" propagation de lamaifort-de d^urhon 
(^ kl'Epithalame Rejalpag.iSé. 
Les inficriptions de la Tour. pag. iSâ. 

Les i^uignonnois fiontnaturaltfiez au Royaume de Vrance, paT.iS/. 
L'emblème,^ âeuifie d'Hercules immortalisè,é' logé entre les C^Jlres.pag.xSS. 
Vi^nagramme de la Tour. iSg. 

MABIE DE (JHEDICIS BOTNE. 
lE MB DIS lA MERE D'VN ROT.. ^. ^^ 
.)■ , , C.En y. ^^ 

L'epithalame du Roy,<^ d^ URoyne chanté fur Utottr.pag.ipo. 
*; L^architeéîitre de l'Arc. pag. ipj.. 
^ il efi^oitdediikyemi M^maltjijr au mariage de fa Maiefié.pag.ips',- 



TABLE. 

Lt maris^e du Roy,é' dcfcriptton de la Gulere delà R0ytte.psg.rp4. 

Lemaria^ccjr voyage de lu l\oyne feptennires.pag.iç;^. 

Le nombre feptenaire domine au muriage,^ a, tous les anges, ^ progrez de la vie de 

l'homme, pag.ip^. 
4. La parallèle de la belle biche Menalee aux cornes d'or emmenée par UercuUs auec le m/u 

ri âge de fa M aie fié pagina. 

Emblemede Pétrarque remarquable fur labiche ^ la Laure.pag.ip6. 

LaLaure fut chafte.^vertueufe.pag.ipy.fon Epitaphe.ipj. 

Le Koy français fit defenterrer la Laure en Au'tgmn.pag.jçj, 

Aux triomphes des Empereurs Romains l'on fatfoit toujours mémoire de la mort. 

pag.jpS. 

Difcours de lamort adrefe a. la 'B.oyne.pag.iç%. 

Vers du Roy François au tombeau de la La'tre. pag.ipp. 
j. Le premier Emblème du Phœnix furutuant defts cendres. pag.2oo. 

Le fécond de Milon Crotoniates pancratiafie .pag.zoo. 

6. Les infcriptions de l'Arc. pag. 200. 

Les Anagrammes tracez fur le mariage Royal.pag.20t. 

HETiRICrS BORBONirS CMARIA DE MEDICIS REGINA 

SORS BVIC NON BREVIS kMIRA DEA TMEN DABIS REGI. 

B. En S. C. En B* 

MARIA DE MEDICIS REGINA. 
I DEA SACRA JN DEI CREmIFM. 
V' De trop. 

MARIE DE a^îEDICIS ROTNE DE FRANCE 

FIANCEE DE CE ENRT MON MARI DESIRE. 
D. En N. 

j. La coronne de myrte, pag. 20 2. j 

CHAP. XVII. 

I. Le dernier, rencontre des cetomnes d'Hercules. pag.2oy 
Bifioire des colomnes d'Hercules. pag.20f. 
Deutfe de Charles ,^i»t. pag. 20$. 

Les colomnes d'Heriules appliquées à la deutfe du Roy pag.206. 
Les mfrt^tions (lut y e fiaient. pag.206. 
Les\^narrnmmes.pa<T.2o6. 

HE'K^ICFS BOKBOHll^S HEN%îCFS "BOKBONIFS 

"SIS en ViRSîlS h]09{p% BIS T^EX HONOR VNÎCFS, 

B.Et/f, B. En X. 



TABLE. 

HENKICFS B0T{B05^FS GALLIAKVM REX 
BIS T{SX ÎN COLVMNA ROBFREA HEKCFLIS. 

G. en C. 

APPENDIX 

De ce que fe paflTa à noftre Dame de Doms, 
& les iours fuyuans. 

V Ann^umme de monfei^CHr le Vicelegat. 

CA%OLVS T>E COMITIBFS TROLEG^TVS 
rr MODO PETRI LOCO CLAVES SERFABIS. 

<j. 6n E. 

r. L'arc triompha l iref^épar mejiieurs de nofire Dame.fag.to/. 

Son i^nhiteÛure. pag.2o/. 

Ses infcriftions. zoj.zoS. 
2. "Difcours fommaire des Eglifcs dAu'tgnen. 

Sainte Alarthc première fondatrice de l'Egl'J^ Cathédrale. pag.^e^. 

Ety/riûlogie du nom de nosire Dame de Doms. 20^. 

Charleni;igne jecond fondateur de la mefme Eglife ruinée par les Sarraftm. 

p<*g.2\0, 

La fondât loa des autres Eglifes. tio. 

Le fondateur de nojlre Dame dicte la Principaa , (^ l'Etymologie de ce fur nom. 

pagzio. 

* 

}. Le portraicf de la Laure a Ventrée de la Cathédrale, pag. 2 ri. 
,^i en a ejlè le peir.tre. 211. 

Les louanges de Simon Mcmmm Prince des peintres , ^ (on epitaphe. 
pag. 211.112. 

4 . LaRoyneeJl receué à la porte de l' Eglife Cathédrale par monfeigneur d^K^uignon^ ^ au- 

très prélats. pag.zi^. 

La harangue de monJleurlepreuofiSuares a fa Maiejlé. pag.214. 

Le te deum la»damHS.2t$' 

5. La mejfe de la Royne au lendemain, pa^.z i f , 

La nounelle de la prinfe de M3-'it->ni!Un.2 j$. 
La ville en corps va falua fa Afaiejle 21$. 
La harangue e^ui luy fit yno^fieur '^'Hans V-^4fJeffeHr pag.u6. 
(>. Le prefent de laville d AHigmn ^at^afst- Maufté.pag.iïj' 
Autre harangue de monfieur Saares tAjfefur.pag.21j. 



TABLE. 

7, La collation foMptueufcé' Royale que niofeigneur le Vicelegatfit à fa Maie(le'.fa.2iy.2it' 

Les sept odes du Tempk de lamu comfofees far l' Autheur du labyrinthe.siç. 

La I. ode [ht les viâfoires du Roy : pour le premier Arc.pag.21c). 

La II. ode fur les Armes de France^ ^ facre du Roy : pour le fécond Arc. pag. 22e. 

La III. ode fur le lardin,^ vergier de France ^^ de Florence : pour le trotfiefme Arc.pag.22 4^ 

La ly. ode fur l'an du luhilé^^ Amnijlie du Roy : pour le quatriefme Arc. pag.226. 

La V. oie fur loUue^ é' la paix : pour l'Arc cinquiefne.pag.22fi. 

La VI. ode fur la Beligion du Roy, pour l'Arc fixiefme. fag. 232. 

La VIL ode fur U mariage^ ^ Bpithalame du J\oy : pour l'Arcfeptiefme.pag.2j^. 




Nous 



No V s F. Ferriol Gay Vicaire de monfieur rinquifiteur gênerai de la 
fainde Foy Catliolique en la légation d'Aiiignon, permettons à 
laques Bramereau Imprimeur en laditte ville d'imprimer le liure intitulé 
Le labyrinthe Royal, contenant l'entrée de Madame Marie 
de Medicis Royne de France , en la ville d'Auignon, ledid liure ayant 
elle veu&vifuc par quatre Dodeurs Théologies. Faidlà mefme, le di- 
xie(me Aurili6oi. 

Gay Vicaire de ïlncjulfiteur. 



Vautes furuenues en llmj^rejjton. 



II y en a quatre principales, molle (pour) mille en la page. :;(!.line 8. l'année i5îj.(pour)i;52. en la pag. iiS. Diu(pour)die.enIapag. 
— ., r™—,.... «. D_.. / . c™ — ..., X. D.,. j.Di,:i: — -n i ^ .., nombre sid-? Ja table. Auflîy a trop d'Apoftrophes 



17?. Empereur & Roy (pour)Empereur,8i' Père de Philippe Roy. en la pag 9é au n ^ ^ ^ ^ ^ 

Vargeiir, l'ouure, L'orraine, l'aimes,.'ci'ercrtinirir, l'arm oyc(ponr)largeur,Louurc, Lorraine, larmes, defcouurir, larmoyé, aux pag.ii. 



_ , ciîuurir, i armnyc^ponr;iargeur,Louurc,i.orraine,iarmes,aeicouurir, larmoyé, aux pag. II. 

sa. !i 9.97.96. 15 ?.i 17.17 i.i;jo l'inconftance de rortographeFrançoife,& le Itêtci.r débonnaire ûipporterontfî^cilement les autres,ilef- 
quelles neantmoins en voicy quelques vnes des plus grolfieres. 



'Fautes. 
Apas 

Republique 
ierment 
efpoles 
planSureufe 
crainc 
autre 

CINC^'. lESXfl 
celefte: Hebe 
Phyrriiam 
pronabia 
delà carte 
ccanc 

Cayrilidi 

cet 

H78. 

d'Annemare 

lu ri, 61. 

aux 

Arâiâus 

fe 

fe 

coftance 

Et.NEvOLEMTISIMVM 

HiiToher 

foit. 

Uunra 

Regionc 

furent 

qui 

le^n f iMsoi* 



CorreSiitn, 
Appaft. 
Police 
làrments. 
efpaules. 
plantureufe. 
train, 
autres. 
SIX1E5ME. 
ctlefte Hcbe. 
Pyrrhicam. 
prnnuba. 
la carte, 
feant. 
efpaiiTe. 
Grylilidi. 
c'cft. 
1378. 

de Dannemarc. 
liure 41. 
au. 

Arâicus. 
ce. 
ce. 

confiance. 

BENEVOLENTISSIMVM. 
faflohor 
fouet. 
lauoro. 
Ragione. 
feurent. 
qu'il. 
François 



3- 

6. 

20. 

M. 

i%. 

SO- 
3«. 

38. 

3». 

38. 

44- 
éi. 

«5. 
«7. 
75. 
Su. 
96. 

97- 
,S. 
58. 
loS, 

»7S. 

17*. 

184. 

197' 

198. 

196. 

IJ17. 

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aij. 



Tage. 



lin». 
41- 
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38. 

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28. 

M- 

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I. 

Jl* 
H- 

î- 
H. 



LE LABYRINTHE ROYAL 

DE LHERCVLE GAVLOIS 

TRIOMPHANT. 

SVR LE S VIE CT 

"DES FO RTVNE S , BATAILLES, vL 

doives, 'Trophées frriomphes,<iS^arîage, ^ autres faïBs FTeroiq^eSt 
(J mémorables du Roy, ç^c. 

- LES MOTIFS. ARGVMENT;ET's\^i'Eë'ï "" 

DETOVTL" APPAREIL. 

oAuec le Blajbn des (tÂrmes de ^hQauarre, de 
2iiedicis 3 ^ d'(L4mgnon. 

C H A P. L 

Es A D V I s incerrains &; perplez fur la venue du Roy ou de la ^ 
!<oyne ou de cous les deux enfemble firent des le commencement 
vifer à quelque bue qui fut propre & fortahleà l'vn &:à l'aurre; 
mais plus toutefois à la pcrfonne du Roy; puis que félon la Loy 
foL'inifite ff. de SfnAtoribt4i. FcemitJÙ dignit^tan clari(sn»am M'irtti trtbu- 
h r'^fc^(f'xi.-> ij /'«/^.Ou comme ditlIuflinian.^^/^fK/'. de Coff.^.jIvero.Vxorescorufcant 
radtjs MariUruM .Ea quoy on ne pouuoit fe croper,puis que l'on ne fcauroit reprefenter 
chofe plus agréable à cette tres-hcureule Punccflb , que de luy faire veoir tout à la 
belle première entrée du Rcyauîme l'heur de fon Mariage, la grandeur de fa fortune, 
la gloire Se maielté de ce Prjnce fans pair ; de l'alliance duquel Dieu la bien beuroit au 
delà de toutes les Princefles du monde. La pei fonne du Roy , fon eftoc & fa race, fes 
hauts faids &: mitaculeux fuccez formèrent incontinent vn Hercule Gaulois vido- 
rieux &: triomphant Les fept principaux incidents>&: dcftroids de fa vie.par lefquels, 
auec tant de merucilles,il eft parucnu à cette gloire, fournirent l'Idée dvn Labyrinthe 
feptenaire composé de fèpt replis & deilours; effigies par fcpt Arcs triomphaux fur 
l'hypothefede fept les plus fignalez trauaux d'Hercule que les fables des Poètes ont 
chanté auec tant d'appareil, & de pjafe. Et pour autant qu'icy fe traiifVoit d'vn Maria- 
ge Royal ; ils font defdiez aux fept Di'eus que le Poëte Epicharme à feint s'cftre trou- 
uez aux Nopces d'Hercules &: d'Hebe reprefentans les fept principaux dcgrezde ver- 
tu, de grandeur & de gloire, qui rendent le Roy admirable par tout l'vniuers. Outre 
|>kis ; parce que lefdids arcs triomphaux eHoienc par trop elloignez l'vn de l'autre ; à 

A caufe 




2 Le labyrinthe Royal 

caufc de la giandcur de la ville, & longueur de la rue triomphale ; & outre ce cftoient 

compolcz,lansrArchireâ:urc,d'Emblemes,Deuires,Inrcripcions,Anagrammes,&:au 
trcs lîngularitczrcquifcs; qui ne pouuoicnteftre remarquées en paflant ; l'on auoit 
obuic à tour, drciîanc premièrement à chacun vn Théâtre; &: y faifant exhiber quel 
que chofe du fuject , pour en ce pendant donner le loilîr d'arrefter la veiie fur la 
peinture,&: toutes (es appartenâces- En après par les interualles d'Arc en Arc ez coins, 
& aduenues les plus apparentes des rues , eftoient entremis S>c inférez diuers rencon- 
tres hiftoriaux ; comme Entrades , &: Epifodcs tirez des hommes Illuftres de la race 
Royale ; &: fignamment du parentage du Roy, qui fleurirent autrefois, ou feirent quel- 
que aéle Heroique,&: lïgnalé en la ville d' Auignon : de façon que tout l'attirail, & at- 
telage de ce triomphe eft composé de deux parties principales : a fçauoirdes fepc 
Arcs auec leurs fept Théâtres, & des rencontres, &:entremii'es entre chacun d'iceux. 
Yoyla en blor, & en gros i'inuention , & la trame de tout l'œuure, que ic veux main- 
tenant defduire en dcftail. 
j I Cevx (ivi fçauct la valeur & courage inuincible du Roy.les batailles qu'il a donccs, 
les vidoiresqu'ilagaignees,les places qu'il a forcées, les prouincesqu'il a fubjuguees, 
les ennemis qu'il a dotez, les rifques & fortunes qu'il a courues, les diffîcultez inexpli- 
cables qu'il a franchies,Ies deftroids &: perplexités qu'ilapaflees,les merueilles qu'il a 
faiéteSjle no,le bruit,Ie crédit & la gloire qu'il a acquife par toute la Chreftiété,ne s'e- 
ftonerontpas", fi onlafaidveoir enla perfonnc dHerculesr&conduid par vn laby- 
rinthe imaginaire, &: phantadé fur les labeurs Hcroiques du mcfme : & encore beau- 
coup moins s'en formaliferont ils, ayant entendu les conuenances,& paralleles,qui fe 
treuuent entre rvn&: l'autre. L'Ulufiremaifon de Nauarrea prins fa fource de l'An- 
cien Hercules fils dOiîris, lequel ayant battu &: combattu les Lominiens,qui efloienc 
les trois enfans de Gerion tyran des pfpagnes, & ayant afranchy ce peuple de leur fer- 
uitude, eftabliren cette Monarchie fon hlsHifpalus, les nepueux duquel fuccedercnt 
depuisàlacoronne&RovaulmedcNauarre. Du Barras l'î^pproprie à la maifon de 
foixjd'où tftcxtraide fa Majefté,en ce Sonnet, 

A V R O Y. 

Mo 5^(^ Tnncgydproche toy, n^ien, S la fleur des lloys : 
':BAcchiu fur noz^cofîaux, Pluton dans no7^ entrailles, 

Ceres fur no^ wallons : Themù dans noz^ murailles, 

Les Mafes dans no\ eaux : Tan habite en no\ bots. 
^ mefprtfe ces rocs , ces rocs ont autrefois 

Nourry ces grands Héros, quà njatncre tu trauailles, 

Héros, qut par duels, par feges^far batailles 

Ont poujTc tufque au Ciel l honneur du fang des Voïx. 
Hercule ayant 'vaincu le triple orgueil d'E/pagne 

Se fat père du Roy de ce coin de Montagne, 

^m des fîl\ de fesfilz^ a toufiours pris la Loy. 
Henry l'unique effny de la terre Hefperide, 

Tu ne pouuois auoir phis grand ayeul queAlade, 

Il ne pouuoit auoir pliu grand Nepucu que toy. 



1 



de rifercule Çaulois triomphant. 

Auflîenfuitedetoutcecy.leRoy fe plaifl: (îngulieremcnc à tout ce que tient de 
l'Hcrcules.Ses gardes Efcoflbyfes, fur leurs liocquecôs blancs portent pour deuile vnc 
maffe d'Hercules faifte d orfeureric au milieu de deux coronnes mifcs vn peu plus 
haut près de trois ou quatre Eftoilles, qui paroilfcnt à traucrs des niiecs auec ce didô: 
Dédit has, Dabit his vltra. Pour monftrer que c'eft du Ciel première- 
ment, d'où relcuefa grandeur, &: fa fortune, & que par fa valeur plus qu'Hcrculienne 
il a cftably fes deux coronnes de France & de Nauarre. lien a aulfi vnc autre qui cft 
la mefmemaffe d'Hercules croifeed'vneefpee,&:d'vnfceptre auec ce mot Dvo pro- 
T E G I T V N V s. Et ne voit on qualî autre dans les Parterres, Palais , &: Galeries qu'il 
afaid drefler de nouueau, tant il fe chatouille & fe recrée de la mémoire de l'Hercu- 
les, duquel il tient & le fceptre & la vatllance.radioufteray encore icy le tefmoignage 
d'vn des Officiers les plus fignalés &: authorifez de la coronne. C'ell moniîeur de Be- 
licuregrand Chancelier de France, perfonnagede rare verru,d'integritc exemplaire, 
d'érudition fmguliere.de pietés prudence exquifc,lequelfeit cette Infcription, pour 
I eftre mife fous la ftatue du Roy àfa triomphante , &: fuperbe entrée en la ville de Lyon 
' heurcufcment proieâ:ee,& du depuis defcritte par Pierre Mathieu lurifconfulte; cf- 
' pt it vrayement gaillard &: capable de plus grandes chofes. 

HED^RICO un. FRANCORFM, KAV AKKOKFM^E 
ReCI HERCVLl GALLICO STV^END ^ y IRTFTIS 
HS%01. 

Laquelle infcription fignammcnt remarquée entre tant d'autres belles & Royales 
tout ce que fe peut , me fcruiradc bon garant pour le proicd d'Hercules, (S<: ny eut il 
rien autre de tout ce que ie viens de dire. 

On l' appelle aulli Hercule Gaulois auec XcàïSk. Sieur Chancelier ; non tant t y , 
pour ce qu'il a eu les Gaules pour Theatrede fes victoires & partage de fes trauaux, 
■ que pour fliire allulion aux armes de Nauarre cntrelafl'ecs de chaînes d'or en champ de 
Gueules. Voicy l'hiftoiie, èc le pourquoy après ce qu'en cfcrit Muret &: les autres, qui 
en parlent. Sa n che le fort xxi. Roy de Nauarrc,&: le dernier de la ligne mafculi- 
nc de Garcias, vainquit en bataille rangée Miramolin Rov des Arabes i rompit les 
chaines, defquelles il auoit barricadé,& trciilin'c fon armée: &: pour mémoire de cet- 
te vaillance, adioufta aux armes de Nauarre , qui n'eftoienr qu'vn iimple champ de 
Gueules, des chaines d'or entrelaflees comme nous les voyons. Ce que j'ay voulu tou- 
cher en pa/Tant partie pour inftruire la nieferie des Peintres, qui en font couftumiere- 
ment des mairelles, au heu d'y pourtraire des chaînes: partie pour exprimer en la pet- 
fonne du Roy l'Image entière de l'Hercule Gaulois ; lequel au rapport de Lucinn l'on 
peignoit auec chaines d'or, qui fortans de fa bouche attiroienr par l'aVireillc vnegran- 
de multitude de peuple : comme nous auons veu & voyons tous les iours non feule- 
ment le peuple Franrois,mais encore les nations eftrangeres efprifcs,&: comme garro - 
tees de la clémence & humeur affable du Roy, lefuiure quafi cfperduemenc auec vn 
amour, vn zele,vne ialoufie fî extraordinaire, qu'il femble au vray,qu'il y ave dîi char- 
me fatal, ou apas d'Amour r qui ne cognoiftroit l'efficace de fes propos & l'eficrgie 
de fa Royale clémence, qui amoUifTent &: defl'auuagent les coeurs les plus barbares. le 
ne crains rien moins que le foupçon &, crime de flattem , ny pour ma patt en timt ce 
tjuc ie dcfduiray eu tout le difcours de ce triomphe, ny pour l inuention du fujcdt qui 

Ai me 



^ , he labyrinthe Royal 

me donne vne li belle, & fi riche moiflon des louanges de fa Maiefté. l'ay toute la 
France, &:ia plus grande partie de l'vniuers pour tcfmoin peremptoirc,ô^ irréprocha- 
ble, pkiftofl: de ne dire aircz,que de dire trop des merueillcs du Roy. Le flattcur,que les 
Grecs appcllctà cette oceafion pafaiite,ne pretcd quelalipeejloit qu'il iouëjfoit qu'il 
loiie,roit qu'il tanre,foit qu'il dan{e,foit qu il pric,foit qu'il rie.Si cette mienne panégy- 
rique fortoit de la bouche de ces happeloupins,quinemefurét leurs carefles & bône- 
tadcs à autre niueau,qu a rcfperace de inieux,& de rafler toufiours quelque difner,qui 
font toufiours aux aguets des auenturcs.à la chaflc des Ibldes.qui béent après les hon- 
neurs &: feigneuries, qui couchent,5£ croupifient auxelcoutes des gras morceausrqui 
iettent les gardons pour tirer des brochets i quelqu'vn la pourroit auoir pour fufpe- 
Ù.C &c parafitique ; mais ce n'eft ny mon meftier, ny mon naturel. Tout ce que i'ay peu, 
ou deu prétendre, caefté premièrement la gloire de Dieu, &: puis de monftrer en ef- 
fed vn petit efchantillon du defir que i ay toufiours ièaty dans mon ame de faire quel- 
que agréable feruice à fa Majefté : &: encore de mettre vn peu en bon iour la magni- 
ficence, & fplendeur de la cité d' Auignon fi prompte à feruir, & honorer les Roys , fi 
enticre,& cordiale voifine de la France, fi courtoil'e,&: amiable à ceux qu'elle honore, 
iî recognoifl'ante enuers ceux qui l'ayment, &: qui luy font du bien. Ce font les mo- 
tifs du cofté du Roy, qui firent choifir le fujeâ: d'Hercules pour hypothefe de l'entrée 
de la Royne; &feroit bien affez pour contenter les plus délicats, & critiques cerueaus 
qui en auroicnt voulu fyndiquer l'inuention pour les contenter,Ô6 rendre capables de 
tout ledileoursfuyuant. 
I V Mais la royne en a auflj donné l'argument : dautant que toute la fortune & 
noblefic dclatres-anciéne &; illuftre maifon de Medicis.i prins Ion commencement 
& extraction delà Mafliie d'Hercules, & de la defaide d'vn mon(lre,aufïï bien que 
la Coronne de Nauarre. Et aflfin que ie ne femble rechercher les fables en ce rencon- 
tre de û grande importance;ie rapportcray fans fard &:fans fraude ce qu'en a couche 
par efcrit Neftortoatau beau commencement defon hiftoire, après plufieurs autres 
cfcriuains de marque. 

Du temps que 1 Empereur Charlemaigne chafla les Lombards de toute l'Italie &: 
rcftaurala pauure cité de Florence ruinée de fonds en comble par les. guerres, qui fut 
l'an 8oi. Euerard dcMedicis Cheualier François lors fuiuant ledid Empereur Char- 
lemaigne en cette guerre,futaduerty d'vn certain Géant nommé Mugel, qui s'aduâ- 
tageant de la grandeur demefurce de fon corps faifoit mille voleries & brigandages 
ezcnuirons dcFlorence.fpecialcmcnt au terroir defpuis appelle Mugello du nom de 
ce Coloflc de chair : où il exerçoit telles cruautés &: barbaries que les cauernes 
abbreuees du fang des panures malîacrés n'expiroict que la puanteur,& infedion de 
leur charognes, &:carcafies: d'où le Cheualier Euerard de Medicisfut fiefmeuen fon 
cœur,qu'ilprintrefoltition de l'aller combattre corps à corps, comme vn autre Dauid 
lefourcilleuxGolliat, pour affranchir le pays de fa Tyrannie. Enquoyla diuine pro- 
uidcnce renforça tellement fon courage, que l'impitoyable Mugel refta mort fur le 
champ,& pour dcfpouille mémorable laifia au vidorieux Euerard vne mafi!e accom^" 
• pagnee defix boules de fer , dont ce braue guerrier pourimmortalizer cet ade Hé- 
roïque, blalbnna fes armoiries , les dcuifant d'vn champ d'or à fix Bezans de gueules; 
pourcequeen combatant contre le Gëant , il auoitrcceu en fon efcuflbn pleinement 
ch'tmoé d*or,vn coup de mafiTe , qui y auoit laifie l'imprcfiîion defix boules encore 
crûtes fmHantes,.\ raifon des maflacres,& boucheries frefchement exécutées par ce 
i-éicTM: Et ainfi les armes de Medicis portencies gueules fur le champ d'or, comme 

celles 



(k l Hercule uamois mompmnt. y 

celles de Nauarrc portent l'or fur le champ de gueules. La vi£l:oire obtcnue,Euerard 
ne voulut retourner en France auec Charlemaigne , pourceque ceux de Florence Ce 
voyans affranchis par la vertu l'honorèrent d'vnfi gracieux accueil,qu'il fut contraint 
d'oblierfon pays naturel, & la France fa patrie : & pour le reftede fa vie s'arrefter au 
champ de fesvidoires.pour y planter vnepofterité, qui, au temps à venir, rei^euiiroic 
des fleurs de Lis , & germcroit des Roys , &: Roynes de France. Voila comme com- 
mença le bon heur,S<: la Noblefle de Medicis.De cette Mafle furent blafonnees fes ar • 
mes:parcet ade valeureux elle fe nacuraliza en Florence. luge maintenant, ledeur, fi 
le Roy ayant pour deuile la MalTc, pour chef de faraaifonHercules:&: la race de Me- 
dicis tirant fon origine de ce vaillant guerrier^ & le blafon de ics pailetes de la MafTe • 
deMugehl'on n'a pas heu motif raifonnable de choiiïr la parallèle d'Hercules pour 
f uied d'vne entree,qui deuoic élire commune à tous deux. 

La REGION & le lieu y poulîoit encore, puifquc Hercules mefmes a fréquenté en ce y. 
pays, & y a acquis le plus beau tiLte d'honeur , qu'il aye, qui efl: d'eflre nombre entre 
les cÔftellations celeftes.Icy près en Prouence à Sellon.quieft vue ville efloignee d'A- 
uignon de fept liciiesfeulemetrô^ par rencontre merueilleux fut la première couchée 
de la Royne venant d' Aix en Auignon)fe voit vne grande campagne de fept lieues d'e- 
ftenduc toute couuerte de petites pierres, au refte fertile en pafturage pour la nourri- 
ture du beftail.Lcs Prouençaux l'apellêt la Craux par vne Onomatopée du bruit qu'y 
mcnenrccs cailloux. Strabon qui aefcritdu temps de Ca:far au 4. liure de fa Geogra- 
phie.en parle comme d'vne çhofe merueillcufe & de laquelle Hercules a efté l'autheur, 
lequel reucnant dos Efpagnes.& paiTant par la Prouence, ayant eflé contraind de s'y 
batcre,& fe t.-'oiiuanr dcfpouiueu de fîefches,&: de pierres fe meitàgenoux: feic prière 
àlupiter fon pcre àc l'afTiflcren cette neceffité:le bonlupin àfareque(l:e,feitplouuoir 
vne grande quancicé de Cailloux , qui du depuis font demeurez là. Hercules eftant 
refté le maift.re,&: vidorieux fut mis entre les conftellations des Aftresen la mefme po- 
(lure qu'il pria alors lupirer, &: furnommé à caufe de cela Engonafis par les Grecs.qui 
efl: autant que,qni cft à genoux. ^fchyle l'vn des plus anciens Poètes Grecs en efcric le 
mefme,introduifantPromcthee parlant ainfi à Hercules. 

BaÀù)v &'Aco7&içpa.S'iù)ç Kiyuv ç-gjt/oV. 

Ton Père lupiter te voyant déformé 

Lyiyant pitié de toy fleutira fur cette terre. 
Vn hrouilUr de Cailloux^ vne grejle de pierre 
Pour chafer le Ligur contre toy animé. 

Le mefme difent quafî tous les anciens , & Hyginus fort amplement au liure vnzie- 
me de fon Aftronomie au chap.Engonafîs.Ie fçay bien,que c'eft vne fable,&: que Pof- 
fidonius fe rit d'^fehyle,&: que Ariftote parlant de la mcfmc plaine de Sellon,râfche 
d'en donner la raifon naturelle au fécond de fes Météores : tant y a que tous font d'ac- 
cord qu'Hercules fe battiten ce pays, combien que les Poètes ayent defguisé la chofe 
auec leurs £(ai5sj& chimères poétiques. Voire encore Poldepenfeque la ville de Nif- 
mes a efté fondée par Nemaufus fîls d'Hercules paffantpar cette contrée , & appellee 
de luy Hcradea, que Pline met auprez du Rholhe. Il le did au beau commencement 
de fes Amiquitez de Nifmes. 

A i Mais 



6 Le labyrinthe Royal 

VI Maiscvidez vous qu'Auignon n'ayc rien de l'Hercules, qui encore ayc occa- 
fîonnc en ce dellein de ietter les yeux fur l'ancien Hercules ? fi a, &: efcoutez le Blafon 
de Tes Armoiries , puis que vous aucz eu patience d'entendre celuy des Armes deNa- 
uarre,&: de Mcdicis:tantoft nous parlerons de celles de France , &: de noftre faind 
Pere,&:ainli aurons blafonné toutes celles , qui eftoient en tous les Arcs.L'EfcufTon 
d'Auignon le plus ancien qui fe foitpeutrouucr iufques à mamtcnant, porte d'vn 
codé vne ville quarree telle qu'eftoit Rome en l'on commencement, de laquelle En- 
nius à dit Rvmxregnare quadrat£.Ccttc ville quarree des armes d'Auignon eft encein- 
te de murailles faides à l'antique de pierre de taille à créneaux , fondées tout autour 
fur des Arcades telles (ï ce que de l'Orme grand Architede en diâ:) que les anciens 
les ballifl'oientescndroicts (ubiedsaux inondations. De ces murailles s'en voyent en- 
core de belles m afures tout du long de la petite fufterie toutes cachées dcdâs les mai- 
fons quelques neufs ou dix grandes arcades entiercs,ormis vnc qui fe voit droitV fur le 
puys de la fi/lagdaleinc : qui me faict croire ( puis que nous auons les murailles de la 
ville, qui eftoit dcuant les Papes en vn autre endroit . auec toutes fes portes entières, 
qui font le portai Mataron, le portai Peint, Vautres : dcquoy perfonne ne peut dou- 
ter l'ayant tous les iours deuant les yeux ) que ces mafures toutes telles qu'on les voit 
en voz armoiries les plus anciennes , font de la premiere^^ & plus vielle ville, &: par c5- 
fequent, que cet cfcuflon cfl le prcmier,&: le plus ancien. Voyla pour vn cofté.De l'au- 
tre y a vn^l'preuier,qu'on appelle Gcrfauauec ce mot tout autour Girfalcvs: pour- 
ce que c'efi: vnefpece deFaulcon,&: au iugement deBellon, du fécond genre d'Aigle 
le plus guerrier d'être tous les Efprcniers:&: de faift en certains féaux vo' voyez, ce mot 
du genre aq^il a à l'cntour,&: en d'autres Girfalcv s. Regardez en l'Archiue de ville, 
&C de S. Agricol, vous en trouucrez bcaucoup,&i toufiours le mcimc oyfcau,eftant feu- 
lement lenom variétantoftdu gcnrc,tantofl:de l'cfpccc. Les Auignonnois(commc il 
cfl àprcfumer)eftans deucnusàl'Empire par la donation que Rodolphefità l'Empe- 
reur Conrad du Royaume d'Arles ; &c peu de temps après , ayant drclfé vne rcpubli- 
oueà rimpcrialc , cnuiron l'an iizo. qui dura iufques a l'an iiji. (queles Conucntions 
furent faiâ:es,.comme nous montrerons autre parc) ilsadioullcuent le Gerfau à leur 
vieilles armoiries, pour monftrer qu'ils relcuoient de l'Empire d'Alemagne: car on ne 
trcuue iamais que le Gerfau y foie , iïnon que après qu'Auignon fut de la chambre: 
& Bellon ailcurequc les Gerfaux ne viennent d'ailleurs, que des Aleniaignes. Cela 
duraiulques à Clément fixicfme, lequel ayant acheté Auignon, l'an 1348. changea fon 
cfcuflon, luy donnant trois clefs au lieu de la ville quarree; clefs,pourcc qu'elle eftoit 
du fainct Siège ; trois, pource qu'il n'y auoit que trois Sindics , que Sixte quatriefmc 
puis après permit d'appeller Confuls, comme ils le font auiourd'huy. Mais pourautant 
que les Auignonnois ne vouloicnt pas perdre du tout leurs anciennes armes , &: mar- 
ques de rEmpire,le faind Père leur laifla leur Gerfau , & Efpreuier , y en mettât deux 
deçà, &: delà de l'efcuflbn qu'ils tiennent du bec,& des ongles,auec cette deuife a bec 
ET GRIFFES, &c dcs fouuettes aux pieds, pour marque que ce font Efpreuiers,& Faul- 
cons de chaffe. C'eft icy, où ie trcuue naifuement Hercules. Car Pierius au hure zi.de 
fes Hiéroglyphiques au §yicfona Perpétua, dit qu'à Viterbe y a vnc colomne, où font 
graut'Z deux Gerfauls , ou Efpreuiers,qui fignifient les vi£toires d'Hercules. le veux 
rapporter fes propres termes ; affin que quelqu' vn ne penfe , que i'cn comte de loing. 
. f/? é" '^^»^ vichrtx ftgnificatum Hieroglyphkum, qiiod in antique columna Viterbtj fpe^tatftr: 
iiuo fcilUet Accipitrcs, per quos^-jt nâKmlli tradunt.Herculisfé Atpibus,é' OjyricUs à Brundu- 

fû motus^nequc non vifforia defcribitur. Et affin que chacun cognoifl.e,que c'cll des Efpre- 

uiers 






de l'Hercule Gaulois triomphant. 7 

uicrs d'Auignon,qu'il pftrle,&: non d'autrcs.il adioufte inconrinc'tt. "Usque vero^ eafi^ 
litm de caufa quod Accipiter volatu frxHet , Alesea vi£îoriit fymholum eFt,verum obià etiam^ 
quodem Pugnn tnm artificiofa efi, eog^ aflu patratur, vt necejje fit hofiem quicum congre j[u4 
fueritomnino vinci.Nsm fi cum fortiori res agatur^tum fefe h aère refup'mat , rojîruw^ ^ "jtt- 
gues furfum tendemdimicat, qu£ qu'idem fo 1er s dimicatio efiet'mm noEluarum propria, qu^t re- 
fupin£ pedihus répugnant, coUe^ag^ in altum rojiro, cr vnguibus tôt a teguntur. Nam cîr no^ua 
Mud Athenienfes viSiori* Hiercglyphicum fuit. Voyez vous par cecy , que les Gcrfauls, 
qui combattent contre leur enncmy fc renuerfans en rair,&: fetarguans De bec, et 
DE GRIFFE , qui cft la deuife d Auignon , font le Hiéroglyphique des victoires d'Her- 
cules? Et qui doutera maintenant, ou que ceux la, qui furent authears de cette Im- 
prefe.aux armes des Auignonnois,n'ayent eu efgard au naturel de ceftoyfcau : ou que 
ce ne foitceluy qu'on grauoit es Colomnes à rh«nneur d'Hercules ? Ains qui ncdi- 
roit aies voir, qucl'Efcuflon d'Auignoneftplufloftl'Efcuflon d'Hercules,& que ce- 
la feul pouuoit eftrc vn argument baftant pour tracer ce deffein î Mais ic pafl'c à ce qui 
eft du principal: &: mécontente d'auoir donné ce motenpaflantpour les Arres du 
gros de l'hiftoirc que la ville attend aiiec tant d'affedion à meilleure occafion , pour y 
voir traidé tout au long ce que ie ne fais qu'esbauchcr par cy par là, pour fatisfaire à \z 
curiofité de ceux qui m'en ont requis. 





LAR'Kiv ee T>e l^ rot ns 

EN AVI G N D^. 

CHAP. II. 

A M A I E S T E ayant faiot fon entrée à Aix le dix-feptiefme de L 
Noiiembre,en partit fortfoudain contre toute noftre cfperance& 
vintcouchcràSellonlieu renommé par la vidoire, &:prefenccdc 
noflre vieil Hercules. Le temps cftoit brufque &r turbulent , le veaic 
furieux &c tout tel que le defcrit Strabon parlant de cette campagne, 
&de la contrec,qui eft depuis Selloniufqucs en huignon-Vay deji/t 
raconte [ait 'û')de ce riuage vn grandwiracle des poijfons.que l'on fojfoye; 
ïen vay dire vu autre encore plus merueilleux.Entre Marfeille,^ Le Rhofney a vn champ fai^ 
en rond appelle pierreux : tout le pays, qui ejtdejfm eft fort exposé aux. vents , chrttpi^vmç Jiiç 
'rz' TTtJiov ThTv /UiXa.ju(iôij.oy )(cnztiyiÇei TrnZfxcL (iictiov,}^ (ppDiàJïç. ipacri ySv avpi^oj, y^ zvXivS'&i- 
Smj TUM \i3zi)v iviaç, )(p.'ra.%XcLÔn^ Jï thç oM^-^Traç arm itev ûKn/Li^ir>n', rtj yj/uvStSïocj tc, ott'Kccv jà 
io-by;Tvç à-m -jS |(U7ryo«ç.C eft au quatriefme liurc de fa Géographie, où il faid la defcrip- 
tion de Prouence, & vent dire cecy en François. Et fur tout cette campagne pierretife en 
efl furieufement agitée : principalement d'vne hize noire iJuiXat,fjL^ooj_ov enragée é' terrible la- 
quelle faiStmauuoir toutes les pierres, qui font en cette plaine l'vne après t autre, defarçonne les 
Cheualiers,renuerfe ceux quivont encoche, de/pouille les hommes armez, de leurs armes , & de 
leursvefiements. Voila fidèlement rapporté, ce que diét Strabon de cette plaine de Sel- 
Ion, que l'on appelle la Craux.Son nouueau interprète adioufte,que c'eft en Auignon, 
que ce vent bat le plus : 2{otum efl autem flare in ifia Gallia parte ventum quendam, qui ter- 
ras vehementer ohfcurat , eflqae hic ventiis mire impetuofm, Eum nos turn alibi fipe tum ad 

i^uenis 



8 Le labyrinthe Royal 

.iZ:"!!?"^^ ^'^y.irSc fen/Jma : prorfu^'Vt, AlîStréc, :;.-^yM;vtxvth equo jhre pofemM. 
Ceux qui ont eftc ta ne foitpeu en Auignon en fçauentdes nouuelles : &: de frefche 
mémoire l'an pailc entre Berbentanne , Se Auignon vn homme fètrouua eftoufFc de 
la bize fur Ton cheual. Le prouerbc en ell aufîî : Auenio 'ventofz fine ijento venenopi. Et 
Prometlîccen la Tragédie d'^fchylemcnafTant Hercules qu'il paflcroitcnProuence, 
luy dicl: \a/ ttqqtiçvl fjAv Bipjd Jkç îif >iç ttç^ç ta-vcàç. T'u pafî'eras par le pays des ve»ts,il appelle 
la Prouence le pays des vents, à la bonne heure. Ce n'eft doc pas d'auiourd'huy, que le 
ventfoufflefur lepontd'Auignon. Or tous ces quinze iours,quelaRoyne fut àMar- 
fcille ou à Aix ou en chemin ce Touffle impétueux ne cefTa iamais : ce qu'auoic donné 
efpoir, qu'elle attendroit le beau, mais tous y furent trompez. Car à l'improuiftetout 
dVn coup elle fe treuua à Sellon. Et fçait on qu'en tout fon voyage elle n'a iamais fai£l 
aucun eftat ny de ventny depluye,ny degrefle ny de tempelle. Toute de l'humeur du 
Roy, auquel a efté toujours occafion de grandes entreprinfes5cc qui arrefle &: eftonne 
les autres. C'eft roue vn au Roy, ou le moecte,ou lefec, ou le froid , ou le chaud, ou le 
beaUjOU la pluye,ou la bonace,ou la tormente,ou le calme,ou le vent,ou la nuifV,ou le 
iour.Combien de fois s'cll il feruy de la malignité du têps pour faire chofès grandesJà 
tout coup l'on cuidoit qu'il eftoit bien loing ; & il fe trouuoit à la porte. Tel le pen-- 
foiteitreàcenilieux de lA, qu'il l'auoit à fes .talons couuert de glace &: de brouillars, 
chargé de greflc Se de neige:iamais il ne laiffa de monter à cheual pour quelque temps 
que ce fut -. il prend matière de vaillancc,&: de courage de ce qui efpouuante les fol- 
dats les plus patiensj&afpres au trauail.I'oie bien dire qu'en toutes les anciennes hi- 
ftoires il fcroit bien difficile do trouuer aucun de fa qualité, d'vne complexion plus le- 
Ù.C à toutes {"orrcs de difficultcz , plus impénétrable au labeur , plus afleuré ez plus 
grands dangers. De façon que l'on ne fçait bonnement quel il eft des trois,ou plus vail- 
lant foldat.ou plus heureux Capitaine,ou plus grand Roy. 
II Ces moys passez l'on ne parloit d'autre en Auignon que de cette humeur fem- 
blable de la Roync, laquelle ne s'efineutSc ne s'edonne de rien. Defpuis Gcnes iuf- 
quesàMarfeilleelles'erttrcuuee en des deftroids effroyables: a palfé des vagues & 
tempcltes trefdangereufcs,fans en dôner voire vn feul ligne de foin, ou de crainte. Les 
DameS;& Seigneurs de fa fuirc,&; les Pilotes la vouloient faire arrcftcr 'a tout coup,fig- 
namment à la traitte de Toulon à Marfeillc : chacun cftoïc abbatu &c accablé delà 
tourmente:}'vn panreloit dcçà,raucre pafmoit de l^relle feule ferioit d'eux, & encou- 
rageant tantoft l'vn tantoft l'autre arraifonnoit afteure les Matelots,puis les Comités 
ores les Pilotes:Ieur donnant courage,demandant de leurs pays,&: de leur eftat, com- 
mandant de ramer viuement,& auancer voyage. Chafcun reftoit efpris d'admiration, 
& rauy d cftonnement de voir ce cœur mafle,guerrier Se généreux fe ioiier de la mer, 
fe rire des flots,fe gofler du temps &C de la tempcfte. Arriuee qu'elle fut à Marfeille paf- 
fa icy vn Gentilhomme de marque.qui auoit faid tout le voyage de Florence, Se s'en 
alloit au Roy, pour luy en porter des nouuelles.il nous did qu'au premier recontre de 
faMajcfté il luy rapporteroit deux chofcsil'vne que qui n'auroit iamais veu la Roy ne 
nyouy parler d'elle à la veoir feulement il iugeroit fans autre,ou que c'eft vneRoyne 
ou qu'elle le doit eftre:fi grande eft fa Majefté,&: fon port fi Royal & fi braue. L'autre 
que s'il eft vn Mars en terre,elle eft vne Venus fur mer , brauant les ondes, & Ce mon- 
trant maiftrefie vidorieufc des orages,&: des flots.En fuitte dequoy il nous racontoic | 
auec vneemphafe.&clïicacemcrueilleufece que ie viens de dire de fon voyage. De 
ceft Apophtegme l'on print fuied de deuifer vne Anagramme commun au Ro y > 6^ à.1 ^ 
la Jloyne,qui conclent en peu de fyllabes beaucoup de chofes^ 



àeîHtrcukGaulouTriomphmt. $ 

Uei<l'^lCVS ':BOK'BOniVS: MAKl^A DE {MEDICIS. 
HEMIBINÎ DU OK:BIS,i%EDO,MAKS> AC VENVS, 

Nous appelions Anagramme vne'fentence à propos,qui fecreuue dans le nom de 
quclqu'vn, ageançant les mefmez lettres , &: les faifanc feriiir au fuicd fans y ta 
changer aucune,finon que bien peu quâd l'Anagramme feroit d'ailleurs remarquable 
car en ce cas/e peur caanger ou repeter vne lectre,liccnceraironnable,&; que tous c5- 
cedent ,&aduouent en cette matiere.Ceftuy cy efl: tout entier fans rien altérer. 

DoNCQV.ES pour reprendre noz erres, viftorieufe du temps,triomphante de la mer j j j^ 
Dame Maiftrefle &: Royne en terre ferme.elle vint coucher d' Aix à Sellon,comme ic 
viens de dire. Le vendredy tout tard Monfeigneur le Vicelegat receut lettres,que le 
lédemain,qui eftoit le fabmedy,elle prcdroit fon gifte à Gauaillon, quatre lieues d'icy; 
& que defia elle eftoit arriuee audid Sellon en terme deftre en Auignon le dimanche. 
Il le faid fçauoir à Meffieurs les Confuls . S>1 à ceux à qui il touchoit de mettre ordre 
aux atFaires.Il n'y auoit encore rien de drefle,parlaville:chalcun croyant qu'elle fe- 
journeroità Aix pour le moins deux ou trois iours : &: que nous ne l'aurions pasiuf- 
qucsaumardy , ou mecredy de laicpmaincfuiuante.'ou mefme qu'eftantà Sellon la 
furie du vent l'arreftcroitjSc l'empcfcheroit de paifcr outre. L'on print toutesfois ad- 
uis de faire au mieux:&: de s'incommoder pluftoft de quelque chofe,que de faire tant 
foitpeu retarder ou relTorcir fa Majefté vne fois arriuee : eftant la fefte d'vne entrée 
bien plusgraue&de meilleure grâce, quand elle s'accommode au Prince en tout, & 
par tout, pluftoft que d'apporter, c5me l'on di£t,moutarde après dilner.Sur ceftaduis 
l'on print expédient defairefommeràfon de trompetons les charpentiers,& artizans 
quipouuoientferuiràccft œuure : &feit on telle diligence à force douuriers,&: de 
bras, qu'en vn iour ,qui fuft le fabmedy,tout le plus gros,& le plus important fuft en 
cftat.'refcruant les chofes moins principales pour le dimanche matin:comme elles fu- 
rent execurces depuis de poind^n poind: exceptez quelques Théâtres, qui nei'etreu 
uerent fi bien ageanccz,nv ii richemet parez qu'cftoir de bcfoin. Et les didôs & Ana- 
grammes de piufîeurs piedeftals, &: quelques infciipcions decôfèqucncc.Ienc lairray 
pourtant de les rapporter en leur place comme on les auoit dcfignecs,8>: m.iies en main 
aux Peintres-I'adraonefteray toutesfois en pafîant , de ce qui eftoit eneftrej& de ce 
qui ne l'eftoir pasrqui efto •> bien peu de faid à comparaifon du refte. 

Ce pendant,pour reuenir .\ noftre propos, Mondid Seigneur le Vicelegat auec l'il- 
luftre Seigneur Blaife de Capifucco Marquis de Poggio Catino.Gouuerneur gênerai 
pour noftre S. Père le Pape en la Cité d'Auignon,&: Comté Venicinau faid des ar- 
mes , partirent le fabmedy fur les huid heures de matin pour aller au deuant de fa 
MajeftéiufquesàCauaillonluybaiferlesmains , luy offrir la vilIc,fçauoir du temps 
prefix qu'elle vouloir foire fon entrée en Auignon. Ils la rencontrèrent au delà de Ca- 
uaillon au portd'Orgon,qui paftbit la Durence.i'vn des fleuues.comme l'efcrit Tite 
Liue,le plus dangereux & difficile à pafTer de toutes les Gaules. Ce iour mefme voyat 
qu'elle faifoit eftat d'eftre icy au lendemein fur le midy,ou vne heure:ils rebroflcrcnt 
chemin vers la ville,pour mettre ordre à toutes chofes, &: portcret nouuelles alleurccs 
qu'elle fe partiroit dudid Cauaillon le lendemein à dix heures. 

Le dimanche matin le vent s'appaife:le temps fe met au calme.le Ciel feprep a- - 
re aulïï bien qu'Auignon .\ receuoir cette fortunée Princclle , laquelle vient ralferc- ' 

B 



10 Le lahjrinthe Royal de ïHerc. Gaul. ^riomp. 

lier de fa féconde piclence tout le Royaume cfpanouy d'allegrefle & d'efperance dV- 
iie pofteritc Royale.au leuer de cette Aurore comme vn bouton de rofe nouuelle au 
premier rayon d'vn clair & gay Soleil.Il ne fc peut veoir vn plus beau iour au Calen- 
drier que ceftuy cy: point de vent, point de Soleil : point de pluye : non pas 
mcrmc monftre,ou crainte aucune de mauuais temps. La Bize qui auoit au préalable 
règne ii long temps, nous auoit faid bonoffice,&: auoit ageancé ,& defeclie les che- 
mins, balié,&: netoyc les rues,lcrquelles des la poinde du iour l'on acheua de couurir 
par en haut auec des coiIcS;& tapiiler fomptucufemeni; tout le long de la ruedefti- 
nce au Triomphe. 




LE PREMIER RENCONTRE 

HORS LA VILLE- 

A LA GALERIE DF PReMIE^R SE'IOVR: 
ouï enrvn Prologue de tout t appareil. 

CHAP. III. 

^"ï^^^c^ I s AVIS du grand rauclin de la porte S.Lazare en cette belle pia- 
.^^Le'^Z*^ ce, où aboLitiffent trois aducnues: celle du chemin de la Royne ti- 
trant à la Chapelle de S.Michel,& les deux de 1 enccindle de la ville, 
lion auoit posé vne galerie folidc en mcnuferie fort belle &: à mon 
Yi~^^J(\V|;:^^gré,de linuention.quant à la fabrique, du Sieur Anthoine Crozet 
M^^Y^ j^^homme confulaire, prudent, difcret, & accort autant qu'autre, que 
i'ayc cogneu, &: lequel ie ne fçaurois affez loiier pour le deuoir,foin,& vigilace qu'il a 
apporté en ce faid, pour faire mettre en exécution ce quicftoic du dclTcin, &: alTifter 
en toutes chofes , tout cet ouurage. La fufdide galerie clloit peinais de haut en 
bas, le deiTuSjle parterre, le parapet, les cfcaliers à couleur d'Azur, parfemcc de fleurs 
de Lis , enrichie de chiffres du Roy, &: de la Royne, parée d'vn fiege pour receuoir fa 
Majeflc.eftofFce de diucrlcs infcriptions.qui feruoict de prologue pour tout l'appareil 
triomphal, qui dcuoic par après fuiurc dans la ville. Le Peintre furprins du temps en 
laiiTaàefcrirel.ipluspartjqueien'obmettray pour cela de remettreen Ton lieu toutes 
telles qu'on luyauoitdonnéjfans y rienadioufter denouueau. Au bout delà frize do- 
minante tout du long de la galerie, en dehors, à coftédroid ceftecy dcuoiteftre. 

HENRICVS IIII. GALLIARVM REX, ET NAVARRE 
HAC CLARA, AC FESTA DIE, HIS SEPTEM GRADIBVS, 
FLEXÎBVSQVE LABYRINTH^^IS AD IMMORTALITATEM 
INGREDITVR. 

Le sfept degrcz du premier efcalier qui ciloient en la première entice,auoicnt eftés 
flxids de ce nôbre àpofte pour receuoir fept mots, qui expUquoient le defl'cin des fcpt 
arcs triomphauxj&refpondoient à plomb à l'infcription de la frize commençant au 
plus bas degré proche de terre- 

I. noSTIBVS VrcriS. >^ fl. par fes vicaires. 

II. REGNO SySCEPTO. 



III. VRBIBVS RECEPTIS. 



I I. Parfonfucre^é" ceronement. 

III. Par la reddition des ailles. 



IV. INIVRIIS C0iV£>0iV^r/5. W'esTA DIRE<JlV. P aria clémence, é" amnipe. 



V. P ACE STABILITA. 
VL RELIGIONE SERIAT A 
YllFXORE i^CCEPTA. 



V. Par Li paix vninerfeUe. 

VI. ParfaCatholifation^^ Pieté. 
VVII. Parfon Mariage. 

B z Ala 



1^ Le labyrinthe Royal 

A la mefnic frize que deflus,en fuite de l'autre infcnption feruoit cette cy 

QVI SEPTEM INSIGNIORIB. LABORIB. HERCVLEIS 
REPR^SENTANTVR. 

Et à l'endroit du parapetjquieftoitdefTousenl'efpace le plus prochain de ce pre- 
mier efcalier. 



I. UroRA DEBELLATA. 

ir. ATLANIIS ONERE SFSTEN- 

TATO. 
jii.HORTO UES^PERIDVM OC- 

CVPATO. , 

IV. BER CVLE IN OETA IN- ^CEST A DiRE^ ly. Pay Hercules fe brujîanten Oeta, 



,1. Parl'fijdrejhrmontée. 

n. Par le Ciel forte jur les EffeleSy 

III. Parle iardin des Hejperides. 



FLAMMATO. 

V. GERIONE PLACATO. 

VI. PROCMEtHEO EXOLVTO. 
\li.CERFA MENALAEA AS-i 

DFCTA. 



l 



V. Par Gerionaccoife. 

VI. Parprometthée dejlié. 
vn.Parla Biche Ulïenalee emmerUe. 



A l'autre coin de la Galerie,» main gauche,au bout de la frize 

^AS OB RES ElDEM HENRICO llll. SOSPITI , RET>VCl^E SEPTEM 
i^RCVS TRIOMPHALES S. P. ^ L/iFEN. DUS SEPTEM NFPTlALIBfS 
DEDICATOS P. 

Au delTous à plomb dans les autres fcpt marches du fécond efcalier. 

/■i. c/^ Mars, four les bat ailles. 



^BST A DIRE"^ 



II. L-/^ \yifollon,four fort facre ^ 

coronne. 
ni.K^ lHfiter,four la reconciliation 

des villes 

IV. (_>^ Mineriie y four l'humanité & 

clémence. 

V. w/i" Mercure four la faix. 



I. MARTI iJlPOTROPAEO ; PRO 

PRAELIIS. 

II. APOLLINI OECONOMO'. PRO 

nqjVGVRATlONE REGNI. 
m.STATORI lOPT-.PRO RhCON- 

CILIATIS VRBIBVS. 
iV. ^JMItiE RVAE G RATIOS AE: 

PRO CLEMENTIA. 

V. MERCFRIO CADVCEATORl: 

PRO FOEDERE ET PAGE. 

VI. DIA 2iAE LTS IZONAE-.PRO- 

RE Lie I ON B SERVATA. 
\il.VENERI NrUHPHEVTRUB: j 
TRO NFPTIIS. 

Dans la mefme frize,vn peu plus en Ia,à la droiae,en vn compartimenta part. 

SEPTEM PRAETEREé CORONJS PRO VIKTVTE SEPTEMCEMINA TRIFM- 
PHATORI REGI HEC REFIT.. 

Etçlus 



VI., A Diane , four la fieté , ^ Reli- 
gion. 
i vu. A Fenus,four le Mariage. 



I 



de ?lT:r:ttl' ^ . ' ' '^ ' f triomphant. iS 

Et plus bas en droite linc deuanc le pitiapec coinme dciTus. 

I. Le laurier,pour Us vicfoires. 

II. Les Lis, four fin couronnement. ] 



I. LJFREAM.OB HOSTES DE-^^ 

Picros. 

II. GALLICAM , 03 REGNFCM 

STABILITFM. 
m. POPFLEAM CiriCAM , OB 

VRBES RECFPERATAS. 
IV. ^ERNA M CIVICAM , OB 

CIVEIS SERfATOS. 
y. OLEACINEAM , OB TEM- 

fLVM lANI CLVSVM. 
VI. PALMEAM^ OB PIETATEM 

INSTAVRATAM. 
VU.MTRTEAM , OB MATRI- 

MONIVM INirVM. 



ni. La Ciuique de peuplier , pour les 

villes. 
IV. La Ciuique de cheffte ,pouraimr 



: . IV. ^^ Ltuique ae cne^ 

rCESTADlRE<( fiiuuéfes fubiects 



V. L'oime^pour la p dix. 

VI. L(t Palme , pour la religion Ca- 

tholique. 
vu. Le Myrthe,pour le Mariage, 



L'on auoit enrichy le deuanc de la Galerie de fepc Pilaftres folides azurez5&: fleur- 
delizez,quiioignoient letoicl, Ô£le parapet pour receuoir les fept planètes d'or fur 
Azur auec leurs Chifres Aftronomiques , qui font fept naïfs Hiéroglyphiques des 
fept vertus Royales,qui ont donné l'cstoffe des fept arcs du Labyrinthe,attitrés,&: 
dédiés aux fept Dieux , qui corrcfpondcnt aux fept planètes , comme nous fairons 
paroiftrc en l'explication de leurs Horofcopcs appropriés à chacun d'iceux en 
leur place. 

La place qui demeuroit vuide au milieu de la maiftrefTe frize.fcruoit pour ces trois 
Anagrammes ; le premier contient la deuifc du Roy, &: les deux autres le nom des 
deux femmes de l'Ancien Hercules , defquelles i'vne s'appelloit Deianire, &: l'au- 
tre Megare. 

HEUi^KlCVS BOKBOCNiiyS G JLLlAKVM RSX. 
EN CLAFA^i GERLS ROBVR BONI HERCVllS 

X. En C. 



MARIA MEDICAEA REGINA. 
DEIANlRA MEA CM IRE CARA. 
C. en R. 



MARIA MEDICAEA REGINA. 
DII'.EN CARA MEA M EGARA. 
I. de moings. 



Aumitan du Parapet eftoitefcrittc cette infcription générale en vn. grand quarré 
en charadcre Romain de Lacquc fur le blanc. 

HENR. IIII. COGNOMENTO MAGNVS, HERCVLES GALL. PIVS.IV". 
VICTOR, INCL. FOEL. CLEM. PAT. PATR. HEROS PRIMEE FORT. 
EXTERIS FORMIDOLOSVS , SVIS I VXT A AMA BILI S , AVTHO R 
SALVTIS PVB LICiC, ASSERTOR PRIVAT^ , MILES INTER 
STRENVISS. INVICTISS. IMP. INTER SVMMOS EGREGIVS, 
REX INTER ^ORTVNATISS. FOELICISS. CONIVNX MARI^ 
filEaiCE^ NOV^ CLOTILDISj,ATqVE EX EA NOVI HERCVLIS 

B i. PATER 



V 



16 Le labyrinthe Royal de ïhCerc.Gaul. ^rtomph. 

PATEPv.C^VOD PVBL. VOT A FLAG ITANT , MOX FVTVRVS, HODIE 
CVM REGINA CON. SCITO POPVLI , DECRETO SENATVS , EDICTO 
PRINCIPIS. AVEN. NOVAM ROMAM PROPITIVS , AC SERENVS 
OMNIVM ORDINVM STVDIIS, MAGIS QVAM CVRFvV, SPECIE 
AC VVLTV TRIVMPHANTIS INVECTVS I N GR E DITVR , VOTIS 
VII. DIE XIII. KAL. DEC. FASTIS ADSCRIPTA AVEN. AN. lOBIL. CD. 03. | 
HORA IL POMER. CLEMENTE 1 1 X. PONT. O. M. D. NOSTRO, 
COELO BENIGNO , VENTIS REMITTE NTI B VS , GESTIENTE 
POPVLO , OMNIVM ORDINVM FAVORIB, OB SEC VN D ANTI B. 
SVPERIS OMNIB. A PPL A VDENTIB. 

le ne fçay par quel bon prefage plufieurs iours dcuant cftant le temps troublcjtout | 
ce que fc peur,ron auoit cicrit Cœlo bemgno, vends remittentthus, pour donner branflc 
a Ja formule de l'infcriptionice que fut remarqué la chofe cftant auenue. Au refte l'on 
faidentrerleRoycnfon abfenccauec laRoyne, faifanc triompher fon Genic,&; fon 
efpce dans le char rriomphant,commeie diray maintenant. 

Ce premier feiour ainfi prépare, eftant encore muet, & fans amc , fut animé 
par les plus beaux rencontres.que l'on eut peu attendre de 1 aïïîete Se commodité du 
lieu. Le grand rauelin de la porte triomphale de S. Lazare cftoit tout contre la gale- 
rie vis à vis,n'y ayant que la fo{re&: le chemin entre deux. On le fît feruirà la fcfte de 
toutes pars. Car des auHi toft, que l'on commençai entreuoir la R.oyne vers l'Eglifc 
S.Michel, monfieur de VentabrenColonnel général de l'Artillerie en cette ville, & 
pays du Comté , fcit ioiier la mufiquede Mars,tant des pièces qui eiloient fur la 
roche de Doms ''qu'il fit tirer à balle iufqu'.i cinquante vollees)que des autres bra- 
quées au coin dudicl Rauclin,&: en la muraille prochaine: &: d'vn tonnerre de mouf- 
quetades.&arquebufadestant par les gardes ordinaires qui fe (rouuerent là,quepar 
les compagnies de la ville, qui luy eftoient alleez au rencontre. En la tour, qui efl: à 
main droiàe regardant le Rhône eftoient logez les hau-boys, faqueboutes , & clai- 
rons (inllru mènes viitez aux triomphes anciens) qui falucrcntla Roy ne commençâc 
d'abbordcr à la galerie. 




—^naaramme 



MARIE DE MEDÎCI.9 KOYNE 
IJE JVÎE T)IS lAMERE D VN ROY. 



C en V 







LE SECOND RENCONTRE 

HORS LA VILLE. 
Dr CHAK T'RIOMTH^iAL. 

C H A P. IV. 

^0^f R R I V E E qu'elle fut proche du premier efcalier, &: prcfte de 
metcre pied en terrejleprelcntefur Je champ vn char triomphal 
à l'Antique, qui luy eftoit venu au deuant pour la receuoir en ce 
premier rcncontre.lalhudure en eftoitfort agréable, la pemturc 
gave & à propoSjCoutle champ d'azur,qui eft le champ des armes 
de Franchies figures , &compartimens partie de bronze, partie 
d'autres couleurs (don les diucrs fuiedts. Par en bas iufqucs en 
terre il eftoit enceind de pentes femces de fleurs de lis. Le corps d'vn cofté &c d'autre 
(portoit vneo-rocelquephanraziée de tourcb fortes de xijonftres , Centaures , Hydres 
'Cerberes,Dragons,Stymphahdesi meuflcs, ôcderpouiUesde Lyons,Sanghers,Ccrfs. 
TaureauxtMailues entières. &: rompuës,&; autres trophées des victoires d'Hercules, 
Je tout d'occulte intelhgcnce pour noftre faid , ii nous n'efbions prcfTcz de pafler aux 
autres chofcsqu'imporrencle plus.En l'vndcs flancs, au beau mitanl'on auoitcom- 
party en rond vnc deuifc du Roy afçauoir vne matie d Hercules auec deux coronnes 
coure telle que les Gardes Efcoflbyfcs la portent en leur fayes , &: tout au tour ce mot 
Dédit has.dabit hi^ vltra. En l'autre flanc visa vis de celhiycy, vne autre de- 
uifc de fa Maiefté, qui ctl vnc Efpce,&: vn Sceptre croifez en forme de Croix Bour- 
guignonne.oude S.André,fur ynemalfe d'Hercules toute droide : on y auoit faii^ 
adioufter vne couronne au bout du fiiepcre , & vne Tiare de Pape fur l'cfpce auec le 
didon du Roy dans le rond. Dvo protegit vnvs , pour monftrer , que fi par 
fon Authorite Royale il gouucrne fesRoyaumes.ilconfeiueaufîî auec fon cfpce l'E- 
glifc,& le S.Siege.comme fils aifné d'icclle.zele héréditaire aux Roys de. France , lef- 
quels encore fpecialement font proteéleurs d'Aaignon,ville Papale,&: fécond Siège 
Apoftolique. Au cofFre.ou deuant dudidchai^rebrafle par cahaut en rouie^jC-a vne 
ouale lettre d'or fur azur efloienc ces deux Anagrammes. 

mAKlA "De MEDICIS KEGICNiJ. 

hDEA SACRA, 1 C^C 1> E I GKEIMlFM. 



MARINA DE MEDICIS REGINA GALLORFM. 
^PERGO AD ENRICFM 'R^EMIS AD GALLIAM. 



Le dos 



20 Le labyrinthe Royal 

Le dos du char myparty en deux grands rouleaux recoquillez par en bas,pourtoit 
aulîî ces deux Anagrammes en deux compartimens. 

HENRI CVS BOR'BONIVS. 
HOC ROBVR IN ENSIXVS. 

MARIE DE MET>ICIS. 
DAME JCI DESIREE. 

Tous trois faifoient força noftre propos.car aux deux ficges, qui eftoient au cliai 
dans les deux rouleaux eftoienc les Génies du Roy,&: de la Royne.'celuy du Roy ha- 
billé pompeufemcnccoronné à l'Impériale, brillant de toutes parcs de toile d'or.per- 
les & pierreries] &: fur tout de douze gros Diamansau tour de la coronne emi- 
nens par defllis vn grand nombre d'autres pierres precieufes , & camars , defquelies il 
auoic les bras & tout le corps chargés, àcs la ceincurc en hauc.Il porcoic vne cfpec do- 
rée couce nuë,auec vne coronne de France,dorce de fin or , 3 la pointe , & eftoit aflîs 
au coftédroit où eftoit l'Anagramme Hoc robvr in e n s ïb vs , Ayanc der- 
rière loy vn elcriteau pofé à la cime d'vn efcorcefquejqui forcoic du milieu des deux 
rouleaux,oii eftoit efcrit en groffe lettre l'espee triomphante dv ROY.Ledeffeine- 
ftoit de faire triompher le Roy mefme dans le chariot, qui auoic efté entreprins à ces 
fins: mais fe défiant l'authcur de pouuoir reprefenrer vn perfonnage.qui peut aucu- 
nement approcher de la braue pol1:ure,Majefté , &: grandeur du Roy ; il le reiblut de 
faire triompher fon efpee,&:fon Génie en fa place.Lesanciens,au rapport d'Herodo- 
tc,pour le Si mulacrcjôc image de Mars adoroientvn grand glaiue,&: cimeterre posé 
fur vn amas de ferment ; ainfi l'on auoic voulu que l'efpee triomphante fut la viue 
Image du Roy braue.&vaillâc comme l'efpce. Le GeniedelaRoynecftoic alTisà co- 
fté gauche guieres moins fomptucufement habillé, que l'aurre-Tout couuert de brode- 
rie d'or & d'argent furie velour,&: coronne à l'equipollent: ayant en vne main vn 
coeur coronne, en l'autre vn guidon de taffetas verd couleur delà Royne , où cftoicnt 
peintes, & enrichies de fin orront au tourjles armoiries dcMedici ioinftes à celles de 
France d'vne part & d'autre.pour monftrer que comme le Roy triomphoit de toutes 
chofcs,aufîl la R oyne feule triomphoit du cœur du Roy:à quoy feruira cantoft le fep- 
tiemc arc criôphal. A ufTi ce Génie auoic derrière foy l'Anagrâme dame icy désirée. 

A v X pieds des deux Génies en tout le refte du char eftoit vn cœur de Mufi^ 
que à voix & inftruments fous la conduite de M.l'^fchirol organifte de l'Eglize Ca- 
chedraledcs voix eftoient toutes d'eflite,& triées entre les plus belles: les Muficiens 
outre qu'ils tenoient le chœur ,fcruoient encore au triompheicar celuy quicomman- 
doit reprefcntoit lunon la Royne des Dieux , &: auoic fous foy quatorze Nymphes, 
qui font deux foisfept,aucant que virgileluy en donne. 
Suntmihibii feftem frajlanti corpore NymphiX. 

Leur habiteftoit des la ceinture en bas de velour,taftetas,& damas rouge & incar- 
nat , en haut tour de blanc , la tcfte hauflee & attifFee en pointe de guirlande. Ceux 
qui eftoieiK hommes faids eftoient couuerrs de mafques fendues pour pouuoir châ- 
ter fins incômodité Cette troupe en ceft équipage decouure aflez d'elle melme fon 
intclligence;&: allégorie en la perfonnc de la R,oyne,foubs le ciltrc de lunon : &: en (es 

vertus, 



de /' Hercule Gaulois Triomphant: 2 1 

vertus.quel'on auoit mis en nombre fepcenaire , cantà l'occafion, que Je Poète en a 
donné, que pour le myftere du fepcenaire. duquel eft compofé tout l'appareil, com- 
me fe verra puis après, & mefme ie char, qui auoit fept pieds de hauteur,quatorze de 
longueur, cinq & demy de largeur. 

A ce beau, &;trion\phanc chariot l'on auoit attelé deux chenaux des plus grands 
harnachez en Elephans auec leurs Trombes,&: le refte. montez,& conduiéls par deux 
Mores. Ainfi marchail par la ville auec grande pompe &: magnificence, alant au dé- 
liant de la Royne iufques à certain endroit, où la foule, & prclTc fut fi grande , &: l'a- 
Iarme,quela Royne arriuoit, fi vrgente,quela quinte,& caprice print vn des muficics 
qui eftoient dedans , de leuer la garniture d'Elephanc aux cheuaux pour aller plus 
viftcjde crainte de n'arriuer à temps à la Galerie : où toutefois ils fe trouucrent à bon 
! heure, ayans changé leurs Elephans en cheuaux. A lafortiedelavillehorsduraucîin 
ils enronnercc de fort bonne grâce l'hymne, que s'enfuit à deux chœurs, l'vn à quatre 
voix choifies, l'autre en plein chœur reforcé, qui côtenoit la reprinfe,& le viue le Rov. 

HYMNE TRIOMPHAL PARODI QJ E 

SVR L'ANAGRAMME DV ROY. 

Vme njtue le '^y yeinquettr 

Viue de Florence le cœur. 
En fin l'HcrcLil généreux 

Bien-heureux 
A mis le frein à la guerre, 
Qui depuis trente ans paflez 

OppreJfTez 
Tcnoit le peuple ôc la terre. 

Z^me vme le Roy yeinqueur 

ZJiue de florence U fleur. 
Ce que trois Roys n'auoient fçeu. 

Il l'a peu 
Paracheuer en vne heure : 
Auffi Roy né de hon~heur. 

Tout l'honneur 
Sans compagnon t'en demeure. 

IJiue yme le Roy veinqueur 

Viue de Florence le cœur. 
A Dieu grâces nous rendons. 

Et fendons 
L'air foubs l'hymne de vic^oircj 
PoufTans gaillards, & ioyeux: 

lufqu aux. cicux 

C Toit 



III. 



Z2 Le lahyïnthe Royal 

Ton nom, tes faids, &ta gloire. 

Vme yiue le Roy yeinqueur, 

Vme de 'Florence la fleur. 
Soit au printemps du Soleil 

Tout vermeil. 
Soit qu'en l'hiuer il s'abbaifle, 
Toufiours nous chantons Henry 

Fauory 
De Mars , &; de la NoblefTe: 

Fiue yiae le Roy "Z/einquem- 

Vme de Florence le cœur. 

Le chariot chantant cefl: hymne;eftoît ia à la Galerie , auant l'arriuee de la 
F.oyne pour la rcceuoir:cependant rartillerie ioiie, & puis les hauboys, comme auios 
commencé de dire La delîus elle arriue enuiron les deux heures après midy.Inconti- 
nentlcchœurduchar triomphalrcprendfonviueleRoVjtandis que la Maiellé def- 
ccnd pour entrer en la Galerie, où Mefleigncurs les Illuftriffimes Cardinaux de lo- 
yeufc &:de Gondy,&: MonfeigneurlcConellable i'attcdoicnt, &:eftoientdcfcenduz 
à l'entrée pour luy faire la rcucrence,& la receuoir : ce qu'ils feirent aucc grande fo- 
lemnitc,&: Majcflé ; ceux la comme Princes du fang en terre de Pape , le Conellable 
comme la féconde perfonne de la Coronne la plus AuguRe après le Roy. Elle ne fud 
pas fi toft au ficge,qu'on luy auoir préparé, que le chariot démarche palfant tout dé- 
liant elle, U. fliicl: le cour pour aller prendre place à la méfiée. Au mefme inllant îvlon- 
fieurdeGalean Baron des Yflards Viguierd'Auignon, la première perfonne de la lu- 
ftice ciuile,aucc les magnifiques Seigneurs monfieur. de Sauuin,monfieurFerrier, S>: 
monfîcur SybilleConi-ils,&nionfieur Suares AlTclTeur monrcrenr par l'autre efca- 
licrdclaGaleriCj&feprefenterentàia îvîajefté aucc v ne profonde reucrence , ayant 
eftc qualifiez de leurs grades,&: mérites par Monfeig-rilludriff. Vice légat & Vicaire 
gênerai pournoftrc S. Percen la légation M.de Conry Euefque d'Anconncquicftoit 
arriué,&:cntréauecfadi61:eMajei"!:c.AIors moniicurrAiTeficucSuares au nom detous 
prenant la parole commence fa harangue ainfi , tenant vn genouil en terre. 

Les bien-heurcufis mfiuenceSyÇj qualités, que le Soleil radieux de 'vg- 
fire a^ajejl'é trcs-Chrefiienne rejpe?7d fiir vop'e tres-affèclwnnee ,^ 
tres-oheyffante 'ville d'eAuigncn , ncus donnent la hardiejfe de nous 
'Venir i et ter a fis pieds ^ ç^ ojfrir a t autel de 'vo fire gloire ^ne moi fi 
fin plandureufie d'autant de mille ^oœux, ç^ fidutdu peuple Auigno- 
nais j comme le ciel faaorahle promet à toute la France de hiens , de 
Lon-heur, ^ de Itefies par 'vofire tres-heureux, ^ fideré mariage, auec 
fcn (rrand monarque Henry l'honneur, çj le pris de ne fire fiie de, le pa- 
rangon, M /^ merucille des ^ys. 

L A 



de l'Hercule Gaulois triomphant:. 2^ 

La Roynï fe tournant vers monfieur le Coneftable luy di^V.Refpondez leur c!^ IV. 
ma part, queie ne ccderay à aucun des Rois , ou desRoynes, qui furent oncques en 
France deuantmoy à chcrir, ayder, conieruer, &: faucrifer en toutes occurences la 
belle Cité d'Auignon. Mondjd Seigneur le Concftable s en acquira incontinent, & 
difcourut bricfucmentà meilleurs, (ur la volonté, & rerponfe de fa Majedc. Sa prc- 
fence apporra grande célébrité, &: reliouin'ance au triomphe de la Rovne . Car il ny 
auoit celuy, qui ne receut vne allcgrcire, & contentement incroyable de veoir en cet- 
te royale compagnie ce grand Piuot delà foy Catholique en France 5 fi voilé &: afî'e- 
ftionné de tout temps au S. Siège Apollolique: lî pnuilcgié, & cavefic d'iccluy, com- 
me il appartient au premier Baron, & premier Gentil- homme Ghrefticn de ce Roy- 
aume; chacun en fa perfonneregardoic Ion Père le grand Anne de Montmorency 
Coneftable, vray Pere,&; coleruateur de la Fiance :&: fe remettoit en mémoire les of- 
fices irnmortels,qu'il feit autres fois à fa patrie, «S<: à noz Roys, fuyuant le bon heur de 
famaifon,&.mc(mederAnagrammecon"iprinsenfon nom , qu'il a eu du ciel, pour 
marque,ôd iignal perpétuel de la fidélité de fes anceftres onueislacoronneFrancoife. 

HEN%1 DS MOTiTMOKEN-CT CONESTABLE 

LE ROT TE [HERIT COMME SON BON ANNE. 

D. En O. 

Il comprend en peu de mots l'afïcdion, quefi Majefté luy portc,&: luy a monftré 
mettant à fa conduitte vn fi précieux gage ; &: threfor, & pour le duc en vn mot, telle 
que les autres Roys ontporcé au grand Anne Ion Perc, qui (cela de fonfang l'amour 
qu'il porcoic à fes Roys, S>c à fa encre patrie : que fut cauie, que le bon Charles neuf- 
ieraje. la parfaiclc Idée des Roys très- Chreftiens, le Père des fcienccs , la terreur des 
herefics, le modcllcdevrayenoblefi'e, ordonna que le cœur de ce grand Coneftable 
fut enterre auec le iîcn, aux Celcftins de Paris, pour tefmoignage éternel à la podcri- 
té derecllalede fon amour enuers luy,&:de robh'garion,que luy auoit cette coron- 
ne:& encore affin que ces cœursslcs plus généreux de leur ficelé repofaflent tous 
deux en vnMaufolee aptes la mort, qui auoicnt efté le feiourd'vnc amc en deux 
corps duranr leur vie. 

La h a r a n g V e, & refponfe faide : fa Maiefté demanda à Mcfiieurs d'Aui- y_ 
puon s'il cftoir necefiaire d'arreiter dauantaL'c,qu'clle le fcroic volontiers à leur com- 
modité. Ledicl: Sieur Aireifeurrefpondit , qu'il n'y auoit autre : que les commoditcz 
de fa Majefiéeftoientics leurs, n ellant de leur delftin de faire pour lors les autres 
harangues, à caufe qu'il crtoir défia tard, &: Icrerle du temps faifoit dcbeloin au tri- 
omphe. Ainfi la Majeilé fe tourne remettre Jâs ù litière portée par deux beaux mu- 
lets noirs montez de deux Pages ; &c toute couuerte dedans Se dehors de vclour cra- 
moyfi obfcur, brodé d'or, &: d argent , de toutes parts,en fieurs de Lis, tczes, & fcm- 
blables galenteries.La Royne efloit veftue à lltalienne d'vne robe de diap d'orà fôds 
bleu atifee aufiî a l'Italienne fort fimplement la poictrine toute couuerte, le poil en fa 
naïfue beauté fans fard & fans griferie.Ie voyois en mô cœur rougir de hôte la vjnite 
fcandaleufe d'Âuignon,deveoir cette beauté fans fard, ce beau teint fans vermcillon, 
ceft œil attrayant, & agréable fans légèreté, ce port braue.S: plein de Majefiéiansai-- 
fedatiô, cette belle, &. haute fi:ature lans iViaiche-picd:ron ne fcauroic voir, ou defi- 
reriamaiscnPnncefle deux chofes û diamenalemcntcfloignees loinclcscnftmblc: 
vne fi grande Majeftéjauec vue (i incomparable mcdctae : vne Ci axcelkiite beauté, 

C 2. auLC 



2^ - Le labyrinthe Royal 

auec vne fi rare naïfueté ; vn œil fi débonnaire, &r fi attrayant, auec vne fi remarqua- 
ble piidicité,&: grauité ; la face toufiours riante, (ans vanité : le marcher grauCjfans lé- 
gèreté : le réconrrc royal,& maiefttieux, fans aucun fade, ou mefpris. En cette poftu- 
re elle fe prefentepour rentrer en litière. A l'inftant le grand chœur de Mufique , qui 
auoit faiél vu gros de toutes les chapelles d'Auignon Se s'eftoit rangé dans l'autre 
tour du rauelin, qui eft contre celle, où eftoient les hau-boys ; commença à chanter à 
deuxchœurs,en harmonie réciproque, vn cantique des grandeurs , & excellences du 
Roy,&: de la Roy ne, auec vn grand tintamarre de voix refoluës , & afleurees. Entrc- 
tant le gros de la Cauallerie s'aduance,&: toutes les compagnies démarchent felô l'or- 
dre que nous dirons. 





LE TROISIESME RENCONTRE 

DES SEPT CORONNES, 
ET DES DIEVX. 

CHAP. V. 

A R o Y N E ne s'efl: pas auancee de dis pas , qu'elle s'apperçoit du 
Rauelin touttapiflé en dehors d'infcriptions , &: paré par tous les 
créneaux, &:enuiron$defdi6tes inicripcions de diiques , & feftons 
de !auiier.&: de buyx auec bandes peuites d'incarnat blanc & bleu. 
Au front de la tour, qui vife au Rhofneelloit efcriten lettre rouge 

ri rvA.^*^<i-^ 3 fur vn grand quarré ce vœu commun façonné à l'antique au nom 

de toute la ville. 

VOTVM PVBLICVM- 

HENRI CO MAGNO SVSCEPTVM A POPVLO 
AVENIONENSIVM IN PERPETVVM. 

i^VENlO SEPTEMGEMIN A MVN IC IP I FM REG N I NO B I L I S S. 
VOTFM 2i^VNCrP AVir PRO SALVTE D D. N N. HERCVLIS S E P- 
TIMI HENRICl IIIL y^NNORVM , ET REGVM SERIE SEPTE- 
NARIf, ET UlfACNAE MEGARAE MARIAE MED. ITEM ANNIS 
i^ETATlS SEPTENARIAE K^VGVSr. C N. V ICTI MIS I MMO L A- 
TIS EIN ALTERVM DO MINICVM D I E M VOVIT S A LVTI PVBL. 
C LAVES TRES INAVRATAS. CARITATI REGIAE COR VNVM 
PVBLICVM. LAETITIAE C O M MVN I LVDO S , THEATRA, FERIAS. 
TVTELAE V RB A NAE NVMOS AVREOS TTP Jt E C I S , AC REGL 
KAE CVSOS: VICTRICI MAIESTATI CVRRVM, AC VII. ARCVS 
TRIVMPH A LES. VICTOR lAE FOECVNDAE CORON AS VIL PACI 
TEMPLVM CLVSVM IN lANO, COLVMNAS TORNATILES, ET 

SOLI- 



l 



de ïlfercuk Gaulois triomphant. 2j 

SOLIDAS OMNES ŒM BASIBVS , ET EPISTTLIIS ITi^rHBATRIS 
TORriCIBVS , ET K,JRCVBVS AD ANTED lE M I D. N VE M. ANNO 
SACRO ET SEPTENARIO CIj. j j j. 

Au mefmeendroid de la féconde tour eftoitletiltre, & préambule d'vn Plebijci- 
ium de merme efl:offe&: pour le mefme efFed au nom du peuple d'Auignon, entant 
qu'il eft diftingué des Magiftrats comme ceux qu'à Rome l'on appelloit .pintes : &: 
eftoit efcrit en cette forme. 

PLEBISCITVM. 

DETRIVMPHO DECERNENDO 

HENR. REG. CONSERVATORI ET 

MARI.Ë REGIN.£ NON M CONIVGEI. 

QVOD TKIBVNI TLE'BEM JVRE ROGA- 
RVNT TLEBESQVe JVRB SCIVIT. 

qvOIVS AVSPICIO CLASSE PROCINCTA OPEIMASPOLIACA- 
PIVNTVR DEO O. M. GLORIAM DATO.QJEI CEPIT HERCOVLI 
SEPTENARIO TRIVMPHVM SEPTEMGEMIN VM DARIER OPORTETO. 

Encre les deux tours fufdides , y a vne muraille fort belle, qui faid la largeur du 
Rauelin oppofeediredementà la Galerie, n'ayant que fept Créneaux de bonne for- 
tuncidâs chacun defquels eftoit efcrit vn chef de ce Pltbifcitum en mefme lettre rouge. 

TRIMA SPOLIA EIN ^'î A RTIS k^S A M S V B P MOE RIVM: LAV- 
RE AM VTRAM yOLVERir PRO CAESIS HOSTIB. CAPITO. 

IL SPOLIA i^POLLINI OECONOMO PRO SVSCEPTO REGNO^ 
LILIVM ^'El CEPERIT, E T G A L L I C A M D^TO. 

IIL SPOLIA STATORI lori PRO RECONCILIATO REGNO, ^EI 
RECONClLIASSIT POPVLEAM DECERNITO. 

IV. SPOLIA MIUERVAE SOTERAE, ET LAOSSOAE PRO CLEMEN- 
TIA REGIS EIPSO^E l^5 SE SFPERATO, lMYRTVM. 

V. EIN TEMPLO lANI CLVSO AD tJMERCFRI I C ADVCE ATO R IS 
CAVSA PACIS FACTAE, PACTJE^VE , OLIVAM. 

VL SPOLIA DIANAE SOSPITAE, ET LTSIZONAE PRO ABS O LV- 
TIOI^E, ET RELIGIOT^E REGIA, ^EI CEPERIT PALMAM 
CONSE^ITOR. 

VIL SPOLIA VENERI NY MPHEVTRI AE , PRO PERENN ITATE 
FAVSTl, FESTI^E CO NNFB II.^VE RC M DARIER OPORTETO. 

C 3 Deflous 



ÏI. 



26 Le labyrinthe Royal 

Dcflous les créneaux en vnc frife tirée auec feftons de buyx d'vne tour à l'autre fc h- 

Ibicnt CCS vers de Virgile adaptez à l'arrlucc defaMajefté 

SALVE, VERA lOVIS PROLES.DECVS ADDITE DIVIS: ; 

ET NOS ET TVA DEXTER ADI PEDE SACRA 5ECVNDO. j 

HIC IVVENVM CHORVS , HICCVV^E SENVM, QVI CARMINE^ 

LAVDES 
HERCVLEAS,ET FACTA FERANT. 

Il importe beaucoup pour tout ce que fuit d'cntendte la première infcription de 
celles cv.que i'appelle VOT^M PVBLICVM^&c lîgnammet ce querconcerne le nombre 
feprenaire que l'on a gardé fort exaftement en toute cette entreprinfc. Confiderons 
k de prcs,&: contemplons à loyfir aucc fa Majefté le dehors du Rauelin tout tapillc 
d'efcritturc,pendant que les troupes marcheront S>c fe mettront en ordre. 

D I S C O V R S 

DV NOMBRE 







SEPTENAIRE. 

Enh>erevr ludinian en l'authent. de cofT ordonne , que les 
icuXj&fpectacIes des Princes foientfeptenaircs , compofcz defcp: 
diuerfcs celcbritcz,&aâ:ios:& ^ouïcc ^xx^.choriy.versljcxtum agcvs. 
il conclud z\i\(\.Et ttajeptemnociinw ^ c^ proccfSf^Kf/i complebitur curjifs 
imllam fpecierum antiqn:tiisj}atntayum derclinquens. Et ^lus bascom- 
~,::..^^^'<^X ::;:^^ mande, queles Princellesaycnt part aux magnificences de leurs 
Maris au §. Hxc nuque •.'vcrf.fKiUteyn.Decet entmjrHi eas c^ comugu ch.ntMc.Y.à^oVi^ don- 
qucs ces triomphes Royaux (cptcnaircs communs au Roy,& à la Rovncpour ne cou- 
trcueniràlaLoy de l'Empereur. 

Le Roy, laRoyne,rheure,&:le iour que nous fcifmes l'entrée Hercules qui eft 
noftre fuiedj'annee du lubiléqui courtja ville d'Auignon où nousfommcSjnouscn 
donnenr toutes les occalions. 

Le Roy efl: au fcptiefme fcptenaire defon aage.x'efl: à dire, au quarante neufic- 
iTie,qui l'ont fept fois feptnl ell le neuf fois feptiefme Roy entre les Roys de France &; 
le fcpricfme de ce fiecle.Le plus grand eflay de vaillance qu'il feit jamais, &: le plus 
grand coup duquehcomme vn Alexandre le grand, i! couppa le ncud Gordien , & 
qualî fatal de fon e(lar,qui fut en la bataille d lury.fut fcptenaire , &: eut tout fon heur 
dunôbre fcptenaire, eftant toute fon armée diuifeeenfeptelcadronsiielediray aprcs 
plus amplement: & la bataille fut donnée le 14. deux fois lepcieme de Mars. La prinfe , 
d'Amiens fut le zj.de Septembre,en l'an ij^j.an &: mois feptenaire.L'autrc grande ba- 
taille gaignccà Arques près de Dicpc fc donna le trois fois feptiefme iour vingt &^ 
vnicfmeduMoys dcSeptébrc , qui eft ainlî nommé pour cftre le feptiefme Moys de J 1 
l'an folairc.La iournee d>.' fontaine Françoife,îes Dijon,fut le feptiefme moys de l'an 
commûjlc liiicfrac de Iiiillct à l'heure deux fois feptiefme du iour, qui eft deux heu- 
res apr-^i; 



de l'Hercule Gat^loù triomphant, 2/ 

rcs après midy:heure que la Roynefeitfon encrée en Auignon.En outre il fcic déclara- 
tion de fa Conuerfion au melmeMoysfcptierme derannee,quefutle ly de luillcc 
iour de S. laques en l'Eglile de S.Denis.ll fut facrc Roy le 27. de Feburier, fit la paix 
auccc rEfpagnol le ii.de luin. 

La Royne aullin'a que vingt &:repcans,eft petite fille de Ferdinand reptiefme 
EmpereurdeJamaifond'Auft;riche:&:pour monftrer combien ellefymboîifoit auec 
leRoy & fe plaifoit au f'eptenaire,ellc vint de florence auec dixfept Galeres.'la fîennc 
auoit feptantc pas de long.&: vingt &: fcpt rames de chafque coftc, qui eft le nombre 
desansdefonaage,&: beaucoup daultrcs fcptenaires , que nous r'apportcrons puis 
âpres:& qui plus eft le mariage Royal Ib fit à Lyon iblennellement le 17. Décembre. 
Elle entra en Auignon le iour du diroanchc,auquel caluellement s'eft rencontrée Ton 
arriuee,Ie leptiemc de la fepmeineà deux heures, que font quatorze auec les douze du 
midyjc'cftàdirCjdcux foisrcpt.Q^ANx a Hercvles ileftoitnatifde Thebes Ville à 
fept portes tant chantées, &: apoltrophees parles Poètes, & l'hydre n'auoit quefegc 
telles, au dire de Naucrates Erithree. 

L'an dv Ivbile où nous fommes a efté tout fondé furie feptenairejainfi que l'a 
ci-uchéparefcritMoyieauLcuitique zf.parle commandement de Dieu. Tu conteras 
fept fcpmmnes d'annees^c'cjl afçnuoir Jept foi^ Jèpt,qui font en tout quarante neuf ans : Et tu 
forcerai la trompette le Jept terne rnoysje dixième iour du moii au ternps de propitiation^ert toute 
la contreetcrfarichficrars ta» cinquantierne , ^ l'appelleras remiponk tous leshahitans delà 
te) re : car cejl le Inhilè. C'eft le texte de la faincle Efcriture tranllaté en François de mot 
à mot: où cil à admirer le rencontre merueilleux de l'aage du Roy, & de l'an, auquel 
ilfe marie ; qui efi; l'an quarante neufuiefme nombre des ans du lubilé , comme il ap- 
pert par le pallage allégué : car le lubilé cftoitprins après vnefemaine d'années, qui 
iont quarante neuf ans:a l'occafion dequoy ils l'annonçoient &: celebroient auec fcpt 
trompcrces, quifignifioicnt les fept Sacrements delà loyEuangeliquCjquielfacentles 
péchez, &; ont donné le r.om au lubilé : car les Kebrieux appellent '-^iv ^lohel vnc 
tronipertc, ou corner faidl de la corne d'vn Bélier, de laquelle ils fe feruoient, &: d'où 
eftexrraiclle nomdclubilé. Sipsimo die facerdotestollent Jeptem Buccinas , quarum vfus 
esiiK Inhileo. En loiucchai). 6. Hz pour la mefme raifon JPhilon le îuif, après auoir 
• 1 monftréque toutes les grandes fciles des luifs, comme le iour du Sabat , qui eflle 
I fepticme iour delà (cpniainc, & la Pentccofi:e|iour fept fois fepriel'me apies la paf- 
t| que, & toutes les autres clloient fcptenaires, parle ainli du îubijé. 2^c difimilia Junt, 
1 1 qH£ prj:cipiu;ftur de anno qitinquavejimo^ qui non Çoliim habet modo diclumjepîcnarij priuile- 
gium , verkm etiam re(Htusionern reifamiliaris m integrum. S'il y a ville au monde , qui 
■ puilîe faire fefteauRoy de ceft an quarante neufieraej c'eft Auignon: car bonifacc 
: huiclieme fondateur del'Acadcmicd'Auignon.ayanttout le premier inflituéi'an du 
! lubilc de cent en cent ans, commençant l'an uoo. Clément fixiefme , qui achepta 
:! Auignon de la Royne Jaune, Se refidoit pour lors audicl Auignon, le remit à fon an- 
ci cien terme fcptenaire de l'ancienne Loy, de cinquante en cinquante ans, l'an 13^0. Et 
j j ainfi le fécond lubilé, qui iatnais a efté faid, a efté remué à l'an cinquantième en Aui- 
; gnon, par vn.Pape y tenant alors le (lege Apoftolique. 

. . Que fi nous voulons encore efplucher déplus prez lesfccrets , & myfteres de Ge 
: nombre, i: ne peur élire propre d'autre Roy du monde, que du Roy de France. Les 
;! Roys de France feuls ont ce don du ciel de guciir des efcroiielles, maladie incurable, 
1 parIefeula£touchement,difans." Z-fiîoy?f /o«f^^. Cela eft frayé dans toutes les hiftoi- 
.1 res dcjneftiques, &: eflrangercs , anciennes^ &: modernes, Latuics &: Grecques , qui 
i donnenc 



2S Le Uhjr'mthe Royal 

d'vn accord concèdent cela à noz Roys : aueré par longue expérience de rant d'an- 
nées: &: de fieche mémoire par le Roy à prcfent régnant, en font eftez gueriz à Lyon 
Grenoble, &: ancres endroits : chacun le touche au doigt; on ne parle d'autre chofe, 
on n'entend aurrc, que les parens dcspatians piefchans cette vertu miraculeufe de fa 
Majcfté ; &: en pourrois nommer Gentils- hommes de bonne part,qui ont atcefté au- 
thenciquemenr, que leurs enfans ont efté gueriz à Lyon n'agueres. La cérémonie en 
eit merueilleufement graue,&: maieftucufc.Mais ie ne me veux arrefter en chofe attc- 
ftec par le tcfmoignage de toute la Chrertiencc; &: qui deuroit bien deciller les yeux à 
noz paumes efgareznouueauuenus, &C leur foire croire, pour le moins, ce qu'ils voyêt 
ou pcuuent voir,s'ils ne ie creuent les yeux. Que fi le nombre leptcnaire a cela de pro- 
pre de guérir delamefme maladie. quefepeutildiredepluscôucnableouauRoy 
de France, qui a cette propriété héréditaire, ou à la Majefté, qui en à délia tant gue- 
riz, ou à Henry quatrième qui en tous ces fuccez,en (on aage, 6d en l'ordre des Roys 
eilfeptcnairc? Bungus efcriuantde ce nombre, en parle ainfi. Similttermafculm omm^ 
feptirKW ahfque femetla intermedta natta vim ha,hcrc àïcïtur curanàï jrrumus , feu fcrofulas 
folo t.tc7(i, vel verbo. Ecce qiiod fam diit Chirurgum fattgattit^quod PharmacU curare non po~ 
tttit^ nec ferro, ncc cauflico confumere , cmo^tie nulla videttir ejjè medicina vi numcri feptenarij 
car.itiim,perpinatam^^apparintquaKdoque. i^tqae banc fimilcm firtutem in dcxtera Gallo- 
rumRegum videmm^ qmi siruma ajfe£lt liherantur. C'eftvn Italien Bcrgamafque,horsdc 
pallionà: foupçon. Le mafle^ di£t-il, qui efl né le feptieme,fans quily ayeu femelle entre- 
m), A la, z>ertit de guérir des Ep,roiicUes par le feul attcitcbemcfjt, ou par In paroUe.Ce a, quoy les 
chirurgiens n'ont peu treuuer aucun remède^ ny par feu, ny par fer, a efîé fauuentesfois guery 
parla prce d-t nombre feptenairc , laquelle ntcjmc prérogative nous voyons ejlre ez Roys de Fran- 
ce, qui ont puifftnce de remédier à ce mal. Je me fuis laifî'é dire qu'au Puy y a vn pédago- 
gue malle fepticfme,&: vnReligieuxà Beziers qui enguerifsct plulieurs.Mais en cha- 
que Arc triomphal icdefcouiiriray les autres rarerez, &c myftercs dccc nôbredcfcpr, 
les rapportant aux fepr parallèles du Roy aucc Hercules, 
in. TovcHANr LA VILLE D'AviGNONjClIe cft de toutcs pats feptcnairc, l'on y vcoit | 
fcpc fois fepr de chofcs remarquables, qui font autant que le Roy à d'ans. Sept pa- 
roisses, & non plus. S.Agricol. Noilre Dame la principale. S.Picrre-Saindc Ma- 
çdclcine. S. Didier. S.Svmphorian. S.Genis.S ept convents anciens de Rc- 
lisTJeux, de S.Ruf, frères Prefclieurs, Cordelicrs, Carmes, Auguftins , de la Trinité,, 
dcfaind Anthoine, Sept monastères deNonains: S.Laurens,Sainâ:e Catherine, 
S. Veran n'agueres faind lean le vieux , noftre Damc,iadis de fours, Sain6te GJere, 
SaindePraxedeiadisEfpagne, les repenties autrefois dides des miracles. Sept hos-. 
riTAVLX, de S-Bcnoifi: qui efl le plus ancien pour les Pèlerins, S. Marthe le plus grand, 
&:c5munatous:Châp-flory pour les peftiferez.S.Lazare pour les Ladres: S.Anthoi-i 
ne pour les Eftroupiez:dcs Auguftins pour autre necefriteux&: de Nazareth, pour les 
vefues,crrans,&: fans toid. Sept Palais, le grand Palais furnomméApoftolique^ 
le petit Palais del'Archeucfque, la Vicegerance dide anciennement le Palais Royalj, 
S. lean de Rhodes, le Palais de la Mote, ou eft auiourd huy le Collège de la Compati 
gniede lefus, celuy de Poidiers di6t du Roure, &C celuy du Roy Rhené. Sept C o lh 
t E G E s , le grand Collège didT: S.Nicolas, S. Martial, qui eft feminaire de Clugny, deli 
Senànque feminaire de S.Bernard, de luion feminaire de Mont-maior, que le vuI-jI 
gaire par equiuoque appelle de Dijomdu Roure, de la Croix , & S.Michel.SEPT poRii 
TE s, duRhone, du Sel, de S.Lazare, d'Ymbert, de S.Michel, de Champ fleury, di"j| 
bois, comuiuncmcnt de la leigne. Cefonc les (èptfeptenaires, «^ae l'art, & la pieté dç' 

^ ho;. 

il 



de F Hercule Gaulois trlcmphant. ^9 

maieurs ont mis en Auignon, dcrqur-ls les ans pallcz on a recherché l'origine la ion- 
dation, les changcmens,&: altérations, les caufcs, les ftatuts, &: toutes les lîngiibrircz 
de l'hiftoire d Auignon. Mais Dieu y a mis encore fes feptenaires. Les conucntions 
' furent faidesle7.de May,la l-gation inftituce le xj. de luillcc k'pticrmc mois de l'an 
Romain. Auignon futfeparee du Comté Venicin par le partage des Comtes de Pro- 
uence, le iy.de Septembre ij.des Calendes d'Odobre: fut achetée &:acquilc par Cle- 
;| ment fixielme, l'an feptiefme de fon Pontificat : &: fur tout cccy , par grâce ipecialc, 
'I & faneur de la prouidence diuine, Sept Papes légitimes dos plus grands pcrlbn- 
' nages, qui ayentefté de fuite depuis Grégoire le Grand, y ont tenu le liège ApoRoli- 
que 1 vn aptes l'autre, fans interruption , &: y ont demeuré feptante ans precil'cmcnt, 
* qui cfl: vn autre feptcnaire remarquable. Clément cinq^iesme y amena le 'à^v^ 
' Pontifical, l'an 130J. confacré à faind lufl: de Lyon, qui a faift, &; dacé ks Clemcnti- 
' nés en Auignon, où il feiournapres de fcpt ans, extermina les Templiers, conuoqua 
' i le Concile de Vienne, mourut icy près à Rochemaure , & fut encené a Bazas. Qu_cl - 
'i ques vns penfentquece Clément ne doit cftrc comté entre les papes d'Auignonniais 
'I ils fe trompent , & ne faut que voir fes Clémentines datées qualî toutes en Auignon, 
'i &eequ'enontcfcrit les meilleurs hiftoriens. Peut eftre qu'ils ont ellrczabulez parles 
■; efcriteaux.quifontàla fale du Icfus, oùfelitquelcan zi. amena le premier le S. Siège 
' en Auignon-.il faut corriger cet ei'criuain par la vérité de l'hiftoire, par laquelle il trou- 
uetont, que par deux diuerfesfois il créa en cette ville quatorze Cardinaux ; les cinq 
l'an 1510.1e 19. Décembre, &: les neuf rani5U.lc iz.dudift mois, & qu'ils en mouru- 
rent en daiers temps de fon pontificat en la mclmc ville, quinze, que Panuinius rap- 
porte l'vn après l'autre. A Clemcnr fucccda Iean 2i. créé à Lyon, ladis Eucfque d A- 
uignon. Pontife tres-dode,& rres-fameux, quia indifué le premier audidt Auignon, 
defaliier tous lesioursla fainâ:e& immaculée Mère de Dieu au (on de lacloche.cô- 
lûc letcfmoignent Polidorc, Genebrard,&: les Chroniqucs.il laifla à l'Eglifc vingt &: 
cinq millions d'or, fonda les Chartreux de bon pa?,Ics Collégiales delaincl Agricol, 
&de fainit Rhcmy : ell cnfcuely à noftre Dame de DomSjCn la ch.ipclle du Rolaire. 
Benoist u. créé en Auignon fuccelfeurde leanjlacréauxlacobins.commençaàba- 
ftirle grand Palais par la partie (cptencrionalc, quarree, à quatre corps de logis , iuf- 
ques 3 noftre Dame de Doms : pertonnage de grande fain<îl:eté;&: Théologien excel- 
lent, il repofe à noftre Damc.cn vne autre chapelle, .\ main gauche du chœur. Clé- 
ment sixiESME lefuiuit,rornemenf de la mailon dcCanillac coronné en Auignon 
auxiacobins. Ce fut celuy la, qui achcpta cette ville 80. mille florins d'or de Floren- 
ce, l'an 1548. baftit tout le deuanr du Palais, & la grande chapelle dcnbas vers la Vi- 
Cegerence,commença les murailles neufues depuis la roche de D5s,iulquesà lapor-. 
t&duRhonc: fit refaire quatre grandes Arcades du pont, que te grand rauagc des 
eaux aucnu de fon temps,auoit mis par terre : il y mit fcs armoyrics d'où,plulieurs ont 
prins occalîon de pcnlcr, & d'cfcrire que les Papes auoient faiâ; le pont, lequel neât- 
moins fut bafti miraculcufcment l'an 1177- par laind Bene^et paftre cnuoyc de Dieu 
aagc feulement de douze ans, & les Papes ne vindrcnt en Auignon que l'an 1305. ou 
IJ06. pour le plus.Clement deceda cir Auignon & eft enterré à la Chafe Dieu,en cette 
k' belle Eghfe, qu'il auoit faiâte baftir: grand p'-edicateur, d'vnc mémoire mcnftrucufe, 
!•' Ce fouucnant de tout cequ ilvoyoit oyoït, lifoit vne feule foys,fans iamaiss'cnpou- 
'• uoir oublier, comme le tcfsri oigne Pétrarque. Apres luy fuiuit Innocent 6.crcé en 
iii' Auignon au Palais. Il abafti la grande chapelle d'enhaur,& paradicué tout ce corps 
l^ <fc logis iaa:idionaljS£ des murailles, dcfpuis le p5t de la forguette foubs les Jacobins 

D iniques 



3^- Le labyrinthe Royal 

iufqiie<; à S.Lazare,fondc le-ïCUarticux de Ville-neufuejoù (es cendres repofent.L'on 
Iwy iubrpgea S. V r. b a i n V. crée en Auignon au Palais qui a faid Miller dans la 
rocht h grande cour, &: le puis dudicl Palais, œuure merueilleufe: à faid faire le lor 
gis qui regarde i'Orienc, où cI\oit logée la Royne , depuis la fale àcs Legacs iufques 
aux grandes Chapelles ; & des murailles les plus belles de toutes , dez le pont de la 
lorguctte qualî nifques à la porte du Rhone,&: dez la porte de S. Lazare, iufques à la 
roche de Doms : voire a faid refaire de celles d'Innocent, qui auoient efté faides à la 
halle, dez la porte S.Michel, iufques à la porte l'Ymbert, &la porte de S.Lazare mef- 
me, auec le pan de muraille en ça, qui a des meurtrières, &C bouquez : tout cela ayant 
efté mis à bas par le rauagc de la Durence , &; du Rhône, qui s'eftoient accordez vac 
fois de faire du bien à la ville d'Auignon.Il mourut en Auignon au Palais du Cardi- 
nal Albiine fon frère, près du chœur de faind Pierre,ainfi que l'a efcrit Verneron fon 
feci etairc, qui y cftoit prefent. Platina félon fa couftumcjqui eft de dire toutes chofes 
nb hoc, & ah hac, did qu'il cft mort à Marfeille,où il fut transféré deux ans après auoir 
cfté enterré, & rcduid^ncendrcs(commc ill'auoit commandé par fon teftament)à 
noftre Dame de Doms : de forte que pour le prefent il gift à Marfeille à faind Vider, 
qu'il auoit faid baftir furaptueufement,aucc la fortereffe. 11 trouua les chefs de faind 
Pierre,&: S.Paul,&: le corps de S.Thomas d'Aquinqae Jean 12.. auoit cajuonizéen Aui- 
gnon: il mit fus l'vfage des Agnus Dei,qui auoit elle intermis par longues années , ÔC. 
fit plufieurs miracles. Grégoire vnziesme fuccedaà Vrbain : il fut de la maifon de 
Canillacfaidcn Auignon, au Palais : où ayant reildé par l'elpacc de quatre ans en- 
tiers, ramena le faind Siège à Rome.vn des plus grands lunfconfultes de fon temps, 
èc grand homme de bien : il gità F^omc. 
IV. Plvsievrs DESIRENT defçauoir,qui lcpremier,& àquelle occafionmit le nombre 
feptenaire en cette ville. Nous en auons ouy en fon temps, & lieu , ce qu'on en auoit 
peu apprendre, parlecours de l'hiftoired'Auignon : i'en du-ay feulement vn mot icy 
en paffant pour les curieux. Ce fuft5. Vrbain cinquième du nom, de la maifon de Gri- 
fac en Languedoc, natif de Beaucaire. Il fe plaifoir vniquement au feptenaire : & de 
faic\au rauelin de S.Lazare , qu'il a faid rebailir, il ny voulut que fcpt créneaux, où 
l'on auoit faid efcrire le Plebifcitum feptenaire cy dcfllis allégué, qui m'a donné oc- 
caiîon d'entamer ce propos:de mcfmc au grand palais n'y ayant que iix tours,Trouil- 
ias, de l'EftrapadcS.Iean, de la Cloche, S.Laurens, &c l' Agache, il y en adioufta la fep- 
tieme, &: l'appella des Anges,la plus belle de toutes ,oùeftrArchiueadmirable,dans 
ks fondements : la fale des Legats,&: autres beaux membres,que furent donnez pour 
logis à la Royne. L'on a remarqué fort particulièrement les ans pafîez,par le defnom- 
brement des baftimenSj&r fondations, qui fureur fiides de fon temps,que non feule- 
ment il a introduid le feptenairc,mais a prins occafion de ce faire du deflein, qu'il a- 
uoit de rendre Auignon vne feœnde Rome. Il feit faire de très-beaux vergiers en ce 
mefme endroid du Palais & ordonna,que l'on appelleroit tout ce cofté là du nom de 
Rome, comme le tefmoigne Pierre Verneron, qui eftoit fon fecretaire, en fon manu- 
fcript des Papes d'Auignon (Le Cardinal de Clermont les gafta y faifant baftir la Mi- 
randc, & cette grande Galerie • qui occupent la plus grand part de ces iardinages) 
Nous ne pouuôs rcuoqucr en doute auec raifon qu'Vrbain ne voulut former Auigno 
fur le prototype de Romermclmement ayant délibéré d'y arrefterà toufiours le faind 
Sicge.comme l'on veoit à l'œil par tout la trainc de l'hiftoire de ce temps là : qui a oc- 
cafionné Paul JEmile de parler en ces termes d Auignon. ^uemofan£{aiam,at)^ue Vr- 
bis AAw.f mmitU. Or en quoy pouuoit il mieux reprefcnter Rome la grande , que par le 

nombre 



11 



de FLCercule Gaulois l^'/icmphant. J! 

nombre feptenaire, duquel elle eiloit toute compofee ? Conftantm le grand Empe- 
reur,ayant iiià. vue Loy,que l'on appellac déformais Conftancinople nouam Rcm^im^ 
au raport deSocrateau liure premier chap.ii. la feit toute feptcnaircVoicy ce qu'en 
penfe Baronius au tome 3. en l'an 350. Sane quidan non ncmine tantum fed re tpja conatus 
tfi Connmtinm ciuitatem illam alterum Rornu/n fiicere^c[UAtn ommhris ex .tqiioji Uceret^vi- 
feri Romx refponderet : nam 'ut HUmJ» quatucrdecim primum regiones diu/Jif, Capitolmm ère- 
xit é'c. La ville de Rome, que Scatius âppcWc/epfemgeminam fut baltie en la fcptiefme 
Olympiade au dire de PolybeMegalopolitain,de Diodorc Sicilien, d'Eratofthenes^&: 
de Denys Halicflrnaflee,le vingt &:vniefmcd'Auril,qui ertle trois fois feptiefme du- 
didmois. Auignonfut fondée a la fin du feptiefme centenaire d'années, auantla 
venue du Sauueur, l'an 147. après la fondation de Rome , & 604. auant rincarnarion 
du Fils de Dieu,qui fut l'année que Marfeille fuft édifiée par les Grecs Ions. En outre 
Rome a eu fept Roys, &: non plus, aulîi bien qu'Auignon fept Papes.Properfe,& tous 
d'vn accord, luy donnent fept montaignes, Septem vrhs nlta tugù, tota quxprsfidet orbe. 
Virgile fept Palais •.feptcmaue vnufibi mura circundedit arces: Pline fept portes, iufques à 
ion téps aulfi bien qu'à Thebcs:Procopius deux fois fept portes. redoublées par l'Em- 
pereur luftinian. 11 y auoit fept rues publiques célébrées par les Anciés efcriuains vta 
facr^ty -via ait A; &c les autres. Pcdian dit que tout le peuple clloitdiuiié en ticte cinq 
Tribus ; qui font cinq fois fept. Augufte Cefar diftribua toute la ville en quatorze ré- 
gions, ainli que l'efcrit Suetone,&: Tacite, dulribution gardée du depuis par Con- 
ftantin en Conftantinople. La première Région auoit fept places : la cinquième fepc 
cors de garde : la huiftieme trois fois fept temples , qui font 2.1. &c fept marchez pu- 
blics : la dixjeme fept rues, qu'ils appelloient vicos : la douzième l'admirable Sepri- 
zonium,&: la maifon des fept Parthes : la quatorzième fept aut.-es cors de garde.Mef- 
me Rome Ch'reftiennc a eu les fept Diacres , qui s'appelloieut Rcgionaires : les fepc 
fouz-diacrcs : 5c les fept notaires Apoftoliques : & à les fept Eglifes des Stations : & 
les fept portes de la ville Leonicnne, ou Bourg faind Pierre, Se autres plufieurs fepte- 
naires, que ie lailFe à part pour maintenant:c5me beaucoup d'autres parallèles d'Aui- 
gnon, auec Rome, que l'on a pourfuiuy à fonds ailleurs. Cecy fufïira en pafîanr, pour 
l'enrichifTeroent du feptenaire de noftre Labyrinrhc,&: explication d'vne Iliade d'al- 
legories, qui s'enfuiuent, &: que nous euilent arreltez à tout bout de champ. Et en- 
core pour entendre, pourquoy en plufieurs des infcriptions Ion honore Auignon du 
tiltre de noua Rem a , ville habitée par tant de Papes, anoblie de tant de beaux 
baftiments , illuftree partant de faicîs mémorables, priuilegiee par tant de Conciles, 
tantrefpeclec de l'Antiquité, tantcherie des Empereurs, tât aimeeuesRoys deFran- 
■ce,tant prifee des fouuerains Pontifes,tant fauorifce du Ciel • vierge Se nette de toute 
herefie, ennemie rcfoliic de tout temps defchifmcs &:diuifions, bouleuar de la foy 
Catholique en ces quartiers , pépinière des vaillans Champions pour ladcfFenfede 
lafoy Orthodoxe parmy les peuples circonuoifins, nourricière de toute tbrte d'or- 
dres religieux, defquels elle faid contre fcarpeàfes plus grands ennemis. La Rotne 
de deçà les monts , la Conftantinople des Gaules , la Florence de France , la perle des 
belles villes , la Colonie des nations , l'azile des eftrangers, Icgiaticux , plaifant &: a- 
greabie feiour des princes, &: des Roys. 

Ces choses ainfi auerees , ie reprcns mou chcmin,& reuiens à la Rovne j quey 
peut eftre,nous auons trop importunement retenue à la porte,auaot qu'entrer dans le 
labyrinthe; i'efperc que cerce importunité (e '.rer.uera puis après à propos, quand en la 
narration de toute iafuitte de cette encree,l'onrecueillira lefruid de l'attente , par la 

D X per- 



3 2 Le labyrinthe Royal 

pcrfpicuitc, S>C briefueté rcquife. 

A Li première démarche fa Majefté fe vint rendre à la Croix, qui eft hors du Raue* 
hn, au chemin tendant à la ville : où elle rencontra, les fept DieuXjaufquels on auoic 
deidié les (cpt arcs du labyrinthe, qui venoiét au deuant de fa Maiefté pour prefcnter 
les fcpt coronnes acquiles au Roy par Tes proiieffes , &: luy morahfer en peu de mots, 
tout le contenu des Arcs triomphaux : affin que puis elle les veitj&: les confiderat aui» 
plus d'intelligence, H contentemcnt.Tousi'eptefioientà-cheual habillez fomprueu- 
Tement, &: montez à l'auancage fur chenaux d'Efpagne, &: Barbes, &: autres de grad 
pris. Outre ces fept, on auoit choilî de la fleur de la nobleflc , qui eftudie & efl ele- 
uee tant es bonnes meurs, qu'en toutes fciences au tres-florifl'ant , très- fameux , & 
tres-deuot Collège de la compagnie de Icfus en cette ville, les plus beaux, &: rares ef- 
prits de France, & qui fçauoient le mieux monter, &: picquer pafl'ablcment vn Che- 
uahtousenfans demarque,de toutes ces prouincescirconuoifïncs,Langucdoc,DauI- 
phiné, Prouence, Italie, France, &: enfans d'Auignon, fcpt fois fept : chafque fepte- 
naire à la fuite de chafque Dieu bien montez, & veftus des couleurs du Roy , &: de la 
Royne, faifans en tout le nombre de quarante neuf chenaux, nombre des années du 
Roy. Outre ceux cy, chafque fcptenaire auoit vn chef des plus apparents qui affi- 
flioit le Dieu de fa troupe, &: portoit la coronne de l'arc, qu'il reprcfcntoit. Ccftuy cy 
eftoitfuiuyd'vn autre, qui portoit vn guidon de taffetas, aucc les armes différentes 
d'vncofté, èc d'autre: comme nous fpecifierons maintenant. Le tout conduidpar 
les trompetteSj&i par des Efcuyers, qui auoient cftés choiiiz à cet effe£t , pour dreffer 
cette leuneffe, &: s'en prendre garde. Ilsfurent vnpeurompuzpar la preffe & confu- 
fion des compagnies de pied.qui s'eftoient desbandees,que fuft caufe,qu'ils ne paru- 
rent pas aucc toute l'ordonnanccqu'il eftoit ncceffaire : toutcsfois ils fe ralicrent fore 
bien par Lifagcconduicle du Sieur lean AuthoineFabri l'vn àcs députez, qui y fie 
îresbonoiHce, comme en toutes autres chofcs; homme vif, prompt, vigilant, & leftc 
à ce qui eft de fa charge. Par fon moyen ils fe rengerent en fin tous de rang.au bord de 
la Durençole depuis le petit pont,iufqucs à la Croix. 

Mars eftoit le premier de tous aucc fa lance, fes armes toutes dorees.& vn panache 
blanc, l'efcharpe tout de mefmc, monté fut vn Genêt d'Efpagne fort beau. Le chef 
qui l'affiftoit vcftu de velour incarnat,portoiten main vne coronne de laurienle Gui- 
don fuyuoit de taffetas blanc, auec les armoiries de noftre faind Pcre d'vn collé , &: 
d'autre enrichies tout à l'entour de fin or. Les fept, qui l'affiftoient , eftoient tous ha- 
billez de velour , ou taffetas, à la liuree de leur ciief,&; auoient chacun vn rameau de 
laurier en maiu. 

Apres ceux cy eftoit Apollon monté fur vn Barbe auccquc fon Soleil en tefte,aux 
rayons faifts de perles,&: pierreries exquifes:Ie reftcde l'habit de toile d'argent fur le 
velourincarnat figuré,&: coupé exprcz: les boutines à l'antique de cuir doré^ & au 
col des chaines d br,à plufiçurs tours, à droit , & en efcbarpe : le chef de ce feptenaire 
eftoit vcftu de velourverdjl'enfcigne aux armoiries du Roy de cofté, 'S<: d'autte furie 
taffetas blanc : Le feptenaire, qui fuiuoit veftu de taffetas , & de velour vcrd ayant 
chafcun en main vne branche de fleurs de lis feindes en papier. 

Le troifieme rang eftoit de lupiter affeublé d'vne robe rouge de Damas bleu ce- 
Icfte à l'antique , auec les boutons , S^i boucles d'or de haut en bas iufques aux pieds: 
tenant le fouldre en main, monté fur vne haquenec toute blanche comme neigç: 
le chef de la bande eftoit habillé de farin incarnat, monté fur vn Genêt d'Efpagne, 
pourcoit vne corojqme de pcuplicr,renfeigne de mefme matière que les autres , au£c- 

que 



de l'Hercule Çaulois triomphant. jj 

que la armoiries de Medicis ioindes à celles de France. Les fept vcftus comme leur 
chef tenoienc les rameaux de peuplier. 

En quatrième lieu, fuiuoic Minerue fur vn clieual de règne tout noir accouftree 
iîîignonnemct tout ce que Te pcuc.fon heaulme auec le Sphinx/on cuirafle fur la fou- 
cane de toile d'argent , &L la belle cheuelurc ondoyante iur les cfpaules fortant de fon 
cafquc , & fe frizant fur le front parc de diamants , &c rubis de grande valeur: 
Le chef, qui l'aififtoit monté fur vn Barbe portoit la coronne de chefne veftu de 
Damas,&: en fon guidon les armoiries de la ville fur le taffetas vcrd .* les fept auoicnc 
en main de branches de chcfiie tous habillez de velour, ou de taffetas verd. 

Le cinquiefmCjMercurc auec fon petit chapeau de drapd'or,le caducec,&: fanda- 
IcSjfon hoqueton à l'antique de drap d'or enrichis de force chaines d'or; les bras,& la 
poidrine chargée de pierrerie ,& d'vne chaine fort remarquable. Le chef de fa 
troupe vcllu de cafteras tané de couleur de Roy, monté fur vn beau Barbe, tenant en 
main vne coronne d'oliue: au guidon cftoient de rechef les armoiries de noftre S. 
père en taffetas blancle feptenaire portoit le tané partie velour partie taftetas auec des 
rameaux d'oliue en main. 

Le fîxiemc Dieu fut Diane fur vne haquenee blanche ,aftcublce en nymphe , fa 
troufle derrière le dos, fon croiflanc en tefte fur la guirlande, d'oùpendoiciufques en 
bas en derçiere vne glace d'or: le chef du feptenaire veftu de toile d'argent por- 
tant la coronne de palme , monte fur vn petit chenal , qu'il manioit il dextrc- 
ment,qu'il fut remarque entre tous par Monfcigneur le Duc de Guife , lequel vo- 
yant faucelet , cabrer, S>c bondir ce petit nain de chenal, &: faire mille tours Se 
retours de rouplcfte,fous la baguette de oe petit enfant aagé feulement de neuf à dix 
ans, demanda à qui il apparccnoit;&: ayant apprins de fon précepteur, qui lefuy- 
uoit pour l'alfifter , qu'il eftoit fîls à Monfieur de Paris Daulphinois , le loiia touc 
hauc.Ic plus grand heur, qui peut aducnir .\ceieune Seigneur en cette matière, d'e- 
ftreveu , &: admiré d'vn des plus grands , & fameux princes du monde, duquel 
chafcun eftimcà grand heur voire le feul regard,puifque comme dit Cafliodore w«- 
nus efividere ?rmctj>em. Qomhicn dauantage d'cftre vcu de celuy, duquel le nom, la no- 
blefle , & la valeur n'a autres limites, &: bornes , que celles de lOccan , &: de la terre 
habicable?Le guidon portoit les armes de France des deux coftez : & eftoienc les fept 
habillez qui de toile d'argent, qui de velour incarnat.quy de taffetas verd,qui de ta- 
né deRoy, tout pcflcmefle des couleur des fufdiftsfcpteaireSjayants tous enmain des 
palmes. 

Le ieptieme Dieu eftoit Venus montée fur vn Barbe. Elle eut le pris d'eftrc entre 
les Dieux le plus proprement habillec,felon le perfonnagcqu'elle reprefentoit.La te- 
fte eftoit haufleedVne fomptueufeguirlande,fa robe de foye élaborée de trois cou- 
Ieurs,qui font du Roy,&: de la Roy ne incarnat,blanc &: verd,rayez d'argent,rincarnac 
faifant de petites flammes de feu par toute l'eftoft^cfort propres à Venus, que l'on dé- 
peint tôuliours auecque les flammes à la poidrine.Le Capitaine portoit la coronne de 
Myrte,& fon guidon, qui auoit les armes de Medicis ioindes à celles de France: rout 
le feptenaire auecque rameaux de Myrte frefche,&: verdoyante eftoit veftu à l'Ita- 
lienne, & de nation Italienne. 

Cette trouperengeeenccttemanicredroitaupaiTagede fa Majefté,ellc appro- VL 
chant s'apperceut birn à la contenance du premier, quteftoit Mars, qu'il luy vouloir 
dire quelque chofe,&pource commanda d'arrefter, &: de mefme aux autres Dieux 
dçs fept fcptenairesjlefquels elle entendit la plus parc auec vne patience j & attention 

D 5 remar- 



3^ Le labyrinthe Royal 

rcmaiquable:entanr que la grande prcfTc le pouuoit permettre commandant de faire 
ferme au commencement de chafque feptenaire , où elle voyoic les Dieux parez , & 
eminencs par deiTus rous les autres en pofture de reciter : pafTant ainii au trauers de 
toute cette ieunelfe auec vn vifage rerein,& riant. Voicy doc les ftances que reciterec 
les Dieux .-car les chef , qui portoient les coronnesdeuoient reciter puis aptes à leur 
tour à la perfonne du Roy abfent, comme les Dieux à la Royne prefcnte. 

I. MARS 

SVR VHTDRe BV T^RSMîe'R t^ARC 

STANCE L 

D'HEN\T tHercdme -valeur 
De l'hy deux hydre de malheur y 
j^/ ternit la France opprejfee 
Toutes les teHes à tranchées 
Mais cefi Hydre toufours renaifl , 
Si de '•vous yn Hercul ne naij}, 
,^i tranche ces cols à renatjîre. 
Comme Henry ceux qui font en ejlre: 
Mabawe ha/lez. '-vous yijlemeat^ 
De nous dcjlmrer , dijliurant 
D^yn Hirculin femhlant fa ^Icre j 

Sn beauté :^en rualeur fon Tere, ■ 

II APOLLON 

SVR LE TOIDS "D' ATLAS T>V SECOND oARC 

STANCB IL 

MA DAM Es <zfene\y car Atlas 
Sous ce fi grand faù défia las 
Attend de y eus fon allégeance 
Vn Herculitt pour Roy de Francei 
^ui comme fonT ère y aillant 
Succède à ce Ciel fi pefint. 
Et faufil enne de fon efchine 
Cette efpouuantable Il^achine» 



IIL 



I 



de t Hercule Gaulois triomphant. 3 y 

III IVPITER. 

SVK L e JART>lH^ Des I/ESTET.IDES 

D6 VAKC TROISIESME 

STANCE III- 

SI de toute la ronde terre 
La France efl le flui beau parterre y 
Florence le plus heatt lardm 
De flore arrousé du tétine 
^el fruiSî naïfira des lu de France 
Semez^au lardin de Florence> 
^eplifj l'Hefperide thréfor 
5VV me vante fes pommes d'or: 
Henry le plia beau lu de France^ 
Marie efl la Fleur de Florence: 
He Dieu! ^uel fera le Fleuron 
Sortant de ce double bouton> 

IIII MINERVE 

SVK LS MONT OSTA DE LARC 

^y ATKIES ^ E 

STANCE IV. 

HErcul le monde ayant domté 
Luyfeul rejîant infurmontè^ 
En Oetafur vn brajîer montey 
Ou dans la flamme il Je furmonte ^ 
Et quittant fon habit mortel 
, Se reueft d'vn autre immortel. 
Vous efies cette Oeta , Madame, 
Le brafler cefl d'amour la flamme^ 
Ou-vo^re HerculPhoenixjFrancoyy 
Confu:né j voui lairra de foy , 
Vn petit Hercul yiue image 
rDe tous deuxJ!honmur de fon aage^ 
^ui en race , çy* grandeur croiflant 

VûHi 



^ 

J 



6 Le lahyrmthe Royal 

Vous faira reuiure en mourant. 
CN!j/i ce fas le feul Ménage 
rDe Clothon defpitmt la rage, 

,^1 par fon moyen les mortels • 

Kend de race en race immortels ? . 

V MERCVRE 

SFR LE GERION DE LARC CINQVIESME 

STANCE V- 

HErctil encofe enfantelet 
Efcacha d''-vn bras tendrelet 
La tejie à deux hydeux prpents,. 
^ui fur fon hers allaient rempents: 
Vuis homme fai0^ du triple Roy 
il mit la race en defarroy, 
A coup de majjh , ^ de traix 
Mettant toute l'Efpagne en paix. 
L'Herculy qui de njo\flancs naifira 
hes ef notion s e feindra 
De cette ciuile fureur, 
' D'où ia nous hlemi^flons de peur : 
La paix y fera fon feiour : 
Vaage d or fera de retour^ 
Ce lis qui de vous germera^. 
"De fon or nous redorera.- 
St les ejîrangers àeformaù 
V^e mm agajjeront tamais. 

VI DIANE 

SV'K.LS TROMETHeS TfESLIE BB 

VAKC CW^IESME. 
STANCE VL ; 

Ce" fage ^romethee efi yofire efpouxy Madami> 
V aigle cef yofire amour, quife paifl dans fon Ame^ i 

Les liens font les nceuds d'yn martagt heweifxt \ 



de ïlTercule (gaulois triomphant. ^7 

.•> • 1,e rocheryejlrecœurdujtenfeiourioyeux: 

Mais il eji au rebours de l'autre Fromethee: 

il ne i^'eut liberté,fa chaîne luy agrée : 
'. Le cœurpluj luy renaîjiiflus yofire amour le points 

VoHJ luy eft'vnrocherjqmneseshranjlefoint. 

VU VENVS 

SVR LA BICKE <^EH^Lee 

De L'AKC SEPTIESME 

STANCE VIL 

BElle Biche Menalée 
A C ongle iS corne dorèe^ 
Le Roy taurins dans fes retSj 
Mais d'<^ne chajje nouuelle. 
Tu frens de mejme cordelle 
Ton preneur dans tes filets: 
Ta (citoyenne Camille 
lamaù tant, ^ tant de mille 
Des Phrygiens n'a vaincu^ 
D^ iamaij Penthefilee 
N' acquijiyn fi beau trophée 
Vu Scytten combattu, 
^e toy '-vaillante Ar/ia'Z^onnei 
^ue la la France coronne 
Pour trophée de celuy, 
s^tfoubmùà tayiSîûire 
N'auoit en '-valeur^O' gloire 
Au monde pareil à luy. 

Arreste , Leâ:eur,vn petic,& remarque.en partant, vne chofe qu'importe. Ces VII. 
(êpt Dieux,outre qu'ils fe r'apportent aux fept ades Héroïques du Roy hiftorics fur 
le labyrinthe allégorique de fept Arcs triomphaux , fl eft ce que piincipalement ils 
(èruentaumarige.duquclileftqu'eftion: ce que ie délire eftre foigneufement incul- 
qué, à qui voudra mi rux entendre le but de tout ce defl'ein. Icy il falloit tellement 
mefnagerle fuiccî:,qu'!l aboutit tout au Mariage du Roy. Or il eft vray qu'ez nopces 
d'Hercules, auecHebe Deelledela beauté , Ôc de la leuncfle, fe trouuerent tous ces 
iMeuXjComme le chante le Poète ancien Epicharrue, ce queJît refoudre l'autheur de 

E Jcs fai 



^S Le labyrinthe Royal 

les faire entrerez nopceç de l'Hercule Françoisrpuifque nous voyons en luyia verîté, 
de ce que n'eftoic que par ombre,& par phantafie alambiqué dans vn cerucau poati- 
qucen l'Hercule Thebain. 

Mars n'a il pas aflifté tout à plcin,&: fans fableà cc« nopccs du Roy , puifque aU 
mefme temps que le Mariage fe traide,que la Royne arnue , que l'on drefle le lid , & 
le fcft:in,toutesles furies de Mars foudroyoiét les Citadelles les plus imprenables de 
rEurope,& font Echo au retentifTemeiit des Alpes fous le cliquetis des armes de ce 
Mars porte-lance?Difcourés ainfi par tous les autres Dieux , & vous les y trouuercz 
tous en corps. Cependant ie vous ramcneray icy ce que lulle Cxfar en fon Idée 
rapporte dudicl Mariage <i Hercules auec fa cœle{le:Hcbe l'ayant tiré d'Epicarra<|, 
les fragmêrs duquel ie n'ay peu trouuer en aucune biblioteque, pour citer fes propres 
snotsjkerculii atqueBeles coniugittm licebit memorAre^cid nihilofectui aàJUter'tt Deorunt cha- 
THfyin q»o PhjnicAr/tfalfauerit Mars,AîercurtHS PAUBrkos eâiderit motmiMinerua cecinerit 
hyifiensum-.Venui pronuhia fuerif.Grst'u tulerint tAàa4:MufA moâosfecerinf.Solfuerit Oeco- 
nomus:DianatoruJlruxerit,c'c{k au ch.ioi.où il doue des préceptes de l'epithalame.///^- 
ra hon{à\tiï)de mettre en mnt le mariage d'Hercules^é' de Hehe.oitLMars ieiials more/que, 
CJr dan fa aux armes: Mercure feit des tsurs defaJppaJfe-.Mmerue chanta l'hymenee.Venm me- 
na Nfpoufee Je s Grâces portèrent lestorchesJesMufes chanterent-Je Soleil fufimaifire d'hoHel, 
(jr Oeco»ome:Diane prépara la couche nuptiale.Yoïn femble il maintenant que ces Dieux 
font à noflrc propos,&: que tout le labyrinthe fe rapporte par eux au Matiage du Roy? 
Il dïQ: que les Graces,& les Mufcs s'y treuucrent,au(ri nous les rencontrerons tantofl 
en leur place , affin que rien ne manque en la venté de fa fable, & au corps de fon 
ombre. 







t-.J>-- - ». _-■»..- 



-•-»- 



I 




LE QVATRIEME RENCONTRE 

DV TROPHEE ET DE L'ORDRE 

DESTROVPES. 

tAVEC LS BL<iASON T>eS ^"K^MOIRFES 
de nofire Smn^l?ere Qement VIII. 

^CHAPITRE VI. 

OVD AIN que fa Majeftc eue pafle ces feptante clieuaux elle fe I. 
treuuafur le petit pont,d'où,de premier abord , elle deTcouuritàplein 
vn double trophee,qui eftoit drefle à la première porte du Rauelin de 
SLazare.il eftoit d'ordre dorique propre & ordinaire des guerres, c5- 
posé d'armoiries de quatre colomnes auec leurs fty lobâtes, de l'arec 
de fes corniches & coronnements de deux petites pyramides aux deux coftés de 
deux effigies, 3i d'vne grande pierre d'attentc,en marbre blanc entre deux. Aux deux 
pilaftres eftoienr peints à plat , en bronze deux trophées , l'vn de dcfpouilles d'Eglize 
entrelaflecs de calices, croix, chappes, &: autres habits facrez : l'autre de mafles rom- 
pues, &:entieres,de boucliers, cimeterreSjfifres, tambours ,&: femblables inftrumcnts 
de guerre dans le rond de l'arc eftoient ces vers, qui en contenoientle fommaire. 

£iV VVO RAPTJ HAW DIfERSO tX HOSTE TROPHAEA. 

Aux deux coftez cftoient peinftes en bronze , la Religion vers le trophée de l'E- 
glife prefentant vne coronne de proues, & de poupes,que les Anciens appelloientco- 
ronne nauale,& la viiStoire prez du trophée de guerre, auec vne coronne de fleurs de 
Lis d'vne main , &vne Palme de l'autre. En la table d'attente eftoit couchée cette 
infcription de crophce en belle groflc lettre capitale. 

TRÔPH.EVM 

HENRICO BORSONIO ANfOTQI FILIO SEMPER 
AVGVS'tÛ HERCVU GaLLICO S. ?. ^. A. 

^OD -Ein D vcrr , A rspic u s^e , 

JNSTlNCtr DIVxNlTATlS, 

MENTIS MAGTi.lTrDINE, 

TJMDE HOWBFS y ^AM DE DlVtVRNA 

FE RTVR BATI ON E RE G 2{Jy 

dTJ^ DE PJIŒNJIS E ce LE SUE INTESTINIS, 

E z JPERCr 



^2 Le Uhynnthe Royal 

PERlCy'LOSIS^E TFMVLTIBVS VNO TEMPORB 

TRIVMPHATP^M, ET irSTlS 

RESPVBLIC A VINDICAtA Est ^RMIS 

TROPHAEVM TRIFMPHIS INS IG NE DIC AVIT. 

VOTIS ECCLES lAE. 

VOriS REGNI. 

Vn peu plus bas au pied du Coronnemcnt, en crois petits compartimens de mef- 
me marbre blanc, on lifbit ce tiltre de ce double trophée. 

LIBSRATORI REG5^I: 
Fr^DATORI ^lETlS: 
CONSERVATORl ECCieSl^, 

Par cccy s'entendoitle but de ces deux ttopheeS, de faire paroiftre que le Roy 
protecteur, &: filsaifné del'Eglile en general,&: d'Auignon en particulier.n'a pas feu- 
lement l'honneur d ertre victorieux en fon Royaume, qu'il a garcnty de fi euidents,&: 
horribles dangers,&: naufrages i mais encore en l'Eglife de Dieu , qu'il a en fa prote- 
âion, & amphfic tous les iours en la conuerlioiidVn grand nombre dedefuoyez,qui 
àfonexcmplc,&. à fa perfuafion fe rcngent périt à petit, & retournent à l' Antiquité, 
d'où ils s'cftoient forlignez,& efgarez,ralliât ce Royaume rapiécé de rant de follaftrcs 
opinions, &: raffeurant rc(tat,qui a couru tant de fois fortune à caufe de ces diuifîons, 
&. partialitez de Religion, qui n'clt,& ne peut eftre qu'vne : le vray renfort , &L afleprc 
foulticn des Monarchies, que l'on a veu en vn inoment renuerfecs,fi tort que Ton s'cll 
licencie de dogmatizer nouuelles (eétes contre Dieu,&: (on Eglife •• ne pouuant man- 
quer la menalîe irréfragable du Sauueur de fortir clfaict. 0»me regnum m fe duitfutn 
defolabitar. 
*^- TovT LE CORPS du corouncment cfloit cmbel/y d'vne double corne d'abondajicc 
composée de Lauriers, Grenades, Orengcs, Melons, Limons, Citrons, Vautres fortes \ 
de fruidts des plus rares : au dedans eftoit peinte rimprefe,ou embleme,qui dominoic \ 
à toute cette ftru6tuie de Trophée ifçauoir efl vn nauire fïnglant en haute mer agi- | 
té des vagues.&:tcmpeitcs,&: deux coronnes du Pape,&: du Roy pofees au Ciel vers ; 
l'Occident.qui d'ardoient leur rayons brillants fur cette mer,&efl:oient entourées de |i 
- feptcftoilles : les fix de la première grandeur, la feptiefme de la moyenne , aucc ceft '[ 
Hemiihquc forçant des rayons,&: allant batre droit fur la nef. ' 

:1 
..HOC SIDERE TVTA. \ 

Lanef fignifie le Royaume^eFrance: chacun fçait, que la Galère efl l'arnocyrie dç ,1 
la ville de Paris,fîegede nozRoys : elle reprefente aufîî l'Eglife, à caufe du Nauire E- ,• 
unngcliqueagitéfur Je lacdeGenezareth, que tous les Pères vnanimement expli- 
quent de l'Eglife Romaine, & que les fouuerains Pontifes portent infculpee , &: gra- ; 
ueed jns leurs fcaux,medailles,&: monoyes. 

\ :," "*; x'r'iiens mefme, &: les anciens Romains prenoient la Nef pour marque, & i". 

Hiero- i 



de ÏJ-Tercuk Gaulois triomphant. 4.^ 

ïïieroglyphîque du faluc & de félicité ; ce que nous voyons cz médailles d'Adrian 
l'Empereur, & d'Augiifte Cefar, où cft graué vn grand naoire àramcsauec ccirjot; 
Felicitati Avgvst>€ , & les Athéniens en ligne de falut,& en mémoire de Thefeus, 
tous les ans faifoient grand honneur à vn nauire qu'ils enuoyoicntà Apollon en l'Ille 
de Dclos, pour kiy rendre leurs veux ; & auoient faid vne Loy , que perfonne ne ie- 
roit iuftîcié pour quelque ade criminel, que ce fuit, lufqucs à tant que ce vaifl'cau fuil 
4etetourram,& fauue de ce voyage : que fuft la caufe , comme efcrit Platon en fon 
Phaîdon, qu'il fe palTa long temps entre la fentence de mort donnée contre Socrates, 
& l'exécution d'icelle : à caul'e qu'elle fut donnée la veille de cette cérémonie, &: fpc- 
ûaclede la nauire falutairc. Mais fur tout c'eft choie digne de remarque.quc comme 
la Nefeft la deuife de Paris ville Princelîe du Royaume de France, &: de ilome la 
ChrefHcnne."aufll lamefme nef auant lavenùedu Sauueurdu monde, eltoit encore 
la deuife de l'ancienne Rome.qui dcuoit eftre vn iour cité capitale, bL ficge eternei de 
l'Eglife Catholique: ce que Valerian a remarqué au liure 4;. & ie l'ay veu & admiré 
moy-mcfme en plulïcurs médailles anciennes d'argent, du Triumuirat de Marc 
Anthoine.que monlîeur de Lettres Parifien me fit voir ces iours palTez entre vn grad 
nombre d'autres, comme il eft fort curieux de ces belles choies. En aucunes dvn co- 
fté fe voit l'Aigle auec ce mot Leg.vii. c'eft à dire l^gio feptima.Y.z de l'autre vne Galère 
auec cette infcription. A N T. A V G. III. V I R. R. P. C. ' 

C'eil:oit défia vn prefage, que cette ville fcroit la maiftrelîe de toutl'vniuers ; félon 
que Virgile l'aucit promis poulie d'vn certain Entoufiafme poetiqucjde ce qu'il auoit 
leu dan s les Sih\\\cs.Jrnprriuni fine jine àedi.^iippe quod eorutr'fuiutiones^didi Thcophi- 
lacte , f/ft ni in cmneni tcrrarum orbern ex'tturx , ncque vllo vnquatn temtore defutttrje. C'a 
elle ie principal motif, qui a faict mettre la Galère pour Paris, &: pour Rome, pour le 
Royaimic de France, &: pour l'Eglife Catholiquc,ApoftoIiquc &; Romaine. 

La mer où voguent ces deux vaifleauxjreprefcnte le peuple, que Dcmofthene, ttt 
ôcCiceion comparent fouuent à vne mer enflée , &: tempcftueufe; ou bien, fi vous 
voulez, cette mer fera les cfmotions,& troubles de l'cftat ,lcs perfecutions de l'Eglife, 
l'humeur de ce m.onde brouillon. S. lean Cîimacus l'a dcfcrit ainfi au vingt & lîxief- 
çoe Efchelon de ion elcheie ; oh les rcchers^cr efcueils de rage ^ ^ de fureur hrïfent , oii les 
tourbillons des chofes aducrfcs tr-auerfent^ 0~ précipitent : oit les l'agues^i^ les ondes enjlees d'or- 
gueil^ S- d'ambiiiofi s'eleuet, <y agitent fans cefe : où les Efcnweurs de mer, ^ pirates des plai- 
jirs de la chair volent, pillent, fourragent toute lafubfance : oit les befes,(jr nionflrcs marins des 
uppetis fenfttels de ce corps terreflre indomptable, ér glouton fe repaffent de I'a^j/c: ou les Typhos, 
Cf "vens enrage'i^d' honneurs, (^ de profperités mondaines rmi(fent , (^ exaltent iufques a lafu- 
freme région de l'air, puis culbutent iufques aux enfers, ^infamie éternelle. Voila la mer, les 
flots, les orages, les tcmpeftes, les tourbillons qui rauagent la Republique , reuoltent 
lesRoyaumes, deftruifentla paix, aboliflent lesloix, renuerfent la Religion, boule- 
;ùerfent le moude,fi quelque fage,accord,&: vigilant nocher uefied à la prouë, tenant 
'Cn main le gouuernal, pour batre,&: defuoyer ces ondes, preuoir ces tourmentes , &: 
cç,% fracas, efchiuer ces fyrtes & charybdes autrement ineuitables. 

La coron ne, qui fignifie la Majefté,& authorité fupreme , &: les fept eftoillcs ly. 
feruoicntà monftrer, que noftre S.PerelePapc&leRoy ontheureufemcntcondiiicl: 
a port ct% deux Galères du Royaume, & de l'Eghfe : &: que la Rovne en fera de mef- 
meparfifageconduideàl'aduenir. Valerian did, que l'eftoille pofeeauplushault 
d'vn nauire eftfigne de profperitc, &: qu'es médailles de Nafidius eftoit d'vn coftc 
grauee vne Nef auec vne cftoille fur l'antcnnC; & de l'autre vn Trident auec cctxz in- ♦ 

F 3 fcription 



^^ Le labyrinthe Koyai 

llription N E p T V N I, c'efl: a Cçâuok,of>e/ermtos : le mefme au liure 44. rapporté vnè 
meddille ancienne, ou eftoient la Louue, Remus & Romulus,&: deux eftoilles defTuj 
aucc cette dcuife Vrbs Roma. Il l'interpietce de la fauucgarde , & profperité de 
CCS deux lumeaux, & de Rome. Or noftre S. Perc Clément huidierme porte en fcs 
armoiries (ixeftoiUes d'or en champ d'Azur exprimées icy pat les fix de la première 
grandeur : cjucl blafon fc pouuoit rencontrer plus propre d'vn Pape de Rome pilote 
de la Nef de S.Pierre, Prince fouuerain & chef de l'Eglife Catholique,qui à fi heureu- 
fcment conduiâ:,& gouuerné en Ton temps touteIaChrcfticnté,lagarentie de fi eui- 
dcnts naufragcSjla menée à port parmy tant & tant de fecoufi!es , & orages que l'on 
fcroit peut eftre bien en peine de treuuer vn autre Pape depuis Léon le grandjqui du 
temps de fon Pontificat aye faid choies fi grandes,fî merucilleufes, fi vtiles à l'auan- 
cement, &: repos de l'Eglife .'* 

Ces fept eftoillcs encore fe rencontrent fort à propos pour le Roy fuyuant les pro- 
priétés, &{ecrets de noftre feptenaire, & la deuife des gardes Efcoflbifès portant la 
Mafîe d'Hercules, & deux coronnes deflus auec des eftoilles, qui paroiflent à trauers 
des niiecs,&: icttent leurs rayons a. plomb fur lefdides coronnes. Le Roy auffi eft fep- 
rcaairc : Ec le Platon luif Philon recherchant les fecrets de ce nombre de fept , en la 
Cofmopcicaprespluiîeurs beaux, & rares difcours fur ce fuiect adioufte ceftuy cy. 
L'ourfe celeJle,diâ:-\l,quo» appel/e la guide des Nautoniers ejiconipofee defefteJioiUes,far le 
moyen, ^ regard defqtteîks les Pilotes treuuent mille chemins fur mer entreprenants chofes dif- 
jiciles^ Crfttrpajfaîitesl'efprif, éf la prudence humaine: car fe feruants de ces tjloilles comme 
d'vn fcope^ ils ont defcounertes beaucoup de terres incogneues. Se puis conclud auec cette 
belle fentence.î^fT/ y of -ùanJ rà y.a.Ta,^Ta.TH ■r ovjÏoa fc'g^f» ^i)Ç() tcI (iio^iAii yrç ^y-v, Kj $iv.f 
ha-fînç àvct^c-ty^Hvsu t-^ç uvzhç Av^^ymv ywi.Ç^Q veut dire tranflaté en françois mot à 
mot : llejloit feant, é" raifonnable, que cejl animal aymè de Dieu , efui eji l'homnie , apprinjl 
de cette fuhjlance celejle tres-pftre de pénétrer les plu^ profonds^ é" ejlâignez cachots de la mety 
ijr de la terre. Que fi l'Ourfc appellee feptentrion à caufedes fept eftoilles, guide &: 
gouuerné les vaifleaux, qui traucrfent les mers: noftre S. Pere.qui a les Eftoilles pour 
Efcuflon, pourquoy neferail cefte Ourfe gouuernanredu monde? pourquoy ne la 
fera le Roy, qui eft Tcftoille de la carte, l'efguille, la bouflble de la Nef de Pans, Se de 
France : luy qui eft tout feptenaire, & myfterieux,& qui a garenty du bris,&: naufra- 
ge ccfte Galère tant agitée &fecouce de toutes pars ? 

AwTDÇ ècûv ipiT»ç avdçoKoç àuJC^q^Tvç yrtvç: 

Luy mefme fon timon 
Sa nef j fon amron. 

Comme Lcandre che2MufceoutrepafirantrHcllefpont parmy tatd« flots &: d'e^ 
•ueils pour l'amour de fa Hero, la France fcs amours. 

La Rovne a encore icy fa part non cafuellcmeat,mais par vne fpccialcprouidencc^ 
du ciel. Elles'appclle Marie, non diuin, & plein de bon augure pour cette mer de 
France : car Marie fuyuant l'interprétation de S. Hierofme, qu'il prife le plus, auliurc» 
des noms Hcbricux ; fignifie StelUm maris Eftoille de mer cxtraid de l'Hebrieu 
S31 -i^sû c'eftà dire eftoille marinière. 
y^ Ladevise d'entre les rayons Hoc sidère tVta s'entent maintenant sas 
difficulté : comme aulîî ces Anagrammes corrcfpondans rie à rie à tout ce difcours 

du Tro 



I de l*lTercule Gaulois Triomphant. ^j* 

"lu Trophée ; les quatre de noftre S.Pcre pour les deux petites pyramides d'vn cofté, 
'i^ d'autre du coronnement, tant pour les deux bafcs. que pour les deux corps , & les 
iiutres du Roy,& de la Roync pour les ftylobates des trophees:lc temps les fie demeu- 
yr au bout du pinfeau. 

I. 
CLEMENS OCTA V V S 
SIC CLAVVM TENEO. 
S. £nl. 

II. 
CLEMENS OCTAVVS PONTIFEX 
lAM FLVCTVS COMPONET SENEX. 

M. rcpetc. 

III. 
CLEMENS OCTAVVS PONTIFEX MAXIMVS 
FLVCTVANTEM NAVEM SOSPES MOX IVVI. 

C. & X. En V. 

IV. 

•CLEMENS OCrAVVS PONTIFEX MAXIMVS ALDOB RANDTNfS 
^ONVS SENEX CLAVIVM PETRI FELIX CVSfOS D0MA2iJ>Q MALA. 

2^ En. L. E.(jrO répète^ 

V. 

i HENRICVS SORBONirS REX Ti^VARAE 

REX BITiJE NAVIS NAVARCHVS ROBORE. 

R. En K^. 

VL 

MARIA DE MEDICIS REGINA CALLIARVM 
JAM SIDEREA DIRIGAM tJHARE GAIHCVM. 

N. En M. 

Le premier cft de rauthoritéj&puiflancedefa Sain^eté.àqui Dieu a mis en main 
le gouucrnal de fa nacelle Le fécond, du prefagCjque chafcun faifoit de fa prudence, 
&: futur gouuernement plein de bon- heur, quand il fut créé Papc.Le troiiîefme,de ce 
qu'il a exécuté de faid, ayant garenty fon vaiffeau fain, &c fauue entre tant d'orages (i 
violents,&: fi dangereux. Le quatriefme du mefme fuicd fans metaphore.Le cinquief- 
me, ou il fe peut prendre des deux Royaumes du Roy, félon le fens naif de fa deuifc, 
Dvo PKOTEGiT vN vs : OU dc rEglifc,de laquelle il eft protedeur hcredirairc5&: de fon 
Royaume, duquel il eft: Prince, & monarque paifible. Le dernier eft, pour bien pren- 
dre, vne paraphrafe du no de la Royne,& vn prognofliquc de ce que fera, & que tout 
•C monde Fian^oisefpere de f.;-vcnuc>Dcirousr£mbleme de la Galère au fonds du 

£ 4 coron 



jfâ Le labyrinthe Royal 

coronnemcntfe voyoit vn fcfton en chapeau de triomphe où eftoient dépeints tou- 
tes fortes de fruids auec leurs fucillcs contenant les armes de noftre S. Père; & à cofltl! 
droit vn efcuffon auec celles de France : à la gauche de la Royne: toutes trois en pa.« 
rallelcsrfous celles de fa faindctc, celles d' Auignô de mefme gradeur garnies de fefto:' 
&: clinquant fur lesliurccsdu Roy,& delà Royne enrichies de fin orjd: azur qui don-ii 
noient grand luftre au trophee:clles ne fe trouucnt pas en la taille douce, pour autant'i 
que l'on a eftc content de les grauer feulement en l'Arc quatrième pour bonnes con-i 
lîdcrations. ' '; 

VI. M E s s I E V R s les Viguier, Confuls, & AfTefleur s'eftoicnt auancez pour attendreli' 
laRoyncj&luy prefenterlepoilcdefxtin bleu, qui eftoit la couleur qu'elle portoit' 
pour lors, brode &: recamé de fleurs de lis,armes & chiffres de fa Maiefl:é,posé fur fîx;| 
baltes dorez de fin or bruny fur rAzur,&; fleur delizc,auec vnepome au bout de mef-lt 
me. Monficur des Yfl"ards Viguier delà ville portoit le premier baftonrM. de Sau-i) 
uin premier Confulsie fécond, monfieur Ferrier, le troilieme : le quatrième monfieutil 
Sibillc. Monfieur Suares AflcflTcurlurilconfulte le cinquième: Monficur de Graue-f) 

fon Gentil hommç Auiainonnois le fixiefme- ; 

^ il 

Si l'en euftefcriten cliafqucbaftan vn de ces Anagrammes , ils euflent eu bonne i 
grâce, mais le temps ne le permit pas. 

CeORGE Des TSSARS 

SAGE SeRF DES ROTS. 
G. En F. 



pAVLVS y.JNroNIVS SAVVINVS lOANNES S I B I L L AS F S 

rV PIVS VNA SALVS AVINIONIS. ILLE BASIS AFENlONIS.i^ 

V. En J. 



TiJCOLAVS EERRERIVS lO^EPHVS SVARESIVS 

VI R CONSVL IVRA FER ES. IFS PIE' SERVAS SOPHVS:; 

V. Reptté. P. Répète. 

En fin fa Majcfté recciie en cette première porte & du trophec,ôc du poile , en-ip 
tra dans le Rauehn.où elle treuua en très- belle ordonnance les gardes ordinaires de lai 
ville cntreteniies de lafaincleté pour garder Auignon, qui font quatre compagnies; 
trois de foldats Italiens, & k quatrième de foldars habitans de la ville , qu'on appelle 
TcrraiTaints s'eftans venus ranger au pafl"age,îes Tambours , &: fifres batans à rita-.i 
]icnne,aueclcursCapitaines,&: Enfcignesen bon cquippage. Au premier rencontre; 
cftoicnt CCS vers en lettre rouge vis à vis de la porte du Trophee,tenant d'vn bout iuf- 1 
ques à l'autre, dans vne frize bordée de longues ceindures de verdure foubs les Cre- : 
îîcaux parez de mefme. 

ÎNCREDEKB, AC NOSTRÎS SFCCEDE PENATIBFS 

ÎNT%0. 
HIC TIBI CERTA DOMVS VETERES y NE ASSISTE:, 

LATIKU i; 

KOMA NEC IN SOLO LATIO STSTIT. J 

Lcsf> 



I 



de f Hercule Gatilois triomphant. // 

Les Anciens Cauares furent alliez , & confederez auec les Romains félon le cci- 
moignagcdeStrabon auliure4 &;par confequencla ville d'Auignon, qui cftoic la 
M [ capicalei au dire de C^nalis, appellec pour autant par Pline, Aue.nio Cmiarum oppichtat 
çjl'i Utinum: c'ellà dire Utm'ttMis, atqne amicitidi inre do-adtum, comme içauenc ceux , qui 
jjj,' font verfezen 1 Antiquité.Ioinct qu'elle eft vne nouuelleRome,commcnous diiîoriS 
n'aguieres,& pour autant où fi Majelléncpouuoit attendre que heureux feioiir ,^ 
vn cielà demy Tofcan, &: Romain : aufli entendit on d'elle, le lendemain de fon en- 
trée, cette Royale voix, voyant la courtoifie, magnificence , &: fplendeur d'Anignoia/ 
mipare d'ejferein tiorenza; Unie femble d'ejhe en Florence. Sur ces vers,dans les Créneaux, 
I lèlifoit vn Senatufconfultum au nom du Confeil, &: du corps de toute la ville d' Aui« 
d gnon efcrit en groife lettre rouge. 

-, SENATVSGONSVLTVM. 

DE TRIVMPHO DECERNENDO HENRIÇÔ 

REGI AMICO, ET FOEDER ATO/ .;"" 

FAVL. AN. SAVVINO. NIC. FERRERIO. lO. SIBYLL i£0 CO'S'S..PRlD.. 
ÏD. OCT. IN DOMO CIVIL! SCRIB VNDO A D F VBR-'V NT. N-f^-'N., 

qjOD lOS. SVARESIVS ASSESSOR, AC PAREDRVS VBRB'A FECIT 
DE TRIVMPHO REGI DECERNENDO D. F. R. S. I. C. . 

REGI AMICO, QVONIAM INNVM ER A P R^tl ArPRO WeP. 'dESSrf, 
PLVRES VICTORIAS REPORTAVIT, NO S TRAM" CI VIT ATEM SVO' 
AM0RE,SVATVTELA, REGNI(>VOqv-ESVI IVRE^DO N A V IT,. 
TRIVMPHVM DECERNI PRIMO QVOQJ/E TEMPORE OPORTEREj 
De SIGNATURE M TOTI NEGOTIO VNVAl , TRlVMViROS QVASTOKES 
PROBOS, TRIVMVIROS CVRATORES OPERVM PRVD ENTES A- 
LIOS VTIBILES, ET NECESSARIOS ESSE. ÎTEMQ. QVONIAKI TÈM- 
pORE INTERCEPTI SVMVS, EA RESENATVI PLACEREZ VT* 
COMMVNIS REGI, AC REGINE CON. POMPA COMP ARET VR/AR^v 
CVS DEDICENTVR, ET CVRRVS: SPECTACVLA DENTVRVA)e. 
LVDI: CORON.€ DECERNANTVR, PRvEClPVA PR^TEXTATA ^fG- 
BILITAS Eq^^ITET, RELIQVA RITE, RECTE Q^ AD ORN E NT Y R. 

^ D E A L II S i VTI CVy I C V M QV E IN ID N E G O T I O xM NON ROG AT VS VO-„ 
CATVSq. SVBREPSERIT, EVM, EOSVg AD PROXIMAS NVNDI;^ 

.NAS DELEGARI, VBI IMPV.NE SATIS NEGOTIARI POSSINT,' " 
H. I. C. S. Q^ H. se. I. P. A. P. D. Q^.P, R. A. S. 'P. q^ R. 

Bartholom^v> HENRiCVS. 

SE retournant vers la grand,portc du Pont leuis parec de fçftons de Buyx, & a«u:.rc 
verdure en fornie d'arcade: ell,e treuua.fur Je .linteau du Portai les armoyViçs de 
fa faindeté, du Roy, & de la Roync dirpofees,& enrichies comme celles du Triom-^' 
phe, &: fous celles de fa faindeté, celles d'Auignon acconipaguces d'vn edit ,fi|î<^''à'_ 
l'Ancienne impériale de la part du Prince. F i l i o P r i M o g e n i t o E e C 1 è' s.i ^,'^^ 
comme le ?Uhifcitnm d£ la populace Conservai ORi,è<: le l<^t'»/*;/^c?//'«////w'4Îii Coii-'- 

F . ■ ieil, 



■^à Le labyrinthe Royal 

feil, Amico et iFOEDERATo. Qui s'en prendra garde, l'on auoit entreprins fi a propos 
routes les aucnues,& tous les endroicis delà rue triomphale, efquelies fa Majcftc 
pouuoit de long,&: de droit pofer, &: terminer ix veiie, qu'elle treuuaft par tout quel- 
que chofe pour l'arrefter, &: rcpairtre iufques à l'Eglife de noftre Dame de Dons , qui 
fut le bout de la carrière du labyrinthe, la plus longue traide que l'on puifTe faire en 
toute la ville. Cet edid eftoic auflî en charaderc rouge Romain en ces termes. 

EDICTVM PRINCIPIS 

DE TRIVMPHO DECERNENDO HENRICO 

REGIPRIMOGENITO ECCLESI.C. 

CAROLVS DE COMITIBVS PROL. AFEN. BONFM T A cr V M. ^AE- 
DAM SINE DVBIO IFS A RATIO rEMPORVM EDICIT, NEC SPE~ 
CTANDVS EST IN IIS BONVS PRINCEPS, ^IB. ILLV M INTEL. 
LIGI SATIS EST: CVM HO>C SIBI ^ I S ^V E CMEORVM AVEN. 
SPO NDERE, K^C IV RARE POSSlT iM I H I NON NI SI ^i_/iE 
jPSÎS PROSPERA SINT FFTFRA PLACERE. NE TAMEN HEN- 
RICO CMAGNO ISTHVC AD VOS CVM MARI A .MED. SER. CON. 
pROXiMO NOVEMB. AP PEL LENjE ALI^AM GAVDIIS P V- 
BLICIS ADFERAT H AE S ITAT 1 N E M : NEV P R AEO C CVP AT I S 
IMP ROVISA CELE RIT ATE REGIS lJDVE NTVS I N T E R C I D A T: 
NECESS ARIf'M PARlTt-R CREDIDI k^C LAETVM OBVIAM DE- 
BITANT IB. IFS S A (JifEA MITTERE. NOLO E X ISTl MET ^ IS- 
^AM SECVS ILLOS IN BAC CI FIT ATE. ^ AM IN^BEGIA REGNI EXCI- 
PI P LAC E RE: NEF l^LIOS H O 7^0 R ES, ^A M \^ L I A S CAESA- 
RIBFS SOLE B A NT D ECERNI OPORTERE. IPSE PO S TE A cxfT- 
DIAM OMNI A. IPSE COGNOSCAM EOS ^F I HOC EX (^NI MO 
ACCFRAFERINT REB. ^FGEBO. HIC FFLGARE ^LI^ID.t^FT 
SyPINVM OBREP ERE NON PLACET. IT A MlHl SFMMA DIFI- 
JîlTAS SEMPER PROPITIA SIT:ET ME INCOLFMEM PRAESTET 
WT CrPfO TOELICISS. ET FLORENTE REF. QJ^'IDQJ^ID REGI AC REGlî^AE 
ERir, iilHl CENT/ES F^CTVM rVlABO. PRID. ID.\ KOK. AN. CIO. ID3. INDICT. XllI. 

Etmanudtwna. TROTONArFR AVENIONEN- 
SIB. CIVI'B. XSSTRIS. 

Qui fçait ce que s'cft pafîc, pour n cheminer a. quelque bonne refolution cette en- 
trée: La fcrueur,& le zcle de mondicl Seigneur le Vice légat a commander: la vigi- 
lance des ConCuIs à pourucoir àtouslesmoyenSj&cxpedicns qu'on y a tenu : ilrc- 
cognoiftra qu'es fufdiûes infcriptions, on a, en deux ou trois crayons exprime au vif' 
tout le progrcz de ce que s'eft; faid puis après, Ridentem dicere vfrutn, qttid vetat ? 

f 

L'OR- 



de F Hercule Gaulois triomphant. ^p 

L'O'RD'RS Des TROVTES. 

Ce pendant les troupes, quiauoientcfté rompues, & embaraffecs hors layiii. 
ville à caufe du concours extraordinaire d'vne infinité de peuple, ûc à pjcd qu'a che- 
ual, fc mirent petit à petit en bon ordre,à la commodité , partie de cette belle place, 
qui fe prefente incontinent à l'entrée de la ville dans les lices, partie de la grandeur,&: 
capacité de la grandiflime rue, qui Tenfuit d'eftinec au triomphe. Voicy l'ordre que 
fut tenu de tous, chacun félon Ion grade,^^ prefeanle. le ne mets pas en rang la fa- 
mille de la Roy ne, & la plus part de fes gardes, qni ne celîerent d'entrer fîle à file, àés 
les huiâ: heures de matin iufques à vne heure après midy : ie parle feulement de ceux 
qui entrèrent auec elle. 

Premièrement les Prélats s'auancerent pour aller reccuoir fa Majefté à l'Eglife Ca- 
thédrale, &:illec l'attendre auec monfeigneur le Reuerendiiîîme Archeuefque d'A- 
uignon, lequel eftant allé au rencontre de fa Majeil:c hors la ville, fe mitdeuant,à (z$ 
fins, dans fon coche auec monlîeur le Reuerendiiîîme Archeuefque de Narbonnc. 
Les autres Euefques eftoient à cheual auec leur habit violet ordinaire: monfieur de 
Beziers grand Aulmofnierde laRoyne , l'vn &: l'autre le vieux &: le icune , moniieur 
de Mont-pellier, moniieur d'Vzez, monfieur de Lodeue, moniieur d'Aurenge,mon- 
lieur de Vaifon, moniieur de Cauaillon. & autres Prélats, 

Apres, marchèrent les fept quartiers de la ville auec leurs fept capitaines, tous gens 
de pied mofquetaires, harquebullcrs, ou picquiers , auec leurs enfcignes , fifres , &: 
tambours. 

La compagnie des chenaux légers entrenuë par noflre fainfb Père pour l'alTeuran- 
ce du pays, auec leurs cafaques bleuucs palîcmentees dciaune,la lance fur la cuifle, 
armez à plein, &: commandes par le Comte Francefque leur Capitaine, en tresbelar- 
rov,&: ordonnance. 

Les Gentils hommes , & autres valTaux du Comté Venicin à cheual , fuiuis 
d'vn grand nombre de noblefle de Prouencc,&: de Languedoc, 

La noblelîed'Auignon montée àl'aduantage , &ccn braueequipao;e.L'vniuerfitc 
auec fon primicicr , &: autres Codeurs aggregcz: Les quarante huicb ConfciUers de 
ville, &: autres des plus apparens bourgeois. 

Les Auditeurs de Rote: les deux luges; & autres officiers de luftice auec leurs 
marques. &: habits folennels , tous à cheual, &: en bon ordre. 

Monfeigneur le Vice-îcgat, &: monfieur le General auec leurs eftaffiers,& famille 
deiiement montez, & equippcz. 

Les Gardes Efcofl'oyfcs, & les SuylTcs de la garde de fa Majefté. 

Immédiatement deuant la litière delà Royne monfcignsut ie Concftable, auec 
Dom Antonio frère de fa Majefté, & monicigneur le Duc de Guifc .tu rrùlieu auec 
vn habit tout couuert de broderie, & pafTemens d or, monté fur vn rare , & fuperbe 
cheual, harnaché de mefme, qui le faifoit paroiftre par delTus tous comme va clair 
Soleil parmy les menus flaitihcaux, 

Mefleigneurs 'es Illuftiillimcs Cardinaux de Gondy, & de loycufc marchoient 
tout proche de la Royne aux deux coftés de la litière. 

Apres, tout aufll toft monfieur le Chaaceliej: ,& fa femme dans vne autre litière, & 
vncamp de Dames dans les carroftes, & litières qui venoient après. 

Madame de Nemours auHi en iitietc. 

F z Mada- 



ro Le labyrinthe Royal de tHerc. Gaul.Tmmp. 

Madame de Guife dans vn autre, aucc madamoifelle de Guife fa fille. 

Madame la Conteflcd"Auuergne,&: madame de Ventadour- Il 

Finalement toutes les autres Daraes,&: damoifelles de la Cour de la Roy ne, qui c-J 
flo"icnt en grand nombre. ™ 

L'on faîfoit compte, qu'il y auoit bien deux mille cheuaux en coût , qui entrèrent, 
aucc fa Majcftc, fans compter les litières, & carofles. 



MAPvTl APOTl ROP^O 



lyt. iFORTiTVDINI- 




H£Ni^BORHERC\LI VU- HERCV^LIS LABOR\\Vl ACe j 





LE PREMIER ARC TRIOMPHAL 

DV LABYRINTHE ROYAL. 
"DES BATAILLES , ET VI CTO L 

KSS DV %QT. 
CHAP. VII. 

^^, A s s E E la grand' porte du pont-leuis, entrant en la place des îiccs, qui 
'm^, fe rencontre la premiere/a Majcftc delcouurit à plein le premier arc dref- 
Ic à l'emboucheure de la grade rue nommée la CarrcteriCjdroit où abou- 
1 tir cette place en triangle. Mais auant que venir à Ipeciher en particulier 
toutes les parties, ie diray premièrement troiSjOU quatre chofes, qui lonc 
communes à tous les autres, que ie délire eftre remarquées en pallant. 

Premièrement quand nous parlerons del'architeclure, il ne faut pas que le le- 
âieurpenfc, qu'ily ayeriende plate peincturc, auxtép!e,tour,gaIerics,colônes, pied- 
eftals, corniches, & autres appartenances des fept arcs : car touteftoit en relief de 
boys vni de toile par deflus, où il cftoit de befoin, pcincl , & verni en toute forte de 
marbrcj i'afpe, &: porphyre, tous les chapiteaux, si leurs bafcs dorées , & argentées à 
rechange." l'ordre des colomnestantoftIoniquc,tantoft Dorique , tancoftCorinche, 
tantoft composé, (elon les occurences, auec les conuenanccs d'architecture gardées 
en tout: les vns doubles les autres (impies. Toutes les frizes dVne mefme couleur 
efcrittes de iaune fur l'azur : les corniches, architraues, frontirpices,& coronncments 
diucrfificz de toute forte de iafpe, marbre &: porphyre, &: par fois de bronze.où le cas 
Icrequeroit; toutes lefquclles chofes faifoicijt monftre,&: ouurage de grande Majefté, 
& magnificence" car c'cft bien autre de veoir vn Ç\ grand nombre de colomncs, &: 
d'Arcs tous releuez, & à iour auec toutes leurs appartenances, que des pilaftres feints 
en plate peinture lur des ais rapiécez l'vn auec l'autre. 

En- second liev : tous les fept Arcs eftoient enrichis ez deux faces , par de/Tus la 
corniche, au pied du coronnement, de quatre grandes armoiries garnies de laurier, 
buyx,& coton (auec le clinquant fur lesliurees duRoy, &:de laRoynej peincles de 
fin or, &: de fines couleurs, les trois eh parallèle: afçauoirdenoftre S. Père au milieu, 
du Roy &: de la Royne aux deux colles, la quatrième d'Auignon ious celles du iaincl 
Père : ce que i'ay voulu fignifier, d'autant que en la taille douce, on ne les a grauees 
qu'en l'Arcquatriefme feulement, pour bonnes raifons.bien que elles fuflent en tous 
les autres de mefme. 

Troiziemement ." chacun des Arcs contenoit quelque myftere du nombre fcpte- 
naire,que nous defcouurirons chacun en fon lieu: & outre ce eftoit cômpofé des fept 
membres principaux, qui s'enfuiuent.I. d'vn Théâtre, où s'exhiboit quelque chofe. 
Il.derarchitedure. III. de la dédicace. IV. de la parallèle du Roy auec Hercules. V. 
des Emblèmes, que l'Italien appelle imprcfcs. Vl.desinfcriptions, Si anagramme.-?. 

F 3 VIL 



j^ Le labyrinthe Royal 

VII. de la coronne.Nous fuyurons cet ordre par touc,efpIuchans par le menu ces fept 
chofcs. 
I. Ce premier arc doncqucsauoit fon théâtre fort long en forme de Galerie ta- 
pilTc dejtafïctasvcrd,& orne de deux rancs de colomnes delafpe verd & bleu, les cha- 
piteaux dorez.les ftylobates d'autres diuers Iarpes,& porphyres : toutes d'ordre Do- 
riqixejàcaufequerarccommeiedirayapreSjeftoit dédié aux guerres &: batailles du 
Roy. Ces colomnes portoient vn baluftre garny de verdure , &: liurees de diuerfe fa- 
çon : au fonds, du coïiè de la porte de la ville, à main droicle, l'on auoit plaqué cette j 
loy à l'antique en lettre rouge. 

LEX TRIVMPHALIS 

CONSVLES rOPFLVM IVRE RO G A RVNT P P VLVS ^E IFRE SCI- 
VIT: AD S ACELLVM DEIPARAE VRBANAE. TRIBVS LAÏC A PRIN- 
CIPIVM FFIT. TRIFMPHFM CLORIJE REÇUE ADORNARI P O R~ 
TET. OPO RTEBIT. P RIT{C IP ES P ERV M , ^VOS SENATFS DE- 
CREFIt DECREFERIT ESTFNTO. POMPAM CVRANfO. SFMPTFl 
AERARIO^'E PFBLICO NEF PARCFNTV. 2^E F P R9 F F2iDFNT0. 
OjFAESrORlBFS SIREMPS LEX EST O. O P E R AE DIF, T^pCtF^E 
NE REX NECINOPINATO INTERCIPIAT INTERCEPERIT NEGO- 
riO M FRGENTO , SINE DO LO (JMALO. TRfFMFIRI OPERIS SE-~ 
DVLO APPA RENTO. 2iOFA S O P ER AS P RO F ATIGATIS LEGE- 
RE S F S L E G E R E P RT ET OPO RTEBiT: DÎEM EX DIE DFCERE 
DAMNAS FSTO. CM AIEST AtE M B EG IS , x^ C REGINAE SINE 
FRAFDE, EGREGIA POMPA DEMEKETiJOB. POMPA AB POrTA 
D.LAZABI PEBFIAM CFBFLEMi^D lAN^FM, INDE^'E AD 
.^BCEM AD lMJGNAM UtfATBEAÏ DFCITOB. TRACTFMy AC 
VI AM TKIFMPHALEM SFPERN^E VELANTO , INFERNE STER- 
NFNTO DE NOVO: DEXTRA LAEVAJU'E PE R IP Et AS M AT I B FS 
CAMPANICÎS, ET ALIIS OMNJS RELI^VI CENERIS FESTl- 
FNIO. .^'I DE H^^C LEGE , ^OD ^BSIT, ADDFBIT ASSIT 
^FABSTIONEM REFERAT RETFLERlT: ^' I IFSTE, JBS^FE 
DOLO MALO Et MFLCTA NE S IT , ^7 LITIGIOSE ET VETERA- 
TQ RIE IIS MFLCTy^E DICTIO ESTQ. 

A codé de cette loy fe lifoit vne infcription françoilè pour faciliter les Allégories, 
&: ^'Enigmes de tout le fujed à ceux qui n'eftoient pas verfcz au latin : à quoy l'on & 
eu efgard par tous les Théâtres, cftans toutes telles &c femblables infcriptions efcrit- 
tes de mclme par tout,de grofle lettre Romaine, couleur de lacque, fur de grandes , 
carthoches, ^^quarrez de papier railin, ce que foie diû: maintenant vne fois pour ' 
toutes. 

L'AR. • 



de tifercuîe Çaulois trîompham. /j 

L^KGVMENT 

DE L'ENTREE ROYALE- 

ICtCOlàUZNCZ LZ LABYRINTHE ROTAL , ^-l ZST yNZ PARALLELE DE 
BEirRr im. HOr TRES-CHAESTiZU de -BRAttCE, et DE NAVARRE. AVEC 
HZRCVLES. OV EST SOMMAIRE MZKT CO'STESyE L'HISTOIRE DE LA VIE DE 
SA M Al ESTE, ET LES SE F T DE STROICTS FRINCIPAVX , PAR LES^'ELS IL 
ffEST ACHEMINE A L'IMMORTALITE. LE TO VT REP RESE NTE PAR SEPT ARCS 
TRIOMP HAVX, RAPPORTAIS LES P LVS SIGNALEZ . ET HE ROI^ES FAICTS 
D7DICT HZRCVLES-, AVX SEPT DE SAMAIESTE,ETDEDIEZASEFT DIEVX. 
^I ASSISTERENT AVX NOPCES D'HERCVLES, ^I CORRESPONDENT AVX 
SEPT VERTVS, LES CELLES RENDENT SA DICTE MAIESTE SIG NALEE E N- 
, TRE TOVS LES ROYS, ET MONAR^ES DE LA TERRE. 

■ Le théâtre paré de la façon fa Majefté s'approche &: commande de feindre la litière 
toucaupres.pour receuoirles clefs delà ville.qu'onluy deuoit prefenter ,&: entendre 
ce qu'on auou à liiy reciter.Tous les Tambours cefl'ent , tout le monde fe tient coy, 
auec vn filence admirable, &: iuopiné.xe que fut obferué en tous les autres théâtres. 
La grand couple des onze violons eftoit en vn bout,&;: le char Triomphal faifoii alte 
en l'autre vis à vis.Le Génie Royal,qui ellojt comme auons did cy deifus dans le char 

: portant rcfpee coronnce , Se triomphante du Roy , fe leuant fur Ces pieds faliia fa 

I Majefté. 

Adonc les violons commcnçansà iouër lebranflc des Nymphes les quatre gra- 

, ces comparurent de l'autre bout du théâtre, qui ioignoift à l'arc triomphal , cntrelaf- 
fèes bras a bras, auec le vifagcriant,&: vne démarche a dcmy branile.qui font les ge-" 
ftes des grâces. Venus àcet efFecbauoit mis pieda terre, ioiioir du Luthjô^. les condui- 
foitdij long du Theatre,auec mefmecontenance.iufquesà l'autre bout où fa Maieftc 
s'elloitarreftce.Nous dilions tatoft.que les grâces portoicnt les flambeaux aux Nop- 
ces d'Hercules.icy elles nous feruirôt de prologue pour le labyrinthe de noftre Hercul 
Gaulois, & d'accûlUdej&: bienueniie à cette Ariadne Françoife , qui doibt élire l'in- 
ftrument,& le filer qui conduira ce grand Roy à cette immortalité d'vne trcs-heu- 
rcufe,& féconde pofterité,ou le labyrinthe fe vient à aboutir. Tout feruoità cecy : le 
ncmbre.rhabitjle nom, le gefte.la propriété de ces nymphes, & leur mcrc Venus , la- 
quelle féconde, & perperiie toutes chofes. Homère foubs le nom des Heures diit 
qu'elles (ont à la porte du ciel le premier rencontre de ceux, qui y vont pour eftre fol- 
doyez, & recogneus des trauaux qu'ils ont enduré en ce bas mode , leurs ouurat le ciel 
dont elles portent les clefs. Les Anciens les appelloient cantoft Charites,tantoft Heu- 
res, qui eft le mefme : & cuidants qu'elles donnoient la beauté du vifage,&: de tout le 
corps ; rendoient la terre fertile , &: recognoiffante du trauail,que l'on prend à la cul- 
tiuer: ilsenm^ttoientquatrequirefpondoicntaux quatre faifons de l'année coron- 
oees d'efpîcs de bled , de fleurs, de grappes de raiiîns , & autres fruids pour fîgni- 
fier la fécondité, &: abondance , qu'elles caufoient en toutes ces chofes bafles. 

L'vne 



r<f Le labyrinthe Royal 

LVnc s'appelloic Aglaye, c'eft à dire Majefté, & bonne grâce : la féconde Thalic , qù| 
iîgnific Heurie, ou plaifante: l'autre Palîchee, qui vcoittout,&:pafîepar tout, qu Ho- 
mère marie aueclefommeil : la dernière Euphrofyne, qui fignifîe rcfiouyflance , &: 
allcgrc/re. Sracius Poëte Tholofain adioufte, que c'eft à elles à rafl'erener toutes cho- 
Tes : chaflbr les nuages &: brouillars : amener au monde le beau Soleil, &: fe trouuer 
roufiours autour de (on coche, à fon leucr. 

Ijors que du clair Vhœbi^-s les blancs cheuaux rayonnent y 
Les grâces tout à point fon beau coche enuirotment, 
^jjin de desbrider fes courjters efcumeux^ 
^ji elles lajchent depuis par les champs tous fumeux, 
Tour renforcer leur courfe, <^ haletante haleine : 
Les y ne s d'autre part yont d'y ne main foudame 
T>eflacer les cheueux de fes dorez^ rayons 
Eflairans lynmers par tous les çnmrons. 

L'on lesauoicdoncques mifcs àlaportedelaville,&:dulabyrinrhe,pourÊna£tion 
de grâces, & rccognoiirancedufou] que lesRoys de France côferuateurs d'Auignon 
ont de la fauorirer,&: conferuer de leur authorité royale, prcfenrer les clefs à laRoyne> 
la rcceuou- en triomphe, & relîouiflance après la naiiigarion longue & fafcheufe de 
fon voyage de Florence: luy tefmoigncr par leur ris, la iovc que cecre cité conceuoit 
de fi venue. • luy prognoftiquer vn hdl fécond , qui doit eftre l'aube de ce Soleil, que^ 
la France attend auectant de defirs,&:de fouipus: féliciter cette beauté, &: Majefté 
Royale qui reluifoiteii fa face: toutes lefquclleschofes font les noms, les geftes, les' 
prognoftiqucs,&: morales my thologies de Venus, & des Grâces fes filles. Venus cftoit 
équipée, comme nous auons dictrantoft, entre les dieux : Palirhce pottoit vnerobe' 
de veloux verd , &: vne guirlande fur la tefte eftoffce de colle d'argent, auec tout plein 
de belles fleurs entretiffuës à propos de rares pièces de camars, pierrerie, &: orfeureric 
Thalie eftoit vcftued'vnerobe de damas incarnat auec vn corps de toile d'argent- 
boufant, &: huppé iufquesà <Jemy bras : fa guirlande eftoit de myrthe toute frefche 
&: à propos pour les Grâces iàlles de Venus. Les autres deux Aglaye, &: Euphrofync 
au iugcmcnt de tous, eurent le pris,§c: la gloire de furpafl'er tous ceux , qui s'eftoienc 
habillez en ce triomphe, &: à mon aduis il ne fc pouuoit rien de mjeux, de plus riche,' 
«y de plus propre dufuiefb. Aglaye cftoit coronnee d'efpics de bled fiiftes de brode- 
rie de fin or, & argent,accompagnez d'autres fleurs richement rrauaillees,&: reprefen- 
tant au naturel rofes, œillets, &:l'emblables , enrichies de groftcs pièces de camars à 
l'equipollent, de gazes volantes en l'air , & d'vn diamant fort remarquable à la ciml 
dans vne belle rofe de toile d'or. Sa robe eftoit de latin bleu rayé d'or, couleur que 1^ 
Royne portoit pour lors : le haut des manches tout couuert de boutons de fin or fon- 
du la ceinture d'or efmaillee à l'antique, & pendant iufques à terre. Au col elle por^ 
toit vne grande fleur de lis fai£le de diamans pendue à vn carquan de perles régnant 
par tQutledeuant,& faifancfurlapoictrine vn grand Efcuflon,qui entouroit vne en^ 
feigne de pierrerie réprefentant Pallas fort artiftem; nt faicle. le laifle à part vne qui' 
tiré notable de diamâs, rubis,cfmeraudes, efcarboucles, d'où tour le corps,&: les man- 
ches brilloicnt.&efclatoientde toutes pars. Euphrofyne, qui dcuoit donner les clef! 
cftoit atfcubleedVnc robe de toque d'argent en bas, lecorpsde fatin cranaoyûrou' 

fcmi 






de l Hercule Lraubis tno?nphant. // 

femé de clefs d'or : le corillon de drap d argent friflurc fur fnfîure : la tcftc coitfec à 
l'antique en corne d'abondance rebrafTce par en haut en deuanc , embellie au bouc 
d'vngros& lîngulier diamant enchafle en or: touc le reltecouuert d'autres diamans, 
rubis, efcarboucles, efmeraudcs, & autres pierreries, &: enfeignes de grand ptis.& eu 
o-rand nombre. Elle portoit vne grande chaîne de perles en efcharpe,&: vn' autre d'or 
efmaillee , &: enrichie d'autres perles les plus rares : fa coronne couucrte de force pier- 
res exquifes, principaleméc de fepc gros diamâs vn en chafque fleur de hs richement 
cnchalfez en or , d'où pendoit iufqucs en terre vne gaze d'or. Cette troupe de Grâces 
conduictes par Venus, & ornées, comme ie viens de dire, démarchèrent à la cadence 
des violons, &: du luth fe venants rendre tout au deuant de fa Majefté.pour réciter ce 
que s'enfuit, après luy auoir faid vne profonde rcuerence iufques en terre. 

LESOTERION 

BIEN VENVE ET PROGNO- 

STIQVE DES GRACES. 

VENVS. 

ElJ^hroÇyne^quï homUs 
De trois clefs 
Mon AmnioH Gregeoife^ 
Venésy rendes les foudam 

En la main 
T)e l'Ariadne Françoife: 
Le pluj quAlcide Henry 

Famry 
CNion du filet d'Ariadne, ' 
Ams du celejîe bon-heur ^ 

Et faueur 
De la helle Mariane, 
Ajant ta franc hy les tours y 

Et defiours 
Du SeptiT^one Dédale^ 
Veut à l'immortalité 

Sxalté 
Faire '-vne entrée Royale. 



AGLAIE- 

Lt li& feul chaficy ^ Royal' 
Du fatal 



/<f Le Uh^nnthe Royal 

Acheron hraue les barques. 
Rendant les hommes mortels 

Immortels, 
Et redoutables au T arques: 
Ce beau petit Henriotj 

J^/ bien tojl 
U^aiftra de la Koyne mère , 
Maintiendra de la mai/on 

De Bourbon 
Le noble fang , ^ la gloire. 

THALIE- 

le te njoys efpanouyry 

Et fleurir 
'Ah beau milieu de la France : 
ma belle fleur de lis. 

Dans les liSis 
De Bourboni(^ de Florence, 
Si te le puù , is le njeux, 

^ue tous deux 
Au leuer de mon Aurore^ 
Germent à ce renouueati 

De ttouueau 
Cet Herculin que i adore. 

PASITHEE- 

Viens çà petit de 'Bourbon 

Au giron 
De ma féconde Marie : 
Viens louer l'Eflé prochain 

Dans le fem 
D'Hercule , qui fe marie : 
le te yeux yotr tendrelet 

Tout feulety 
Au premier an que te t'ouure 
la galoper yn long bois 

éMille fois 
Dans le neuf porche du totture. 



A.., 



^VPHRO 



de ïHtrcuk Gaulois l^riomphant. jp 

EVPHROSYNE- 

La terre y l'onde y (^ les deux. 

Radieux 
S'ouHrent de (na m Ain féconde. 
Rie» ne germe y ny ne croit 

^uoy que foit , 
Sdim mes clefs , dam ce grand mode. 
le fuû portière des dieux. 

Et des lieuxy 
OÙ toiu les AHres rayonnent: 
Ver^onne n entre fans moy. 

Fat il Royy 
^ue les Dieux mefme coronnent, 
EB-ce l'Hercule Gauloys, 

^ue ie yoys 
Heurter auec fa Conforte 
eAce beau l'Ouure efîoilU 

Efchelé 
la de luy iufquà la porte .<* 
Entre, entre , race des dieux ^^ 

Dans les deux 
Par le /entier, que ta vie. 
Tes hataillesytes tropbés. 

Et hauts-faifïs 
Tant frayéi 0* à Marie. 
VoHS,clef de France, a^enc'^, 

Et prene?:^ 
Ces trois clef, que ie "Vous donne' 
Trefxge que de '-uo\fancs 

Trois enfans 
Sortiront portans Coronne. 
Si d'yne clef des faueurs 

De no\ cœurs 
Von pouuoit faire ouuerture: 
Tout eAuignon ^ohs donroit, 

S'il pouuoit 
€t la clef, y la ferrure. 

G t Cela 



6o Le lahynnthe Royal 

Cela diA , Euphrofyne faifant vne grande reucrencc prcfcnta à fa Majefté trois 
clefs.qui font les Armoyries d' AuignÔ comme nous au5s défia di£l:;dorees fur l'argct, 
pendantes d'vn cordon, auec des grandes houppes de foye verte, bleue, & incarnate, 
inelkc de fil d'argent, qu'elle donna de fort bonne grâce, &; d'vne contenance mer- 
ueilleufement afî'eurce : fi que fa Majefté les rcceuant la loua,adiouftant que celle,qui 
auoit donné les clefs auoit très-bien dicl. h donc le chœur des Nymphes, qui eftoiéc 
dans le chariot triomphant reprint fon viue le Roy, pendant que la Royne prenoit les 
clefs ; èc commença à marcher en chantant fon Hymne triomphal.prenant en paflanc 
les Grâces, qui s'allîrent dedans auec les Nymphes. Entretant fa Majefté confide- 
roit cebel Arc, quieftoitlà drefle tandis que les troupes fe defmeloient : & lifoienc 
cette Infcription en françois affigee fur la tapifîerie du Théâtre, pour eftre leiie à loy- 
Éir,&: faciliter à ceux, qui n'cftoient pas verfez au latin , l'intelligence des Allégories 
cachées fous l'efcorce de l'Arc triomphal. 

L6 P^eMIER AKC TRIOMPHAL DV LA'^TKINTHE 
ROT AL SFR LE SVIECT DE L'HTDRS D'HERCV-LES-.ED^ 
COMPARAISON DES VICTOIRES MERF El LLEFSes 
GAlGV^eES PARLE VICTORIEFX, ET TRIOMPHANT l 
HEN%T IIIL ROT DS FRANCE^ ET DE NAVARRE 
C0R0NNEDELA,VR1E% 

II. L*A.RCHiTECTva£ , CH cftoit telle L'ordre lopique à deux faces : les colomnes 
peintes &; vernies en porphyre.-deux de rouge, &: deux ferpentm verdrles bafes &. cha- 
piceaux dorez, le planchier endedans peind de bronze fur l'azur, composé de figures, 
& armoyries, accompaignees d'vne belle Grotel'que.Au centre cftoient les armes dou- 
bles du Roy,en grand volume,que faifoient le corps accôpagnces de deux grandes fi- 
gures de Piecc,iS£: de luftice.en deux compartiments faicts en ouaIe:fuyuics encore de 
quatre autres Elcufl'ons des armoyries d'Auignon à l'entourentrelailez de Grotefque 
de Bronze. Sur les corniches portoient les frontifpices d'ordre Ionique,leurs colomnes 
peinâtes de diuerfes couleurs , & leurs petittes corniches brifees au deflui auec trois 
boules furie bout en triangle. L'œuure auoit de iour dans l'Impofte vingt &vnpied, 
de hauteur auec le frontifpice trente cinq pieds , vingt & vn de large de colomnc à 
colomne. 

L'on vovlvt donner l'honneur en ce premier Arc à l'ordre Ionique, pour l'amour 
d'Auignon colonie Grecque, fondée par les Ions appelles autrement Phocenfes,fon-' 
dateurs de Marfeille, d'Arles, de Nice, de Tholon, Agde,Lyon,Turin,&, autres nom- 
mées par Strabon,& Eftienne Bizantinoys.Toutes les villes prefque des Anciens Ca- 
«arcs, delquels Auignon eftoit la metropoIitaine,portent encore le no des Ions cheus 
les anciens Géographes Strabon,& Ptolomee : Acufion , qui eft Grenoble, Aurafion 
Aurange, Caualion Cauaillon, Vafion Vaifon, &c Auenion,que l'autheur faid pour- RI 
tantquadrifyllabe en quelques vns de fes vers françois. Les tables vieilles dePtolc-j 1 
mee l'appellent Laucnion , qui eft fon vray nom tiré de Lauenic, Capitaine des: 
•Cauares Aijens, qui fut ^comme l'a couché par efcrit Fontian autheur ancien en fon' 
liure intitulé De hicHnatione ^orr.am Imperij) le premier fondateur d'Auignô,ôi du nomj 
des Ions qui font les Phoccnfes,princ]paux Autheurs,^; cÔdudeurs de cette Coloniei 

Afiati' 



I 



de l'If ercule Gaulois T^riomphant. 6i 

Afîadque memcilleufejqui transfera,commedia liiftin^quafi toute la Grèce ez Gau- 
Ics.Mais de l'Ancien nom de Lauenions'eftakcreeauec le temps la première lettre 
rcftant entier le refteAucnion d'où approche fort le vulgaire Auignon, & non pas 
• Auenio nom corrompu, &: tronqué par les Romains,luy bifant ce beau charaaere,de 
Grece,& des Ions qu elle portoit graué fur le frôt.Nous trouuons encore en quelques 
vnsdes Anciensjcommeennoftre Appollinairc,qu'ellcfenommoitAuenicus, &:en 
d'autres Auenica à tout bout de champ, d'où eft venu le nom de Cornitatm Auenicinus, 
Et puis vue lettre tronquée Venic'mw , en François le Comté Venicin; que les indodes 
notaires, & Grefiers depuis ont corrompu en cent façons.Ce nom ancien d'Auignon 
Auenicus, ou Auenica letenoitquali tout entier celuy de Ion fondateur Laucnicus 
eftantcette règle générale entre les dodes que les noms des villes du genre mafculin 
ibnt les noms des fondateurs comme Lutetiâ; Pariluis, Narbo Martius,lVIediolanum 
Sandonus.voycz ce qu'en did Scaliger en (es leçons Aufonienncs.I'ay voulu toucher 
cecy enpcilïdnttanquam ex mlo c;ï»/j, pour donner quelque auant-gouft des choies 
grandes,&: iîgnalees, qui fe peuuentdire de cette très- ancienne Cité d'Auignon,&: ne 
laifTcr plus longtemps Ton origine enfeuelie dans vue li longue,&: honteui'e oublian- 
ccReferuât les prcuues AuthentiqueSjles cÔiedures neceffaires, les argumets déduits 
plus au lôg à l'autheur qui en a recherché l'hiftoire ces ans partez. Cependât,ledeur,{î 
ietoucheainfî quelques fois quelques vnes des chofes principales de l'Antiquité de 
cette ville parmy lefuyuantdifcours,fans m'y arrefter autrement, & ne faifant quafî 
que les monftrcr au doigt en partant ; vous prendrez le tout en bonne part : attendâc 
quelque chofe de mieux.ne m'efl:ant loyrtble maintenant,ny ceant de faire autre/ans 
preiudice de ce qui ert: de mon principal. 

La k c ert:oir dédié à Mars ; c'eft à dire à la vaillance,^: force du Roy. Les Poètes \\\, 
ont faidle planète, qui auoit lenomde Mars, Dieu des batailles>& des armees:pour- 
cc que les Ailronomescroyoicnt qucceux, qui naiffcnt foubs ccrt aftreioint auxlu- 
meaux font guerriers , vaillants , Si accords en faid de guerre : &s'il fe trouue a- 
uec l'Efcaruice enclins à picquer cheuaux,manier flefches, cimeterres, &: autres atti- 
rais de Mars : auec le lion,qui ert: l'horofcope du Roy,courageux,puirt!ans,&: inuinci- 
bles: auec le fcorpion,vidorieux,&:triomphans: principalement après que Saturne 
aura pailé le premier triangle de lanairtance,comme ils parlent en leurlargon: auec 
Capricornc,Royaux,chargés de rrophees5&: de gloire. Et devray, bien que ces mai- 
lires Genethliaques ayent parte terme quelque fois, il crti-ce que la vraye Aftrologie 
ne defaduoiie pas, que les Aftres ne caufcnt des grards,&: admirables effVds aux corps 
des hommes es qualitez,qui dépendent de la bonne (ymmetrie des complexions , & 
organes extérieurs : comme feroit la force,&; habilité des membres, la parfaidc fantc, 
& chofes femblables qui n'ont rien à faire auec le franc arbitre: car de penfer, qu'il 
foit fubied en rien aux Confl;ellations,& influences celcftes,c'efl: vnc entrée, &; faul- 
bourg à rAtheifmc,quenous voyons rouler d'ordinaire danslephantaftiquecerueau 
de ces palabreurs,& faifeurs d'Armanacs,refueurs,&: alabiqueurs de quintes cfrcnces. 
Doncques pour reprendre noz. brizccs. Mars eftoit tenu pour le Dieu des armées , &L 
vidoires;en quoy il ert: commun à tous les foldats , & Capitaines. Il y a vue par- 
ticulière conuenance du Roy Henry IIII. qui eft; f:prenairc, auec Mars. Suidas did 
que ceux de l'Arabie Pierreufe pourfimulachre de Mars , faifoient vn Cube , ou vne 
■pierre quarree pofee fur vn picdeftiail d'or,laquel]c figure pour fa fi:abilité à tourtours 
ert:é le Hierogliphyque de force propre de ce Dieu,fe trouuat tourtours immobile,de 
■quelque cofl:c que l'on la torne,non pas inconftantC;& facile àrouler,comm.e la figure 

G 3 ronde: 



62 Le labyrinthe Royal 

ronde; qui a elle la caufe que par le Cube les Pythagoriciens fîgniiîoient iadis la diui- 
iiitc fupreme, quinefemeuciamais , &: meut toutes chofes. Or il eft vray d'ailleurs 
que le nombre dcfcpteft quarrc &: cubique:remarque des Aritmeticies prifee, & van- 
tée de Piiilon le luif en fa Cofmoparïe; où il diltingue deux feptenaires : l'vn qui eft 
comprins dans !e difain ; l'autre qui comprend le difain.ce que fe doibt remarquer ac- 
tenciuemcnc : car parlans du feptenaire.nous parlerons ores de l'vn, ores de l'autre. II 
dit que le fcptenaire qui comprend le difain, éçj »J,5oç tz, jo, -nf^ycovog , eft cubique , & 
quadrangulairc .■ car multiplié en fa première vnité hors le difain en double propor- 
tion aiçauoir 64- il eft quadrangulairc, huidcftant multipliez huid fois; & cubique 
cftant multiplie quatre fois'quatrc, en quatre fois.Dauantage multiplié en triple pro- 
portion en fon vnité, qui eft 729. il eft quadragulaire eftant multiphé en vingt,& fept 
qui eft l'aage de la Royne : &: cubique , neuf fois neuf, multiplié neuf fois en ioy : & 
ainli toulîours commençant au fcptiefme comme deuant en fon vnité , & multi- 
pliant auec la meime proportiô iufqucs au fcpticfme,vous trouuerez qu'il croift touf- 
iours en Cube. & quadrangle,&: porte aufll bien la lignification,^; fymbole de la for- 
cc,commc le Cubc,&: quadrangle folide: &: pource Philon au lieu allégué, ayat mon-,. 
ftré que le nombre de fept n'eft engendré, ny mcu d'aucun autre, conclud qu'il eft l'i- 
mage de Dieu,lequclefttoufioursle mefme,immobile, sêblableàfoy, diflemblableà 
tout autre, comme difoitPhilolaus: dont il s'exclame Too-«To «TêV îëJc/^J)! 7ii(pvKiv îf) 
70 liçcTTriTiiç : c'cft à dïïc : Ji grande efi [a piïniietcde ce nombre fept enntire. Puis que donc 
c'eft le nombre du Roy, pourquoy ne fera-il fon Image Cubique, &:quarree, &: le fym- 
bole de fa force,aufti bien que la pierre quarrce de Mars \ Ce fut le motif, qui fit te- 
nir ce premier Arc en forme quarrceeftants tous les autres luyuants faids en rond, 
&: d'exprimer les viâ:oires&: vaillances du Roy par l'Allégorie de Mars Dieu vidlo- 
rieux,& de complexionquarrce,comme parle Tranquille de Flaue Vefpaficn Empe- 
reur. 
I V- La PARALLELE cftoît pcinclc au corps du frontifpice,c'eftoit vne Hydre ayant tou- 
tes les teftes coupees>&: miles par terre, auec ce mot. 

KJ:HIL HT'DKA %ETV LLV LAT VLTRA 
De l'Hydre la fanglante hejte 
JA(V leue plpiS ne col, ne tefte. 

Hercules eftoit fcptenaire comme nous auons défia dict : l'Hydre l'cftoit auflîà 
leptteftes.audiredeNaucratesErythree.laquellefuyuant l'exphcation des Mytho- 
logiftes rapportants la fable à fon hiftoire,ne fut autre chofe,que fept frères liguez, & 
ralliez enfembicpour faire la guerre à Hercules.defquels l'vn eftant vaincu , l'autre fc 
îcuoic auec fccouis tout frez,&: nouueau courage : qui donna occafion de bourde aux 
Poëtcs,&: de dire que c'eftoit vn furieux animal à fept gofiers , defquels les vns eftans 
tranchez,les autres fortoient en leur place:iufques à tant qu'Hercules les eut tous mis 
à bas. D'aucuns comme Pala-phate en fes fables , cuident que c'eftoit vne ville nom- 
mée Hydre du Gouuernement de Lernus roytelet aflîfté de plufieurs endroits, & 
fecouis qui luy rafreichillbient fon armée: Et qu'elle fuft afïîegec , &: forcée par Her- 
cules. £lui Icûim ('dict Paixphate; Ifhidi fratris filium ctim dele£fa iheb/inomm manu irt 
c.tfxiliuifi vecans eécnefubpdio adiutiis Hydram hofiile oppidum folo £queiuit,copidfqHe omnes 

ÀJ,ciùt. La parillclc,(Sj comparaifon confiftc en ce que le Pv.oy a furmoatc tous fes en- 
nemis. 






de l'Hercule Gaulois triomphant. éj 

ncmis,qui eftoicnt bien plus de fcpt : comme aufli quelques vns ont donné cinquan- 
te tefles à l'Hydre, ^uin^uagiritd Mris immanis hiatihus HydraMzis nous auons mieux 
aymé fuiure l'opinion de Naucrates à. caufe de noftre feptcnairerveu mefmemcnt que 
le nombre delepc tanten l'Efcriture fainfte qu'ailleurs, fîgnific vniuerralité,&: totali- 
té de tout nombre : & nous fauorifoit pour donner à entendre que le Roy a tellement ■ 
abbatu tous ceux,qui luy ont faid la guerrcjqu'aucun d'iceux ne remue plus rien. 

Les devises, ou Emblèmes eftoient cinq, vn qui relpondoit à l'Hydre , au fron- y^ 
tirpice de la féconde face : & quatre pour les quatre coins des frontifpiccs des deux 
faces. Le premier eftoit vn labyrinthe, &: vne mafliie d Hercules au milieu, touchant 
du bout les nuées, quafi comme elle eft dans la deuife des gardes Eî'cofToifes : mais 
plantée toute droide au centre dudid labyrinthe,& accompagnée de cet hemiftiqne. 

HIC C^STTS yiRTEMQVe RETONO. 

le pofè ky ^ mon Arc , (^ mon Art. 

Ceftuy-cy eft gênerai à tout ledeiîein,&: monftre que le Roy venu à bout de tous 
les dcftcurs de ce labyrinthe {"eptenaire,y a plate au milieu ces armes vidorieufes ef- 
leuees iufques au ciel d'vnc gloire eternelle,exaltees iufques aux nuées de l'immor- 
talité, pourvfer déformais de la paix qu'il s'cftacquife pour l'entier eftabliflemcnt de 
, fon Royaume, propagation de (à poftcrité,tranquillité,& repos de fa perfonne. 

La seconde deuiie à maindroidedela première face, eftoit vne foudre efcla- 
tantc auec grande impetuoiîtc, &: véhémence d'vne efpefl'c nuee:reprelenrant la ba- 
taille d'Yury auec ce didon de Seneque en bas. 

SVPERAT, ET CRESCIT MALIS. 

Et ce mot tout en haut. 

YVRY- 

Les Philofophes difenc que l'exhalation fubtile,&: feche attirée de la terre par la ver- 
tu du Soleil, iufques à la première , ou moyenne région de !'air,eftant enuironnee de 
quelque efpece,&: froide nuëe, fe voulant defpetrer de cette captiuité , fc roule la de- 
dans, & d'autant plus que la nuëe la prcfîe.fe renforce d'auantage par l'Anripcriftafe 
de ce fien côtraire,qui l'allkge.'fe ramafle en foy,tant qu'elle peut;cherchc ifluë de to' 
coftés, s'efchaufe de fon mouuement,&: en fin s'enflamme, &;attife: puis reprenant 
nouuelles forces romp, & fracaflcjauec vn tintamarre eiî'royable,cette barrière de va- 
peurs campées à l'entour,&: cflançant tout outre l'efclat de fon feu, caufe ce bruit, & 
grondement,qui eftonnê les hommes,que nous appelions la foudre, &: tonnerre. Le 
Roy lors de la grande bataille d'Yury fe trouuant plus prefte de fes aduerfaires qu'on- 
qaes il n'auoit efté : plus foible qu'eux de beaucoup , ayant en front l'armée la plus 
puiflante, les Capitaines & Princes les plus vaillans de l'Europe ; les ennemis plus rai- 
liez,& forts q je iamais." il accreuft de courage de leurs forces,& deuint foudre entre 
leurs aflauts donnant tant plus rudecoup,&:efclat de fon bras inuinciblc, que l'An- 
tiperiftaïc en eftoit alors plus forftç,vrgête,&: perilleufe. L'artillerie qui eft vne foudre 
artificielle,&: vn tonnerre terreftre, y feit le plus grand effort après la valeur, &: vertu 
du Rov •• & par ainlî l'Emblème n'a pas efté hors de propos pour reprefenter cette ba- 
taille cfpouueatable par l'effed du tonnerre du canon,&: encore plus du bras , & de 

l'cfpce 



6.f. Le lahynnthe Royal 

l'eipce foudroyante du Roy. Et pour veoir de fuite combien le nombre feptenaire eft 
fauorabIe,&: heureux à iaMajedé: iem'cflargiray vn petit fur les lîngularicczde cette 
victoire (uyuant les hiftoircs,qui en ontefté efcrittcs du depuis par diuers. 

Airiuéie iourde cette dernière criiedcla fortune du Roy.quifuftle deux fois fep- 
tielme 14.de Mars de l'an 155)0. le rendez vous de toutes ces troupes donné au village 
de S. André, à quatre lieues de Nonancourt fur le chemin d Yury,le Roy difpofa tou- 
te fxcauallerie en fept Efcadrons de deux à trois cents chenaux chacun, ayant aux 
lianes l'infanterie. Le premier Efcadron ciloit celuy de Monfieur le Marefchal d'Au- 
montauec deux régiments ii-ançois. Le fécond de MdeMont-pencieraucc cinq ces 
Lrinfquenets,& vn régiment de Suyfles. Lctroizieme celuy de la cauallerie légère en 
deux troupes, l'vue foubs M.le Comte d'Auuergne,rautre foubs M. de Giury.Le qua- 
triefme de Monfieur le Baron de Biron. Le cinquième celuy du Roy , qui eftoit de 
cinqrags &: iîx vints chenaux de Front auec le renfort des troupes de môiîeur le Prin- 
ce de CDnty,&; monfieur de la Guichc.Le lixieme de monfieur le Marefchal de Biron 
auec deux régiments françois. Le feptieme des Reiftres de deux cens cinquante che- 
naux. L'Artillerie elloit à la gauche de la Cauallerie légère. Les armées acharecsen 
tcrmc,&: dillance de fe battre, l'a Majefiîé commanda à monfieur de la Guiche de fai- 
re ioi.ier rartillcric, qui penetra,&enfonfa les plus efpaisefcadrons des ennemis , qui 
s cftoient rangez en croifianr comme vue nuccefpece à l'encontre de l'armée du Roy 
rangée de front en droide linc, qui eft la figure du Carreau qu'eflance la foudre.-d'où' 
k-s Eicadrons de cette figure & ledid Carreau de la foudre font appeliez des latins 
dVi.1 mefme mot de Cuncus pour ce que ils imitent la figure d'vn coin à fendre bois. 
Icy ronveitlacomplcxionfubtilc &: chaude du Roy,en telle de fixées cheuau>;,s'ef- 
chaufer,&embrai"cr dedans le harnoyscnuironné de toutes parts,s'embarrafîeren la 
mcilcc de deux mille chenaux, heurtera grâds coupsde ça&:de la à tout ce qu'il ren- 
contre : fe perdre,^ demeurer caché,5«: incogneu meime des fienSjdans cdtic tempc- 
fte de coups, Tclpace d'vn quart d'heure : iufques à ce que luy douzième fracafi!ant , & 
brifanr tous les obftacles, & fortant glorieux de cette méfiée l'on oùit cfclatter le ton- 
nerre de ces criz Vive le Roy redoublé par toute l'armeeiôc fe veit ertincelerso cui- 
raflèjComme vn efclair, fourbi de coups, fon coutelas fûudroyanL,&; rougilTant du sag 
cftrançer, fa face flamboyante de hardiefl'e.fon Efcharpe, fon panache , toute fa per- 
fonneb!anchifiantedegloire,&;d'allcgreflc: femblable en tout au Carreau tout de 
feudardé,&: décoché de la nuëe par la force dutônerre.Les parties les plus fubtiles& 
leftes de l'armée contraire s'efcarterent,& efuanouïrcnt habilemct:les plus groffieres^ 
èc terrcftres comme les gents de pied, fe fondirent en eau : les vns de larmes deman- 
dants la vie : les autres dans la riuiere d'Eure, où ils fe fauuerent, qui peut^ à la naigc : 
come après vn grand coup de tonnerrcjl'on voit les vapeurs les plus cfpeces& lourdes 
fe refoudre eu grofi"c pluye : &: les autres plus délicates slefparpiller , & s'enfuir parmy 
l'air poufi"ees de quelque puiflante bize. En cet Emb}eme,fans y penfetjl'on auoit ren- 
contre auec monfieur d'Éureux le parangon des Prelats,&: des efprits de noArc aagc,. 
lequel parlant d'vne autre victoire du Roy, le compare au foudre. C'eft ez tableaux 
de fcs triomphes en cette fiance. > 



Mais leur dejfein fans ^Im fut des yent s emporté :. 
Tu frins 'vn autre route ^ ^ ton bras redotué 
S'o/éwit auec le fer mainte yoy» tncognem 



'^UT 



de 1^ Hercule Cmlois triomphant. âj 

Tour ynime falut teut fAut n^Ugem^ 

Comm yn foudre enferme fe faifi tour par la nue. 

Et fend l'ombrage efpaix, qm l'ahoit a^icge.rat. 

L'avtre Emblème de cette première face cftoit tracé fur la victoire d'Arqués, qui 
auoit deiïa eu au parauantfes merueilles, aufli bien que l'autre, &: auoir elle comme 
vn vif efclair d'où depuis fenfuyuit cetÔnerre.Ceftoit vnoyfeau.que les .latins appel- 
lent Sa/w^fm le dos d'vn cheual,luy donnant l'elperon de fon bec, & Ic.mettant en 
fuitte,aupres de cette deuife. 

NVNC HERCVLES CONTRA DVOS. 

Et au defî'us. 

ARQVES. 

La chofe eft, que les cheuaux & iuments font ennemis iurcz,& capitaux de ce tic- 
tit animal; lequel faifant fon nid d'ordinaire entre les efpines,^ builîbns cesiîens en- 
nemis fe fentat chatouillez des playes,qu'ils ont fur le dos,fe vont frotter cotre,rompet 
leurs nids, &" petits boulars,brifent les œufs, tuent les poulfms ; dequoy les pere,&: mè- 
re s'altèrent , Se s'otïenfent Ci irreconciliablement que n'ayants autre recours con- 
tre des ennemis lî puiilants , ils leur fautent fus , fe campent en croupe fur la cica- 
trice de leurs playes,qu'ils becquent , &: brefclient de telle furie l'ans leur donner rcf- 
pir, ou haleine, qu'ils font contrainds de prendre le galop , courir par monts , &: par 
vaux à bride aualee,&: leplusfouuentfe precipiter,& le rompre le col, Ce qui eft cau- 
fe que l'antipathie ell (î grande entreeux, que fil'on vient à mettre leur {âno-l'vn a- 

uec l'autre^ls fe feparent incontinent dans le p!at:ne pouuant fe mcfler par cnfcmble. 
Le Roy eft icy côparé pour le rencotre d'Arqués au Salus^ & fes ennemis au cheual. 
Cet oyfïllon n'a quaiî point de proportion en force, & apparence extérieure auec vn 
fîguerrier5&: grand animal. Le Roy lors de cette bataille , qui fut le premier re/Tort de 
fon bon heur, l'arreft de fa fortune,lc Palladium de lon adcurance la mefchc, famor- 
ce.la balle,le canon de ce grand coup de guerre, n'auoit alors auec foy que fcot cents 
cheuaux,douzc cêts hommes de pied, &: deux mille Suyfles contre vne grade armce. 
Le Salus baftitfon nid entre les efpines,le Roy,commc le liiium huer fpin.is , a eftably 
fon throne au milieu d'vn monde detrauerfes, &: dangers: où il y a plus de pcrilplws 
il fleurit.Le Salus fe perche dans laplaye de fon cnnemy : le Roy, la nouuelle arriuee 
que l'ermemy s'approchoit, fe retirantà Arques dillante d'vne licuc,&: demy de Die- 
pe, fe campa dans vne Maladerie, ou Hofpital dts playez.ou s'eftoienc retranchez fept 
cens arquebufîers françois : cette Maladerie ^t le fujed de cette, vidoire , le Théâtre 
de CCS triomphes , la playe, & l'efperon du party contraire. Demeurant le Roy victo- 
rieux, &:maiftre du champ de bataille, que raonfieurd'Eureuxle Prélat des efpris de 
noftre fiecîe, d'efcric ainfi en peu de mots, mais comprenant d'vne fa<j-on cnjinente 
tout ce que venons de dire. 

^ ha:/ip dont la mer Angloife hume&e le riuage, 

Gti V'^eùtum eftonné de changer de couleur^ 

"Veid, difputer la force anecque le courage^ '■■" , 

Et combattre U nombre atteque la '-valeur, 

' ~ H II 



é6 Le labyrinthe Royal 

Il ne taut pas paHcc fans confîderer qu'encore en cet endroict le nombre feptenai- 
re fur fauorable à fa Majeftc,auflî bien qu'à Yury : car pour ne rien dire des fept cens 
arqucbuzicrs de la Maladerie,cctte viftoire aduinc l'an 1589. le leudy iour vingt &: v- 
nicfmc trois fois fcptiefme du moys de Septembre, qui eft le feptiefme mois de 
l'an folaircappellc pour cela du nom de Septembre. Le mot de la dcuife Nvnc Her- 
cvLES CONTRA Dvos s'cntcnd de foy mefmc, ayant à ce coup noftre Hercule Gau- 
loys dementv rAdage,paflant au delà d'Hercules, pour auoir gaignc vne bataille,non 
pas d'vn contre deux, mais contre vn fi grand nombrcjque les hiftoricns exaggercnt~ 
ii fort. 

La victoire de Fontaine Françoife vers Dijon auoit fon emblème en la féconde 
face con'iposé de grâds oyfeaux nommez Stymphalides,qui fe Icuoicnt du lac Stym- 
phale,c'aa(îez parHercules au fon d'vn rymbalc qu'il frapoit n'ayant rien auancé auecj 
les .irn'ies: ainfi le chante Apollonius au fécond defes Argonautes. 



XaA/Coiiii' ira-nt-y^v i'^ ^^fo) -nvciixrav. 



Il les chajfe frappant vn rymhale de cniure. 
Auprès fe lifoit ce didon. 

STYMPHALIDAS PEPVLIT VOLVCRES. 
Et vn peu plus haut,cet autre mot. 

FONTAINE FRANÇOISE. 

Paufanias dit qu'en l'Arabie dcfcrtc fe voyoient autresfois d'oyfcaux nomez Stym-»' 
phalides non moins pernicieus aux hommes,quc les Lyons ou lesTygres:car ils per- 
çoicntdcleur beckscuirairesdcCcrj&de cuiurcjdont il elloit force de s'abiller pour 
fe crarentir de leur rage •. il que ils furent cocrainds en fin de s'armer d'vn certain bois 
fort tenant , où ils fe prenoient par le bec , s'y enfonfant fi auant , qu'il y demeu- 
toit. Délaies Poctcsprindrentpied defeindre.que ces oyfeaux auoicnt le bec, lesai- 
flcs5&: les <Trvphes de fer. Timagetas appelle ceux qu'Hercules chafla 7iJ)ifC'ZinipHç, a-i~{, 
J)içcvv'^^c, a-iJ)ipopvyxxçS!Lns faute tels oyfeaux ne furent autre que ces premiers guer- f 
riers qui s'armeret de fer de pied en cap^vaincus par Hercules non en bataille râgee, . 
mais aufeulluftre,&:efclat de fonnom,&: de fa prefence. Quir^feruy d'Allégorie, 52 
d' Ainis;me pour deguifcr la iournce de Fontaine Françoife , où fe veit vn grâd camp 
tout arme de fcr,& d'acier mis en route par la feule prefence du Roy, qui donna ref- 
froy,& la fuite à deux mille auec quatre vigt chenaux. Les Stymphalides eurent l'ef- 
pouuentefur le lac par Hercules,^^ ceux cy rerLrette,& !a chaffeà Fôtaine Françoife, 
par le Roy. Vulcan quieftoir le Marefchal des dicux,&: qui aflifva en tout Se par tout à. 
Hercules contre fa mcre propre Iunon,luy auoit forgé le Tymbale, qui eftonna ces 
oyfeaux: &: le Marefchal de Biron futicy le principal inftrum.ent, duquel le Roy Ce 
fcruit en ce triomphe,qui efpouucta le plus ces Stymphalides toutes de fer,qui receuc 
les coups le premi£r,aflifl:a noftrc Hercules comme vn autre Vulcan tout fcu,tout fer, 
tout foudrCjl'vn des plus braucs&; déterminez guerriers, des plus afiidus &: refolus 
Achaccs de la Majefté françoife,quc la France aye porté de piuiîeurs fiecîes. Vulcan 
pour l'amour de fon Hercules comme Pindare,& Epicharmc le chantent , garrota fa 
propre mère lunon fur le fiege charmé d'or. Ce grand Marefchal extraicl de Bour- 
goigne du cofté materncljde la trcf ancienne eiaifon d'Authun.a recoquefté la Bour- 

goigne 



de ÏIrCercule Gaulois triomphant. ^7 

joigne fa mere,&: rendue roupIe,pairible,&:ployable au Roy Ton Hercules, qu'iLxi'a- 
bandonna jamais au befoin. Auffi fc treuue il dans ]e no:-n de fa Majefté aucc vu heu- 
reux anagramme tout entier fans altération aucune. 

HENRT T>S BOVR'XON. 
^ON HEV'-R DE "BIROj^ 

Que Cl fon nom fe trcuue dans celuy du Roy,ks armes du Roy fe rctreuuent auiÏÏ 
en fa poiclrine: tefmoin ce qu'il en ditluy mefmcquand il harangoit du toîîé à Mef- 
lieurs de Dijon pour les ranger à l'obevflance de fa Majcllc ; où fe dcsbraillant par le 
deuantleur monltra,^ leur dict que fon eftomaccftoir plein debldiCuies,toutes fai- 
fant vne figure de fleur de lis.receiies pour le feruice de cette coronne:laquellc haran- 
gue fit plus d'effed dans le cœur des Dijonoys, que cent coups de canons n'cufTctit 
peu faire en leurs murailles. Mais ie veux admirer en cet endroit ce que ie ne puis paf- 
fer de leger,&: pour ne rien dire de ce que le fcprcnaire a efté icy heureux au Roy,cora- 
me en toivte autre chofe : confidercz vn peu la prouidence diuine lùrla Majcn:e,&: lut 
ce Royaume , que toulîours il a aififté &: comble de fes faneurs plus que Monarchie 
quiibitenla Chreftienté. Le Roy arriué à Dijon le Dimanche l'an ij'^y.au cinquiel- 
me de luillet.qui cft le fcptiefme mois de l'an commun,auoit eu aduis que le Conefta- 
ble de Caftille pafToit la Saofne à Grey pour venir en diligence fccourir le chafteau de 
Dijon ; qui fut caufe que le lendemain lundv matin à quatre heures il remonta à che- 
ual accompagné «iudict Sieur Marcfchal de Biron,auec dcffein d'aller donner le bon 
iour à cette armée eftrangcre, pour retarder leur venue &: donner loilïr à Dijon de le 
retrancher contre le ChaitcauLe dernier rendez vous fut donne aux troupes qui pou- 
uoient élire mille chenaux, &r. cinq cens Carabins , pour les trois licurcs après niidy 
à Fontaine Françoife,qualî à mv chemin de Dijon &: de Grcy.Il faid rccognoiftre l'é- 
nemy,fe part de Lux à vne heure après midy auec le Marefchil : vne liciic de là fur les 
deux heures, qui font les deux fois fcpc delà iournce, & l'heure que la Royne fit fon 
entrée en AuignonJ'ennemy s'approche pluftoil que l'on n'euft cuidé , qui fut caufc 
que les troupes duRoVvqui auoient le rendez vous aux trois hcures.ne vindrentpas à 
temps. Sa Majefté après le choc ayant faid ferme.trouueauoirfoid cet cftcd , auec 
quatre vingts, &: tout c5pté,n'auoir perdu que quarte dc'>iïcns.&: vn priibnnier,là ou 
des eftragers en demeurcrct fix vingts morts fur la placj, foixantc de prins,deux cens 
de blciTez. 

Quedirot maintenat ces Philofophes d'eftat.ces Alchimiftes de creâce,ces Aftrolo- 
gues des autos epha de Machiauel,qui ne recognoificnt que la prouidence de Dieu à 
boutadeSjmefurent à leur compas la diuinité: ne conFefîeront ilspas vne fois, qu'il 
fembleque l'Ange tutelaire de la France ayc toulîours conduidpar la main ce griiud 
Roy :& que Dieu le regarde continuellement de fon œil fauorable. comme s'il n'a- 
uoitautre obiecl de fa prouidence paternelle ça bas-, &: ne penfoit à autre qu'à luy? 
quiguide tous fes pas,preuientfes confeils , achemine fes entreprinfes,anime fes def- 
feins,gouuernefon Royaume le plus beau, &: flori liant que le Soleil regarda iamais.Si 
ia mémoire n'en eftoit encore frcfchc, & qui n'auroit ouy parler ceux qui l'ont veu, 
l'on penferoit que ce font contes de Melluûnc , rencontres de Chyfilidi, fomcttcs 
de Rabelais, farces de Patelin, textes de Bible Guiot , fourbes de Pantagruel, 
maximes des vieux Romans des quatre fils Aimond, ou d'aurtcs bouquins &: GaJc- 
pins eftampez à l'enfeigne de Ronceuaux,ou de la ÇorcCt d' Ardaine: &: ne içay il la po- 
ftericé le iiiaiic croyrala moitié de ce que nous auons veu. 

H i La 



^^ Le labyrinthe Royal 

^ La qvatriesme vidoircdepcinclc à main gauche de noftre Afc eftoit Ja prinfo 
d'Amiens.quifiic l'an ly^/.vn autre fepccnaire, &c le 2.;. de Septembre. DVn collé e- 
Aoit portraictc la ville de Troye,&: dehors la villcjdeuanc la porte.en vne belle cam- 
pagne vncroiicfur laquelle eftoit toute droideHelîoneleuant les mains ioihdes au 
ciel, &c implorant l'avde dHercules. Elle eftoit parfemcc de fleurs de lis , pour figni- 
ficr que c'eftoit la fortune de la France reprcfenree par cette roue,& par cette Damoy- 
lèllc. Hercules eftoit d'vn coftéde la rouë,& Laomedon de l'autre , qui tafchoientà 
qui mieux mieux.à grâd force de corps &: de bras de tircr,& faire tourner la roue cha- 
cun de fon cofté:Laomedon eftâc emporté en ïaiv,&^ ne touchant défia plus des pieds 
en terre. Auplus haut felilbit. 

AMIENS. 

Et au bas de la roiie deuers Hercules ce vers de Vircile. 

SORTirrS FOR-ÏVNAM OCVLIS, Et COEPORB TOTO 
INTOR^FET. 

Du cofté de Laomedon emporté de la roue,eftoit cet Hemiftique. 
^0 DFRA RAPir TonrVNA SE^AMVR. 

Tout le long de la mafle d'Hercules,qu'il tenoit d'vne main, fe lifoic cet autre He- 
miftiqucjqui cil de Virgile comme les autres. 

JIV^ECVN^VE EST FORrVNA CME<^ EST. 



)■ 



ni 






Chacun fçait comme Hercules ayant deliuré Hcfione de la gueule du monftre 
marin, & ayant eftc fruftré de fon merite,& deiie recompenfe , il mit le camp deuanc 
Troycd'où eftoit Roy Laomedon : & fie tant par les iournees , qu'il fut maiftre de la 
villc,&: d'Hefione. Le Roy qui ia auoitdclmré la France fon Hefione de dangers ex- 
trêmes, fe voyant de rechef aiîailly iufques à la citadelle du cœur de fon Royaume, au 
lieu de ioùir du fruid de (c% trophees,&: merites,va debacrc vne autre fois deuant A- J 
miens fa coronne,qu'ilauoit plufieurs fois conquefteeà la pointe de l'efpee. L'on ne 
niera pas que le ficge de cette ville imprenable à tout autre,finon qu' au Roy , & bien 
d'autre eftofte que Troye.que les Epithercs.Sc: Rodomonrades des Poètes ont agran- 
die de vâterie,&: de fable, n'aye cfté letheatre où fa Majefté expofa tout fon eftre pour 
]a franchife &c afleurance de fes fubicds-.Ie parquet,où fe playda la fortune de la Fran- 
ce, le champ, où fe desbatit le droid du Royaume.le ficge où fc vuida le procez de Ja 
fonueraineté de cette Monarchie, le fped.<icle où la iuftice lui6l:a auec la force ; la 
vertu auec la fortune, le droictauec les armes. La roue eft propre delà fortune,tef- 
moincequ'endifoitenNicephore Théodore parlant'a Gayan Roy des Arabes: Se- 
foftres.diibit il, Roy d'-(£gypre rrefpuyflant s'eorgueillifl'ant pat trop des heureux fuc- 
cez de la guerre,fe feir faire vn chariot tout d'or,enrichy de perles &: pierres pretieufes 
des plus rares &. choifies, où il fe faifoit trainerpar quatre Roys,qu il auoitgaignez en 
bataille atteliez eufemblecôme cheuaux.Mais iladuincqu'vniour defeftefort célè- 
bre marchant en cette pompe & magnificence il s'apperceut , que l'vn de ces quatre 
roifcrables rcgardoit à tout coup,&; auec attention vne des roiies qui trainoiét ce cha- 
riot,&: luy demandant Sefoftres,qu'eft ce qu'il conrcmploit C\ à rayfe,& fi fouuenr, il 
luy rcfpondit : i'aduife, ô Sefoftres & m'eftonne de l'incroyable vircfi!e,& rapidité de 
cette roue,Ia(jucIle roulantfans celle tantoft cfleue fes rayons ea haut , tantoft les ra- 

uallc 



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de l'Hercule Çaulois triomphant. 6p 

balle en bâs, haufanc maintenant les inferieurs,&: puis rabaiflant les fupremes. Sefo- 
ilrcs qui entendit bien que cette pierre tomboit en fon iardin , &: defcouuroit le me- 
flier de la fortune (appellee par Pindare ÇipiTwXoç , Se par les Romains premièrement 
Vortuna à vertendo,eftant fon propre de pyrouetter fur laroiie d'inconftance,puis For- 
tune vn digamme changé^ s'arrefta au milieu de fon fafte.donna les champs à (es pou- 
ures captifs,& fut plus aduifé pour l'aduenir. Noftre pouure France cftoit au fommc 
de cette roue de fortune proche de fa totale ruine.&: du précipice final,!! ipftre Her- 
cules par le ficgc mémorable de cette Troye françoife , n'euft arrefté la fortune .qui 
prenoit délia le vol pour s'en voler de noftre Hemifphere aux terres neuues en 
quelque lieu aux moluqucs,ou à la floridc. Ce fut icy la pierre de touche , où le Roy 
recogneut fes bons,& fidèles fuieds : S*: vn Théâtre folennel de la fidélité des bons 
françois Catholiques.Ccs meflieurs les confiftoriaux tard- venus qui auoient mieux 
aymé croupir aux cendres, pour monopoler,5<: confiftorier le ciel & la terre,quc d'al- 
ler fecourir la fieur de lis, drclferent des caycrs à fa Majefté fur leurs doleaces côme 
n'en pouuant plus,& n'ayant rien que les larmes aux yeux, les foufpirs en la poidrine, 
les derniers aboys au gozier, le hault mal entre les dens. Dans ce codicille admirable 
ils fyndiquoient la France,regetoient les parlemens, cenfuroient les trois eftars, alar- 
moicnt le peuple,bafouoient les Princes, menallbient le Roy, qui les pourroit efcrazer 
auec le pouflc,s'il vouloit.En fin fc lamentoient,quc Mefchinet pour n'auoir paré les 
rues le iour du facfe,fut condamné à fix efcus d'amendcqu'on auoit forcé vn Mene- 
ftrier à Angers de ioiier de fon violon au deuant delà procelFion : qu'à Neuers l'on 
auoit prins à vn de leurs Théologiens fréteur de Chanure fa Biblej&: fes pfalmes Ma- 
rot. Qu.e Pierre Balduin Cordonnier fut condamné en amande ."qu'à faind Eftienne 
de Furan le Curé drapa du bafton delà croix Bertrand Guillaume : qu'on auoitarra- 
ché les vignes de Guillemin Peteuille: tué les poules de lean Rafclet:qu'vn pedâtfuc 
chalTé de Salaize.vn horlogeur de Lyon, vn Marefchal de Meaux , vn Cardeur de ie 
nefçay où:fur cc,la patience leur efchappe.leur colère s'cnflc.leurs menalîes fe refor- 
ment, leurs rodomontades fc boufifl'ent,& difent, Et qui euficreuque nojlre patience fui 
fi grande ? o Dieuitifques k quand? voyla leur quos f^o.Cependant les Catholiques y ac- 
couroientde toutes parsexpofans leur vie,pourne laifîer perdre leur patrie: ne tenas 
conte defoy.pour n'abandonner leur Roy. le me baignerois d'Apotheofer vn après 
l'autre CCS. guerriers infatigables , fî ie ne faifoys eftat de briefueté,qui feront à iamais 
prifez de la France,honorez des Roys.aymez de la pofterité.Et fur tout ce grand Duc 
de^'layenne^vn des plusbraues, & redoutez Capitaines de l'vniuers, Prince accom- 
ply de toutes les qualitcz qu'onques furent admirées en ces anciens Ca:fars, Alexan- 
dres,&: Pompées, qui ne s'ol'eroient maintenant trcuuer deuant luy : le bras droit du 
Roy, rOeconome de ce fiege, le paranymphe de cette vidoire.Facheue maintenant 
les deux parties qui reftent de cet Arc : les infcriptions & la coronne. ' 

. A V PESTE du frontifpice en toutes les deux faces en vn compartiment faid en oua- VI. 
îe, fe lifoit l'infcription de la dédicace. 

L 

MARTI APOTROP^O. 

Cem dire <^uerruncatort, qui deftourne les maux,&: dangers.' qu'elloit l'office de 
Mars.d'Hercules, & d'autres Dieux que les Grecs nommoient àucTÇiOTmlaq , les latins 
y^uerrtmcos, d'autant que c'eftoic à eux de chafler tous maux,& obftacles funcftes.En 

H ; ce 



-70 Le labyrinthe Royal 

ce mariage du Roy ie donne ce titreà Mars.qu'en a faid l'office, & frayé le chemin à 
la gloire de ce mariage: ayant defuoyé tous les grands obftacleSjquilepounoientar- 
rcfterau commencement deiacourfe. Dans vnc petite frize s'expliquoit i' Allégorie 
de Mars par cet autre mot. 

H- \ 

%EG1JE F0RTITF1)INL i 

En h première face eftoient efcrittcs toutes cesinfcriptiôns ; &: fignamment dairs 
Ja grande frize, qui portoitlurlcs colomncSjfoubs la paralleIe,ri.nrcriptiontri5phale. 

III. 

HE2CRIC0 30RB0NI0 HERCFLI SEPTIMO HERCFLIS OSrRLDiS 
LABOnVM, AC REGNl SyCCESSORI. PI\INCIPI Pt. MAX. 0^ 
REMPVBLICJM LIBERJTAM, OPPRESSAS CO N I FB ATIO NE S, Hoi 
STEIS DEBELLATOS , BEGliVM STVP E ND IS VICTO RUS, _AC 
HBlVMPniS kJR^ENSI , rVBlENSl , DiyiONENSI , AMBIA- 
2iENSl SrABlLirVM AT ^ ASSEBTV AI S. P. ^ AVEN^ NQBILEM 
AC IRIVMPHIS INSIGNEM ARCFM DICAVIT. LAVREAM. D. 



l'appelle le Roy le feptieme Hercules : d'autant que les Poëfesont dii^ qu'il y en 
auoit défia eu autres (\\ : luy en eftjnt vn nouueau.il cft le llptieme,feptenaire en tac 
de façons qu'auons did cy delTus.L'Architraue en long portoit ces deux vers. 



C 

■é 
h. 
m\ 






IV. 

H/ LMOrVS ANIMORFM , AT^ H AEC CERtAMINA TANrMm 

PVLVERIS EXiCri lACrr compressa ^'lESCfNT. M 

iic 

Tous les piedeftals eftoient quarrez,6^ à quatre faces , lefquelles portorent quatre 
infcriptions. toutes diueries, l'vnede quelque parallèle d'Hercules, l'autre Grecque, 
larroificrme hcmiftiqueen latin : la 4. vnanagr5mc:de façon que le piedeftal droiâ 
fcruoit pour le Roy , le gauche pour la Royne.L'efcriuain en laiHa la plus part prcfle 
du temps pour vacqucr à d'autres chofes plur vrgétes. le les rapporteray neantmoins 
fidèlement toutes telles , qu'il les auoit eiies fans y rien obmcttre,ou alrerer. 

Aux coftcs de deuant eftoit toufiours l'Anagramme; aux deux du dedans vue nou 
ucllc parallèle du Roy, &:d Hercules: aux autres la Grecque, & latine: & que cela 
foit diâ: maintenant vne fois pour toutes. Les notes d'Arithmétique grauees par oy 
par là dans les Arcs . en feront la raifon correfpondants à chaque inlcription , félon ,,j] 
lordre,&: fituation de chacune d'icelles. Cette première parallèle eft de lunon ani- 
mée cotre fon Hcrcules,qu'elle auoit alaidé : mais gaignee par fa vertu, luy ayat feruy 
de maticre,&: de fuied de triomphe en ce mefme qu'elle cuidoit deuoir eftre fa ruina 
La lunon courroucée du Roy a eftc la France fa mère nourrice , toutes les menées de 
laquelle femblentauoireftc autant de marches, & d'échelons à faMajefté pourpar- 
ucnir àccgradedegloire.oùnouslavoyonsmaintenant : lesversde ladiûc parallè- 
le font cxtraids de Senequc. 



I^ 






de ï Hercule Gaulois triomphant, 71 

V. 

/lY LAVDES SVAS 
lMEJ rnRTlT ODIA, DVM niMIS SCOEVA IMPERO, 
IRA^E NOSTRA FRVITVR, ET TOtO DEVS 
NARRATFR ORBE: CMONSTRA lAM DESFNT MIHI ^ 
MINOREE LABOR EST HERCVLI IVSSA EXE^'I, 
^AM MIHI IV B ERE. 
Elle en difoic quafî de mefme cheux Virgile contre ^Eneas. 

tAft ego magna loHiscofimnXj ml linquere inaufim 

^a fotui infelix , quic menet m omnia ijertii 

Vincor ah ^n<za. 

VI. 

nTEPOEIS NIKHTIK£LTAT0 2. 

C'efi; la deuifè de Darius , lequel fe promeccanc la viâroire de tout le monde, pour 
( môllrer qu'ileftoicle nlaillre victorieux de toutes chofcs.portoit vn Palletocde drap 
.' d'or.où cftoient trois Ef preuiers, ou faulcons d'or, volans &: côme s'cntrechoquans à 
, coup de bec,auec ce mot entrelalie entre leurs ailes NIKHTIK UT AT02. C'cft à 
' diretres-viclorieux,auquelonauoit adioufté TrTsep'f.-ç empenné, ou aile. Cette deuiie 
eftoit icy a propos:pource que elle eft tirée encore des Armoyrics d'Auignon fuy uant 
ce qu'en a efté did vn peu plus haut ; & d'Hercules encore , puis que au rapport de 
Valerian, comme i'ay monftré ailleurs, le faulcon eft lefymbole des victoires d'Her- 
cules. Quelle plus belle deuifc pouuoit choifir la vidorieufe <S<: triomphante cité d'A- 
uignon, laquelle ne fur iamais prinfe par force , ou d'aflaut , demeurant effroyable à 
tous ceux qui fc hafarderent iamais de l'aHiegcr ? lifèz les Annales de France, S>L cou> 
rcz tous les lièges d'Auignon, vous trouucrcz la vérité de ce que ie dis. Clouis pre- 
mier Roy Chreftien y mit le camp contre Gondibaut : mais il fut contraint de pren- 
dre corapolition tres-honefte, &; fauorable. Guntran Roy deBourgoigne yalîiega 
longtemps MummoIus,mais il s'en retourna d'où il eftoit venu. Les Sarrafins priu- 
dicnc Auignon ." voyre,mais de nuid par la trahifon de Maurice gouuerneur de Mar- 
rcillej& de tout ce pays , qui l'auoit vendue à Athin Roy defdids Sarrafins. Charles 
Martel les en chaiïa: ouy; mais par efcaladcà; par miraclcjapres y auoir tenu le camp 
plus d vn an,& demy, fans pouuoir faire vn pan de brefche. Louys huidiefme y en- 
tra vidorieux : il luy coufta cher , ayant demeuré à ce fiege plus d'vn an , &: perdu 
quafî toutfon camp,& les principaux defonRoyaume,& contrcinten fin d'accepter 
compofîtion , en grandillîme danger d'cftre noyé auec toutes fcs troupes par la D«- 
rence,qui fe desborda la mcfmc nuid.qu'il auoit leué le campjrauageat tout le champ 
où luy, &: ^t% gens s'eftoient campés .• comme l'a efcrit BelIefores,& autres Annaliftes 
françois. Bref ie ne leus ia mais qu'Auignon aye efté prinfe d'aflaut,&: par brefche. 
•T L'autre cofté eftoit remply de cechemiftique. 
A VIL 

QV^'EIS HEN'RICO TJREM? 
\ U^MO EST XJSI ITSe. 

De l'anagramme; nous en parlerons tout maintenant, voicy cependant les di- 
rons du piedeftal gauclie. 

Sa 



35 



fî 



"/z Le labyrinthe Royal 

La p.ifallelecfl: facile à entendre à ceux,qui ont tant Toit peu de CognoiiTance des 
cliofes pallces. Le Roy a eufon Euryftheus aufli bien qu'Hercules. ij 

X. 

IPSE IMPERÀNDO FESSFS EFRYSTHEFS VACAT. 

XL 

NîKH En' ETAOSfl 0AAÏAI2I BPIAZilN. 
Apres ces trophèsy (^ labeurs 
Il sefoHyt parmy les fleurs. 

Parmy les fleurs cueillies au beau lardin de Florêce,d'où nous attendons les fruidi 
iVvn repos ailcuré. au quatriefme efloit cet hemiftique de Virgile. 

XIL 
PARTO^FE IBIT REGINA TRIFMPHO. \ 

Les anagrammes de cette face eftoient quatre : moitié du Roy,moitic de la Roync 
les deux elcrits foubs la parallèle entre les armoyries du Roy, de la Royne,&: du Pape: 
& les autres deux aux deux collés en dehors des Sty lobâtes. 

VII L XIII. 

BENRICrS BORBONirs REX GALLORVM MARIA DE MEDICIS 

LAVS, REGNFM, ROBVR BONI HERCVLlS. lAM MEIS DICJR DEA^ 
X. En r. A. Répète. 

HENRICrS BORBONIVS,. (JMARIA CMEDICIA, 

VNVS HEIC TiQBiS ROBFR. iMIRA i^MICA LEI. 

Le premier anagramme efl: propre à tout le {uiecl;,puis que il contient que le Roy 
a le Royaume, la force,& la gloire d'Hercules ". le fécond îuy refpond : car cela eftanc 
la Roynecft comme demy Deefle,&: Heroine ayant efté Hercules marié à HebcDe- 
cfTe de la beauté. Les aurres deux fout faciles, &: plus celuy du Roy comprenant l'ar- 
gument de tout l'Arc dédié à fa force, & à fes vidoires Recia fortitvdini. Les in- 
scriptions de b. féconde face eftoient celles cy : &: premièrement dans la grande friza 

VOTTVM 

OVIARS ADESy ET S ATI A SCELERATO SANGFINEFERKFM,' 
STET^E FAFOR, CAFSA PRO MELIORE, TFFS. 

1:EMPLA PERES, ET lAM ME AFTHORE FOCABERIS FLTOH. 
LIBA DABO, ET PFRIS SERTA FERAM MANIBFS. 

xJEMFLFS ALCIDAE NOSTER BORBONIFS, x^LTO 
lAM TANDEM Ft tECFM STDERE FECTFS EAT. 

Lesdodes fçauentquec'eft, d'oùileftextrai^b , & à quelles enfeignes. Te ne puis- 
m'arrefter par toui^our n'eftre mdny.Pfm^ais ejt mmerare £ecus. Dans l'ArchiDaue e- 

ftoitcecy. 



de l* Hercule Gaulois triompham . 7? 

IV. 

^At RE G 10 IN TERRIS NOSTRI 2{0N PLE2iA LABORls: 
HIC LJBOR EXTREMFS , L01SIJ2 A RV M HAEC META VI^ahM. 

La parallèle de ce piedeftal demeure expliquée de ce qu'auons did au commence- 
ment d'Hercules bataillant contre les Ligurs,que nous appelions auiourd'huy Gene- 
uoys veincus par l'ayde de Jupiter en la plaine de Sellon : le vers eft d'^ichyle que 
nous auons interprété là mefme. 

V. 
BAAn.N AHUSEIS PAAinS AITTN 2 T P A T O N. 

Ceftuy-cy eft deTheocritecorrefpôdantau premier anagrame de la première face. 

VI. 

2TNA' TI02 TE BIH TE nOATOPONOS HPAKAE02. 

Cejî U fils (^ la force enfemhle 
D'Herculy/ûuh qui le monde tremble. 

VIT. 

HERCFLES CMONSTRI LOCO 
lAM COEPIT ESSE. 

Il y enauoit tout autant au piedeftal gauche: & la parallèle prinfe de la vidoire 
d'Hercules contre les GeanSjquetous prenent pour les fubieds, qui le leuent contre 
leurs fouuerains,rels que furent ces enfans de la terre,qui armèrent contre Iiipitcr fub- 
iuguez par lediâ: Hercules, ain(ï qu'Horace le chante au fécond de icù Odes , d'où le 
dicton de cette parallèle auoit efté puyfé. 

X. 

DOMITOS^E HERCVLEA MANV 
TELLVRIS IVVENES, VT^DE ?ERICVLVM 

FVLGENS CONTREMVlT DOMVS 
SATVRTi^I VETE RI S, 

XI. 

NTM^IE nOAAA MOrHSAS A MH n A GE N TM<I> I 02 AAA02 
AETPO TEOT2 lAPHTAS EM012 ENIKATTEO KOAROIS. 

^on ejpoux , qui auez^foufert tant de laheurs^ 
Venez^en mon giron ejjujer yoz^fueurs. 

xii: 

^AS ECO TE TERRAS, ET ^'ANTA FER AE^VORA PECTVM 
L/iCCIPIO? ^ANTIS lACTATrAl, S P 2^ S E , PERICLIS? 

Les quatre anagrammes, qui fuyucnteftoient en mefmes endroicts,qucles autres 
quatre mentionnés. 

VIII. IX. 

ERRICVS BO RBONirS xjii A R I A MEDICEA 

riNCBS &03VK ORBIS DEIECl ^iMARA. 

I UEN- 



7^ Le labyrinthe Royal 

IX. xiv. 

ENRFCVS BORBONIVS HENRICVS BORBONIVS: MARIA DE MEDICIS 
EN SVBROPJREVINCIS. HEM BINI DU ORBIS, CREDO.MARS,AC VENVS. 

Ccluy delaRoyne, Deieci amara, s'accorde aucc les vers Grecs: les trois com- 
prcncnctoucc l'eflcnce de rarc,&: n'ont bcfoin d'interprète, 
yjj La coronne de laurier fcptieme partie d'où cette Architedure eftoit cbmpofec, 
pcndoit foubs la clef de l'arc leruant d'Epilogue , &: comme d'A nacephaleofe à tout 
lerefte. Chcux les Romains la coronne triomphale fe faifoit de laurier,quclcs Empe- 
reurs prifoient plus que l'or, &: après leur triomphera portoient au Capitole à lupiter, 
là laiflant en Ton fein : qui eftoit vne belle proteftation qu'ils tcnoient leurs vidioires, 
& heureux fucccz de la main des dieux ; qu'ils releuoient de fa prouidence , eftoienc 
hommes ligez dcfadiuinité. Car comme les batailles font les parlements fouuerains, 
oiifc vuidenrlcs procczdes fouueraineccs; Dieu, duquel dépendent toutes les puif- 
lances, s'en eft refcruc la cognoillanccpour faire voir quand il luy plait, que les eue- . 
nemcnts admirables de la guerre ne conUrtent pas au nombre, ny à la force : ains en 
l'entière difpoiîtion de Tes faneurs , a ceux qui s'en rendent capables : mcfurant leur 
cftat &:bonheur,nonàlaphantafie deteftable, & dénaturée poltronnerie d'vn Ma- 
chiauel,mais au droict niueau,&: efquierre infallible de la diuine prouidence,qui peut 
quad il veut abyfmer d'vn petit foufle les plus puiflTantes armees,&: renuerfer les guer- 
riers les plusindomrables en vnmomcnt.Hors de l'arc a codé, fur la tapifleriejcftoic 
plaque ce quatrain efcrit en lettre rouge Romaine. 

PO VR LHYDRE 

LELAVRIER- 

SI LE DO M TE VR DE L'HYDRE AVX SEPT COLS RENAISSANT 
VN IMMORTEL CHAPEAV DE LOVANGE ENVIRONNE, 
DV PLVS Cn/'HYDRE ENNEMY.PLVS QJ'HER G VL TRIOMPHANT 
MERITES TV PAS MIEVX, GRAND ROY, CETTE C ORON NE î 

Au plus ; pour la tapiflerie du dedans de l'Arc cz deux flancs d'vne colonne à l'au- 
tre , feruoient autres deux infcriptions cfcritesen grand volume. La première de 
vers latins. 

HEKCVLIS IMMENSOS ^ONDAM MIRAT A LABORES 
C%/ECÎA VICTOREM DIFA SVB ASTRA TVLIT. 

€CCE TRIFMPHALl TSRRET Sf^A STDERA CLAFA, 
ET COELO IV^ ^'ÎEDIO P^RTA TROPH^A LOCAT. 

^ A SyA POSTERITAS 'HE9{RICVM IN PARTE LOCaBIT^ 
ILLE FERAS TANTFM V1CE%aT, ISTE VIROS. 

En la féconde, eftoit vn Epigramme Grec efcrit en charaâicre Grec à rantiquc,qui 
a du rencontre en fa conclufion à caufe des deux mots ;:tp*/(5'iw>PA(5''ro: que veu- 
lent dire que nous auons Hercules en ciFcd, qi^c la Grèce n'auoit qu'en palabres. 

MÏ0O- 



de îîTercule CauloisTriomfhant. 



7S 



MTGOTOKOC ^TFAC GaAAC €niAPOMA 0HKATOTOIXH 

ctnt6a6aCt6 nomotc xaakokpotontG a6&)N. 

NÏNA HPAKAHOC KP AT€po<I>PONA nGM-S^ATO nAlAA. 

> kpGittona nANTOAGroT ©pacttêpontG nATPOC. 

6inG TI AAAHAwN NTN AIAa)6PA'CIN AN kU^ oc\ 
■ XPHMATA ATENIwN, PHMATA €aAAC 6 X6l. 

- CET A DIRE- 

La fahuleufe Grèce e[ia,bln ces muraille s y 
Ce peuùle Martial , gx' ces tant belles lois : 
Mawtenant elle enuoye t;» Hercule Gauloys 
Fils de fon Hercule s y mais fla-s hraue aux bat aille s^ 
Thié hardy que fon père, ^ cent fois pl/fs vaillant: 
Disses moy qui des deux l'a le mieux maintenant 
Oh la mère ou la fille ? elles l'ont diffemblable 
(iAmgnon à l'ejfeSi, ç^ la Grèce la fable. 






^ 



r^!î^^!^'^^ 



LE CINQVIEME RENCONTRE 

DE PARNASSE. 

ET D y 
Cardinal de Foix Légat d'^uigmn.. 

CHAP. VIIL 

^^ Près auoir oiiy les Grsces, reccu les ciels ; confideré les victoires 
du Roy,Ie char triomphal chantant , la Royne pafle foubs ce pre- 
mier Arc , &: lette les yeux fur la belle croix pofce en vn célèbre 
Trepier,ou quarrefour, où le rendent trois grandes rues. Le grand 
Cardinal de Foix la faide baftir en forme de chapelle,couuerte en 
plate forme,& voutee de pierre de taille,faide à quatre faces,&: Ar- 
cades aboutiflantes à quatre Arcs- boutas,côme les autres cinq ou 
fix,qui sot es diuers endroits de la ville de mefme forme. r uigno a puyfé cette deuo- 
tion de drelTer des croix les plus magnifiques que fe voyenten France.de S.Ruf fon 
premier Euefque fi.Is de Simon Cyrenecn, qui porta la croix de Iesvs Christ, com- 
me nous dirons tantoft. L'on printl'auantagede ce rencontre li heureux , & pour la 
qualité de ce grand perfonnage,& pour le parenrage du Roy auec la maifon de Foix. 

Pierre de Foix de l'ordre des frères mineurs Cardinal, i'vn des plus grands per- L 
fonnages,que la légation d Auignon aye vcu^eftoitfils de Gafton Conïte de Foix,qui 
ameuâ. lamaifou defoixàlacoroiine deNiiuarrc,pour auoir prins Leonor première 

1 z du 




7^ Le lahyy'mthe Royal 

duno,liiquelIe auoit fuccedé audid Royaume l'an 1479. à Ton père lean Roy d*Arago, 1'^ 
& de Nauane bifayeul de François Phœbus fils du frère de noftre Cardinal , & bifa- i"' 
ycul du Roy. Il fut créé Cardinal l'an 1409. aux quatre têps de Septebre, & l'an 1429. p, 
enuoyé par le Concile de Conftance Légat en Efpaigne pour cfteindre le fchirme que 
Clément VIII. Antipape en la reuolte de Pierre de Luna continuoit à PaufellejCe qu'il 
fit, contraignant à force d'armes , &: d'authorité ledid Antipape à fe démettre de la 
dignité vfurpce: & parainfiprintfince grand fchifme,qui auoit esbranlé, &: troublé 
toute la Chreftienté.Eugenelequart,8d le Concile de Bade en la fe/Tion 27. euefgard 
à fes meritcsj&: aux offices (ignalez qu'il auoit faift au fain£l Siege.le créa Légat en la 
Légation d' Auignonil'an 1434. qu'il adminiftra trente quatre ans entiersj& puis mou- 
rut en ladide ville d'Auignon:où il a lai/lé fa mémoire grauec quafi par tous les quar- 
refours de la ville. Il a faidreleuer, trouué, &C authentiqué folennellement les fain- 
dres reliques des Maries en l'Ifle des trois MarieSjafte célèbre & memorable.Il afaiA 
rcbaftir la grande plateforme deuant l'Eglife denofite Dame deDoms,auec l'efcalier, 
qui aautantdcdegrezquel'oraifon dominicale de mots, qui font le nombre de fepc 
fois feptjOu quarante neuf II a fondé , & édifié vne fomptucufe Chapelle en l'Eglife 
des vénérables Pères Celeflins : a drefl'é cette belle croix , où nousfommes main- 
tenant comme vn trophée de fa victoire contre le fchifmc,y faifant grauer Ces Armoy- 
ries, & celles du Pape Eugène , lefquelles s'y voyent encore. Il a faict le deuant de ce 
beau vafê del'Eglife des frères mineurs,auec vne gentile chapelIe,où eft fa ftatue à ge- 
noux le reprefentant au vif II gift deuant le grand autel deladi(9;e Eglife des^Corde- 
liers foubs vne belle lame de bronfe, ou eft ce lien Epitaphe. 



lia 
él 
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die 
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SVB HOC H y M l L 1 l A C F.T L O C O F". P. DE FT-VO CKZ ATVS CARDINALIS, 
A S \- O JETATIS S.yM XXI S)\'I I N CONCILIO C O K S TA NTI E N S I CVM R. 
C ARDI !<l ALI BVi , ET IN HISPANIA LIGAT'/S SCHISMA VELEP'ITjET 
Dl^OS H ISV A ^I^ RE G ES CONFOEDERAi'IT, Tl'AR A M B. S YLV L STR I L A 
TERANENSI.ECCLESIJ^ RFSTJTriT : A ri N I O X E ^ S E M AC VIIERSAS 

F Roi'i >:ciAS , rr patrim vajzr. A:^:ios xxxiv. rzxit- :ac<'BI 

ET SALOMES iîARI.IS 2K A LTO LOCArST. T A X p ï: Z'i ^f. "CCC. IXIlîI. 
MENSE DECEMhRI anima m COELO REDDIDIT, ^E M SANCTA 
SySCEPIT DE rçR'R/S LfCIA. 



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l'ay corrigé l'cpiraphe d'vn an, par les bulles de fa légation , que i'eflimc plus au- 
thentiques & afîcurces : eftant choie facileà faire que les malîons ayent mis vn an 
de moins. L'on auoit prins argument de cette croix, laquelle fe rencontroit fi à pro- 
pos au pafTage de la Royne,d'y drefîer le mot de Parnafîe auec Phœbus, Pan, Syluan, 
Bacchus,Orphee,& lesMuf'es. Par ce que François Phœbus bifayeul du Roy^ Comte 
deFoix,& Rov deNauarre eftoit le propre nepueu fils du frère dudiit Cardinal Ic- 
gat,qui fit baiiir cette croix. Cefte allufion des noms de Phœbus en donna le de/fein, 
& encore la grande affinité, qu'aeu Hercules aucclesMufes. Car ils auoient iadisà Ittfm 
Rome, au rapport de Sucrone en fon Augufl:e,&de Plutarqueenfesquefcions, vn I j^, 
mcfme temple commun, que Fuluiusleurauoiterigé au Cirque de Flaminius pource |*'ji„ 
qtie,didEumenius,cfî^ant en Grcce.il auoit apprins, que les Grecs appelloient Hercu- 1 ijjj 
les MiWagete.'c'eft à^.dire3Capitainej& condudeur des Mufes:que fut la caufe,qu*il les 

voulue 



it 



IBi 



L 



de ïlTercuh Çaulois triomphant. y y 

voulut arsêblerenvn mefmetépleix'/ resquétàmutuis operibus,é^ pumiii, ait le mcfme 
Eumenius, iuuari omari^ deherent^Mufamqnies defenfione Herctdis^i^ virius Herculis voce 
Mufarum:ccù: à dhe,Hercules é' ^^^ Mufes font deux chafes.qui s'etr'aydent t'vne l'autre ^dé- 
fendant le repos des Mufes de U protection d' Hercules , é" li* vertu d'Hercules de Ufoix des 
Mufes. Et certes, fi n'eftoicnt les gens doctes, les vaillances des grands Capitaines 
mourroiétaueceux: & Alexâdrele grand n'eftimoit pas moins heureux Achillcs pour 
auoir eu Homère chantre de Tes vertuSjque d'auoir gaigné tant de bataille s ; nam ni fi 
Ilias illa extitijfetidem tumulm^qui corpm eius contexerut^nomen etinm cbrui/et.Ccttc gloire 
cft bien plus rolide,p]us afleuree,&: de plus longue durée , que celle qui confiilie aux 
vaines louanges des flateurs,que le vent en porte : ou aux Palais,que le feu,&: le foul- 
dreembrafe; ou aux pyramides.que le temps abat: ou aux Maufolees fomptueux, 
que les Huguenots renuerfent : ou aux enfans,& lignee,que la mort rauit:ou aux vi- 
ftoires mefme5&: aux triomphes,que le monde oublie fi facilement , fi les Mufes , &: 

■ les dodes efcriuainSjqui ne meurent iamais,ne les confcruenc. 

V o Y L A le fiijed que l'on auoit de drefler vn Parnaflc du cofté du Roy , &: 1 1. 
d'Hercules. On l'auoit encore plus du cofté de la maifon de ^tledicis, que les dodcs 
appellent fouuent la mère des Mufes , & le magafin de toutes fciences : ce que s'en- 
tendra par rEloge,que louius donne au doÛe Laurens de Medicis. Salue bcros cptimc 
Pfax. irtgenioruni Itbera'is educator, artiumque cwmum^cr elegantiarum pater,ac vriicus ven 
virtutis <xJlimator. Salue hidem^'^ui hicuiertter E T F0P7STI MISAS , é' féliciter exercuijli 
praclarus vtiqne vatum hofpcs ^ é" <emulits ^ ideoqne C£lefii munere nominituo débita virenti 
lanrcA dignifitws: nifihxc fortuna tua putetur ir/ferior, quando Cofmum auum eritditi feculi 

^ àecu4 gloria fnperajjè fumme ^^ràuum 'videri poterit^nifi Leoiiem deciwum ad ornandam virtH- 
tcfn calo datum feliri proie genuijjes. Que peuucnt attendre les Mufes , & hommes do- 

I . clés de Franœ ot^ cette pnncefleextrai6te de ce dofte fang.quc toute faucur,& fecours 

' pour i^.eurir plusque i^juiaiscn ce Royaume? On auoit doncques parce cette croix 
de fci];on3 de Iaurier,qui faifoient comme vn balluftre tout ?iitour à la cime feruât de 
parapet aux Mufes,&; à ces Dieux , appuyé fur des pilalhes reueftus de mcfme auec 
leurs Archadcs d'vn pilafireà l'autre; & les frifes au deiîus à proportion de l'enceinte 
de pierre de taille de ladi£re croix fiiftcs de deux bords de mcfme : &: tout cecy en- 
liiionné des liurecs du Rov,,& de la Pvoyneauccle clinquant. A la première facefouz 
la Galerie immédiatement eftoient les Armoyries dudid: Cardinal de Foix entourées 
delauricr.&declinquantregardanslapremiereauenuë delaRoyne. Ces vers efloict 
danslafrize. 

PARKASSVM G AL ATIS, VZ d , e^'lD MIRARJS IX OK7S? 
BMC P HOEBI PATRV^'S, PHOEBrS ET /FSE C O L I T. 

L'allufioneftde François PhxbusNepueu du Cardinal de Foix, hls du grand Ga- 
ton de Foix, que noz Huguenots reformateurs du monde defenterrcrcnt à Ortlies, 
ces années paflees , iettant fes cendres au vent : comme ils auoicnt faict des corps de 
noz Roys à Clery, qu'ils expoferent aux chiens & poignarderêt tous morts, & du Pape 
Clemet cinquième à Bafas, & du Cardinal d'Albret ailleurSjCn deuotion d'en faire de 
mefme aux autres Papes,&; Roys qui les lairroit faire. 

Sur la plateforme au plus haut de la croix,on auoit placé Phœbus en l'equippage 
qu'auons did rantofl: parlant des Dieux, brillant de tous coficz de pierrerie,«Sc de toile 
d'argentje tenant tout droid vers le pannonccau du milieu de ladite plateforme,^: 
ioiiant de fon luth. Il cftoit accompagné des Dieux Pan, &Syluanqui ioiioicntdcla 

I 3 harpe, 



y 8 Le labyrinthe Royal I 

JiarpejdeBacchusquilbnnoitlaMandorre. Les fept Mufes toutes rangées par ordre , 
à rcncour de la croix/ur le bord fuyuant le balIuftre,fairoient vn concert auec eux de ji«" 
diucrs inftrumcnts, luths, epinctes, cidres, violons,& fembiables. Outre ceux cy, vnll'" 
petit Orphée habillé de toile d'argent , eftoit au milieu des deux pannonceaux de la 
première face droid fur les Armoyries du Cardinalaparoiffant au trauers du balluftrc, 
pour ioiier fur le luth accompagné d'vne belle voix cette odelettede refte de l'accord 
répliquant en reprinfe chaque couplet. 



ODELETTE. 

approche îoy ma. VrmceJSe 

De plus près 
Tour ''voir de nojîre Permejjè 

Les beaux prats, 
Icy la dimne troupe 

D'Apollon 
Chante l'hymen fur la croupe 

D'Helicon. 
^e mefpnfe pas nox^ roches, 

Ny noT^ bas 
Freque/îte"!^ par tes plus proches 

Autres [où. 
Vn Cardinal de la race 

Des de Voix 
Feit planter en cette place 

Cette croix. 
Th/bus qui gouuerne mefme 

Tarmy nous 
Fut. ayeul et Henry quatriefne 

Ton Efpoux. 

m Epicharme chantant les nopccs d'Hercules , &: d'Hebe difoit , que les Mufe 
îi'elloient que fept,lefquelles y affiftcrent toutes ; &ù tenoit on qu'elles failoicnt l'har- 
monie auec les fept planètes, chacune auec le lien. Ainfi l'entend Philon en la Cof- 
mopcic, AoW /iY-* -^ y^ êV'nx;^pcAiç avaXoyacTzt t» t st^to TrAav/ifûiv ytoftia Tztç êAAo^iwaç apJ 
ojvîoA à.TT.T^.'h^t-La lyre à-fept-cordes ccnejfpondam au branle des fept plAtietes^faiif des Har4 
monie s mémorables. Clio failoit auccque la Lune l'Harmonie appellce Hypodorion 
CaUiope, &: Mercure l'Hypophrygion :Terpûchore, & Venus, l'Hypolydion; Mcl 
pomcne, & le Soleil le Dorion : Erato,&: Mars le Phrygion : Eutcrpe, S^ lupitcr le Ly. 
dion : Polymnicôi Saturne le Mixolydion. Les Poètes feignoient tout cecy. pourc- 
que le nombre feptenaiie eft Harmonique comme le remarque fort exadcmcnt ! 
SQcûïie Philoiî». «s; ^ s à liAtafô^ç, /n$vov, aAAa «} cèçinvçt^iTrèy à^uisvincevivn ^ kj tç^ti^v. uva 



à 

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nie 
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de ri:Cercule Gaulois Triomphant. 79 

am ix^i, &c.Que veut àiic.Le nombre feftenaire n'est fiU feulement tres-parfa(cf,maistres- 
harmomeux,é' en certaine façon, Ufource d\>n très-excellent diagramme , ér tablature^ qui 
contient toute forte d' Harmonie : afçauoir diatef^aron^diafenteyj)'diapafon : ^ef: composé de 
as nombres -.fxJmB^neufdouze-.huiliafx^en proportion ftirtierce, qui eji du diatejfaron: neuf 
kfix^en proportion Hemiolie,quieJldiapente:douze àfx en proportion double, qui efi le diapafon. 
Et par ainfi on auoic faid ioiier en ce triomphe,& à ces nopces Royales,cecte vertu,&: 
propriété du feptenaire du Roy , correfpondant aux fept Arcs, par le concert des fept 
Mufes anciennes, auec la variété des inftruments : &; pour donner encore à entendre 
que noftre Hercules feptenaire à faid en Ton Royaume vne autre admirable Harmo- 
nieciuile : accordant tant de contraires partis par vn accord parfaid de la reunion 
entière de fon eftar:mu(ique celefte, & la plus agreable,&: acroamatique que puifîe e- 
ftre à l'oreille des Roys. a cccy mefme fe rapportoit ce diftique en la frize de la fécon- 
de face,^ main droicle des Armoyries de Foix. 

GALLICA SI RESONAT DISCORS CONCORDIA, TANTVM 
SEPTENO ALCIDAE GALLIA DEBET OPFS. 

L'efcritcau de la troiziefme ùcc dcfcouuroit tout le deiTein de ce Parnafle en deux 
ji vers. 

I HARMONICFM, CMVSAE, P HOEB I C E LEB R AtE NEPOTEM, 
HANC POSyiT PHOEBI PAtRl'FS IPSE CRVCEM, 

En la quatrième fe lifoit vne infcription de Trophée érigée pour la vidoire obte- 
nue contre les fchifmes. 



\ 



SCHIS MATIS IMMENSOS DyM VINCBKtT V LTO R HIATVS 
FOXIfS, HAEC IVStO CMARTE TgOFHABA TrLlT. 



BRIEF DISCOVRS 

DV GRAND SCHISME 

D'AVIGNON 

Q^ppaisé par le Cardinal de foix. 

Vr LE sviECT de ce diftîque,auant paiTer outre , i'ay efté requis d'ef- IV 
claircir certaines difficultés couchant le fchifme,d'où i'ay icy faid men- 
tion, appaisé par ce grand Cardinal de Foix : qui feruira, tant pour 
mieux cognoiftre combien l'Eghfe Catholique doit à fa mémoire, & 
à quelles enfeignes il a drefle ce trophée de la fainde Croix , que pour 
„i dcniefer en peu de mots, ceux qui parlent d Auignon tout autrement que la chofe 
Un'eft: crient au fchifmatique : blafment la ville de ce , dequoy ils la deuroienc 
j^ grandement Ioiier , s'ils pouuoient entendre vne fois ce qu'en eft, &: prendre la 
n - patience 




aci 



w 



Sû Le labyrinthe Royal | 

patience cîe s'cnchercher de la vérité , auant qu'en parler par cœurj& à la volce.ll cft 
vray que Grégoire vnzieme decedéjl'on créa Vrbainfixieme enfapIaceàRomejl'an 
iy78. homme feuere , & rude à outrance à la reformation des meurs des Cardinaux: 
ce qui occafionna la plus part d'entre eux de brouiller cette eleûion , & la rendre ou 
nulle,ou fufpeifte. Ils fortent de Rome prenant prétexte des chaleurs du moy s d'Aouft: m 
ic retirent à Fundi ville de Lombardie: crient à corj&: à cry contre l'eledion pretêduë 
forcce,& nulle d'Vrbain : de la fe retirent à Narny autre ville d'Italie : créent vn An- 
tipape, qu'ils nomment Glcment/.pour lors Robert comte de Geneuc, nom fatal, èc 
de mauuais rencontre à la France, &:àtouterEgHie. Il confie des letres autographes, 
qu'ils en expédièrent pour lors, les féaux pendants de ces 13. Cardinaux, fignees de 
leurs propres mains,datces du 9. d'Aoufl: de l'an fufdi£t à Narny,que chacun peut voir 
en l'archiue des percs Ccleftins'peu après ils s'enreuiennenten Auignon.Ilsy fontre- 
ceuz.La caufe cftoic fi douteul"e,que mefme iufques à auiourd'huy les plus grands do- 
reurs font bien cmpefchcz d'en refondre quelque chofe d'affeuré.'&ainli le fchifme 
fut conceu à Romc,formé,&; fondé à Fundi s : enfanté à Narny :nourry,efi:oufe, &: at- 
terré, comme iediray.cnAuignon. Ce Clément j.moutut en Auignô&: futenfeuely 
aux Celcllins de ladifte ville.qu'il a fondés,&: non pas au Gêtilv comme l'a cfcrit Pla- 
tina ( ce n'eft qu'vnede fes moindres impertinenfcs,&fotifes) ilrepofeencoreenla 
mefme Eglife deuant le grand Autel : homme au refte de fainfte vie, & d'vn rare en- 
fcndemcnr.Picrre de Luna luy fucccda créé au grand Palais d'Auignon 155)4. le vingt 
& huicVicfme de Septëbre Septénaire, qui ne Cutgueres heureux à Auignon non plus 
que le feptcnaire de Clément fepticfme qui commença ledicl fchilme. Deflors petit à 
petit l'on vintàdefcouurii plus clairement, queleRoy eftoit du cofté du Pape de 
Rome:&: que Pierre de Lunaeftoitintriis:lesC5cilcs généraux s'an'amblét.-l'on fom- 
me l'homme de fe iouidre à la raiibn,&; de procéder à la voye de ceflion. L'Empereur 
Sigifmond s'y cfLudie.leRoy de France Charles lixiemc employé le verd & le lec : re- 
mue toutfon Royaume:n'etpargRc ny moyens, ny induftrie pour pacifier l'Eghfe: cn- 
uoye ça bas lesDucsdeBùurgoigne,&de Bourges fcsOncks,&:fonfrcreDuc d'Or- 
léans: qui mircnr cepêdanrla première pierre à l'Eglilc^cs Cclcftinsaunom du Roy. 
Les Auignônovsfous Ja conduire de ces Princes, &; de Bouflîcaud, arment contre le 
Palais ApoftoHque.' aiTiegcnt le fchilmatiquc, qui s'y cftoit fotcjfic: le bâtent à dos, & 
àvcntre,depuis lei.de Septembre de l'an 1398. iufques au iz. de Mars de l'an 1403. le 
tiennent fi de près, luy liurent de fi vifs ailauts^qu'crtât aux aboys,& reduidà la faim; 
('bien que outre les grandes prouilîons, qu'il auoit faid,il fut fouftenu , fous main, du 
Roy de Sicile , &: de quelques autres qui luy donnoient des viures en cacheté ) qu'il 
prend expédient de s'enfuir habillé en docieur,& fe fauuer à Chafteau Renard , en 
Renard, où il treuua l'armée du Roy de Sicik venue pour lereceuoir à poind nom- 
mé. Tout cccy a efté tiré de trois diucrsmanufcripts de ce temps là fort exades, &C 
principalement du procès , que ledicl pierre de Luna mefme en fcit inftruire au Pfeu- 
doconcile de Perpinian qu'il cÔuoqua, figné authentiquemét par le fecretaire dudidl: 
Concile." 1.^ dedans cefcbifroatique^entre autres,fai£l les doléances en la fefTion pre- 
iniere,de fa fuite : & le faut croire,car il y eftoit en perfonne : Pojl hic inm Dommus no- 
uer Papa 'videns^quod no poterat frcfcere cum Cardinalihttsjijpoftut omnino exire,(jr fc com- 
rnittere Deo,(jr exponere ta?fto periculo : demum foficjuam fuit ftc detentus per quatuor anms, 
(^fex menfe$, 12. Marti/ de mcïe exijt paUtium,(^ de manè circa orturfffolis intrautt Bheda^ 
jjum hi'VKapartia harca,(jr vtmelius^é' faciliiis pojjèt tracfare cum v^ege Irancitz , ac dicîis 
Cardindihus^ac ipfos reducerejfofuitfe adCaUrum Repardiad vtiam leacam prope %yiut~ 



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de l' Hercule Gaulois triomphant. Si 

ttiotiem. Oreftaiicen liberté aueque Ces menées, &: aflez alîeuré dans fa tanière, il fefc 
û bien &c h beau,qu'il rcgaigna non feulemenc les Auignonoys , mais aufli le Roy de 
France,& cous les Princes de deçà les monts : comme c'eftoic vn maiftre homme , le 
plus accord,&: le plus cloquer de Ton fiecle,à ce que Paul ^mile en acfcric. Il ne vou- 
jut toutefois du depuis iamais plus rentrer en Auignon : mais fe partit de Chsfteau 
Renard l'an i404.en Ianuicr:&:apres auoirvnpeutracafleàTararcon&enProucnce, 
s'en alla à Nice pour traiter plus facilement auec,;]^ Pape de Rome , qu'il efperoit de 
pouuoirgaigner.Ccpcndant,auant de quicterlaProuence, ilauoitia enuoyé en Aui- 
gnonfon Nepueu Rodrigues de Luna des premiers de fon tcwps en faid d'armes, 
pour (on lieutenant général, alîifté du Vicontede 'Vol, leur enioignanc de bien munir 
la ville,fe retrancher dans le Palais,fc failir gentiment , &: fouz main des fortereiTes, 
faire diligente prouifionde munition de guerre, introduire vne bonne multitude de 
foldats Catalans: ce qu'ils firent ayfemcnt, &;à foiiet : Sz mcfme voyant que le 
clochierdenoflre D.imc dominoit fort fur le grand Palais , ils le minèrent fecretre- 
ment,& le renuerferent par tcrre,i'ans que l'on leeur d'où \n2n0it cela , faifants croire 
aux citoyens,que c'eftoic vn cas fortuit. Il prcuoyoit défia bien ce petit homme de 
corps, mais grand homme d'cftaclaCataflrophe de la Tragédie, & le grand change- 
ment qu'aduiendroit toft après en fes affaires : car ayant long temps repeu , & amuse 
les Princes de belles promclfes,&: fauxfemblans de vouloir ioindre à vn accord: eux 
fe prenant garde de fes collu(ions,&: momeries, le tournèrent pinfer de près, &: preflcr 
de fe renger à la celîîon. Charles lixiefmeRoy de France luy en efcriuic chaudement 
l'an 1406. le y. de Feburier, luy intimant que fi dans dixiours il ne fe deportoit du 
Pontificat,qu'illetiendroit pour Schifmatique noroirej&l'abandôncroit.Icvil com- 
; mençaouucrtemêt à monilierles corncs,lcs pares,&:lcs grifes,&: le peu d'clpoir qu'il 
',y auoiten fx recidiue , & rccheute. Il fulmine vne excommunication contre tous les 
Princes, S^ Roys,&: autres, qui fem-eHeroient plusdeluy parler de céder au Poncificar. 
Cela faicl fe fauue en Efpagne à Paufclle place forte, Scpour lors imprenable : n'cflant 
encore en vfagcen Europe rartillerie, que fur ieulemcni: mucntec du temps diidith 
CIcmét 7. Schifmatique par Bertold Âlemandl'an 1380 d'où l'on n'ellimerafieftrange 
: fi Pierre de Luna fut afTicgé fi long temps dans le Palais d' Auignon, bie que tenu de fi 
près. Ayant donques le Schifmatique eu du vent, quele Concile alicmblé à Pife l'a- 
uoitexcommunié,&: déclaré Apoftat,& Hérétique: appela, comme i'ay did, vn an- 
ticoncile à Perpinian l'an 1408. le 15.de Noucmbre;d'oùa cfté fidellcment tiré tout ce. 
que del]us,Ô(: confronté auec les trois Diaires diuers efcrits de ce temps là; Se auec 
Theodoric deNycmps-qui eftoitpour lors Secrétaire du Pape légitime à Rome ac- 
cordants en tout,à ce qu'il en a inlbuiâ: au procès inleré dans ce Concile.Cependant 
Rod;iquesdeLuna,qui tenoic fous Ces pâtes Auignonjayant entendu quelque b;^iic 
fourd de cette fi grande, fi tragique, & fi foudaineefmotion,& antiftrophe inopinée: 
auant que les citoyens en fceuffent rien,appelle au Palais , fous prétexte de leur don- 
ner à difner, lesjConfuls , & autres des principaux qu'il fentoit plus portés, & 
dangereux pour le contraire parcf, iufques au nombre de douze, que nous auonspat 
Bora.îk: furnom.Les tenant vne fois5les faid enferrer fan r4io.len5. d'Auri],(S,:peu a- 
ptes les faid mourir vn ap-res l'autre fecrcttement , & en cachccte , èc eftans morts 
les rend aux parents pour la fepuhure comme s'ils fu/Iènt morts de maladie naturelle. 
Cecy a donné pied an vulgaire de feindre mille fabies,quc les vieilles edentees chan- 
tencen hy uer auprès du feu.à Aurenge, &c à Nifmes, & que les Huguenots ont ir,feié 
dans leur Alcoran, Se Euangile reformé. G eu quele Pape de Luna inuica à vn djfnet 

K iene 



s 2 Le labyrinthe Royal 

ie ne fçay combien de mille Auignonois,& puis les ayant fermez k clef, &: grilles de 
fcr,feic mettre le feu en la fale.où ils furent bruflez tous vifs.Bié que la chofe fut ainfi, 
qu'elle nouuelleferoitce,tivnSchirma'tique,Apofl:at,excommunié,&declaréHereti- 
que Patriarche de noz Huguenots, eut brullé vn corps de logis, lequel auoit défia em- 
braie de fes reuoltes route la Chreftienté; & les ncpueus duquel ont défia tant em- 
brase de Palais,d'Eglifes,&: de prouinccs entières ? le reuere la vérité &: dois honneur 
A la conlcicncc.Le feu fe mcit forruitemet au palais l'an 1413.1e feptiefme iour de May, 
de grand matin, cinq ans aprcs ce meurtre de Rodrigues , & brufia l'Audience , eftanc 
dciia la guerre appaifec: & Pierre deLunaaucc Rodrigues en Efpagne. Lefotvul- 
e;aire à ioinft ces deux choies, veliit Agri Jomniti , &: nous en a faicl vn Mithridat fort 
cordial pour les Huguenots Apothiquaires de telles danrees ; ne fçachant pas que lors 
de ce banquet Pierre de Luna eftoit ia en Erpagne,& horsd'Auignon fix ans deuant: 
&mcfme Rhodngues ny elloit défia plus quand le Palais fe brulla. le veux abréger 
cette hilloirevnedcs plus.prolixes , & tragiques que furent iamais. Les Auignonois 
prennent vne autre fois les armes contre Rodrigues, qui s'eftoit barricadé dans le Pa- 
lais, à i'Eglife de nollre Dame.d'où il auoit chalfé les Chanoines , en la Vicegerance, 
au petit Palais, & à la grade tour du pont. C eil mcrueille que l'ennemy efiant maiftre 
de toutes Tes placeSjles Auignonois ozerent entreprendre de fe remuerrce qu'ils feir^ 
ncantmoins , &: chargèrent de telle furie les Schifmatiques par l'efpace de dix , &r 
luiict mois, des le 1-7. ds Mav.de l'an r4io.iufques au iideNouébre de l'an 1411. qu'en 
vn reulafiaur,qui le donna tout d'vn coup au grand Palais à la Vieegerance,& à la ro- 
che de Dons, l'an i4ir.lei;4deFeburier,en dcmeurcrêtfur la place quatre millcjcn vn 
iour , de rarn-.ee Auirruonoife : &: ncantmoins Rodrit^ues fut leué de fentinelle , &: 
contraint de fe rendre. L'on a veu les rôles des defpenfcs en rvne,& en l'autre guer- 
re contre le Palais en l'archine de la maifon de ville,&: tous les aétes publics.qui con- 
cernent ce faicf: entre autres l'accord de compofition , quefeit Rodrigues auecles 
Auitinonois de guider les places qu'il tenoit, &C fe retirer le zi. de Nouembre fufdidt, 
qui meit la fin a cc.-re guerre fanglante , &c plus que ciuile. Treze ans après Pierre de 
Luna mourut obftiné à paiifelle,en Efpagne delailféde toute la Chrefiienté , & Pape 
de (on village:ran 14z4.au mois de Scptembrcannce trentiefme de fon prétendu pon- 
ti{îcar,&: huiclannefn-ïe de ion aage.I! commanda à fes cftafiers,& à deux Cardinaux, 
qui luy clfoicnt reftcz,de crcer vn.qui luy fuccedat, qui fut Clément S.Sur cela noftre 
Cardinal dcFoix eft délégué aucc main forte par le Côcile gênerai pour le pourfuiure: 
l'attrape en fin, lec5traincl de fe démettre, le laiflant Euefque de Maillorque pour le 
relie de les ans, faicl prifonniers les deux pfeudocardinaux, qui moururent bien toft 
après mifcrablcment,!cs fers aux pieds : &: pour auoir faiét vn feruice fi fignalé à l'E- 
(rlifccfl cnuovc Légat en AuignoUjl'an 1434.0Ù il mourut comme auons did tantoft. 
Les Papes, & les Conciles ont du depuis fort honoré Auignon pour s'eftre com- 
portée auec tant de zele,& de fidélité en ces extrêmes neceffite^de I'Eglife. Pour ne- 
Are prolixe, ielairrayà partdegrâdes,&: fignaleespreuues,me contentât pour main- 
tenant , du tcfmcignage du Concile de Bafle en la'felfion zy. tenue l'an 1437. où eft 
faicl vn décret folennel à part, &;defenfe fort exprefle,de n'aliéner iamais dufaind 
Sief^e la viljed' Auignon. la declairantelkeen lafauuegardefpecialeduConcilc,&de 
I'Eglife : voicy le texte du décret , après auoir did que c'eftoit au Concile de pour 
uofr que les terres du patrimoine de I'Eglife ne fuflent iamais defmembrees dulainâ: 
Sie<Tc , illa frxjèrtim loca ïfiftgntA^in quibui nece/itatis tmpore libère vale/it commorart, vbi 
nidîds 'feciiUris toteptis r.ittm externat, }îullm tewpruHs faim abforhent : chm non abfyue 
■' froHifione 



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de l'Hercule Gaulois trlomph.mt. 8$ 

1 prouifione diuina ipfa locu \^pojiolic£ fcdt prouenijjè d/cafjtur.Dc là uon faiis caufe l'on col- 
Jigequc la ville d'Aiiignoneft referuee poiuTecond Siège Apoflolicjue, lequel tiirre 
d'honneur luy eft demeuré en héritage depuis la demeure fi longue de tant de Papes 
ai en recognoifîancc de fa fidélité enuers le fainft iiegcMais le texte pourfuitainil. 
Ex bis aiitem caujts (^ alijs nos îiijîe , ér merito moue-iitiktfs prouifione congrua occurrcre duxi- 
mm,Me mclyta Ciuitas \^yîiie'aionis,qu£ fe femper deuotipmam^ (^ f.dclijùmam Ecclefixexhi^ 
buit^é^nouifiimein fidei Catholicx obfeq^uium de fuis facuîtMibus copiojijstmam fubucntioKcm 
pro vnione Grxcorum cum Latinis projcquetida mirn^rcuit : qf<cq<io patfo ab ipjlus Ecclef/e do- 
minio dienetur aut ndmanus alienxs transfcïAtur^cumextjs^^ Mijs'Ecci-jui vniuerjalt pcr 
ipfam inclpnm cUûtdtcm impenfis obfequijs non impetl, non damfiificari ,no7i in aîios -jJIm aiie- 
nari, Jed bcnefcijs attolU merito debeat : Eeclejiajlicis enirn vtilttfltibus infudantes, Ecclefiafàca 
dignum eliremuneratione gatidere. Decernit igitur h.ic fancla, Sy,Joàus , njt nulltis cuiufcuKCjne 
dignitatis, vel prxemincntiei fuerït , ciuttutern pr£diciar>i.^^y eti.im cumitMttm Vcn'^jfini cum 
terris, ^ dominas fibi adiacentïbu'S, andeat^ vel pr£ fumet c^uohu moâo^ feu lurU colore qu^fito, 
l'endere^feu pignori obligare^nut in feudum^vel cenfum dare^nat quotiis modo aliefiare.. Et plus 
biS.InfuperCiuitatem pradi^am Aacntonenfeni, qu^mugnarn mercedem ab vniuerfa prome- 
retiir Ecclefa^cuique iniignipmum ejfet pro eius opttmis meritis m^Li <ju£nisper aùquem irro- 
gari, endem fancia Synodia ipfam, é" f"ppoftaeiufdem in fuam,ér Ecclefxvnincrfalis,cinam' 
repr£fentat,fpeciakm proteStionem ç^ Saluagardiam fiifcipit ac repovit. Là mefmeJe Con- 
cile donne vn tefmoignage digne de mémoire du Cardinal de Foix, qui nous a porté 
a ce difcours. Et quonia^nid pariter indignum ejfet, dift ie fainâ: Concile, vt venerabilis 
TetrusEpifcopus i^lhanenjîs facrofuncïx B.omunx. Ecciejia Cardinalis de Fuxovulc/iritcr'r.U'a- 
ctipMiu^ (jr Cyfpofolicafedis Legatm^qui ad ipfm ciitjtatii ^^ucnione-jfn^rs Cornttatm Ven.ij- 
fini prddiBi gubernfitiQnem depatatut ejl , quique pro expeditione fuhfidiorum funBx matris 
Ecclefi£ pr£^itorytm,in eaàcmciuHatei^ii-enioTienf.aiprofec^uenda'rn vuioncr/t Gr£cornm £~ 
déliter, (^ efficaater lakor.mit,htiic fincî'£ Synodo fe ohfqHcntifimiiMixhibendo, pcrquetri- 
kpiam vfxaretur, iffqaietarftur,tiut ftiolefraretur, cuitt-s et mm pcnurbutio^f^rnoUffitiointua- 
f gnum difpendÎHrnj ^ in grauem cnl.^mitxtem ipfim ctmtatii Jucmnnevftsvenfimiliterproue- 
niret,idcirco fiib eadem proteffione, exprxwijiu caufs rccipit hAcfancîa Synodu; eundem vene- 
rahilem Petrum Epifioptim x^lbanenfem. 



K 



APOLLIXl OECOXOMO^,;iè^?^ RLGIJ^ MAIEi'TATJ- 




DIE M ( ^VC g-.?A\^gl I ^^EGZV.V. L EG EM Q. SALICÂ VlDICAsI r. ' 





LE SECOND ARC 

TRIOMPHAL DV SACRE 

D V R O Y. 

^uec le Blajbn des Armes de France. 
CHAP. IX. 

E Parnalîe eftoit quail à my chemin d'vn Arc à l'autrc,fitué Ç\ a pro- 
pos, qu'à grand peine fa Majefté l'auoit pafîejqu'clle voyoic au fôds 
de cette grande ruc,deuant la porte des Carmes, le i'ecÔd Arc le plus 
haut,& le plus large de tous, côposé des fcpt parties, que nous auos 
defcrites au premier. 
fi f»x^^fH"-vi^-» «9 Le THEATRE cftoit fort ample. Si bcau, à main droiclcde j. 
l'Arc, tapiflc de tafctas incarnat, blanc, &: bleu : entouré tout autour en quarré dvnc 
galerie de laurier,buyx,&: autre verdure ornée de liurees peintes de mcfmes couleurs. 
La R.oyne y eftant arriuecjfcit ioindre la litière tout auprès du Theatre.Les tambours 
ccllerenc Les PrinceSj&i toutes les troupes s'arrefterent, fe fcit vn illcncc extraordi- 
naire,&; tel que l'on n'oferoit attendre en vne limple fale entre quatre murailles : alors 
deuxNymphes Florence & Mariane , commencercntàfe dire le dernier adieu . qui 
s'enluit auec telle grace,&:emphafe que nous en vifmes la Roync mouiller les yeux, 
Sj II artentiue,qu'el!e ne bougea iamais la veuë de dcflus les atfteurs. 

L" A D I E V DE FLORENCE, 

ETDELAROYNE. 




FLORENCE. 



MARIANE. 



E P 1 B A T JE R I o N. 

Vuïs quil faut quà cette heure 

le te ferde , mcn cœur, 

Et que fans toy te meure 

Tranjïe de doleur: 

Au moins de tu Florence^ 

Florence que tu Ofoysy 

Aye la Joiiuenance 

Quelque fart que tu fois. 

Tlujiofi que te m'oblte 
De moy ^ 0* de mes yeux ^ 
^ue de toy, ma fatrie, 
Seiour de mes ayeux: 



K } 



Ny 



88 Le labyrinthe Royal 

Ny la mort, ny la gloire^ 
Ny les Lis, ny les Rovs, 
tî'ejieindront la mémoire. 
Mère, que ie te dois. 

FLORENCE. Vogant dejfm les ondes 

Regarde quelque fois 
Les Nymphes nuagahondes 
Au nuage Lucoys , 
.^i toutes defolees 
De te 'Z'oir defmarer 
De leurs larmes f aie es 
EJpouuentent la Mer. 

M ARIANE. ^ue la trouble mareey 

^e les flots fahlonneux , 
et la f laine falee 
Des Tritons efcumeux, 
M'arrefîent à Lmorne, 
Si ie m en ohlioys: 
Et que ie m en retourne 
D'où partie lefîois. 

FLORENCE. Lors que le doux Zephire 

Venant de ces cojlés 
Voujfera te Nauire 
Sur les flots agite'^i 
Tenfe que ta Florence 
Se ijoulant allezer 
Du dueil de ton ab/ence 
S'en fert pour weffager^ 

M A R î A N E. Ny l'aube fafranee 

ReueiUant mes langueurs, 
Ny la brune <^efpree 
Endormant mes labeurs. 
De toy ,ma bien aymee, 
Florence mes amour\ 
V^ftera la penfee- 
De te reucir yn jour. 

FLORENCE. ^u/ind U nt^s^ efloilUt 

Vtrfe - ■' Vp'A!* 



j 



de F Hercule Gaulois triomphant. 8p 

T>'rijn fommeil gracieux 

S'onge d'eftre en Florence: 

Car le feul fouuenir 

De fa douce frefence 

Te fera reuenir. 
^and l'Hercule de France 

Des Alpes triomphanty 

Paffera par Florence 

Pour aler en leuant : 

Suis-le iufqt* en Turquie 

lufquau nuage Indoys, 

Tour reuoir ta patrie 

Pour le moins y ne fois, 
^ette feule efperance 

De te veoir retourner y 

FaiSi que le ne mauance 

pour t'y accompagner 
MARI ANE. Adieu douce rofee. 

FLORENCE. Adieu mon clair flambeau. 
M ARIANE. Adieu aube dorée 
FLORENCE. Adieu mon renouueau. 
M A R I A N E. Adieu perle choyfîe 

FLORENCE. Adieu mon petit œd. 
M ARIANE. Adieu ma chère <-uie. 
FLORENCE. ^^^^^ y^on beau Soleil 
M A R I A N E. Adieu rofe pourprine. 
FLORENCE. Adieu //j. blanchtffant. 
M A R I A N E. Adieu myrthe diurne. 
FLORENCE. Adieu lis bien fleurant. 
MARI ANE. Adieu mon efperance 

Adieu mon doux foucy. 
FLORENCE. Tomes tofl en Florence^ 

Soyés bien tofl icy. 

Ces deux nymphes s'eftant retirées, les hommes illuftres de la maifon de Medic^ 
veftus de velour,lâ tefte coronnce de lauricr.le col chargé de grandes chaînes d orà 
plufieurs tours,reciterent chafcun Ton diftique,que la Majefté elcouu auec grande 
patience &: contentement. 

LES 



()o ^ Le labyrinthe Royal 

LES HOMMES ILLVSTKES DE MEDICI. 

EVERAILD CHEVALIER FRANÇOIS CHEF DE 

la maifon de Medicis en Florence. 

G ALLIA ME GBNTlS MEDICES CAPVT EXtVLir; ECCE 

lAM G ALLO NOSTRVM REGNAT 12^ ORBE GENFS. ; 

Nousauonsdict au chap.a.queEuerardflearinbit du temps de Charlemaigne en- 
uiion l'an Soi.Car la defaidc du Gcan Mugel,nairce cy delTus , aduint au retour du- 
did Empereur de la ville de Romc,ou il auoic receu la coronne Impériale par le Pape 
Léon. Cet Euerard eftoit grand guetrier ; & le premier qui agrandit le nom de Medi- 
cis,natif de Franee,autheur des armes de cette maifon,& qui a laifTé en partage héré- 
ditaire à la belle ville de Florence laffedion cordialle,&: confiante enuers lesRoys.Si 
Royaume de France , qu'elle s'eftefuertuec d'afllfter contre les efmotions ciuiles, y 
ayant apporté vne plus quefrançoile aiïedion/ bonne amye de cous temps, &fîdclle 
alliée de cette coronne. ' 



lEANLEPIEVX. 

INFEIiSrS NVLLI.BONVS OMNIBVS , OMNIBVS AE^VS, 
SIC IN NEPTE MEA lAM REDIVliTS ERO. 

L'en n^auoit pas deflein de drcHcrla Généalogie entière de la maifon de Medicis, 
cftant lachofede trop longue entreprinfc pour vn théâtre oùlaRovnenedeiioitque 
p3ircr:bic auoit on choify quelques vus des plus illuilrcs pour l'ornemct du fuiet.Car 
entre Euerard,&: leanfecondjie coulèrent beaucoup d'annccs,& beaucoup d'aultres 
grands pcrfonnages , que ie paOe fouhs filence:commc laques de Mcdicis cheualier, 
qui défendit (î valeurculemcntlcs tranchées du camp Florentin à Montcatin : lean 
deMedici fils de Bernardin , qui print Luques pour les Florerîtu-!? accompaigné de 
trois cens cheuaux,& cinq cens hommes de fantcrie en barbe de trois camps, que les 
Pifans auoient campé dcuant îadic^e ville. Vn autre lean û renommé par les hiilo- 
riens de ce que avant le viconte Milanoys grand ennemy des Fîorétins.teniie la Scar- 
pcrie longuement afflegcc.iHe mit aux champsauecccnt hommes de pied ,&: fur la 
minuit Ce taifanc chemin à force d armes.mit (es gés dans la ville, qui eftoit aux abois, 
fit leuer lefiege al'ennemy.deiiurafapatrie du manifcRe dangsr, où elle fe trouuoit 
pour lors. 

len'auroisiamaisfaiâi.fi ie vouloisefplucher par lemcnu tout ce que ceuxcy ont 
faid de fignalé.ôi tous les autres, qui furent defpuis Eucrard.dcfquels Aretin Vilani,&: 
Neftor après eux font mcnrion;comme de Sy lueftre, Euerard i.Chiarifrirno,qui furet 
les chefs de cet cftat trauaillé de taiit de fcditions,& cfmeures populaires , qu'ils ap- 
paifercnt tant de fois. Bien diray ie que lean de Medicis fils d-Eucrardi. du nom, 
C!onfalônier de Florence,ran 1423. fMagiftrat deiuftice fouue.'-aiu prcfque femblable 
an didareur des anciens Romains^eftoitrichejnoble, clément, accord, fenfé, aumof- 
ni£r,mifericordieux,toutce que fepeur,h5norc,aimé, redouté de tousàHie demanda 
jamais honneur en la Pvcpubliquc,ôi Ci les euft tous:detcfl:a la guerre plus que la mort». 
&: fi y firdcgiuds exploits: moyenna la paix à quelque p;ijqueceflir,iamaisn'offenfai 
pcrfonaC;fir plailîr à lous. mefme à fes ennemis. 



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de F Hercule GiHloistrio'>nf^!;^iTi^:. pi 

COSME LE GRAND , ; ATRIE. 

MAGNVAÎ me , Et COSMVM VîMi'S HEkolCA FECIT 
IA(Jiï C^ïACROCOSMOS EGO , N02;i -^^ COSMOS ERO. 

Les philofophes ont die que Thommc eft vn microcoimcc'erc a clire,vn petit mon- 
de,comme eftanc vn abbrcgc,&r. epicomc de toutes IespeiFccrioiîs,&: pairies de l'vni- 
ucrs.qu'il contient en foy d'vne manière tics-excellentc:maga2in viuant de toutes les 
natures,lbit que l'on îe conlidere en la partie la plus noble,qui c'a ramCjfcit en la plus 
baflcjqui eft le corps. Les Grecs d'ailleurs appellent le monde Goimos, c'eit à dire 
beau & parfaid: d'où eft tu-ée l'aliulion auecque Cofme furnommé le Grand.Les hi- 
floiresfont toutes pleines des louanges de ce grand perionnagc , de le monde de Tes 
faifts heroiqucs.il fuft fils de Jean de Medicis le pieusXc fit des ennemis par trop de 
vertu.'deuint iufped à plulîeurs i caufe de Ton cxc^lTiue libéralité, &: facilité de meurs, 
expérimenta l'inconftance de la foitune,&r la force de i'cnuiedaquelle comme vn au- 
tre Coriolan le fit exiler quelque temps de fa patrie ingrate: mais ce luy fut vn efche- 
lon pour montera vne plus grande gloire.ôi: pour s'ancre.*- plus auant,dans les cœurs 
de Tes citoyen s,qui le rappelèrent depuis,Iuy allant toute la ville au deuant, auecque 
gi'ande pompe,&: magnificence i le faliiant père de la patrie : lequel tiltre d honneur 
Juy eft demeuré grauéen fon tombeau : retour que les hiftoriens comparent à celuy 
de Ciceron en la ville de RG!r.e,&: difent que iamais auparauant aucun n'entra auec 
tant de gIoire,&: d'appareil que luy en la vil'e de Florence. Vne partie de Tes ennemis 
furent bannis fans efpcrancc de rapel : les autres maflacrez,& décapitez par le peuple. 
Ilrcftablit par fa puilfance François Sforce en fon duché de Milan : baftit &: fonda 
fomptueufemenccinq belles Egiifcs,ou monafteres , &: autant de Palais, v employât 
quatre millions d'or-îl donna aux pauures vn million d'or par aumofne.-fit vn belhof- 
pical en Hierufilem, qu'il rentam.agnifiquement,pour Tviagedcs Pèlerins : gouuerna 
la Republique paifiblemenc 51. an, fut le premier homme d eftar,lc plus riche, le plus 
aumolnier,leplus refpecté de fon fiecle , &:.de tous autres en général (pour parler a- 
ucc Ncftor)qui ont laiiTé leurs mémoires engrauces cz anciênes.iSi: modernes maisos 
de l'Italie. Il deceda lan 14(34. regretté mcfme de fes cnncmis^lainant vnexemple im- 
mortel à tous les Princes Chreftiens.que la pieté,deuotion,6i vertu Chreftienne n'elt 
pas incôpatible auecque l'eftarrvoire le renforce,&: l'afleure d'auantage,que toutesles 
rufes,6^ inuentions humaines fubiedes à mijic cucncmens dangcreux,&: funeftcs. 

LAVRENS PERE DES MVSES. 

ME DOCTRINA OMXIS, LAVDP'M CENVS OMNE CELEBRAT: 
SIC LAVRO DIGNfM NOMEN, ET OMEN ERAT. 

L'on compare Lucrèce de Tornaboni mère de Laurens de Mcdicij& de luhen fon 
frercà Cornelia raere des Gracches.qui fit inftruire,& forma elle mei'mc e;; i^cnes let 
très ces deux beaux efprits Romains,& en toute forte de vertu. Pohtiaa a dcfcrit en 
vers latins le triôphe de lulien pour la victoire qu'il emporta au tournoya fur a plus 
part de la noblefle d'Italie &le progréide fon heureufe éducation. Deilorsla niaifon 
de Laurens eftoit comme vne cfi-holede tous les plus douv-s peifonnsges de TEuro- 
pe,tels que furent Pohtian,Arctif;, F icin,Lafcares,Cal'ondyIe,Land>n,Lc.^H delà N'îi- 
fande homme d'efprit adiiiirabkj&: autres qui l'ont loiic hautcmét^&ljmmortahrc efu 

L leurs 



p2 Le labyrinthe Royal 

leurs doAcs efciics , &: luy ont acquis le furnom de père des fciences : efqirellcs il c- 
rtoit trcs-vcrié,principalenienten Philorophie,Poëiïe,Mufique: tefmoings les beaux 
liures,qa'ilen a clcricll auoit les lettres en telle efl:ime,&: fur tout la Pliilofophie,qu'il 
prifûic plus ce qu'il en auoir,que tous les threfors du monde : aulFi il fitdreflcr à gros 
fres vnc librairie de toute (brre de liurcsGrecs,&: LatinSjqu'ilf^iilbir venir du bout de 
la Grèce. le laifle à part la coniuration des Pazzi contre luy, & Ion frère Iulian , qui y 
fut mallacré : la plus langlantc tragédie qui fe puifîe lire,&: en laquelle fe voit lagran». 
dcur de courage de Laureiis , &; l'aifciflrion plus que filiale que les Florentins luy por- 
toicnt,&: vn traid admirable de la prouidcnce de Dieu , qui permit que ces deux frè- 
res pourfuiuis à mort dedans rEglifemefmejfulîent ( Dieu levoulâtainfien tefmoi- 
gnage de leur innoceace,&: intégrité) pères de deux Papes.-Iulien de Iule de Medicis,' 
qui fut Clément feptiefme: & Laurensdelean de Medicis appelle puis après Lecm' 
dixicfmcanais fur tout le nom de Laurcs fut (i célèbre par tout l'vniuers, que mefme 
le Grand Turc Baïazet luy liura Bandin garrocé aflTairmcur de (on frei'e lulien : le Sul- 
tan d'iE<'yptc l'honora de prefens,&amballades honorables : les grands Princes , &: 
les Roys recherchèrent fon amitié. H eftoit fils de Pierre de Medicis fils de Cofme lé 
grand,^,: mourut l'an 1491. Politian defcrit en vne epiRre fa mort,&: les grands prodi- 
ges, &: prognoftiques qui la précédèrent. 

IVLIEN LE iviAGKIFIQJ.^E. - \ 

'JMAGNiriCO nnXOS U'AEA OVLIGNIFICENTIA FECIT: ' 

H ABC VlHtrS nEGES VHA, DEOS^r'E DECET. 

Laurens de Medicis laiffa après foy trois cnfans lignalés. i. Iean,depuis Pape Léon 
10. duquel nous parlerons après, i.pierrc fécond du nom.quigouuerna la Republique 
après ion père quelqiic temps , &C puis pour auoir adhéré à Charles 8. Roy de France,' 
& rendu quelques places fortes, fut profcrir par les Florentins , fa maifonj&: les biens 
pillés.la belle bibliothèque de Laurens rauagee: il fc rangea du party de Loys II. ef- 
poufala caufe delaFrance,poarlaquelleil batailla au Royaume deNaples iufquesà 
lamort. 3.1ulian de Medici qui fut Rirnommé le magnifique pour deux caufcs: pour 
eftre libéral , &: magnifique à toute forte de gens : ôc pour le plaire à cliofes exquifes, 
rares,&: magnifiques commepeinturcs,pierrcries,lpeftacles,& autres.!! entra au gou- 
uernemcnt de la Repubhque,fut Lieutenant gênerai de l'armce du Pape , pour le Ce4 
cours des Sforcia,&: de l'Italicayant prins pour femme Philibcrte de Sauoye Duchcf- 
fe de Nemours, qu'il efpoufa auec grad' pompe,&: magnificence non oiiye, fi que aux 
feules nopces furent dcfpeadas ijo. mille efcus. Il mourut fans enfans légitimes, 
nelaiifant qu'Hippolyte de Medicis, qui fut Archeuefqued'Auignô,&: Cardinal, luy 
fuccedat au gouuernement de kTofcane,Laurens de Medicis Ducd'Vrbin père de 
Catherine de Medicis Royne de France,mere de tant de Roys. 

ALEXANDRE, PREMIER PRINCE DE FLORENCE. 

flRTrtEM, Kyit^E GENVS CMIHI TRANSMISEnE PRIORES, 

t^ST EGO PinriAS, IMPERIVM^E UIIEIS. '• 

Alexandre fils de Laurens Duc d'Vrbin, &: frairc de Catherine de Medicis Royne 

mère fut inftaléà lafcgneurie de Florence par l'Empereur Cliarles quint auec lettres 

authentiques, &:expreires fur ce faiiSb^qu'il icceuc au mois de Juillet de l'an ijji.fcllees 

- dtt 



de l'H'ercule Gaulois trmnphant. pj 

an feau d'or,ou rEmpcieur le déclare Prince deFlorence,&: en donne la caurc,pouL- 
deliurer cette pouure Republique des Icditions fanglances, delqucllcs de tout temps 
elleauoit efté agitee."& pour domtcrfon courageli promptj& facile à dcforJre&re- 
bellion ; à quoy Te pouuoit facilement obiiier par le gouuctncmenc dvn (ouucrain. 
L'Empereur auoit receu beaucoup de brauades de cette l'egncuric : l'auoit tenue ailie- 
gee prefque vn an entier iufques à la forcer de le rendre à l'a mercyduy auoit pardon- 
né le fac de la ville^S^ pource vfant de fa vidoire la pouuant retenir pour foy , s'il eufl 
voulu , ayma mieux y eftablir à iamais la maifon de N4cdjcis.-&:pour l'autborifer d'a- 
uantage donna en mariageaudid Alexandre fa fille Marguerite d' Autriche. Ces le- 
tres leiies,& intimées à la Republique par Muflctola fon Ambalîadeur,furent receùes 
de tous auec grand applaudifrement,& refiouyllance de toute la fcigneurie : la forme 
des Anciens Magiftrats fut abolie: toute la police changée en. vnc meilleure .'la pria- 
cipauté;introduidelaif3i.le5'.dcIuiller,&:moisfeptiefme dcTanncciour queFlorcce 
doit tenir pour natal,& principe de fon bon heur,&: repos: &; l'enrcgiflrer aux fades 
d'vncmemou'e,&fefte éternelle. A lexandre aptes auoireftably fa principauté par des 
belles loy s qu'il fîtj& par cette belle forterefl'c , qu'il baftic , pour tenir en ocruelle les 
fubiedSjfut tue en Lx maifon. 

CATHERINE ROYNE DE FRANCE. 
ILLA EGO TOT REGVM GENITRIX, TOT Ff^NEBJ VIDI : 
TT miEA PROCENIES ToT REGNA AETERTi/l VIDEBIS. 

Toutcequeicpourrois d'.eeft moindre, que ce qui eftdcu à cette Princcire. Les 
volumes en font tous entiers de la vie , la mémoire freichc , &: le fujCLl 1î ample,qu'il 
vaut beaucoup mieux l'honorer d'vn honnefl-e lîlence,que de l'esbaucher feulement. 

COSME SECOND AYEVL 
DE LA ROYNE. 



Apres le decez d'Alexandre, CofmedeMedicis fon couiin fut receu feigneur 
Florence. Il efloit yllu d'vn Laurens de Mediçis frère de Cofme le-gT5Td,qui eufl; pc 



ME COSM'FAl TOTO FECIT MEA GLORIA MFNDO 
META EADEM NOSIRAE LAVDIS , Et ORBIS ERAT. 

de 
pour 
fils Pierre François père de lean de Medicis, duquel naquit Ican liirnommé l'inuinci- 
ble père de ce Cofme. d'où nous parlons maintcnnnc Les Florentins pour ne contre- 
uenir aux loys,que leur auoit donné l'Empereur, &: n'ayans efl;é aucunement confcn- 
tansà la mort ttes-inique d'Alexandre, rcceurenc Cofme pour leur Prince auecque 
beaucoup d'affeâ:ion;& l'Empereur par lettres exprelfes ordonna, quedorefnauant 
il feroit honoré du tiltre deDuc,quefcsdcuanciers n'auoient iamais voulu vlurper, 
fe concentans du nom de feigneur. 

FRANÇOIS PERE DE MADAME 
MARIE ROYNE DE FRANCE. 

HEROAS PRO-AVI TORtES^E, DVCESJ^E DEDERE, 

FLVS EGO, ^OD REGES, J^'OD MARIAM£>VE DBDI. 

Le Prince des peintres voulant faire vn eflay de fon pinfeau à peindre Iphigenie 
immolée à Diane par fon pe^-e Agamemnon,&: par (qs Oncles:ayant dépeint Chalcas 

L z auec 



p-f . Le labyrinthe Royal 

ancc vnc contenance fort trifte,&: Vlyfles excrcmcmcnt affligéj& fur tout Menelaus 
defolc autant que le pouuoic porter f on pinfeaUjcftant venuà Agamemnonlepere de 
cette iciine Damoy{elic,(Sv: defefperant de pouuoir exprimer dignement auecque fes 
CQuIciu-j. la dctiefic'5&: crcuccœur qu'il relîcntoic de la mort de (a rille,luy mit vn voi- 
le lur la fcice, laiiîant à pcnfer aux fpcitateurs , ce qu'il n'auoit peu imiter auec (qs 
couleurs. Quand ie pcnl'e à par moy la gradeur,& la gloire des hommes ilîuftres de la 
maifon dcMedici.s,ie les admire trcftous , & clumc qu'vn Plutarche feroit tref-biea 
employé à efcrire leurs vics:& qui auroit la facondeJe loiiir, &: l'efprit equipollent à 
leurs mérites, auroit vn beaufuicct , & large campaignc d'y Faire triompher fon élo- 
quence, &: de déployer toutes les maiftrelîcs voiles de ion bien dire: mais confiderac 
les haucs faidts de François pcre de la Royne pour laquelle a elle drefle tout ceft ap- 
pareil, i) mefemblcque l'on ne fcaùroit mieux honorer fes vertus héroïques, qu'en les 
pailant loubs le voile de iilencc, eftant tout ce que l'on en pourroit direde beaucoup 
inferieurà ce qu'en ell. Et medcuraferuii-d'excufe plus que Icgitune l'nicapacité de 
ma plumc,&: démon fçauoir, fî ie n'ofe entreprendre den dire pour maintenant au- 
tre chofe linon que en ce il a furmonté la fortune de fes deuanciers, pour eftre filz de 
Colme iVn des plus braues Princes de ce lîecle,pere d'vne fi grand' dame , mary de 
leane d'Aullrichc fille de l'Empereur Ferdinand mcre de la R.oync : &:, qui furpalîe 
tout ; ellrc le beau pcre d'vn Roy,à qui la France de plulîeurs lîecles n'a eu le fembla- 
ble en puilTancejen valeur,& en gloire. 

FERDINAND. 

SINGFLA MAIORVM SVNt MAXIMA FACTA CMEORVM , 
S£D MAIOR/1 TAMEN SINGFLA IFNCTA CMElS. 

Fcrdinaiul frcrc de François, oncle de fa Majeflé, défaillant la line mafculine de fon 
frerc.fucceda à fes vertus &.àfon Duclu',qu'ilgouuerne auiourd'huy li heureufemec 
que chacun lçait,ayantefpoufé ma-dameChriftine de Lorraine fille du Duc de Lo- 
raine,vne des plus nobles, plus anciennes, plus Catholiques, & héroïques maifons de 
toute la Cbreftienté. 

VoyIa,cn courant, cequefut reprefentécn ce fécond Théâtre ornc,outrecequc 
de/lus , de Tinfcription en vulgaire efcrite en vn grand quarrc de lettre rouge, pour- 
fuiuant l'argument & hypothefe du labyrinthe. Nous l'auÔs colloquee après les deux 
tables,que s'enfuyuent,au commcnccmcut de la page 97. pour la commodité de l'im- 
primerie :& encore pour ioindre mieux .1 propos la fuitte du difcours de cet Arc, que 
nous auons vn peu interrompu à caufe de ce que s'eftoit pafîé au Théâtre , & n'ellanc 
raifonnabic de palier la maifon de Medicis fans en dire quelque chofe. 

TABLE 



de ïlrfercuk Gaulois Triomphant. 

TABLE 

DE L'EXTRACTION DE LA ROINE 



PS 



AVEC LES 



DV COSTE PATERNEL, 

DEVX ^BRANCHES DVCALeS 
àe la maifon de Medicii. 



DRE pre- 
mier Due de 
flarice marj 
itMargueri- 



\ 



^S.l'E^RARD 
de Medicis 
Chcu.tlier 
Tran^ois l'a 

Soo 



CHIARIS- 
Sl MO de 

tiUdici 

i 

j n-ERAKU 
•K. furnommé 
Biccbi 



lE^i.V d 
Medict le 



f * 
COSME 

le grand 

fera da 



Cpierre 

y < Medici père 
, ,LAVRtNS\,de 
Iferedei M»~ 

I re de IhIiu le 
1 mJ.gnifique 
j Duc de Ne~ 
g I meurt: & de 

'Pl2RR£de ^UoaiO.&dt 
\ Meiict , g»» 
\f»t père de 
îulianijf de 



9 

r JLA FRE^'S 
I de Medicis 
1 duc D'urbin 
» feredeCathe 

^ rine Rayne de 
\ France & de 
de ^■ 




cefiei 

te branfhe. 



Pieiis pert 



"i 



I LAl^Rtt 
\pere de 



6 
TIZRR E 

' CO qiéifut 

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EjfW de 
M'.dici fert 

di 



ÇliA^ de 
K MedKi fat 
(^de * 

,C0SM1 

■\Due de F/tf- 
rcnce fuccef. 
/sur d'Ale: 
drepere 



ru U s JM £ I 
Due de F/tf- I 
treiice fuccef. l 
fi»rd'Alexi< 
drtpere de | 



{FRA^^fm^MARIE 
' Duc de Fluide Medicis 
rence CdejRojne de 
Siéneperede (_ Irance. 

ir 
FERDINAND Duc de 
Florence, O" de Silfttie qui 
i fucceda à Franfoisfmfre- 
Xrcdatdantfans majles. 



Q^ Le lahjr'mthe Royal 

TABLE 

DE L'EXTRACTION DE LA ROINE 

DV COSTE MATERNEL, DESDVCS 

Ôc Archiducs d'Auftrichc. 



(■: 



i L EE nr/di de Hodel- . 
phe fut faid Duc à' Au- f fRERES 



jîrkhe dijiituee d'heri- l 
I tiers, par fin père, & iuyj 
j fitcctda à l'if ire l'An Itp^.^ 
/idolfùe de Nafau, »yat | 
ejfé depofé.lltK^ en:re ait- 1 ' 
trtspoiir ^ 



SOEVRS 



I. 
RODOL- 
PHE fre- 



AfB-EKT LE SJGB 
[fili d'Alhertfremier)DucJ 
d'AuJiriche l'an i}z^. | 



! 

I LEOPniDE fiUd'At. 



Ces frètes 



Ces fœ 



urs 



(. 



m,er Empe'^ '"'* '' H' «*»'•«' ''•»'! 



, fes frères 



reurdela m.u 
fônd'AiiJlri- 
iheXiizji. 



H^9. 



ERNEST fis de LecfoldeJ Ces frères 



'Rodolphe VucdefHeue,qHiefpoufa Agnes fiHed'Ottt- 
car Roy de Bohême. 
Hartman Comte d'Alfatie la hiiute. 

. Methilde Mariée à touys Vue de Saiticu. 
. Caterine femme d'Otthon Roy de Hongrie 
[ lutte femme de Vencejlaus Roy de Bohême, 
Clémence feynmedi Charles Marcel Roy de Nafles tnary 
de leanne dame d'Auignon. 

Rodolphe Roy de Bohême à caufe d'ElixAl"! f* femme, 
I Otho i]ui euji pour femme Elixfil'et de Bamere, 
I Fridcricfc beau. 

Leopolde qui euft pour femme Caterine de Saitoye, 
. Elizabctà Tyerry Duc de l'omiae. 

Agnes à André Roy de Hongrie. 

Catherine à Charles Duc de Calthre , fis de Robert Roif 
de StcileComte de Frouence C Seigneur d' Auignon. 

lutte à Louy s de BauKre. 

Koâo]^\\e , qui eufl à femme Caterine file de Cbarlts .^. 

Empereur & Roy de Bohême, 
i lM)ett marié à leanne de Bauiere ,de LiqueBe il euJl Al- 
bert fécond Empereur O" Roy de Bohême. 

'Frideric « Elix/ihel file de Rupert Empereur. 
Leopolde qui fucceda à fin frère a:i Duché d'AuJincht. 
Guillaume à leanne file de Charles Roy de Sicile, 



FRIDERIC filst 
d'ErneJ}:le premier qui fut 
appelle Archiduc & Em- ' 
pereurl'at r-f>0. 

7- 
MAXIMUIAN fis 
J de Frideric Jùtfatfi Em- 
I pereur l'an i^Ss. 



Ses frères ne fi- 
irenr pas des al- 
liances fort re- 
marquables. 



PHILIPPE fis de Ma- 
ximilian,fut Roy d'EfpAi- 
gneà caufe de leanne fa 
femme f Se du Roy Ferdi 
nand, mourut l'an ïfoQ.\ cliatleê 

CHyiRLES ^INTKJ^^'^^' 
fis de Philifpefut Empe- 
reur, & Roy d'Effisi^at 
\d4;mtraoTt. 



10 

/FERD I - /"Les fœars 

NAND l'e- I de 7etdi 
) pereur pete de I naud Era 
rie frère de \ ^^^„^ ^.^„ I p^^uj^ 

friche mere'^ 

!de laRoyne de I 
France MA- | 
I Rl&de Me- r Soafils 



i 



! El 
(de 

"S M 



Zleonor femme de Trdncoys l.BJj 
France. 

abeau du Roy d'Annemarc. 
larie de Louys RSy de Hongrie. 
I Cateritie (/e /sa» j.Ro^ </e Port»' 
gai mère d'Emmanuel. 

SM.;Liim\Uial'Empereurperede 
/Rodolphe Empereur y m»nt. 



de FhCercuk Gaulois Triomphant. p/ 

LE SECOND L^RC tRIOMPHAL VF LABYRINTHE ROTAL DEDIE A LA 
MAIESTE, ET SACRE DV ROr VRAY ^ÏLAS , Et SUPPORT DV KOT- 
' AVME , ET CORONNE DE FRANCE. ^ 

Qv^ANT A l'architectvre dc Cet Arc , il auoic de iour trente pieds, de large, zj. If. 
de haut en tout quarante deux .* Tes colomnes eftoient de iafpe rouge aux chapiteaux 
■& bafeSj dorées, vernies, & de reîieF comme les autres : fur la pointe portoicnt deux 
grands thermes d'Anges en bronfeplianslbubs le fais de l'Arc, qu'ils porroien: fur la 
telle. Tout l'ordre eftôit Corinthien, à caule qu'il s'agiiîbit icy des fleurs de lis. 

Il estoit dédie' a. Apollon Occonome, ainfi appelle parEpicharmees nopccs îll, 
d'HerculeS;pource que il y faifoit l'office de grand maiftre dhoftcl, comme il gouuer- 
neauffi tout l'vniuers par fes rayons, &: occultes influêces,difl:ingue les iours, faicl les 
faifons dc l'anneCjConcourt à la génération de toutes chofes , Se ca vn motjeil: la viue 
image des Roys.xar Apollon, & !e Soleil font la mefme chofe Les Roys de Perfe fe di- 
foicnt tous eftre frères du Soleil,&: pour cette caufe faifoient marcher auec eux Ton 
image,tellc que la defcrit Quinte Curce au Hure 3.en l'armée de Darius enchaflce das 
le chryftal,&: colloquee fur la rente du Roy en lieu eminent : &: mefme,à ce qu'en dit 
Fhi!cfti"aLC,lcur porche Royal tant prifé , &: vanré des anciens , reprefentoit naïfue- 
ment le cie!,auecque fes aftres.à: le Soleil auec toutes fes appartenances , en tant que 
l'art, &c l'efprit Perfan y auoit peu atteindre , colloquant delîaen certaine fliçon ces 
Roys en vn ciel terreftre. L'on remarque es anciennes hiftoires , que cet aftre faifoit 
de irrands lifînes en faneur des grands monai-ques : Virgile le did de Cxfar. 

îlle eimm extmSio miferatrts dépure Ro^am 

Tune cr>p-a oùfcura nittdnm ferrugine texït. 
Peu dcnant le mafiacic de Domitian rEnipercur.l'on vcit vne coronne,qui entou- 
roit le Soleil, preiagc on' Efticnncqdii lignifie en Grec coronne, l'vn des domeftiques 
dudid" Domitian, le fcioir mourir.Xes Aftrologues veulct dire aufiique ceux qui ont 
pour horoicopc ie Soleil au rencontre du lyon, feront grands Princes, &: Roys ttef- 
puillans: commanderont à tous , coiîime aulîî au rencontre del'ArchierjqnandSa^ 
turiie eft au delà du premier triangle de la naifiance. Brief l'on fçait que le Soleil eit 
au milieu des autres planètes en l'on exentrique,commc dans fon l'Ouure: \z% illu- 
mine tous,çouuernc toutes choies ca bas: & rien ne fe faict fans luv. 

Lcscoronnes des Roys repreientcnt les rayons du Soleil , ainiîquelà dodement 
remarqué Valerian en fes Hiéroglyphiques au h.6i.en ces termcs.CoroKx porro Regia ex 
infiituto 1-etm radiortim refarunt Jin)ilitHdini\"jt non temcre olim infittuîumfit eas inApfolli' 
mo cap'ite cluoàechn pretiofis lapiUis co'af.ci , qui fplcndore fuo fnlgentes caput vniucrjtim raà'm 
illufirfirent^atqtie vettisii nttmi, marmorcx, ahenexque Reginn jlaîiu pler^que duo de dm cci:- 
fpicu£ radiis ojlenduntur. c'efl à dire.If^f coronne^ antiques des Roys refemblent eux rayoïis du 
Soleii.de forte que nonfam caufe l'on mettait anciennement h Apollon vnecorone en tejle faicfe 
de douze pierres pretieufeSylefquelles de leurs rajons faifoient ejîinceler toute la face: é" rnefnie 
tn la plufpart des médailles anciennes, cr fiatues des Roys, l'on les voit auec douze rayons, autour 
de leur front : voyez à ce qu'en did cet autheur,fi les Roys font des SoIeils.Virgile re- 
jnarqua ces ii.rayonsau chef du Roy Latin. 

^jiadrnugo yehitur curru, cul iempora.^ circam 

eAurati hù fex raclij fulgentui cingunt 

Solij atii f^ecimen. 

Quajid 



w 



p8 Le labyrinthe Royal 

Qu^and il eut voulu defcrire le Soleil il eut vfé de mefmes paroIles;& Cela cfl: com- flî 
mun à tous les Roys: mais particulièrement au Roy de France: car nous dilïons W 
haut,quc la France êftoic vne nef gouuernee par le Roy , & nous trouuons que le lî- 
mulachre du Soleil anciencmenteftoit vn i^pollon fur laproiie d'vn nauirc, pour mÔ- 
ftrer qu'il tenait le gouuernail du monde. Vous le trouuerez ainfî dépeint enl'appen- 
dix de Valerian au liure i.que lî le Roy tient le timon de fon vaifî'eau Parifien . mais 
bien Gauîoys, pourquoy ne fera il pas noftre Phoebus yffu d'vn bifaycul François" 
Phœbus r Cecy s'entendra encore mieux maintenant , que nous comparerons aux 
ciel le Royaume de France. 
IV. La PARALLELE eftoit pdfe du faiddHerculeSjlequeleftantparucnuà rendroir,ou- 
Atlas portoit le ciel, le dcîiura pour vn tempsj&: endoi^'a ce grand fardeau pour faire 
preutie de fa force. Ainli le frontifpicc de cet Arc portoit vn Hercules auec le ciel fur 
le doSjl'arac eftoit cette cy tirée de Sencque. 

^^EM- TVLl éMyNVFMl?Éro. 

Le Rov le pouuoit dire de fon Royaume.auffi bien qu'Hercules demandant le ciel 
a lupiter : ayant autant pené,&: fuc foubs le fardeau des diflicultés. qu'il trouua à fon 
aduenement à la coronne,que le fabuleux Hercules après (on ciel : car les poètes fei- 
gnoicnt cela de luy.peur lîgniiîer.qiKr par fa vertu, fcs batailles,& Iestrauaux,il auoic 
ibuftenu tout rvniucrs,ccmmc l'on did communcnr,furfcs elpauleSjayant le (oin de 
chalTcr les monfl:res,qui l'infeftoient de toutes parrs. Qucfî le ciel , au iugement de 
îous,e(L vn fym.bole manifel^e àts ReyaumeSj& gouuer.ncmenis,Gomme le Soleiljau- 
rrement appelle Apollon, l'efi; des Roys.-ill'cft bcaucaup d'auantageduRoyaume 
de France pourpluiieuis raifons. Le Roy aen la dcuifc les eflcilles, comme auons dit 
expliquant le trophée; & qui eft bien d'auancage , les cftrangers mcfmc parlant du^ 
Roy de France , rappellent i'e{loil!c,& le Soleil des Roys. Esit î^^vi^urtu jhlU ruMutina 
in fncâio nekuU méridionales, ce dit Baldus. intiîuJe feud.i^lienatione per fedcricum ini'Jï' 
hus feudoriim. Ceft à dire. Le Roy de Frurice ejl V!:c efhille rnaîbncre an milieu d'v/ie nuée 
meridiov.ale-Yx le lïvefme au Confeil 417.cn la i.part. Efva^tid nos ^olus Âraicïm r.uHurK in 
'tcwpordlibHS fuperîorem rccognofrcns. Il cjt le pôle ini'CÎique ne recognoi^arit .quant nu temporel^ 
aucun fins haut que fiy. Si IcRoy efl: vnaftre, foq Royaume cft vn cicî.LorsduBap- 
tcfme de C'ouiSjDieu cnuoya du ciel l'ampoullc miraculeufc du fainâ: huile, qui ferc 
aux iaere de noz Roys , &: duquel Clouis fut crcfmc à fon Baprelme. le 1 çay bien que 
c'eft le malheur de noftre temps, que pluf?eurs nccroycnt aux hiftoires laindcs, qu'à 
difcrecion, comme ils ne donnent croyance aux chofes de la foy , que à tant qu'ils en 
peuuent harpanter auecque leur euantec ccruelle ; voyre mefmes'en font trouuezfi 
iniuricuxà leurs Princcs-uiniqucsàIcurpatrie,ficnnemysderhoî]ncur delà France, 
qu'ils ont ofl'é impudemment nier,de leur propre authorite , les miracles fondamen- 
taux de cette Monarchie,auerés pai" les plus anciens hiftoriens de Franee , authenti- 
quez par le confentemeiit d'^^'H fi grand Royaume tant d'années y a : -Ju rcfte ce font 
îîommeles,qui tiéncnt pour texte d'Euangile ce qu'vn Tite Liue,ou vn plutarque ont 
cfcrit ; 6l pour maximes irréfragables les glofcs deMachiaucl.mais ce qui rcn'cnttanc. 
foitpeulatoutepuillancedeDieUjle balancent au trébucher de leur tefte n.altym- 
bree: enleuantles plus belles perles qui foient au chapeau de ce Royaume tres-chre- 
fticn,&: qui le rendent vénérable à toutes les nations cftrangeres.Laidons les là crou- 
pir en. leur incre.dulitCj&: difbns auec noftre Aymonius au liure i.cliaj^ô. Et Hincma^ 



Kl 



31 



de t Hercule Gaulois Triomphant. pp 

rus Euefque de Rheims , & vn grand nombre d'autres voyfins de ce temps la, que ie 
laifle à parr,pour ne cliarger de citations mes cayers : Ecce fubno^non alita fine àuhio qaa 
Sftn^ui apfaruttffirittM in columhd vijibih figurât u-s fpede,qui ruttUnti rojlro pm£fum dcfe^ 
rens chrijmd intermunm depofuit facerdotù vndus fontis Jancttficancîis. Ce lent les propres 
termes d'Aymoni-.is. Les fleurs de lis audî des Armoyries de France furent enuoyees 
du ciel au mefme Clouis à Monioye par miniftere des Anges.en mémoire dcquoy de- 
puis on baftit l'Egliie > & monaftere de loyenual, afin que nul reuoquc en doubte ce 
dequoy les fondations \\ anciennes , & authentiques nous peuuent faire foy. Et ont 
faid (i grand cas de ces armes noz ancellres tant de Roys fi fages, & accorts , tant de 
^tns dodes de tous eftatsque iamais ils ne les ont voulues châger.ou ercarccler,quel- 
que changement que Toit furucnu de familles: ileftbien vray qu'anciennement ils 
mettoient des fleurs de lis fans nombrcjiufques à Charles fixicfme ^duquel nous auôs 
parlé tantoft en l'hifloire du Schifmc^ qui ordonna que l'on n'en mit déformai* 
que trois. 

Les mieux entendus es blafons des s rmoyries ciiident que cç.% fleurs de lis ont cfté 
mifes en champ d'afurpour auoir elle enuoyees duciel,quifemblede couleur d'azur: 
& faiftes d'or,pource que elles apparurent brillantes comme des Aftres:&: Clouis eftât 
afl"emblé auec Clotildefa femme , &fainâ:Rhemy,vint du ciel à l'improuifte vuelu- 
miere,qui furpaflfoit la clarté du Soleil. Repente namque lux copiofa. totam repleutt Eccîe~ 
ftam, vt cUritatem folis euimeret.Qm font les propres paroles du grand Pape Hormif- 
da,qui eftoir proche de ce temps làsSiefcrit tous ces xiiiraclesdelaind Rhemy faids 
en la perfonne de ClouiSjdifant pouuoir eftre comparez aux miracles,qui fe faifoicnt 
du temps des Apoftres. 

Ce blas5,qui à mo aduis.n'eft pas hors de propos,dôna occafiÔ à Chaflené d'en par- 
ler ainfi en la 5'.p'!rtie,Coniid.5i. §.quarro ^\'\wc\^.Lilma.ureaponuturinfcuto Regii Chri~ 
pianifimi pipphtrino-Jecentifi'.mum enim fmt infigtsia maiesiatis fiu fereno cœlo fimilmejfe, 
vt Çicut Chrr(lus,(jui efi Rex Regnm,ojuodammodo pro fcuto hahct caltan jidcreum miro^ac varia 
nfirorum fulgore decoratum , fie Rex Fmncorum Chrifiianifimt^} pro gloria Chriflifcutum ge- 
tat nohitt(^in7Hm,in quo aitrea li/ia eolorefapphiri cjuafi ajlrain fercno eœloaffixA fidgere vi- 
dentur. Que veut dire en îïa.n(^ois. Les fieursdclis d'or font ent'efcttjfon d'azur du Roy tres- 
threjiien: caril esioit très coMuenable qUe les armoyries de fa CMaicflé fiijfent fcmllables a» 
ciel ferein : à fin que comme lefus Chrifi Roy des Roys a en certaine façon le ciel azuré,(^ efioil- 
lé pour efciifim brillant d'vne grande varieté^ô" fplendcttr d'eBoilies: ainfi le Roy de France 
tres-chrefliena la gloire de Dieu^eujfe vn efufion trejnchle^auquel les fleurs de lis parafent fur 
la couleur d'azur, comme des afires fixes ^é" inerrants au citl jerein. Toutes lefquellcs chofes 
montrent afl!ez qu'il y a du ccleflleau Royaume de France.En fuitte dequoy nous voy- 
ons que noz Roys fe font deledés à des demies tirées du ciel. François fécond auoic 
deux globes pour deuife,rvnterrefl:re, l'autre cclefl:e auec cefl:'ame. Vnvs non svf- 
riciT ORBis , tirée à mon aduis de luuenal parlant d'Alexandre le grand, qui pleuroit 
entendant le peu qu'il auoit conquefté , au refpeâ: des autres mondes que reftoient, 
comme on luy donnoità croyre. 

Vnus Teho 'juueni non fafficit orhù. 

Qui n'eftoit autre que l'explication des armes de France: car comme did benedi- 
&, Le champdetefcuffion du Roy de France^ricfi pas feulemet fcmblahleavn ciel net, é" fer ain 
maii encore aufapphir. D'autat que le fapphir slble poujfer^é" attirer le Roy aux chsfes c£lefl:e5, 
«y ayant rien défi lumifUftx,(jr brillant m vn Vrince que la vraye foy. Et famci Cregme aulm. 

M djxhui- 



100 Le labyrinthe Royal 

aixhuicriefme de fesmo r/iles chap.sjit que lejapphtr tient de la couleur de l'Aér : par laquelle 
ilreprejetitele defird'vne anie languijjante^&foufpimnte après le ciel : ce qu'a fai^ dtre aujfi 
h Heltnmd que le fkpphir efi fembîdble au ciel ferein.luiqucs icy parle Benedicii.Beau bla- 
fon à la verité,&: digne des Roy s trcs-chrefl;iens5&: que François fécond auoic deuat 
Jes yeux en fa dcuifejComme l'explique Rufcelli au îiure i.de fcs Imprefes : où il dit 
qi eeè bon Roy,voyancque fon pere,6i: ie Rov Catholique fe donnoienctant de pei- 
ne a acquérir vn petit bout de tcrre,& à le batre,pour parler auecque Pline/ur vn pe- 
tit point,&: atome: iugca que fon amegenerculc clloit capable de chofe plus grande, 
qui etl le ciel.P^rf/W/;^,diâ: Rufcelli, quando ;incora vn folo Re fiijfomondrcadi tuttoilnio- 
ào^queflononhujlurthhe nlluvera félicita ftta. Et che pero conttenga afpiraf ail' acquijlo d'eW 
altromondo^ciGedel cieloiero^eterno,^ feliciJsimomondo^<^ patriadi chi per fe Jleffo col non 
cururlo^ nonfe ne priua. Belle leçon pour noz Roys,&: digne d'eftre apprinfe de l'oracle 
d'vn tel maii"tre,& d'vn ii grand Roy qu'eftoitce(luy-cy. Ce qu'ils auront faict pour 
l'amour de Dieu en cemonde.cela feul leur fera compté au ciel pour finance delà fé- 
licité : tout le refte pour rien. Ce monde fe paflc en vn moment : l'autre vie s'enfuit 
cternellc. Hé Dieu que feruiroit il d'auoir elle grand eq ce mondc,voire Roy de tout 
l'vniuers.s'il falloir puis après eftre mortepayedu feu d'enfer , efclaue des tourments, 
fubied de damnation éternelle ? Vanité des vanités,& toutes chofes vanité, iînon que 
de feruir Dieu. Celuy qui prononça ce notable didon pour en heurter à la porte 
des cœurs de tous les Roys,pcut cflre en porte encore la folle enchère. 

Qui voudroit courir les autres dcuifesdenoz Roys, ilen treuueroitlapluspart ti- 
rées, du ciel, comme le croiifant de Lune de Henry lll.auec le diâon Donec to- 
TVM iMPLEAT op.BEM. Et l'Arccn cicl de la Royne merc auecque ce vc\ot<puç çîpa $ 
Si yttKîww. Et mefmes les eftoilies di: Roy régnant en fa deui<c,defquelles nous auons 
parlé cy dcfliis :iL beaucoup d'autres (emblablcs, qui auroir le loitir de les rjpporcer, 
& elpluchcr routes parle menu. Mais icfuis prcifé depailcr outre. Au iacredu Roy fe 
trouue encore vn feptenaire : car il fut coronné à Tours le 17.de Feburierde l'an 1594^ 
corne au ciel ie retrou ue'aufli, en pluiîeurs manieres,le me(me nôbre.car outre les fepÉ 
planeresjlefquelles gouucrncntle monde,& les7.eftoillcs du Septentrion, qui domi- 
nent fur mer l'dequov nous auons dcia parlé.'Philon en la Colmopa'ie y treuue cnco-. 
re d'autres fcprcnaircs ; voicy ce qu'il en dit rourn-é du Grec en françois. .Quelle partie, 
de l'vniuers^n'ejl efprinfe dn feptenaire,donttee de fin amourt En premier luu la fphere àuciel 
H'aque fept cercles, qui s" appellent Arclique, Antarctique ^'tropique, SoJJlitial^Tropiqae hrumal^ 
rjequÏHoclialJe Zodiaque,^ celuy qui s'appelle Calaxia: car l'Horifon efr accident aire , filort 
•^ue chacun e[i Jituc, eu y voit plus eu wows. Et vn peu plus bas,pouifuiuant fon difcours 
adioufte ces paroles qui font rres-imporrantes pour noitre faict , 6' h'j^^uwV lî/W^ejeç 
rA/oç cftTTWç iioM v-taçov tvicwiiv a?r:-nÀm Iffrjufe/aç î'ag/ , kJ f/MoTni-^w nv /J^p iaç^viiv êi» 

vrSç, Uaiie^ j^ rm lavjuieAsov Î(3Jdjuw y: i^) uw) za8' aç, Kj îopTzt^ctv cftf<p3^ vôf^cù lùç ,u(- 
•^içrtç, Kj S'Afxo-nXiçûmq iopToi;. Le Soleil me fme^(jMSt-i\)qui gouuerne le tour faifant tous les 
ans deux Aequinoxes au fr intemps, é' <? l'Automne en la Ballance, donne vnepreuue trejmani^ 
ftjle de la AUiefiè dinitie, qui fc retreuue au feptenaire : car l'vn ér l'autre Aequinoxe fe faiH 
au mois fcptiefme ^auquel 'mips auÇi la loy a commandé deux fejlesfort célèbres, (^ filennelles. 
Bunqus montre d'ab5dant,que le Zodiaque cft feptenaire : mais ie ne m'y veux arre-B 
{\cr pour n'cftre prolixe. Remarqués feulement le mot de Philon GwTrpTrPç ^s%i wV ^i^-jl 
J"7:j;y c'cft à dire,la Majefté diuine du feptenaircrqui faid \ l'infcription de la dedica- || 
ce de noilre Arc Apollini OeconomoiMaiestatiRegia. Et encore 

plus 



I 



de ïMenule Gaulois triomphant. loi 

plus ce que di£t le meftne Philon,quc les latins ont appelle ce nombre /èptem,quajî 
ai^Tiv ou (7î/3a5-6Éi/ que veut dire maieftueux &: diuin. 

L'emblème de l'arc à codé droiLl:,efl:oitd'Heicules tenant en main vnc corne d'A- V. 
malthee remplie de fleurs auec ce vers. 

FERT FLORES, FRFCTFS^E FEREt DIGI(VM HEKCfLE CORNV. 

Les fables racontcnt,que Achclous,&: Hercules fe donnèrent le duel pour debatra, 
qui des deux auroit pour femme Deianire fille du Roy Oencus : & que Achelous 
fe voyant le plus foible,fcmecamorphofaen forme de Taureau .'mais Hercules le fai- 
fîfsât par les cornes, l'efcorna.luy en rôpat l'vncjpour laquelle rachepcer le vcincu luy 
donna en rechange la corne d'Amalthee, à laquelle lupiter auoit coriimuniqué cette 
force,que quoy que l'on demandât à celuy.qui l'auoitjil le pouuoit donner à l'Hiftant, 
& le faire naiftre s'il ne l'auoir.La corne à touliours lignifié la coronne,&: la Royauté^ 
tant chcux les Gentils, qu'es fiiindes lettres , &C principalement cheux les Hcbrieux. 
Au premier des Roys cha. z. in«?oD-pmii Veiarem Kerem Adefckhe : (^ exaltubit cor» 
nit Chrifii fui. Il exaltera le Royaume de fon oindt. Et de mtfmc en cent autres pafTa- 
ges de lefcriture : la raifon de cccy efl:,pource que les rayons des coronncs des anciens 
Roys.defquels nous venons de parlerjs'cileuans en haut refl'cinblent à des cornes : & 
qu'il foit vray,les mefmes Hebrieux fe fcruent du melme nom Kerem' à'où fans doute 
le Latin cornu cft deriué , & le Grec xÀfiac) pour fîgnificr les rayons : ce qui a donné 
occafion aux interprètes de l'clcriture fainde de tourner ,' cornu ^ en plufieurs 
cndroicts au lieu de ("rayon) & iignamment lors qu'il cft parlé de Moyfc en ce btfau 
pafllage de l'Exode chap.34. lueiml' Iipnim feLunnch Kuranchor phanau:^ e< ce fplenàef- 
cchat cutis facieritm eius. Sa face eftoit relplendifl'ante : ainiî que l'interprète Rabbi Se- 
lomo,& le Targhum : & mefme iàinâ: Paul en la z. aux Corinth.cha.j/ro^/^^r gloriam 
vultmeitfs. Mais la verfion commune, & i'xmù. Hierofmc , au lieu de tourner , fa face 
refplendtjfo'tt : ont mieux ay mé dire, Cornura erat faciès ein5^\z face de Moyfe clf oit cor- 
nue,qui ell autant comme refplendiffante •• non pas que Moyfe eut des cornes ; mais 
pource que le mefme mot de corne en Hebrieu iîgnifie rayon, &: corne : voire encore 
l'on cftimc, que le nom Vàtmcoronn ['c àcxmç. àc comu à caufedesrayons,qi!i font en la 
coronne en façon de corne. C'a elté l'occafion pourquov l'on à voulu rcprefcnteren 
cet Emblème la coronne.& facre du Roy, par la corne d'abondance, veu mefmcment 
qu'elle appartient de droiâ: à Hercules. Et certes comme Hercules fc bâtant auec 
Achelous pour la belle Deianira.refcorna,luy arrachant l>i corne de la redc : ainfi fa 
Majefté a gaigné fa coronne auecque les armes, & l'a arrachée de la tefte de les enne- 
mis, d'où la Francej&: le Royaume en demeure plus flcunlîanr,que iamais : ce que l'on 
vouloit reprefcnrer par les fleurs.qui paroifloicnt dans la corncd'Amalthcc. 

PovR LE SECOND Emblème à coflé gauche de l'arc, eftoit dépeint l'Archange S. 
Michel cuftode de France,!enâc ferme des deux mains vue autre corne d'abondance, 
d'où fortoient des rameaux d'ohue, force iii uis dclisd'orentremeflees auecque des 
autres petits lis , que quelques ,vns appellent lilia corettallium'.&c quelques herbes du 
-Soleil, autrement heliotropia: par lefqu' lies chofes s'entendoicnt tout ce que entre 
au facre des Roy s, comme la coronne d'oi fignjfiée par 1 heibe du SoleiUefainct huile> 
& les Seurs de lis, le tout enuoyé du ciel , &: l'gnifié par les hs d'or, & blcus,&: par l'o- 
liue; & cefoubslapiotcâ-iond: ccfa-nft tutcîiiiiedn Royaume, qui a enfesmaiïis,& 
fauucgaide cette coronne trcs-chrcîliuwe.Le mot de l'Emblème eftoit. 

M fc iJ £- 



a 



102 Le lahyinthe Royal, 

%EDEV^T VELICIA RSC^iA. 

Il vifc au fleurs de lis d'ofjà riiuile,& à la corne d'abondance que fîgnilîet tout cou 
rant la beauté de l'aage d'or,que le facre de fa Majefté à ramené a la France. Il ny u 
plus rien icy d'obfcurjà qui a entendu ce qu'auons difcouru du Soleil , & des Armes 
de France. Où ic remarqueray en paflant, que iufqucs à maintenant nous auons bla- 
fonné de guet à pan, qui çà.qui là,routes les Armoyries qui ornoicnt la Arcs par toute 
la ville : celles de fafamdcté au trophée : celles du Roy, de Medicis, & d'Auigrton au 
chap.i.traidlans du fuied du triomphe: &: maintenant celles de France. l'ay voulu 
admoneftcrdececy en palTîînt.pource que lefdidcs Armoyries cftoient fi richement 
faiâ:es,& en fi grand nombre par tout,que c'eftoit bien vn des plus beaux ornements 
des Arcs,&: qu'il n'eftoir pas raifonnable de pafi^er fans en rechercher la quinte eflencc. 
Vl. Les inscriptions eftoient difpofees de la mefme façon, que toutes les autres. La 
dédicace double, allegorique,& morallc dans roualle,&: frize du froncifpice. 

I. 
i^POLLITiJ OECONOMO. 

II. 

REGIAE UMAIESTATI. 

Dans la grande frize l'infcription triomphale en forme de fupplication à l'antique. 

in. ' 

SVPPLICATIO. 

T>IEAÏ ^0 SBR'/ASTI REGNfM, REGEM^^VE SALICAM VlIiDICASTI, DVM 
VIADEMA SVSCIPIS, ^'ANTA CMEREKIS LAETITIA HENRICE GLORIOSE, 
CELEBRAyiMVS : PRECATI SVPEROS , VT TE GEI^ERI GALLICO , TFAE^B 
i^rcysTlSSIMAE CONIf'GI, J^'ORFM T^TELA, ET SECVRITAS SALVTl TVAE 
COMMIS S A EST, INCOLVMEM , FLORENtEM^'E SERVARENT : Vt^B 
REMPVBLICAM SEATAM EA BENIGNITATE rVERENTVR, ^AM SVPER 
MAGNAS , PLFRIMAS^E FIRTFTES PRECIPVA PIETATE CONSENT SVPE- 
RVM iMMORTALirM, ^I TIBI COEIVM, ^0 TE HORTATir^R , PARANT^^ 
HONORE i^T^F AMORE tJ^tERVlSTI. CORONAM GALLICAM i^FREAM. 

Pour le rond de l'Arc feruoient ces deux vers de Sencque, 

IV. i 

NON FLECTET HVMEROS MOLIS IMMENSiC LABOR: v 

IMMOTA CERVIX SYDERA ET COELVM FERET. 

Voyés la parallèle traiâiee au long par Macrobe liu, i.de fes faturnalcs chap. io. oà 
il va difcourant qu'Hercules neft autre que le Soleil, que nous auons diîV eftrc l'i- 
mage des Roys,&: entre autres recherches tresbclles,& curieufes.\cepropos,rappor- 
te ce diiîlon des /Egyptiens que l'on auoit icy mis pour parallèle. 

V. 
TON EN nASI KAI AIA HANTilN HAION. 



M 



àeïHercule (gaulois triomphant. loj 

Qui eft autant comme dire : Hercule en tout é" far tout neji autre que le Solet!. ^ippe 
JJercttles^ didMacrobe , ea eHfolis fctefias^qua humuno gêner i virtutem ad JimilitudiKcm 
trsjlat Deorum , & vn peu plus bas. Et jouera Herculem folem tjfe vel ex nomine claret: 
He^xA«ç enim quid aliud eJlnifiy\Q^i; id e^aerU %hiQ^ id e^ gloria ? quxporro alla aeris gloria 
eji, ntfifolU illuminatio ï 

VI. 

POAOENTIAE XPIEN EAAin 
AMBPOSia. 

Elle l'oi^noit du rofat immortel. 

Homère faid oindre Vly/Te par Minerue de l'huile rofar myftcrieux, après les 
trauaux de fa pérégrination , d'où il fe trouuc roue refaid. kç^àa&i, v^ ^i^tat çjA/Sœc.en 
reliant plus beau,&: plus glorieux. Venus en fai£t de mefme à Hedorjqui par cette on- 
âion fut rendu exempt de toute iniure,& offenfc. Les bons efprits me deuancent de- 
iîa à l'approprier à fa Majefté chrefmee , de l'huile donné du ciel , qui ne tant iamais. 
Voicy le diâon latin emprunté du Prince des Poètes, contenant de point en point 
tout le miracle des armes de France. 

VII. 

STDEREO FLAGRANS CLTPEO, Et CAELESTIBVS i^RMlS. 

Cecy demeure expliqué de ce que venons de dire maintenant. Celles cy font Izi 
trois infcriptîous des trois collés du piedeftal gauche. 

K. 

tHEKOTiEM K^LCIDES RADIIS FLAGRANTIBVS i^RCET. 

C'eft,que Theron Roy des Efpagnes ayant aflîegé le temple d'Hercules fut mis en 
route miraculeufementjle feu s'eflantmis en fcs vaifîeaux. Pauciftmi , qui fuperfuerant 
hûjiiiimcapti^indicauerunt apparuijjè fibi leonesproris Gadttanx daps Çuperftantes: ac fubi- 
to fuai naues immifis radijs.quales infolii capite gtgnuntur exHJias.Qcc-^ eft de Macrobe au 
liure prealleguc,d'où il preuue qu'Hercules eft le Soleil par cet incident remarquable 
vérifié en la pcrfonne du Roy .lequel au feulefclat de fa Majefté, & coronne fignifîee 
par les rayons du Soleil, a esblouy les yeux aux eftrangers,iadis fes ennemis , mainte- 
nant fcs allicSj&parens parcenouueau mariage. 

XL 

HPfi a' haibatoio $ae2c>opo2 TSf 001 nTProï. 
La belle Hero le flamheatt luy montroity 
Dejfffj la touVi que le Soleil batoit. 

XIL 
TROES TE xJ^tlSEJil. 

Quelques vns penfent que les François font yflus de Francus Troyen: le m'en rap- 
porte à ce quVn eft : ils le feront en ce didon pour maintenant , dreffans tous leurs 
va;ux,& leurs yeux fur cette princeffe,qui doibt apporter à ce Royaume vne afl'euree 
tianquillité , &; vne tranquille aifcurance. Pour les deux coftcz au deuanr des 

M 3 piede- 



iQ^ Le labyrinthe Royal 

piedeftals , &: pour les deux compartiments defTouz la parallèle , entre les armoyrics^ 
eftoient ces quatre anagrammes propres de l'argument qui fe traidoit en l'Arc. 

VIII. 

FfEK^J^C^S BORBONIVS. 
HEROS VNICVS iHjOR'Be. 
2. en E, 

IX. 
KENRICVS "BORBONIVS G ALLIARVM REX 

LVX REGVM RVTILJ , BIS COROJ^BERIS. 

XIII. 

<^tAR[A T>S ^MEDICIS. 
T>IADEMA RECIPIS. 
M. En P. 

X T V 

^M^A'RIA DE ^MBDICrS RBCIN^ GALLORFM. 
DIA'DEM^, <iAC REGNA LILIORVM BEGIS. 

Ciceron,& d'autres dient,que le Soleil cfl: appelle des Latins Sol, ^■'^fi folm : c'efi: 
à dire vniquc, comme la X^wwc^Lunn vna.Lc premier Anagramme s'approche de cet- 
te etymologic. Héros VNICVS IN ORBE.LeRoyeftanc enttc les Princes, ccqu'eftle 
Soleil entre les Planètes. Le fécond contient tout ce qu'auons déduit tantofl des ray- 
ons des coronnes Royales, &: d'x\pollon.- &: encore lignifie, que le Roy eftcoronné, & 
comme rayonnant deuxfoiSjà caufe des deux coronnes de Francc,&: de Nauarre.Le 
troiiiefme auec fort peu deliccncejComprcnttouccequel'on pourroi^defîrerpourle 
fuieft. Le quatritfmem'aggrcc d'auatage pour cftretiré de la propre marque,&: com- 
me différence indiuiduancc du diadème de France, qui l'ont les F.curs de lis:&c fe treu- 
ue tout entier dans le nom de la Roync fans rien changer. 
yil^ La coronne pendantcaudeiroubsdelaclef correfpondanteàrArCjÂ^ftoit laco- 
ronne françoife couuerte à l'Impériale- Elle relie toute expliquée de ce qu'auons dif- 
couru des coronnes des Roys,&i dcsflcursdelismiraculeufcs. 

LE 






LE SIXIESME RENCONTRE 

DE CHARLES MARTEL, SVIVY 

D'AVTRES RENCONTRES DES PRINCES 

de la race Royale parens du Roy,qui 
fleurirent iadis en Auignon. 

C H A P. X. 



'17^^^^^»' 



^f-~^£^:^^) N T R E l'Arc fecondjque ie viens de dercrire,&: le troiflelm^ , qua- 



\^^^^ crierme,&: cinquiefmcd'autant que la rue eftoit intcrrôpuepar di- 
uers carrefouis.l'on auoic drefle de perirs chafaux en chafque coin 
pour les Génies des hommes illuftres deuancicrs du Rov,qui fiiet 
iadis quelque a£te héroïque en la ville d'Auigno,afîn que la Royne 
rrouua par tout quelque renconcrcqui la peuc entretenir d vn Arc 
à l'autre. Ces petits chafaux cftoient compofez de 4. chofes. i des 
Génies des Princes, qui y efloient reprefcntcz, qui récitèrent chacun quelques vers, 
tous habilles richement, quafî en Anges. hormis la tefte,qu'efl:oit orneeà l'antique en 
façô de Genie,&; les elloillcs d'orjdcfquelles l'habit efloit tour parfemc. 1. des armoy- 
ricsdcs mefmes Princes. 5. d'vn diftique latin fur le fuiedefcritfoubs les armoyries. 
4. du ThCatre tapi/le honor.nblement auec vue chaire pour receuoir le Génie. l'ay mis 
icy tous ces mcnusrenconcresacccflbires, encore ceux, qui cftoient entre letroiiîef- 
me,quatricfme, &:cinquierme Arccn fuittedeceluy de Charles Martel, pourauoir 
puis après l'cxpolicio du labyrinthe,&: du principal plus nette, &: moins interrompue. 



CHARLES MARTEL. 

A la fortie du fécond -^rc, après douze ou quinze pas, fa Maiefté arrina au portai 
vieil de la féconde ville, où eiloiét les ancicnes armes d'Auignon,lefquellcs nous auôs 
blafonnees au commencement de ce difcours,&: le Génie de Charles Marteljquiluy 
recita ce quatrain. 

ladij ^^harles ^lar/el deshouta de ce lieu 
De [on bras foudroyant la race SaraK^ne: 
Henry y tient lafoy/sr la loy du grand Dieu^ 
Contenant en deuoir la France fa 'voyftne> 

■ Ce diftique s'adrefîant au Roy,eftoit efcrit fur la clef de l'arc duportal. 

CAROLVS MARTELLVS, QV I AVENIONENSES 
TYRANNIDE ARABICA LIBERAVIT. 
VlCrVS JRABS PER ME, PER ME TVA MOENIA RESTANt, 
^VE^IO, PEH tE STENT ^V^E T^tA, TiEFOS. 
Blonde, & «oz Annaliftes françois cfcriuant que Athinus Roy des Sarazins , qui 
«uoit pafTé les Pyrénées auec quatre cens mille hommes,princ Auiguon de nuid par la 

trahifon 



io6 Le Uhyrïnthe Royal 1 

trahifon de Maurice Gouuerneur de Marfeille, auec deffein , comme parle BIondu$ 
d'eftablirle iiege de l'Empire Sarazin en cette puiflanteville.Charles Martel ayeuldc 
CharJemaigne ainfi nomméjpource que il fut vrayemet le marteau de ce peuple bar- 
bare, aflemble vne belle armée l'an 73e. &: ayant long temps eu du pire, appella à fon 
fccours Luitprand Roy des Lombards,pour afTieger Auignon,qu'il print miraculeu- 
femenr, leuantde fentinelleplus viftequelepas ce barbare, & pardonnant à la ville: 
ce qu'il ne fit pas à Nifmes.la faifant rafer bien tofl après tout à plar,pour auoir receu 
Aihin.quis'eftoitfauué d'Auignon, par leRIiofnedans des frégates. Ce fut vn des 
beaux fieges , qui ayent eftés veus depuis en France,& plein de merueille ; fî que Ay- 
monius le compare à la prinfe de Hiericojque lofuc abbatit auec les fept trompctes. 
Liiez ce qu'il en diâ::& fur tout ce qu'en ont efcrit au long ^milej& Blonde.Ie ne me 
veux difttaire à fe difcours d'auantage : ny parler aufTi de ct% murailles anciennes. 
On en a traifté afîez à autre occalion. 

le mets Charles Martel grand perc deCharlemaignc le premier, entre les Princes 
^e la race du Roy : d'autant que la généalogie de S.Loys d'où eft ylîu prochainement 
leRoVjCft celle mefme des Capets, fur laquelle la maifon de Bourbon s'efl: hantée, 
par le mariage de Bcatrix de Bourbon auec Robert fils de S.Loys.Et celle des Capets 
eft celle des Carolins defcendus de Charles Martel : car Pépin fils de Charles Martel, 
fut père de Charlcmaigne: & en luy fc firent deux branches de la maifon de France, 
qui furent depuis vnies en la perfonne de Hues Capet.que Philippe troi{îefme,& Ro- 
bert chef de la maifon de Bourbon enfans de faind Loy s diuifercnc en autres deux. 

CHARLEMAIGNE. 

Les murailles anciennes d'Auignon eftoient doubles tout à l'enîourdela ville, te 
sot demeurez encore entiers qnalî tous les portaux doubles,auecque les vieilles lices, 
belles &: fpaticufes entre deux : en la féconde porte eftoient les armoyrics de Charle- 
magne , qui font celles de France, à fleurs de hs fans nombre efcartelees de celles de ^ 
rEmpire,&: deflouz, ces vers. 

CAROLVS MAGNVS FVNDATOR 
ECrCLESI^ AVENIONENSIS. 

i^yENIONAEI SyRCrHT MEA MVNERA TEMPU , 

fECIMVS HJEC, POSTHAC HAEC T^EARE NEPOS. y 

Nous parlerons tantoft de TEglifc Cathédrale de noftre Dame de Doms fondée 
prem ierement par fainde Marthe,puis ayant efté profanée, &: abatuc par les Sarazins, 
tcftablie par Charlcmaigne. 

Cependant fa Majelté s'auançant à cette féconde portcs'arrefta pour ouyr du Gé- 
nie cet autre quatrain. 

Icy Charles le grand <-i)n de vos fainSïs ayeuls 
tioflre Dame de Doms fonda dejjus la roche : 

Mai4 Henry de fes fils en <-ualeur le flu4 proche 

A rejîahly l^Eghfe pn plus de mille limx. ■' 

LOYS.. 



I 



de rifercule Çaulob triomphant. 107 

LOYS HVICTIESME PERE 
DE SAINCT LOYS. 

Plus aùant dans la ville.au premier coin,que rencontra fa Majcfté , eftoient les a x-. 
moyrics anciennes de France fleurs de lis fans nombre, auec le chafau du Génie de 
Loys huidiefme père de faind Loys , contre vne maifon , qui faid le quarre , le re- 
{IroiflilTanc quafi en pointe de diamant.Le diftique eftoit tel. 

LVDOVICVS OCTAVVS SECT^ 
ALBIGENSIS OPPRESSOR. 

LONGA (JVnHI TECP'M OBSIDIO DIFORtfA FECIT 
t^yENIO, PEBEJS: DVMMODO NE PERE AS. 

Les Auignonnois bien que Catholiques , s'eftoient laides embaboyncr|>ar ie ne 
fcay quelles (btes efperances de liberté pretendue,à fuiure le party du Comte de Tho- 
lofe Albigeois. Loys huidiefmegrandperfecuteurdeccttccanaillc,f-airant marcher 
fon camp à Tholofe pour l'aflicger, &; en exterminer la race , luy ayant eftc promis 
paflageen Auignon, euft depuis lercfus_eftant venu au faire: dequoy irrité l'aiTie- 
gea fur le champ par eaUjSc par terre: &: combien qu'il n'eu (1: pas du meilleur de huici 
ouneuf mois, qu'il tint le liege deuant, toutefois renforçant, &c rabillant fon campa 
demy perdu, iura qu'il mourroit à la pourfuitte : ou il fc feroit entrée par la brèche. 
Les Auignonnois efpouuantés du courroux d'vn fi grand Roy , fe rendirent 
àcompoiinon. Gu'àguin,&: certains autres ont manqué à la vérité dcccttehilloireen 
trois ou quatre pomts dimportance.Ils difent que Loys liuidiefinc fitabatrc de cho- 
lere les murailles d'Auignon ; ce qv.i cil controuué , & dic^ plaiilt ■ car nous auons en 
l'Archiue delà ville la fcntencc authentique, donnccà Paris par S. Loys, & le Caidinàl 
S.Ange Légat de noftre faindl Perc, le 4. de lanuicr de l'an 1116. contre A.uignon, où 
font contenues d*e gricfues peines, Si. nommément que les doubles murailks feront 
abbatueSjauec trois cens des plus groiîcs maifons , que S. Antop.in app^'lc trois cens 
Palais; Sile roiîerdeFrance,trois cens c'hafteaux.- les Annaliilcs, trois cens mail'ons 
forteSjtelles que nous en voyons encore pluîicurs chacune aUec vne grofic tour à cré- 
neaux. Qu_e fî cela ed, comme il eft,Auignon eftoic plus puiirante;& plus belle qu'elle 
n'eft: dequoy ie ne fais aucun doubte, veu meimcmcnt que Noguicr en i'hiftoire de 
Tholofe affeure, que les Auignonnois fouinirentau GomceIlay!^n>;id Albigeois cent 
mille gens de piedjôi: mille chenaux: car alors les citoyens tenoient forme de Rcpu- 
bliqucgouuernoient à Baguette, tiroient tous les deniers feigncuriaux, auoier.t vn 
terroir plus grand de beaucoup qu'il n'eft.O uand à la vi!le,elle eftoit auHi grande que 
maintenant :&: voit onàrœil,quetoutle plus gros.&; ie plus habité eil: dans les vieil- 
les murail!cs,qui prennêt depuis la banallcrfciufqucsauxAUguftins,&: de la au portai 
peint,puisàfiin£lMartiaLau cimetière des frères prclcheurs tout du long de ce que 
l'on appelle encore les lices : efquellcs eftoit compnnfe la grande fufterie: tout le rcfte 
en dehors,eftoit allors les faulbourgs,S<: ny à autre différence linon qu'ils ont cftés mis 
dedâs la ville. D'ailleurs ilcft vray que Loys huidticfme mourut à Monrpélîerlcmois 
d'Od;obre après le ftege Icué de deuant Auignon. Puis donqucs,que les murailles e- 
ftoient encore en eftre en lanuier fuyuant , il f:^ut que Lo) s huidieime le fut leué du 
tombeau pour les faire abarrcou que Guaguiii fe tion'pe,comme aufll eu ce qu'il did 

N aucç 



loS Le labyrinthe Rcjal 

aucc pluficurs autre?,que le Tuge fuc 1 an 112.6. il appert(par la date authentique de la 
fenccncc contre Auignon ja rcnJii.-,qiu cil du 4.de lanuier en l'an iii6.)qu'ji le me(^ 
conte dvn an tout cntier.Iladiouftc que les Aiiignonnoiseftoicnt cmptité;» de J'l.e- 
rcfic Albigcoitc.mais il ne trouuera i.anais que delpuisqu'Auignon récent la Foy par 
S.Marche elle ayeeitcattainced'hcrclie &: changé dereligiô.-qui cft: vne grade gloire 
pour les Auignonnois. &' commune aucc peu de villes,ou point , de routes celles cuç 
font deçà les monts. La lulditle fentence , Liqjelle fans doubtc a mis la vraye caulc? 
des t eincs illcc conrcniics , &: S. Antonin,ne dilcnt autre , (înonque les Auignor.nois 
pieftoient main t-orte au Comte Albigeois , Scie voit vnaâ:eauthcntique,oùcftcon- 
tenu,que noftre S.pcre le Pape,ayant entendu qu' Auignon fauorifôit ce partv,cnuova 
vn Légat nommé Milon,qui y tint vn Concile National, &: fit iurer ksConfuls, &C 
P'incipaux de !a ville qu'ils ne preftcroicnt déformais aucun fecours au Comte de 
Tholofc. De i*nere(ie il ne s'en fan-l aucune mention entre pîufieurs autres articles, qui 
fe lurent là dedans. Donqucs par fentence donnée à Pans , & fuyu*nt le concordat 
meime faiû entre le Roy,& le Pape,commeil conflie , quarante villes furent codem- 
nccsàedredemantelcespourofterroccaliona celte gangraine Albigeoifcde prendre 
pied,6i: de troubler la Chreftienié afdigce d'ailleurs en plufieurs cndroiels. De tes vil- 
les furent Tholofe,Narbonne,Puiault icy près, & Auignon : où l'herefie fefut nichée 
peut eftrc fi fcs murajlles,& îa plus part de la ville ne fuifcnt allées à bas:ô^ ainû/«i#- 
rat nifi ^i/'jjf't. Le génie de Loys recita ces quatre vers, 

jiuignon^mon ùot/ys de SAtn^t Louys Uferç 
Biiuir »na tes mnn^our hrauer \' AÏhtgeoin 
Ca efié de tout ta/ ps,cjite les Princes Françcis 
Ont porte du îafoy le zèle htredtiaire. 

CHARLES COMTE DE PROVENCE, ET ALFONSE 
COMTE DE THOLOSE FRERES DE S. LOYS. 



tri 



ïi: 



as 



Ils cftoicntau coin du puis de la Cadene dcfignez parce diftique. 

CAROLVS,ET ALFONSVS AVTHORES 

eONV^EN TION VM AV ENlONENSl VM. 

LIBERA NOBlfCr.y SI STET CONVENTIO PACtAy 
VNDE n IS CJVEAS Tl TA ,TIBl^E S AT EST, 

ABBREGE DF.S SEIGNEVRS D'AVIGNON. 

Plufieurs (ouhaitrencd'cnrendreqTielIcs font ces conucntions, & comment Aui- 
ffrion qui eltoir auncsfois du Roy de Fr inie,a elle anncxcC au patrimoine deS.Picr- 
re C'cfl vue chofc qui a plulitus rtirorrs.-& q-u deiireioir bien plus grand loilir pour 
fcilïc peice comme elle le mcrire l'en toucheravvn mot de ce qu'en aiu ns entcndo 
ces ans pafTcz par les contrats auchenciq-u-s cju'oo a rccher^tie à cet tflvût loitfoi» 
gneufcmcnt.poiirenrre la chofe imporai re. 

Auignon foubs i'Rmp r Romain com/ncicdifois n'aguiet"eSjVinoir en î bcrtc, 6f 
en forme de Rcf ublique a{rociec,&: conf. derée auec le peuple de Rcmc , quand le$ 
Bourguignons defccn<lans d'A!( maicncfcfaifiiei.r de tout ce que s*aj pelle auiour- 
d'huy Bourgoigne,Daulphiné,le Comte V^ciucui,o«.Pi.oucnce,quiliûomii>c'cnt le 

Ko)att 



111 



i 



i 



de Urfercule (gaulois triomphant. i op 

Royaume de Bourgoigne, auquel eftoit comprinfe Auignon. Làde/Tus Clouis Roy 
ide France premier Chreftien prent en mariage Clotilde iîlle du Roy. La raœ Bour- 
;4jignonne défaut peu après : Je Roy de France à caufe de fa femme demeure le mai- 
re de tout ce nouueau Royaume,qu'il coniignc à fon fils Thyerry,le faifant nommer. 
,oy des Bourguignons , lequel en fut bien toft depofîedé par Theodoric Roy des 
Gots irrité par Clouis5&: induit de fe ruer fur la Prouence qu'il gaigna prelque toute, 
& fut le troiiîeme Seigneur d' Auignon, iufques après fa mortjque Amalazunre fa fem- 
me la rendit à Theodebert fils de Thyerry Bourguignon ia decedc. Thibaut fucceda 
àTheodebertfon père audid Royaulme qu'il perdit par fon mauuais mefnage.ayant 
irrité luflinian rEmpereur,quileluyenleua qualïtout, luv en refiant que bien peu de 
]a haute Bourgoigne,laquelle retourna encore aux Roy s de FrancCjiufques à tant que 
Clotairc partageant à fesenfans fon Royaume>fit hériter Guntrand de ce peu qui le- 
ftoit du Royaume de Bcurgoigne,lcqueirecouLira incontinent de luftin l'Empereur, 
lereftequeluftinian auoit cnuahy;&,quicft bien plus, fe trouuatoft après maiftrede 
rvn,&: de l'autre: de France,comme tuteur,qu'il remit à Clotaire fécond fijs de Chil- 
peric:&deBouigoigne,qu'il donna a fon nepueuChiIdebcrt,auquel depuis/licceda- 
fon fils Thyerry, qui euft de rechef les deux; & après luy bien long temps, les autres 
Roys de France, qui ne firent qu'vn Royaume de la France, &: de la Bourgoigne iuf- 
ques au petit fiJs de Charlemagne. 

Ce fut Charles le Chaulue,lequel pour monftrer qu'il auoit puifl'ance de faire les 
Roys, l'an 877. bailla en pur don à Bofo frère d'Hemengarde la femme, tout ce que 
s'appelloit anciennement IcRoyaume de Bourgoigne , nommé du depuis Royaume 
d'Arles, &: par ainlî Auignon fut foubs les Roysd'Arles , ce que ncantmoins ne fut 
pas de longue duree.CarR.hodolphccinquiefme,& dernier Roy d'Arles,efl:antJaflé, 
& indigné des rcuoltes deies fubieâ:s,qiii le gourmandoient à outrance: fe reiolut de 
leur donner vn Pédagogue en teftc,qui les domtcroit bien , nommant héritier de fon 
Royaume Conrad rempcreur,lequeIn'eniouytpaspreuenude lamort: maisii firëc 
bien les deuxHenrys fes i'uccefl'eurs à l'Empire, iufques à la profcription de Henry fé- 
cond, lequel ayant efté excommunié & profcript pour (êsexcésj&: fon Empire baillé 
en proye,chacun commença à fe cantonncr:& entre autres fe leua vn Gilbert de la ra- 
ce de Bofo premier Rov d'Arles, qui rentra es biens de fes ayeuls ,&£ fut le premier 
Comte de Prouence l'an 1070. toutefois quafi plus de nom, que de faiél: caries prin-- 
cipales villes, comme Marf'eille, Arles, &: Auignon fecouërent le ioug,ne voulat point 
recognoiftre leur fuperieur,&fouuerain Prince. Cependant Gilbert,qui nepretédoit 
pas moins pour cela fur leidides villes,venantàmourir,nelaifle quedeux filles heri- 
ncres du Comté de Prouence à l'égal : l'vne mariée a Alphonfc Comte de Tholofe: 
l'autre à Berengarius Comte de Barcclone,qui firent partage dudicl heritage:demeu- 
cant tout ce qui eftoit depuis Nice, & Marfeille iufques à la Durcnce à Berengarius 
-Comte de Prouence,mary de l'ay nee:&: depuis la Duréce iufques à l'Ifcre à AlphÔfe; 
îxcepté Auignon, & fonte'roir,qu'ils exceptent nommément dans le côtrat daté de 
l'an iiiy.le ij.de Septenibre. Car voyans qu'elle ne vouloit ioindre à leur obeyifance, 
pour la tenir mieux en deuoir.ou pour quelque autre raifon,que ie ne fçay pas, s'é re- 
^ruerent la lurifdidion à moitié ; qu'a efté la caufc,que depuis Auignon auec ks ap- 
partenances,en; demeurée feparee du Comté.Deslorslefdits Comtes y prétendirent 
^.curs droits, à moitié iufquesàtantquescilâtopiniaftreeen cette liberté imaginaire, 
anguiffantc fans chef,Sc galopant à la ruine, mefme défia prefque accablée de mille, 
it'milie feditions eiuiles,&: du hegc de Loys huictiefme,print expédient, &: fit fage- 

N i. mène 



iio Le lahjr'mthe Royal 

mcnc, pour remédier à tout , de recourir à vn gouuernement plus afleuré : & fe ietter 
entre les bras de fes deux Princes Comtes de Prouence,&: de Tholofe.pour lors deux 
frères dcfainft Loys. Larefolutionfutdelcsallertrouuerà Beaucaire,& de leur de- 
mander pardon de leurs excès, comme ils firentjl'an I2yi.& il appert par le préambule 
defdicles conuentions:&: furent illec contradccs , & iurces les francliifes,& libertés 
anciennes d' Auignon,& autres paclies le j.de May de ladide année iiyi.Rcenat pour 
Jors en France S.Loys.C eft ce qu'en Auignon l'on appelle les conuentions, le fonde-, 
ment de leur police,Ia crefrae de leurs loys. les marques, &: arres de leur ancienne grâ-; 
deur,qu'ilsprefentêt aux Légats à leur entrée pour les iurer,& les maintenir, ainfi quci 
les fauids Pères les ont contirmees. Apres tout cecy Charles Comte de Prouence eft 
faift Roy de Sicile,& laifTc après foy Charles fécond fon fils héritier de fes Comtés & ; 
Royaumes. Alfonfe de Tholofe mourant fans hoirs Philippe Roy de France, & de 
Nauarre fils de S.Loys,fuyuant le concordat de Paris,iuy fuccede au Comté de Tho- 
lofe. Depuis Philippe le beau petit fils de fainû Loys , mariant fou frerc Charles de 
Valoys,auecquc Marguerite fille dudid Charles fecond,luy donne en côtraâ: de ma-, 
riage la moitié.qu'il auoit d'Auignon,entant que Comte de Tholofe.La donation eft 
datée du mois de Septembre de l'an iZ9o.à Paris. 

D'où appert que Charles fécond Comte de Prouence Roy de Sicile demeure in . 
folidum maiftre vnique,& abfolu de la ville d' Auignon.ce qu'el^ant bien remarqué, Ici 
principal s'entendra fans difficulté. Robert Roy de Sicilc,&: de Prouence, ayanr fuc- 
cede à fon Père Charles fécond, faid fon héritière vniuerlellc en ion tcftamenc daté^ 
de l'an 1343.1e 17.de Décembre à Naplcs,Icanne fille de Charles de Calabre fils dudid 
Robert, & non pas fille de Robert comme l'a pcnlé^&elcrit de Clapiers, pour n'auoir 
veu le teftament,ou s'il l'auoit veu, l'ayant voulu feindre de fa tefte iomme beaucoup 
d'autres chofes qui luy ont coulé delà plume. C'cft cette leaneRoyie de Naples, &C 
de Sicile, Duchefle de Calabre, ComtciTe de Prouence, Dame m.aiftrcllc, &totale( 
d' Auignon, héritière vnicetfelle de toutes les terres de fon ayeul, laquelle vendit Aui- 1 
cnon pour la fomme de huiftante mille florins d'or deFlorence,qu'elle côfefleauoirj 
touchéjà noftre faind Père le Pape Clément VI. feant pour lors en ladide ville:le co- 
tratde vente eft datédup.deluinenlan 1348 fcptiefme du Pontificat dudidCIemct, 
reccu à fon nom par Eftiennc Euefque de iaind Pons Chambellan de fa faincleté : &. 
par Nicolas de Atheol]s,&.Ican deLaucanConfeillers Royaux au nom delaRoyne. 
Vovla en peu de mots ab ouo l'abtegé de cet achept puifé fidellcment des fources , & 
fontaines mefme. poureftancher la foifdc ceux, qui defiroient en fçauoir quelque; 
chofe au vray,& fermer la bouche à vn tas de dcuins,qui en par!ent,&: deuinct,com- 
nie bon leur icmble &: fur tout à du Haillan, lequel pour brouiller les carres, à efcric 
fans fondtment,que la vente auoit elle faicte à Clément VII le Schifmatique.Petrar- 
que , did aufîl qu'il n'y euft point d'argent touchc,ains que ce fut vn efchange de I3. 
villcauecque certains arrieragcs du fief du Royaume de Sicile L' euft did autrcmet, 
s'il euft veu le contrat de rachepr,&: autres papiers par lefquels il confte irrefragable- 
ment.&: du tcmp5,&: du lieu.,&: du nom du commiftiiire,qni delinra l'argent au norai 
de fa faindeté.Voicy maintenant ce que recita le Geni&,fur ce luied, par Apolirophe 

au Roy. ^ 

O les beaux pa(fe droits, ô les ditiines lojs ■ , 

,^up c/'s frères ont fai£f ait peuple Auigmnnois 
Henry, conferue les ; k qui Dieu faiÛ la grâce 
D''ejire entre leurs nepuetix le plus grand de ta race. 

S.PIER- 



de ÏJrfercule Gaulois triomphant m 

SAINCT PIERRE DE LVXEMBOVRG 
CARDINAL. 
Le Roy eft yfTu de la maifon de Luxembourg, par le mariage de François Comte 
deVendofmebifayeuldefaMajeftéjauec madame Marie de Luxcmbourg,qui apor- 
ta de glands biens en cecce maifon. Les arraoyrics de ce faind eftoienc delfus ces 

deux vers. 

S. PETRVS A LVXEMBVRGO AVENIONENSIVM 
DIVVS TVTELARIS. 

CBEBRJ MEO CENERl PASSIM MIBACVLA FIFNT: 
HETiRICO lMIRVM ^ID MAGIS ESSE POTESt? 

le ne me fouuiens pas d'auoir encore Icu qu'aucun fainâ: aye faiâ: de miracles en 
"plus grand nombre que S.Picrrre de Luxébourg. L'on en compte en fa vie mille neuf 
cens foixante qiiacre,&: quarante deux morts refufcités dans les deux ans feulemenr, 
qui fuyuircnt fon ttefpas;ils ont tous eftcsramaflez par le commandement de Char- 
les lîxicfme Roy de France , &: rédigez en trois gros tomes , que l'on voit dciiemenc 
feelez, & authentiquez auec les lettres du mefmeRoy,&; de 1 Vniiierfité deParisde 
l'an 1389. deux ans après la mort,qui contiennent reqiielte à Clemçnt y. de le canoni- 
zer:&: cnfemble vne bulle dudid Clément donnant la charge à trois Cardinaux d'in- 
ftruire le procès ordinaire, & rechercher autlietiquemet les miracles, qu'ils recueilli- 
rét,&: feelleret en ces trois tomes, que ie vies de dire. le ne veux entrer pour maincenâc 
en cette mei;& bs.aucoup moins m'eflargir fur le grand nombre d'autres miracles, qui 
ont efté faiâ:*-en Auignon, comme celuy de fainûe Marthcde laind Benczet qui ba« 
itit li; pont miraculcufcment,de la dédicace de noftre Dame,Sc: d'autres fans nombre, 
qui ne font rien à mon propos, & ont eftés trai£tés autre part.Te reuiens àfaind Pierre 
de Luxembourg. Ses rdiqocs font honorablement gardées au trefdeuot,&: trefdigne 
monaftere des pcres Celeftins,&:fôcdeiour à autre pluficurs miracles. Le Génie ioùa 
ce quatrain fur vn rencontre de monlîeur d'Eureux, &: du Perc Richcomc les deux 
bouches d'or de France. 

Samêî Pierre Luxembourg grand fxuory de Dieu 
Tous les tours faicî miracle, ir ceuures nomparedles 
£e grand Roy '-vojîre cfpoux , madame^ ejî fon nepueu: 
La meruedle des Roy s , (^ le Roy des merueilles. 

Il mourutà Ville-neuue delà le pont,aagé feulement dedixhui£l: ans, l'an 1387. le 
premier de luiller.enfeuely en Auignon au cçmetiere des pouures, où depuis fe bailic 
le monaftcre, & Eglife des pères Ccleftins, lors que l'on batoit le Palais contre les 
Schifmatiques. 

LES DEVX CARDINAVX DE BOVRBON 
LEGATS D'AVIGNON. 
II y auoic vn diftique pour chacun foubs leurs armoy ries, & vn Génie , qui recita 
pour tous deux le fixain. 

CAROLVS BORBONÎVS 
CARDINALIS LEGATVS. 

PVnPVRA ME CLARVM, CLAIWM LEGATIO FEClTy 
NIL SINE CONSlUlSjMl BELIEFRE, THS. 

N 3 CARO- 



112 Le labyrinthe Royal 

CA^RÔLVS BORBONIVS 

•' ■ ALTHR. 

CARDINALIS LEGATVS. 

^IS DFBITET ans CORDI lAM REGI3VS ESSE, 

^os roriES rexit régi a progenibs? 

iAuignon^ et où te 'X^ient la fautur Jydereey 
T>'ainlt rmir le cœur de nos Trinces françois 
D^ournciere de tant de Papes autrefois, 
■ ^i t'ont de murs, de loysy de Palais honorée f' 
le le fçay, te le yoys : tu es fur tout cela 
Le Latrande ceux cy, le Louure de ceux la. 

SOMMÀinEt>E LA LSGATlon D'AVIGNON. 

S ur la fin des troubles, & embrafcmens rufcitez. en ces quartiers par Pierre de 
Luna.le Concile de Conftance,&: fa faiadeté conftituerent par deçà Vicaire général 
du rain£lSiege,FrançoisÂrcheuefque de Narbonnc homme de grand confeihlequel 
fe gouuerna (î dextrement , iL auec tel contentement de tous.&^fuccés de fongou- 
uernement,que Martin cinquiefmetrouuabondelefaire Légat perpetuel,&: mefme 
dedrefîer vue légation formelle en cette ville aucctrcf-ampleauthoritc':les bulles en 
furent defpechees après la fuite dudiâ: de Luna , l'an 1418. le z7.de Juillet. Ce fut le 
principe,& fondement de la légation, qui à depuis continué en Auignon par les fuc- 
cefleurs de François, qui ont efté douze iufquesà maintenant, au grand émolument 
dufainâ: Siege,&£ auancementde la Chrefticnté. 

François premier Légat decedéje Concile de Bafle luy fubrogea Alfonfe Cardinal 
de S.Euftache l'an 1453.&: à Alfonfe le Cardinal de Foix,daquel nous parlions peu au- 
parauant,ran i4(34.Puis après, Charles de Bourbon Archeuefque de Lyon fucccda au 
Cardinal de Foix l'an 14(35. l'on penfe qu'il fut fils de François Corarede Vendofme 
bifayeul du Roy , & de Marie de Luxembourg. Barthélémy de Belieure citoyen de 
Lyon,quiefl:oif tout fon confeil,&: auoitfaict pour fesalFaircs.le voyage de Rome 14, 
fois .• luy apporta enfemble le chapeau de Cardinal, &: les bulles de la légation. Apres 
Charles de Bourbon fut faicl Légat lulien de Ruuerre,ran i476.qui a faid baftir tout 
le deuant du petit Palais eCbant Archeuefque, & Légat d'Auignon : depuisil fut Pape 
Iule fécond. George d'Amboilele fuiuit, l'anijcj-vn des grands prélats de fon llecle, 
auquel fucceda Robert Breton Cardinal l'an 1511. Plufieurs pcnfent qu'il ne fuft pas 
Cardinal / Onuphre tient le contraire^ moy aufli. Apres le trefpas de Robert,le grad 
Cardinal deClermont,qui fit baftirlaMirande au grand Palais, tint la légation de- 
puis l'an iji4.iufques à l'an 1541. que le Cardinal Farnefe fut Legat,grand bienfadeur 
des Iefuites,&: fôdateur de cette fomptueufe Eglife de leur raaifbn profeffe de Rome, 
qu'il a faille baftir à laRoyalle. 11 eftoit enfemble Archeuefque d'Auignon, &:eufl: 
pour fucceflcur en la légation Charles de Bourbon Archeuefque de Rouan fils de 
Charles Comte de Vcdofme grand pcre du Roy l'an ijôy.lequel pour fe foulager par- 
my tant d'autres grands affaires, qu'il auoit entre les bras', s'aflbciaen cette dignité 
George d'Armagnac onde du Roy,la mefme aanee ijfij. la mémoire duqleft fi auât 

grauce. 



âe tlfercuîe Cmhis l^rwmphant. j ij 

grauce dans ics cœurs des Auignonnois,qu ils pleurent encore la pîaye qu'ils reccurét 
à ion rrefpas: aullî eftoitcelepiclatle plus«iiFdble,Ie plus Royal,le plus magnifique, 
ic aulmonnier: le plus atfeîtionéatousles ordres religieux.le plus zélé a la religion 
CachoIique,le plus relpeélé de tous les grands, voire des ennemis de h tby,le plus ad- 
nure du peuplcjleplusavmédeto'isvnMerfekment, le plus accomply de toutes irs 
qualités requifes en vn Prince de (on cAoc.ôc de fachargeque Ton iiccle aye veu , & 
que peut eftre l'on puifTe voir de longues années. Il mourut l'an 8f. de ce ficelé, &c de 
ion aage ; & fut enleuelv à noftre Dame de Doms,laiflant toute la ville bagnee en lar- 
mes. Odauius de Aquauiuamaifontrefnoble.ancienne, & fiacquifedetcut rempsà 
Ja France,Iuy fucccda l'an 1593 fils, & frère du Ducd*Atria,frere d vn martyr Rodol- 
phe Aquauiua : ncpieu du gênerai des leiuites : l'vn des plus grands,& capabLs cer- 
neaux du facré collcge des Cardinaux. 

Voila tous les Légats d'Auignô à l'occafion des deux de Bourbon, de FoiXj& d'Ar- 
»i!gnac,couidulAng Rnyal,qui font vn tiers de tous les autres Lcgatb. 

GEORGE D'ARMAGNAC 

CARDINAL 

cullegat. 

Voicy !e dilliqne,quî acco-nrugnoit Tes a'-m >yries, Sz îc chafau drelTé au puys de 
l'airapcnongucic luingdc lentice du change. 

CJRA TFNE LACHRTMAfi, JVENIO^ L^A O Rt^'VS I L LE 
iW KuSrHÂfE CMEyS RBGE REFlXlt i^MOR. 

L'alliance des Princes d'Armagnacauec les Roys de Nanarre, &: la maifon de Foix 
c.fl notoire. Gallon de Foix Roy de Nauarre entre autres fiilcs , eull leaiuie leur du 
Cardinal de Foix, laquelle le maria au Comte d'Airoagnactvoycz ceux,qui eu Uâ.i~ 
£icm plus amplement. Cecy eftlçhuidainque récita le Génie, 

éMonpeht (TArniingnac oncle de cette Dame^ 
Sang Rcyul de nû\ Roys, forte-z^ de cette Urne, 
^ittés vo/ire tombeau i yenés voir yo'^ Kebueux 
Al* defrè Jewur d' Avignon yojîre amie; 
Vom fiftes en 'viuant la ne de fa. T/V, 
Et fhl?us en mourant fort tombeatt ténébreux^ 
he f^jjènt de n(i\ Roys les grâces faaorabhs^ 
J^i 'Vicnnem <%>ijî{er yQ\ undm honor^hUs^ 



L'ARC 



p 



STATOR! 



RECOXCILIATORI VRBIA- ^ 





L'ARC TROISIESME DV 

LABYRINTHE ROYAL- 

svR L^ %eT>v CTroH^^Des 

'villes api Adaiejlé. 
CHAP. XI. 

^ Près les rencontres de Charles Marcel, de Charlcmagne,des Co- 
tes , de S. Pierre de Luxembourg, fuiuoic l'Arc troiljetmc cdcué à 
l'encrec delà place de la Sauncrie. 

SoM THEATRE eftoitcapifle de cafecas incarnaf, blmnc, &: bleu î. 
cnrichy dVn ordre de colomnes de lafpe bleu, qui porroicc vn bal- 
lullrcfaidt de verdure auecqucfcs liurces.A l'arriueedefa Majefté 
le grand couple des vnzc violons, qui s'crtoïc rendu là à porte, ioiia 
la guerre auec vne trcrgrarieulc , &: Royale harmonie : roue aufîi toft Ibrrirenr quatre 
pygmecs armés de pied en cap, d'armes toutes dorées Eaiclcs exprelfcs, fur des hoc- 
quetons de guerre à l'antique de diuerfes elloffes : qui commencèrent à battre contre 
vnc grue toute viue,au ion de cette guerre à coups de fîcfch.c, Se de dragces mufquccs, 
qu'ils iec^oienrauecque leurs Arcs <Sj Arcagelets. La Roync pnnc vn lingulier côten- 
tcmenttant de ce bel accord ii bien concerte, que de voir de ces petitscnFans le plus 
d'erprit,quedecorpç., A l'Arc deuxielme elle riuoit eu matière de i'arracs,icyelle reuft 
dcrire/foufriant à tour coup à la dcmarche,S<r aux attaques de ces champions. 

Ces quatre pvgmees cftoicnt quatre Cupidons reprcfentans ramour,S.: l'afleclion, 
auccque laquelle les villes le rendirent ?.. ia Majefté. L'on print (ujccT: de cette inucn- 
tion premièrement , de ce que lesRomaïus.au rapport d'Athenec,mcttoicnt toufiours 
laftacue de Cupidon,auec celle d'Hercules : pour monlirer que c'eftoitvn Dieu puif- 
iant,&: Herculin que Platon me(mc diteftre ic plus fort de tous les Dicuv. ivlais prin- 
cipalement on s'cftoit fondé lur vn beau tableau de Phiioliratc, où il dclcntainfiles 
Amours. Il y a, dit il,vn tresbeau lardin remply de playfans arb-i-iTeaux, plantés, d'vne 
façon trcfagreable àvoir.montirât déroutes pais de belles allées efmaiiiees de Heurs, 
& tapiflees d'vne hcrbclletce tresfreche,iî molle &: délicate, que l'o nelçauroit fc cou- 
cher fur aucune autre plus douce.& agréable Des brai3ches de ces beaux arbres pen- 
dent des fruicts iaunes,&: luifans reflembjans à l'or, aufcucls les amours fe tournent, 
&: voltigentà rentour,aucc vne démarche difpofte , S>: gaillarde : ayans attaché aux 
arbres leur carquoys dorez pleins de fiechcs- Et d'entre eux quatre des plus beaux 
fontefcartcs des autres , defquels deux fe ioi.ienr,&: s'cntrei rrrent des pcnimes cour à 
tour; les deux autres defcochcnc des fagettes l'vn contre l'autre, &:ne fe nionftrent 
neantmoins au vifage aucunement courroucés : ains chafcuîi d'eux prefente fa poi- 
trine nue .• afin que les traicls ne tombent en vain , mais qu'ils blcfî'cnt la où ils font 
dreflcz. Voila vue partie de cette peiuélure de Phiioflrate. 

CctAiccroiûefme) comme nous verrot>s après , cft baftv iu ri a {parallèle du Tardin 



des 



ii8 Le lahy'inthe "Royal 

des Hclpcrides , d'où Hercules eull ks pommes d'or, image de la France , lardin de 
l'Europe rendue au Roy. loignanr doncqucs ce dcdcui auecque l'inucntion de Phi- 
loftrate.l'on fit ioiier ces quatre CupiJons,s entrechoquants premièrement l'vn l'au- 
tre, &: puis auecque la grue : mais auec baies douces de fucie mufquéxomme les Cu- 
pidons'dc Philollratei'e icrtoicntdes pommes odorifcranccsrvn al'autre-.qui cft vne 
marque d'amour,que Virgile a exprimé en la pc; ionne de Galatce que lignifie fran- 
çoiic. Mdlo me Qatctfa^elit. 

Il ny aoyfeau.quilbit d'vn Hicroglvphiqueplus haut, &: Royal, que lagruc.voycz 
Valerian au liu.17. civo exeràtm âucem ah hojltummjiâtjs fe cnjlodientem JignificArét ,propo- 
neb,int griiem vivtlcmJ)oc ejl lipilltim vede fujlmentem. Les anciens pour defcrire vn l' aillent 
tapit urne. é" rn.vihe à: champs àepeigmient 'vrie grue vigilante foujhn.int d'vn pied vue pe- 
tite pierre. Akxandïc le grand, comme l'a efcrit Ammian Marcellin , quand il eftoit 
quellion de veiller pour quelque haute entrcprin{e,imitoir cet arnfice.tenant en main 
vne boule d'argciit,laquelle tombant dans vn ba(rin,qui clloit dellouz,rerueilloic, a- 
uant qu'il fut iurpris d 1 fommeil. Il eft notoire , que les hommes ont apprius de la 
grue la prudence de drefll-r les arnïees,mettreles cors dcgardc,po(cr fentinelles, mar- 
cher aucc ordre en bataille , Cupporter patiemment toute forte de trauaux : auifj cft 
elle le fymbole de parience,d'induftrie,dc courage , & pcrfcuerance.Mais ie vous prie 
quelRoy fceut iamiis mieux drefiTer^: gouuerner vne armée quefa Majefté: qui fut 
onques fi patient au trauail/i accord & aduifé aux enrrcpnnfcs ? fi vigilant aux pour- 
fuittcs ? û conllanr,à ce qu'il a vne fois bien commencé ? cette bataille doncqucs des 
pvgmeesnanô, au rapport de Pline,laquelle ordinairement à guerre ouuerte auecque 
Iesgrues,nefutpaç impertinente, pour monftrer que toutes les guerres des villes de 
France fe font fondues .n lucre,&: nectar dvn amour non pasaueugle, Hc volage (tel 
queceluy de Venus; mais armc,forr,ct.'nfl:ant=folide,& plein de prudence ,equitc, & 
confiderarion; c'eft pourquoy, on auoic coupé les aifles , &: desbandé les yeux à ces 
quatre Cupidons armés de pied en cap,&: fe batans fans ie barre i fe blailTans fans na- 
urer : dcmarchans à raccord,&: harmonie dVne gcneralle ieuniô,& amitié de ce Roy- 
aume rallie auec fon Prince naturel , que Dieu luv a donné auec tant de merueillcs : 
mélodie plus douce,&fuaue à l'oreille d'vuRoy,qu'vn Diapafon à cinquante parties. 
Et certes l'on peut dire auec vcrité,que c'a cfté vne réciproque bataille d'Amour, que 
cette redu(5lion des villes: car C\ elles y ont apporté de l'affedlion, tant que chacun 
fcait-leRoy les a vaincues de douceur,de clcmcnce>&:d'Amour:ne fâchant eftre vein- 
cu non plus en honelleté, &: amitié , qu'en bataille. Les quatre Cupidons encrans en 
lice dkentces petits vers. 

PYRRHIQVE FRANÇOISE 

DES A M O V R S. 



Nosi^f âom^iofis glorieux 
les hommes , <^ les Dieux: 
l^o/?re main enfentine 
Tout le monde butine: 
Lt contre nofire ijfort 
Mffne Herctil tieji ^renfort. 



^■Aclk 



dônd 
feu '^3 



'(iiid 



I. 

Sur cette herbette 

Fratfi he^O' tendrette 
Du lardinet 
Mijnardelet 
Des lis de France) 
Et de Florence 



Vaifons 



II. 

^el!e eB la force y 
^ue te ne force .<? 
Mes petits traiEîsi 
Et mes attraiSîs j 
Ont leur Empire 
Sur tout Smvire 

III. 

Et qui nard 
De ce dard ? 
D'où tenflame 
Dans njne ame y 
Vn ^ acier 
En huch'ier 

IV. 

CeH ma flefche 
^ui fu£î brefche , 
Dans les cœurs 
Des f-ueincueurs : 
Par ma vrife 
Je maïfirtfe 
Souhs mes Loys 
Les grands Roys. 



detKercuk Gaulois triomphant. 

Eaifons tlouuoir 

De ce drageoïr 

Force greflette 

Belle O* doucette 
II. 

(^ette greflette 
rSelle^ (^ doucette 
Enfucrera^ 
et confira 
A la naiffance 
D'yn fils de France 
Toutes aiireurs 

o 



IIJ^ 



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S9S3 

'éÔBë 

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mm. 

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De noz^ malheurs. 

m. 
Auecque noi^ ailerofis 

Ailleurs flm ne '-volerons'. 

Noz^flefches defewpenees 

Dans les ïfles fortunées 

loueront fans ofienfer 

Ceux que nous '-voudrons hleffer. 



I. 



2. 
3. 
4- 



mm 

'4m 
m:m 



mm 



Je --veux outrer de mon dard 

Le grand V rince Sauoyard. 

Et moyle grand Roy de France. 

Moy la perle de Florence. 

Et moy au(si les '-vajj'auls 
De ces deux Vrinces tref hauts. 
1. Amfi la France, C^ Sauoye 
Viuront en paix, ay^ en ioye, 
'Tas les apeaux tcndrelets 
Des frères encarauellez^ 



LES SEPT HOMMES DOCTES 

DE FLORENCE. 

Les pygmees fiuecfuiuis en merme Theatrcdc la plus part des pins docles perfon- 
nages,qui ayentreftéen Elorcnce : ou ils ont merké qualî roiis,des ilatues publiques, 
lis s'eftoicnc rangez tous debout contre la fapifleric,vefl;us à l'ancienne Roinaine.co- 
ronnez de laurier, Petrap.che tenoir le premier ran^. pour auoir cité cflcué àts l'aa- 
ge de fept a huiiH: ans en Auignon, qu'il appelle Ton pays, en 1 cpilhequ'ila efcritàla 
pofterité,ou il confcfîe d'auoir efcrit quafi toutes Tes œuure.s icy près , à la fontaine de 
Vauclure,qirilà.iihautexBentchautçe>jrourcedcjijoftreSorgue: ou fevoyent encore 

O i auioui- 



J2Û Le labyrinthe Royal 

auiourd'Imy les mafuies de la maifoivde ce rare efprit Prince de la poé'fie Tofcàne, & 
reftaurateur derEloquécelatine.qui fansluy s'en alloic perdue. Dan thés lefuiuoit, 
bien que plus ancié,&: maiftre de Pecrarche:il ne luy a que maqué la pieté, & le fuieâ: 
dio-nc de fa plume pour eftre le Phœnix des Poëces Icaliés. Apres ceux cy eftoient par 
ordre ceux quis'cnfuiuencAcciAioLvs de noble maifon.grand Grec,&: Latin:&qui 
s'eft meflé fort auant &: pertinemment au gouuernement de fa republique. Angelvs 
PoLiTiANvs qui fie tefteàChaleondyle homme Grec faifmt profeflion des lettres en 
Florencc5&: efcriuit la mort plus que funefte de Laurcns de Medicis, comme ayant 
efté tout de cette maifon,mere nourricière des fciences , qu'il a grandement ornecen 
fes dodes cfcrits. Marsilivs Ficinvs petit de corpsjmais Géant en efprit, excellent 
Philofophc,qui braua Théodore, Argyrophile, &:Trapezunce en leur propre langue 
Grecque: vniquemcnt heureux à tranflaterlesautheurs Gtccs en Latin : il cuft pour 
Mecenas,&; cfperon de fes eltudes Cofme de Medicis furnommé le grand;& après luy 
Pierre fils dudid Cofme : ôc Laurens fils de Pierre : tc toute la maifon de Medicis, de 
laquelle il ell:oitnourry,6(:ftipendié. Iaqv.es l'Ange géographe excellent. Baptiste 
Albert homme docie,&: trefeloqucnt&: qualî verféen toutes chofes , l'vn des rares 
Architcftes peintres,&: Mathematiciens,qui ayent efté.Ie laifîe à part beaucoup d'au- 
tres qui y ont fleury depuis. Tous ceux cy récitèrent ce peu de vers que s'enfuie. 

PETRARCHA. 
S C A Z O N. 

J)i4amuij quaternos amni alluens pontes^ 
Florentiamjue templa floricia matns, 
Valu^que Martà fufiles horieflahant: 
A(4emo7Jts pergama tamen,^ fcles 
placuére fudi : fcilicet mit Lauram 
Ceanere rythmi. Car videre Kegmam 
Mihi negatum^ qu£ décore Dianam, 
Centumque Lauras 'vincit^t^ louis matrem>. 
éMihi Litura nulla diceretur : ajî "UTia 
Maria per me m orbe viueret toto. 

D A N T H E S. 

EPIGRAMMA. 

Ingemo fi par pietas , prohitâfque f*'jfet, "^ 
ZJatibui antiquis annumeranduj eram. 

Maior ah exdio parta e(i mihi gloriayNec te ^ 

Vamteat patrios dejermjfe lares. 

Vna priHs de te certabat Ethruria^poflhaCi 
Kegimm répétant te duo régna fibu 



de l' Hercule Gaulois triomphant. j2j 

ACGIAIOLVS. 

HENDECASYLLABVM. 

^md 'vultUy digitôque fuhnotas mCy 
€t dicis frocul: hiccine Acciaioluj 
Grxcx tam lepidw cliens Mineri^a} 
Me quem dtxerù ejje non recufo. 
At cur m Cauarum locù Ethrufcns ? 
^utd Gr<£CHm y état ejfe in yrbe Graca^ 
Sed grates agn^ Cmarefaue magm , 
^uod fub te duce, pr^jue ennte yeni^ 
Vt incommoda, nauigatiotiis 
Gratarer, Zephiro fauente^ vitUi 
Aduentumqne me£ canam KMarine^' 
Vt propter "^Bjjodanum videns EthrufcoSy 
"Non Tufcos putet eJfe tantùm ad aArnum. 

ANGELVS POLITIANVS. 

OD ARION 
TRICOLON TETRASTROPHON. 

Cum ^arricidx dextera paSïijy 

IPr^cépfque fermm duceret impium 

Laurentù extinSîi trmmphum 

Tartareum qttatiens flagellum. 
Me vidit atro poUice lugubres 

Puljare chordaSy O* prece fupplià 

Mulcere diuos , Orpheime 

Mufa memor ftrijt Poetam, 
Sed nul! a mânes cura tenet meosy 

^uàm Iuliana quod mea Laurcts 

Non iunxit optatum MarU 
Mufacitts Uymen<eona[ïri4. 
êxi fepulchroy Calliope , ^ noms 

Bffunde cantus : die âge y Tibia 

ThdaJ/ton felix Maria. 

Va Thalamos Hj/menxe Utos. 

Ô 5 MARSï^ 



122 Le labyrinthe Royal. 

MARSILIVS FICINVS 

H Y M N V S 
DICOLOS DISTROPHOS. 

Héros optime , maximcy 

Clan Cofne parens,fautor ^ mgem, 
^iioque afjlante decus 

Vicmui latio reddidit Atticum: 
Annon progenies tua b<ec 

Cultrix nohtlium nohdi4 artium 
Mari A arnttla PalUdos ? 

Haud Kegma, tm fangumù immemor 
Muffu &' rétine j ^ '-uoca : 

Atque antiqua fu^ yifere Gallia 
CN^ftros fac iuga Cmthios.. 

SiC te de Medicis, tare yocabimns. 






LEO BAPTISTA ALBERTVS 

PROGNOSTICVM HEND EC AS YLLABIC VM. 

Ver me duierit orhts^ inmdenda^ 
Ad certam referens domos libelUm : 
Ver me fax a ligant , opufque texunt 
Cocîo puluere^fordidôque Tophoy 
Et fiiJidamma collocant Etrufci, 
Atque aulas gemmo polo minantes^ 
^uales de Medicij <-vides pénates. 
Tu maioris opiis locare molùy 
^gina:,paras:,jlatîimqtie regno 
Vundamen dahîs njna Gallicano. 
U^on Tufcis adeo excitare turresy 
Sed fundare datum ejîy (^ alta régna. 

lACOBVS'AiSTGELVS 

TETRASTICHON. 

In Ptolemaanos non pœnitet. ijfe labores^ 

Et mundum in pluteo contmuijfe meo. 
Fas nnhï promeritum lauroThoc nomine dici, 

Omnia, (^i£ pinxi , Ji mea. Tnjca. régit. 

^ ^^ tel 



is 



de ïHer<€ukGauloïs T^riomphant. j2j 

I.e fonds (îu Théâtre eftoic embelly de cette infcriprion, que l'on pouuoit lire à 
loy lir Ce pendant que les enfans iouoientj&: par ce moyen voir en vu clcui d'œil le pro- 
iecldel Arc. 

iE TROISIESME JRC TRIOMPHAL DF LABYRITiTHE TxOTAL DE LA REDV- 
CTIDN DES PRINCES, ET f'ILLES DE FRANCE lARDIN DE L'EVROPE-, RE^ 
PRESENTE PAR LE VERGIER DE'i HESPERIDES, OV HERCVLES ENTRA, ES- 
TANT LE DRAGON ENDORMT, COMME LE ROT EN^SON ROYAVAIE , c/f- 
TRES 4^'E LYON PREMIERE CLEF, ET VILLE FRONTIERE DE FRANCE SE 
TVT RANGEE AV DOVX REPOS , ET SOMMEIL DE SON^ OBEISSANCE. 
ZE CtiESNE. 

CUVANT A LA fabrique de l'Arc il efloit de l'ordre Corinthe ( qui eft tout amou- II, 
leux, &: verdoyant^ a deux faces, rolide,&: de relief: & à mon aduis le plus beau , &: le 
mieux proportionne de tous,&: qui approchoit le plus des Arcs triomphaux anciens, 
que l'on drciloitau triomphe des Empereurs. Il auoitde diamètre quatorze pieds: de 
iour (oubsla clefs,{ezepieds : de large dixlepc: de haut en tout trente cinq. La voûte 
ouployeenl.1 fuifaceeltoit de quinze pieds de long:&: de trente delarge,enrichiede 
fleursdclis ôcchifres delà Royne,&: du Roy. de couleur laune en champ d a^ur. Les 
colomnesdcla première face elloient de lafpe verdjaucc deux thermes de bronze de 
telles de beher.pour les raifons, que iediray après, la corniche iafpce de rouge, &: au 
contraire les colomnesdcla féconde face de iafpe rouge aucc autres deux thermes 
bronlcz : &; îa corniche iafpce Je verd , tous les deux frontifpices du mefme ordre 
Corinthien fîniflcicnt auec rouleaux." tous les picdeftals, & ilylobatcs diuerlîfiez de 
plu lieu rs fortes de Iafpe. 

Il estoit dédie' à lupiter, que Romulus appclla ftator,ipom auoir arrefté cç.% en- JU. 
nemis,qui le talonnoient de près, lupiter enfeigna les mortels agrcftes,&: viuâs com- 
me belles aie rallier,&: mener vnc vie ciuile: à viure i-.lon les loys : à s'entr'aymcr les 
vus les autrci : à cukiuer la terre ; à limiter les pollcflions &c fe tenir chacun chez foy . 

Jnte loueur, mdli fuhigehant nrua coloni 

O^ec jîgnare quulem ant pari in Imite campum 

Tas erat'. in médium quxrehant. 

Chacun en prenoit,où il en trouuoit, per fts^^nefas, iufques a. tant, qu'ils fe laif- 
fercnt inftruire à lupiter & fe gouuerner par (es loys ." Nam rudes c.dhuc populos legibm à 
fe con/fitutis parère perfuafit, diictitles mythologifies parlant de lupiter, lequel la fabu- 
leufc antiquitc,pour cela appelloit le Dieu d'amitié,& de réconciliation. 

lupiter hofpuib:-ij nam te dare iura loquuntur. 

Ce boufon de Lucian le faluëainfijaii commencement defon Mifantlirope, ê ^w 

bon lupin , qui ramaffe"^ 
Les amis j que 'vous cherijfez^ 
Et les nations e/gareesy 

Et les me es difi^ees. 

Ce 



124- Le labyrinthe Royal 

Ce lupirer n cn:oicautre,qu'vn Roy fage,&: puilfanCjqui fceut bien renger fon peu- 
ple, & policei- Ion c^at ; S'ictc ci Tm'Actioi h-Jt-A'-^v thc Ba.7i?Mç. Les anciens , dicl Ifacius, ap- 
velloknt fftpiter tous les Roys. Et de vray le Roy a efté le lupicer de la pouurc France:ellc 
cftoit quatî toute en frichcjiiraculciuee : chacun y elloit mai{lre,&: Roytelec, il aef- 
claircv les bornes &: limites de ce qu'appartenoit à vu chacun : tout cftoit diuifé, dif- 
fipc,cn deI'oidre:ii a remis toutes fcs villes, rallié tous fcs Princes, reconcilié toutes les 
prouinces,&: fadions de fon Royaume : cela a faict prefter c'eft Arc à lupiter. 
IV. PovR LA PARALLEL E, cftoit depcind au frontifpiccjle beau lardin des Hcfperides 
portant les pommes d'or,auec le dragon dormant à la porte , & au dedans du lardin 
Hcrculcs,aucc fa malî'ue Icuant le bras pourenabatreii'ame eftoic cette cy. 

2iE ^'-ATIAS, IJM SPONTE CADENT. 

La flîblc d'Hercules efl:notoire,qui entra dans le lardin des Helperidcs ayant pre- 
mièrement alfoupv le Dragon furueillantjqui gardoit l'entrée. 'Vn de noz Roys inter 
rogcd'vn autre grand monarquc,des finances, que pouuoit bien porter la France tous p 
les ans à fon Prince : luy refponditjquc c'efloit vn lardin plantureux , qui luy rendoiE 
tout autant qu'il vouloic Et au vray dire, la France eil: le lardin de l'Europe , où ger- 
ment les ikursdeliSjOÙ fleuriflent les belles rofes,&: fleurs de Florence: que s'il aePtc 
loylîbleàDenisd'Halycarnallede du'eque la Lombardieeftoit le lardin de l'Italie: 
bien plus le i'cra il de le dire de ce Royaume le plus fleuri{lant,&: abondant en toutes 
chofeSjquefoit en l'Europe, &: duquel la Lombardie autresfois a efté vne petite plan- 
che. Si la France eft vn beau lardin aux ponimcs d'orjqurfonr les villes des plus belles 
du monde : elle à auiïi vn dragon, &. vn lyon à la porte : le dis la ville de Lyon pre- 
mière clef frontière de ce Royaume. Or comme Hercules ayant ou endormy, oii 
domté le Dragon poriier,fut maiftre du lardin déliré : ne plus ne moins le Roy, après, 
que la bonne ville de Lyon fe fut rangée à fa Majefté , &: comme endormie au doux 
repos, &: fommcil graticux de fon obcvirancc,rccouura quaii en vn aillant t( ut le re- in 
fte du Royaume prenant le branllc,&: exemple de cette iidele gardienne , U poi-tiere 
de la France. t 

le fçay bien qu'après lefacre,&: conuerllon du Roy, Meaux fut réduit incontinent 
par M. de Vitry Con Gouuerncur : & que bien tû{\ après fuiuirent Or!eans,&Bourges 
rendues par monficur delà Chartre , l'vndes plus iudicieux, &: généreux feigneurs 
de France ; après la déclaration qu'il en fît a Orléans le leudy 17. de Fcburier de l'an 
1594. nombre encore icy fa uorable à fa Majefté, qui fit vn bel edid fur la réduction du- 
di€c Orléans donné a Mante en Feburi'er,&: publié le dernier iour.qui eft le 28. & qua- 
tre fois feptiefme du melme mofs : toutesfois ou cela n'euft pour encore autre efteft» 
iufqucs à tant que la grande ciré de Lyon le fuft remife.ou fuft après la redudion du 
dict Lyon, que fut leiepticfme dudid Feburier en lamefme année ij94.afin que toufî 
iours le feptenaire fe trouua heureux, & lidcré aux aftaires duRoy. L'exemple de cette 
ville feruit comme d'vn clair phanal.pour ramener au port de la cleméce du Roy tou- 
tes les antres viIîes:oupruftoftd'vne clef, Se ouuerture à noftrc Hercule Gaulois pour 
entrer dansce beau parterre de France , où tout incontinent apres,fa Majefté cueillit 
Jes beaux fruicls de fept autres villes quaft tout en vu coup, Mafcon, Rouen, le Haure, 
Harflenr,Montiuillier^Ponteaudemer,&: Vcrneildefquelles fuiuirent à l'inftantjCotti' 
me vn torrent fans eftre forcées: ce qu'eftoii lignifié par Te mot. 

^J J^'aTIAS, UM StONTE CAPENZ 



w 



tt 



de t Hercule Gaulois triomphant:. 12 j 

Sur la redutîlio de ces fepcy eut lettres patentes en forme d'edidî: du Rov,publices 
à Rouen en parlement ]c 26. iour d'Auril audi£t an. Car de parler de la ville dz Paris 
rcmilc en robey^ance du Roy , fcmble vn fonge pour la nouueauré du faid. Ce fut 
encore à la fin d'vn feptcnaire le 21. ou trois fois leptiefme du mois de Mars de l'an 
luiuant à la première heure du iourcommencementdu 22. &: la fin du 21. au prcmkr 
degré du planète à qui noftre premier Arc eftoitdcdic, afçauoirMars : lors que le So- 
leil accompagné de la Lune volcigcoit par les premiers dcgrez du Bélier, qu'on auoit 
infinué par les rhcrmes de Belier,qui portoient l'Arc : rencontre d'adres merueilleu- 
fcmentà propos pourleluicd; car en premier lieu cet Arceft dcdléàlupiter;&: nous 
Içauons quelupiter Ammonauoit la tcfte d'vn Bclier,de ce que Hercules venant vik- 
ccr ce Roy appelle depuis , comme i'av dict, lupirer, il fe monftraà luy, ayant la telle 
d'vn Bélier fur la fienne.peut eftreen fon cafqucjque les anciens faifoienten forme de 
diuers animaux, pour donner refpouuante à î'ennemy.Voicy ce qu'en penfe Valerian 
au liure io.de Tes Hiéroglyphiques. Al-i^ dicunt arietinum Cdfut ideo Ammonh ejje figmint^ 
quod is AEjypti Rex pr^clara admodiim rébus a Je g^Jii^ in Cilen •ufm fit arïetini capitû in- 
fgKi. Amnt (^ chm HercuU Uh vetnjhfitmo ad eum vtfendi Hudio profecfo Je olim ojleiitaret^it- 
rutinocap!te,que7n mactauerAt 'vertui fHoirnpofito^ù' pelle eai'illoja circïidatumjjeroem alin 
pelle otnicium ndmifijje. Car Hercules efloitaleubîé d'vne peau delyon.En outreje So- 
leil au premier degré du Bclier,où il eftoit lors de la réduction de Paris, commence le 
printemps, faid reuiure,reuerdir,&: raieunir les campaignes, &: les lardins: & IcPaiy, 
que nous auons monllrré tantofteftre vn Soleil, entré dans la ville, qui eft la capitale, 
&: la première entre les villes , com me le Bélier lepremier des lignes celeftes , vcit vn 
nouucau printemps, qui fit refleurir le lardin Hefpcricn de Ion Royaume , comme 
nous voyons reuuire,&: le redorer toute la tcrre,au Icuerdti Bclicr.D'auanragclaplus 
part tiennent , ks pommes d'or, que l'on ditauoir efcc recueillies par Hercules au 
lardin.n'auoir efté autre, qu'vn grand troupeau de brebis, &: de Béliers , qui auoient la 
laine roufle,qu'il mena quant &c foy vidorieux d'Afrique.Valerian,&:les autres ledi- 
fcnt comme cela : & penlcnr que le nom Grec -J-Asi a donné pied à cette fable figni- 
fiant,&: vne pomme,*,: vne brebis : que iî cela cfl: : la rcdudion de Paris foubs la con- 
ftcllacion du Bélier correfpond tout à point à la parallèle de noRre Arc, tirée de 
ce parterre Helperien.- auiTi die on communément Paris vn piradis: &: paradis en 
Grec veut dire vn îardm.Finablcmcnt Ammoneni "jeteres falutU Deumvit Lutiuilouemk 
iuiiaiido dicîitm mttrpntch^'.ntHr^exi^ue juieuno Citpite eundew IDeum.qui cmri'ttmi Jklutï prof- 
•)iceret liy.yh'yTwcç ttitciUgchant . Les anciens, dit Valerian au lieu p-'eallegué.cenoient 
que le Dieu Amnion cftoit le Dieu delaluc , comme lupiterappellé ainli des Latins, 
r>ource que il ayde à tout:voyre aux rencontres familiers ,"ils fe falucient par le nom 
d'Aramon, comme auiourdhuy les Chrcftiens par le nom de Dieu , ou de la vierge 
Marie,&: fi prenoicnt la telle du Bélier pour f) rabole , & Hiéroglyphique de ce Dieu, 
qui pouruoyoic au faluc de tout l'vniuerSjle vray Agneau qui cfivxc les péchez du 
tnondc. 

Qui parle de la redudion de Paris rem'fe en l'obeyllancedu Roy il parle pluftofl 
ilela réduction de tout l'eilat.que d'vne ville, &: du plus grand miracle , &c e/lay de 
démence, que l'on fçauroit lire dans toutes les anciennes Annales,& huloires. Car la 
)orte de S.Denys,&: la porte Neufue,avâr cflé ouuertes par meilleurs de Brifiac Gou- 
lernéur de Paris M. Luillier preuoft des marchansjl Anglois, &Neret Efcheuins.touc 
lie paifible dedans la ville à l'encrée du Roy. qui auoit au préalable pris le fernicnt de 
îous les Capitaines de Tes bandcj^àcc qu'il ne fui; faid tort, ne dommage à aucun ci- 

P to) en; 



i26 Le labyrinthe Royal 

tovcn-.kur proteftancqu'il s'en prendroit aux chefs,&: CapitaiiieSjdefquels les foldats 
fcroienc autrcnienc. Le iour d'après fe faifant fore de Ton incegricé5&: finccrité, qui eft 
le rempart inexpugnable d'va Roy.ôi qui n'a beibing d'autre fbfle, ny Cafemace, il 
cnuo) a autrepart fa gendarmerie pour n'eftre efpouuantable à fcs citoyens,à la fauuc- 
gardc defquels il fe mit,leur gaignant par ce moyen le eœur : eux ne faifans fin d'ad- 
mirer vne 11 haute clemence,&:generolîtcduRoy,qui d'efclauesles rendoit citoyens, 
&: gardes de corps de fa Majefté.Entree quelle fut à la pointe du iourjCnuiron les cinq 
heures du matin : peu apres,cntre fept,& huid, s'achemina droid à la grande Eglife 
de noRre Dame , où auec grande licfle fut recciie des Chanoines , &c baifa la fain£le 
Croix,qu'on luy prefenta fde laquelle le Belier,au(ri au dire d'Hefichius,eft le Hiero- 
olvphique. L^ries vextlli nojlri hocejlcrucii Hierogljphicum ejl,crux vero reetcmptionis (^fa- 
lutps) puis ietté à deux genoux en terre deuât le grand autel,&: leuans (es mains au ciel 
adora la diuinité , &: rendit grâces à Dieu tout puifîant pour le mcrueilleux bénéfice, 
qu'il recognoiflbit auoir receuceiour la de fa main paternelle- Cette clémence eft ii 
admirable qu'il ny a paroliebaftante pour l'exprimer: maison luy a efleué vn Arcà 
part.qui fera le fuiuant,où nous en parlerons tout à loi(ir,comme de la vertu qui rend 
les Roys plus puiffants , que toute autre. Remarqués tandis en paffant que le nombre 
feptenairereuient fort bien au lardinfi nous croyons Philon. Adîoujhs, did-il, htom 
ces fettenaïres le chœur des Pléiades côpose defept ejloiUesJe leuer^é' coucher defyuellcs apporte 
àe grands émoluments aux hommes. Car a leur coucher l'onfojjoye les terres, cjr lardinages pour 
femer : (jr ^ leurleuer, elles excitent les laboureurs à ferrer les fru/cls, defcjHels puis apres^ tls fe 
feruent, pour l'entretie» de leur vie. Phïlon a a.!ppvins cecy de Virgilcjà: des Aftrologues, 
qui en difcnt tout autant. 
V. Les cinq_ EMBLEMES, deux de chafque face.àlaprinfe des Arcades,&: vn au fron- 
tifpice de la féconde face, vifoicnt tousàexprimercequedelfus ^nigmatiqucmenr. 
Le premier, au frontifpicede la féconde hice,efto)t vii globe celeîle.auec vn So- 
leil de fin or logé au zodiaque,au lyon,ce mot auprès. 

RAPIT OMNI A SECVM. 



cla 



le prcfuppofe trois chofcs certaines: premièrement la maxime des AftroIogucs,que 
les cieux fuperieurs font impreifionlur les inférieurs :& les font rouler à leur mouue- 
ment,&; cadance.qu'ils appellent moturn raptus. En Iccond heu, que le Roy eft vn So- 
leil comme auons delîa dit : oL que l'Hercule ancien n'eftoit autre, que le Soleil, félon 
le dire de Macrobe. Troifiefmement que le lyon Hiéroglyphique de generolité fe 
trouua en l'onzicfme maifon de la natiuité du Roy calculée fur fon horofcope du 13. 
lourde Decembre,dansla deux fois feptiefme heure du iour : heure que la Royne fit 
fon entrée en Auignon: &: que le Roy fitlalîenneen cez hemifphere : iedis à vne 
heure lîx minutes après midy de l'année IJ55. Autant Hercules en cecy qu'es autres 
chofes,s'il eft vray ce que tous tiennent,que Hercules eftoitveftud'vne peau de lyon, 
tel que l'on le voyoit quafi en tous les Arcs auec le meufle de lyon fur la tefte,con3me 
entre autres le deicric Euripide en fon Hercule tranfporté. 

2 ToXrw Ti dr,Q$ç d/xP''l2uAMç (tcJ K^pa, 

AÎOVTÛÇ «TJîp CUJJOV i^aTrXi^iTO. 

Ta te couures le chef d! vne peau de lyort 

.^Htrcttl foulait porttr an lieu de moriort. > 

PJufîeutS 



de ïtfercîik Gaulois triomphant. 127 

Plufieurs voyoient Hercules par tout les Arcs,affeublc de la peau du lyon,qui peut 
cftre ne penfoient paSjque cela reprcfcncat i'hoiofcopc du Roy en para-llele de l'habic 
dudit Hercules. 

Tout cela fuppofé , on l'appliquoic à ce que le Rov eftat dans la belle ville de Lyon, 
qui a vn lyon d aLmes,& de nom,cira quant & loy tout ce qui eiloit foubs (x coronne, 
& domeine héréditaire fuiuant les autres villes, 5c prouinces le branfle que leur don- 
na cette cy. 

Le second EMBLEME faifoit vo Ivon dc broHze prcfcncant à Hctculcs vnc Grcua- 
de ouuertej d'vne patC3&: plufieurs fortes de pommes en vn plat d'or auec ce mot. 

n AEc ri m c vs roDitA ca p e. 

Les pommes eftoient (ymbole des villes, la Grenade ouuerte des Princes , qui dé- 
clarèrent prelque en mermetemps leur cœur,& cordiale a{icd:ion,&: fidélité à fa Ma- 
iel^é. Surquoy le Roy expédia Tes edicts remplis d'amour, &; cicmence •• le premier 
fut pour monlcigneur le Duc de Guifc donné à S.Germain en Laye en Noucmbrc l'an 
IJ94. Et puis de monleigneur le Duc de Mavéne donné à Folambray l'an ijs/6.en lan- 
uier:de monleigneur le Duc de Nemours à la mefme année, mefmc mois , &: mefme 
lieu. De monleigneur le Duc de loyeufe, en mefme lieu, année &: mois : le tout Tan 
feptiefrae defonrcgne heureuxpour la reduclion de tous les Pi jnccs;dc monfeigncur 
le Duc de Mercure a Angers au mois de Mars, l'an 1J98. Chacun fçait allez que fit 
Zopyrus pour réduire Babilonne reuoltee foubs l'obeilfauce de Darius Ion Prince, 
sellant faicl tronçonner le nais, &:les aureilles, & meurtrir tout le corps à coups ds 
foiiets, comme le raconte lullin , 6c faifant acroire , que cela luy clloit aducnu par la 
cruauté deDariu?,pour,par ce fl:ratageme;eftre receu des Babilonicns,& depuis y tra- 
fiquer pour fon maiftrc. De forte que lediift Darius tenant vn lour vne Grenade 
ouuerte en main,interrogé de quelle chofeilaymeroitle plus auoir.autât qu'il voyoic 
de grains bien vnis,&: ferrez enfemblc dâs la Grenade, il refpondit Zopyros de Zopyrcs 
c'eilà dire-d'amys non tels quels, mais fidèles, &z vnis comme cela. C'aefté le i\ mbolc 
qu'on a voulu doner à la fidélité, & amour grade de tous les Princes enuersfa Maiefté, 
lefquels du depuis fe font expofés non feulement aux playes , & naureurcs , mais à Ja 
mort,pour fon feruice.ôJ s'y expofent tous les iours. 

Le troisiesme en la féconde face auoit pour figure l'ancien Hercule Gaulois auec 
des petites chaines d'or, defquelles il atciroit vninnobrable peupie.Etcemot auprès. 

STDEREO ^OCFNjn'E roCAS RAPirSTfR i_ÀB i^JESTf^. 

Nous en auons parlé bbfonnans les armes de Nauarre, au chap. premier, où cette 
peinture eft fondee,& expliquée lufïîfàmment. 

Le CiVATKiESME eftoit vn cercle, que les Aflrologucs appellent Excentrique r.uec 
yn grand Soleil au point le plus haut,&: fupreme qu'ils nomment Avge : &c en bas au 
point oppofite appelle oppositvm Avgis, plufieurs autres petits Soleils. Lemose- 
ftoit d'Homère- 

EI2K0IPAN02E2Ta. 

Ccjl ajfez qu'il y Aye vn Fri/icc 
Souuemn en vtis. Trouime,. 

V a. Cetcc 



I2Ô Le labyrinthe Koyal I 

Cette deiiifc eftoit proiedeefur vu plaifant rencontre du Roy, lequel à propos da 
diuiiîons defonRoyaume,qiie l'on a veu depuis trente, &tancd'ansença,&i du dé- 
sordre qu'ont apporté les reformateurs de la Lune en cette monarchie,y ayant autant 
de Dieux que de tcftes,& de Roys que de buyflbns : chacun monopolât à fa phatafie, 
bâtant monoye,commandantà baguette dans les villes du Roy , comme ils font en- 
core en quelques endroicls : à ce propos, dis ie,& fur le fubie£t des autres plus récen- 
tes efmcutes.Ie Roy fouloit dire plaifamment, qu'il eftoit le plus grand monarque.qui 
euft iamais ei\é au monde : car il commandoit à plus de dix mille Roys, qu'il y auoic 
en fon Royaume. Or à prefent fa valeur 6^ prudence les ayant efclaircy , &: les eiclair" 
ciHant d'auantage tous les iours.il efl: comme vn autre Soleil au plus haut de fon cer- 
cle tenant les autres Soleils au bas lieu. 

Le cinqv^iesme eftoit Paris prefcntant vne pomme d'or, où eftoit efcnt Detvr. 

FoRTiORi:alUil1on notoireauiugementdcParis vuidantladifcorde des Deefles.Ap- 

pullee le defcript fort exadcmcnt : l'aille voir qui voudra. 

VI PovR LE REGARD dcs infcriptions.clles eftoientde mcfmeordonnance,que toutes 

les autres. Dans les oualesj& petites frizesà lacimedcs deuxfrontifpices, fe lifoit la 

dédicace. L *i 

S TA rORI 10 VI. 
FORtmAE, REÇUE, ET RECONCILUriONI FRBirM , JC FRINCIPVM. 

II. 
Dans la grand frize de la première facc,ron lifoit ces vers moules fur le prototype 
d'vn Poète ancien. I H. 

SACRVM VOTVM: 

SVMME PARENS NOSTROS OCVLIS EMENSE LABORES^ 
DA VOPVLOS, VRBE^J^'E Mltil, TP'^'E i^NGELE mOR, 
ERIPE ME: VESTRIS EGOMET Tf^'NC VELLER.i TEMPLfS 
SACRA DABO, DABIT AFRATfS, ET CORNIBI'S IGNf 
COLL^ PATEK, Tiïf'EL^E GREGES ALr.UilA CINCENT. 
L'allulîon cft fur l'opinion fort commune de ceux, qui ont lailfé par efcrir,quc les 
pommes d'or qu'apportaHercules.par Icfquclles icy nous lignifions les villes, n'cltoiéc 
autre qu'vn troupeau de brebis à la laine roulîc. Au rond de lArc feruoit cet elo^-e. 

IV. 
ASPICIT VRBES iMMFTiES tATiTl BELLI, AT^'E ÏMPVNE ^lETAS. 
Aux trois coftés du piedeftal à mam droidle.ces trois diucrs dirons; le vers de la pa- 
rallèle eft vn peu diucrfifié de ^tntiu Smymxtts. 

V. 

^nN^ACmTA TORO CAPrr fna nocte fvellas I 

THESPIADAS. 

Ils efcriuentque ThefpiusRoy voulant auoir de la race d'Hercules, illuy donaen 
mariage fes cinquante filles, lefquelles conceurent de luy toutes en vne nuid. 

Aux fainds elcripts à tout couple nom de fille fe prend, pour vne ville: comme 
enEfaye3i. n:e? niJJBï; o-tyj Etli* tran^uilU furgite ^ Pagnin l'explique auec plufteurs 
Rabins , ciuitates tranquUU furgite ^ cités paifMes leués ions ^ & la fuitte de ce chapitre 
monftrc bien qu'il le faut ainli entendre. le nt me veux arrefter à pluiicurs pafTages 
fcmblablcs,tant du nouueau que vieil tcftament, comme cù. celuy la , dicite filU Sion 



li'E, 
[Y 

TJ 



I 



eece 



de l' [£ercHle Gaulois Triomphant. i2p 

eceeRextuui. Lâchoreefl:claire,& lapreuueenferoicfuperflue. En ce vers deSmvt-- 
nec l'on auoic voulu fignifier que les villes filles de France s'eftoienc foubmifes au 
Roy en vn momenc. L'autre infcription Grecque prinfe d'Homère parlant de Trove^ 
vifeà la ville de Lyon,dc laquelle la Troye Phrygienne ne feroic pas le faux-bourg. 

VI. 
T^IAOMUN nOAEflN KAHIAA2 ANEI2A, 

Tay ounert toutes les fortes , 
De toutes les ailles fortes. 

La latifie eftoit cette cv,de Virgile. 

VIL 
OMNES 
ABStrLir HAEC ANIMAS DEXTRA^ET TOTIDEM EXVIT ARMIS. 
Les trois fuiuantes pour le piedeftal gauche: defquelles la féconde demeure expli- 
quée de ce qu'auonsdid la liaulc: la première', qui eft parallèle applique la vidoi- 
re d'Hercules obtenue furies Amazonnes.à celle du Roy furies villes. La chofe eft 
manifelle de foy>lans que ie m'y arrefte d'auantage. 

X. 

FFNDITFS HERCVLEIS SVPERANTrR AMAZOUJS ARMIS. 

XL 

OASAN TAN AFEAAN nANT' AA 2EA KAI NOMON ESEI2. 

Tu auras tous les troupeaux 
Les forés y ft^ les couteaux. 

XIL 
HVSC CIRCVM INNi'MlRAE GEIiTES, POmi^'E roLABA2(T. 

Dans la grand frizc de la féconde face eftoit efcrite cette infcription à l'antique 
impériale. 

IIL 
HEXRICO IIII. REGNI GALLIARVM PRINCIPI TVrELARI, KESTimoRI^'E: 
\_LV Oro CVM DIl^ FrfRTFNA CFM yiRTp'TE CERTASSENT VTRA riNCERET, 
Vra.A^E riCIT. i^hCf^M HFNC SFA DP'LCISSIMA GALLIA POSTLIMINIO 
KEDFCTA DICAfir. ' - 

Plutarquea faid vn opufcule fort beau de la vertu , & fortune des Romains tant 
precliee parles dodes anciens. Qui voudra auoir lepafletemps de le lire , & l'appli- 
quer à parfoy à fa Majefté , il verra que cette infcription euft de là fon'fuiedi : &: 
donnant vne œillade fur les euenements des guerres, &c autres faicls de fa Majefté, fera 
bien perplexjà qui il doit donner le de/Tus : ou à fa va'ieur.ou au bon heur, qui le fuit 
en toutes (c^ entrcprifes:& m'âfleure,que fî quelque bel efpric prenoit en main ce feul 
argument,quc ie luy ouure,en cette antithefe de fortune, &: de vaillance , il y trouuc- 
•roit dequoy,& vne raoiftbn plantureufe pour y exercer fes belles inuentions. Pour ma 
part, ic crains d'cnnuier par prolixité. 

P 5 Au 



o 



Le labyrinthe Royal 

Au rond de l'Arcdde fe lifoic ce vers de Virgile. 

IV. 

irVAT IMBRIBFS i^CTlS 
mOGENlEM PARVAMy DVLCES^VE REVISEKE NIDOS. 

Appliquez le aux bannis, & exilés en ces derniers troubles , qui retournèrent cha- 
cun chez Iby, après cette redudion des villes de France : ou à fa Maiefté carefl'ant fes 
vi!]c<;,&res rubieds,enfans defonfceptre.Les Infcriptiôs des deuxStylobates eftoiec 
telles. Les trois premières pour la Royne,les autres pour le Roy , toutes fur la reddi- 
tion des villes. 

V. 

Va^A lAM rBLLVS ERIT: 
TiVLLVS FER VBBES EMAT i^RCADlCAS LEO. 



n 



Le plus grand mérite d'Hercuîcs,le triomphe le plus prêche , & recogneu des an- 
cien s, &: qui lu y a apporté plus de gloire.fut d'auoir deliuré quafi toutes les villes du| 
monde,dcs guerresj&; des monlVccs, qui lesmfeitcient, reuniiTant tout î'vniuers eu 
vue bonne paix par fcs vidoires. Ce vers ell de Seueque, & cectuy cy de Theocrite. 

VL 

MAAA TEA OPriTISTA TAAE XNOAONTA. 

Zhz^ doux-fluirantes pommelles 

Vom fleurij^ent des plus belles. wkïi 

i^ETERNA^E FERGAMA SBBVAS. 

X. 



HESPERIIS ARMENT A , GREGES^E ^BDfClT AB OBIS 

A MPHrrRIGNlADES. '% 

Hercules emmena auecque foy les troupeaux, &: beftail du Roy des Efpaignes : le 
Roy a recouuertes fcs villes occupées parJ'eflranger.Tantoft nous diiî5s que les pom- 
mes Hciperides n'elloient aune que brebis. 

XI. 
AOAEKATON A EKOMI22EN E2 EAAAAA XPÏ2EA MHAA. ,, 

Le dou%iefme labeur d'aAlcide \ 

Bfi la ^omme d^or Hejperide. ^ J 

Et vn peu plus bas cette fcntcnce de Py thagore. 

2TE*ANON MH APEnESeAL. 

S(f^s fné deformaù , que perfonne \ 

jS.e defmemhre plus la coronne.. % î 

X I L 

OFFIDA DrClT I 

jrREA NFNC , oLIM SXLVESrBJBVS BQRRLDÂ DfMIS.. 

Hes 






La 



m!ii 



iJn 



de F Hercule Çaulois triomphant, iji 

Les huid Anagrammes des autres codés des Stylobaces,&: cÔpartimeiits des fron- 
tifplcesjporcoient au mefme blanc,que Ion s'eftoit proposé en cet Arc. 



VIII. 
HENRI DE BOFRBON. 
DE BON ROr BON HEVR. 
O. Rejeté. 

IX. 

HENRT DE BOVRBON. 
NE ROT DE BON HEVR. 
B. En E. 

VIII. 

\H EN RI ers BORBONIVS. 
\en en cor ORBIS HVIVS. 
B. En E. 

IX. 

henricfs bo rbo Nirs. 

VRBES honore FI 2^01 S. 
B. En E. 



XIII. 

M A P I A M E A I K I A. 
M a' K A P A f A E l' M r. 

XIV. 
UliARIA DE tJiiEDICT. 
lMADRE de I f^MICI. 

XIII. 

(JlfARIA DE CMEDICIS RECINA. 
DA REGNIS ^MICIS REMEDIA. 
S. Rejeté. 

XIV. 
UllARIA lMEDICE A. 
i^AïEB A MICA DEI. 



Le premier, fccoiid,& rroinefme correfpondent à la dédicace , & à l'infcription de 
la féconde face: car le Grec Ma'xcy cT^'eJ/yj, fignifie, le fuisvne heureuÇe Deejfe , &: s'ac- 
corde fort bien auecceluy du Roy.Lefeptiefme en^en cor orhis huïm: tenez, voicy le cœur 
\àe ce pays, s'addreiîe, &: parle au Royjuy prefcnrât le cceur des villes de fon Royaume, 
'&: iymbolize auec le iardm des Hcfperides. 

La coron ne pendace de la clcf.cftoit de peuplier que l'on peut appeiler ciuique pre- VII. 
feree.auiugcmct de Pline^à la corône d'or,&;qua(ià couteautre.&donneeauec beau- 
coup de circonfpedion de mérites, &: de loix, que le mefme Pline rapporte : qui ciuera 

nlun fentarc.qumt hojlem occidere.'Lcs villes auoient cftees ennemies du Roy:il a mieux 
aymé les fauuer par fa clemencCspource que elles eftoient ks villes, que de les perdre, 
pource que elles eftoient fes ennemies. Difcourés par routes les autres circonftances 
de la coronnc ciuique, & vous verrez qu'elle eftoit icy en fa place. Dedans l'ArCjà co- 
'fté d'vne colomnc à l'autre , luy feruoit ce quatrain eicrit en grofle lettre rouge Ro- 
maine. 

LE PEVPLIER 
POVR LE lARDIN DES HESPERIDES. 

^AND HERCFL EVST GAIGNE L'AILE SERPENT PORTIER y 
DF JARDIN HESPERIDE AFSSl TOST IL TVST lMAISTRE : 
L^INSI LTON GAIGNE, LE ROY DE SON FEBGIER , 
D'OF CE PEFPLIER IB PRINS POFR DESSFS SON CHEF METTBE. 

Vis à visa l'autre flanc,au dedans dcTArc cet Epigramme accômpagnoit le qua- 
train. Il eft en Latin commun, mais efcric auec cbfres anciennes . defquelles on tient 



IJ2 _ Le labyrinthe Royal. 

^ue CarfarrereruoiCjpourdiflîmuIerresmiiruics. Touclefecretconfîfte à mettre ces 
cinq confonantcs b. f. k. p. x. au lieu des cinq voyelles a. e. i. o. v. 

BLCkDFS DPMicTP, LFGlcT BXRFB MBLB, DRBCPNF 
HFSPFRkDXM QXPTQXPT FLPRfcDXS HPRTXS HBBFT. 

BXRBTPS^'MXNDk FLkSkXM FFRT GBLLkH FRXCTXS: 
BXRFB XFRNBNTk LkLkB FFRTQXF SkNX. 

PFRXkGkL HBFC PBTXLkS LFP SFRXBT PLFNTkB XBLXkS 
NFMP NkSk BLCkDFS GBLLkCXS kLLB LFGkT. 

Ils fe lifent ainfl. , 

ALCIDES DOMITO, LEGIT AVREA MALA, DRACONE, 

HESPERIDVM QVOTQJOT FLORIDVS HORTVS HABËT: 

AVRATOS MVNDl ELYSIVM FF.RT GALLIA FRVCTVS, 
AVREÀ VERNANTI LILIA FERTQVE SINV. 

PERVIGIL HMC PATVLIS LEO SERVAT OLENTIA VALVIS 
NEMO NISI ALCIDES GALLICVS ILLA LEGIT. 



LARC 



CLE^ / xn/^ RE G 15 1^3 




^3S 





L'ARC QVATRIESME DV 

LABYRINTHE ROYAL- 

T>e LA CLSMSKce df rot. 

CHAP. XII. 

L'emboucheure de la rue que l'on appelle l'Efpicciie.en la place 
des encheres/a MajeilépafTa le quatnefme deftour du labyrin- 
the, façonné fur le quatriefme Arc triomphal. 

Le desastre y fut, en ce que ce feul Arc Ce trouuafans Ton 
theatre.que deuoit eftre félon le proied.qu'en auoic efté faicl, le 
plus beau. L'on l'auoit defigné en dcmy rond en façon d'Am- 
phithcatreauec vn ordre de colomnes, & corniches difpofces à 
pans en figure hexangulaire. La faute y fut de toutes parts. La 
Pyrrhiquc s'y deuoit ioiier,qui elt vne danfe d'armes , &: de boucliers au fon des in- 
ftruments,Royale.trefancienne,&; plus maieftueufe,querindoâ:e populaire ne penfc- 
roit pas : ny ayant quafi feftin ou des Dieux, ou des grands Héros chez les Poètes, où 
elle n'aye efté vfurpee." &; nommément ^qui faiioit fort ànoftre propos^ es nopces 
d'Hercules, auccquc Hebe .• ainfi que nous l'enfeignoit tantoft Epicharme ; que Mars 
y auoitioiié la Pyrrhique^SixfoIdats Italiens fort experts à l'efcrimej&à laMorefquc 
l'auciét entreprinfe par le cômandement de môfeigncur lo General, le feigneur Blaife 
Capifucco Marquis de Poggio Catino.qui a monflré en toutes occurrences, vn zèle, 
&: vne atFeâ:ion extraordinaire,'! ec que routes chofes fuflent deuëment , & magnifi- 
quement agcancees en cette entree:iufques à dire entre autres vne fois, requis de quel- 
que chofe concernant ce fiiiâ: ; que non feulement cela, mais qu il falloir faire , dire, 
renuerlcr tout pour receuoir auecque folcnnité le R oy, &: la Roynetôc que l'on fe gar- 
da bien de mettre en arrière rien de ce que fe pouuc it faire , ou prétendre de fa part. 
Neantmoins l'vn des principaux de la partie de cette P^'rrhique manqua au beioin, 
par indifpofition de maladic^laquellelefurprint, peu de iours auant l'entrée: dequoy 
ayant eu aduis,on brocha à la hafte , W". fccne lambique fur l'Hercule Gaulois deli- 
urant la France captine^à' deroy r^.orte,g arrotee contre vn rocher,auec force chaines 
d'or.animee&remife en fa première fan:é par vn breuuage de la celefte Ambrofic, 
qu'il porteroit dVne main dans vn val'e d'or,iettant,&: femaru à 1 entrée du Théâtre la 
dragée à pleines mains. Toutes lefquelles chofes deuoient reprefentcr,que le Roy par 
fa clémence a donné la vie, &: la douce libertés la pouure France engagée dans les 
chaincs,& liens de tant de malheurs. Mais icy encore y euft du défaut : car on ne perrt 
iaraais 11 bien faire, quedeioindre ceux,quienauoictlacharge:ou defi bié pouruoir 
aux afi^aires,&; anticiper la commodité, qu'ordre fut mis à temps de drefîer le Théâ- 
tre: & par ce moyen fur rompue en luifuerie la fuitte de npftre proieét. Cependant 
l'argument de 1' Arc,qui deuoit eftre au Théâtre comme les aucres,fut au défaut de ce- 
la, affigé fur la tapifleric à cofté eu ces termes. 

Q L£ 



is6 Le labyrinthe Ko^d 

LE .^'JTRIESME i^RC TRIOMPHAL Dr LABYRINTHE ROYAL : OV S'AGIT 
DE LA CLEMENCE INCOMPARABLE DV ROY, ET i^MNISTlE GENERALE, 
^E SA lMAIESTÉ v^ TAICTE ^ SON ROYAUME, TRIOMPHANT DE SOT 
MESAIE, APRES AfOIR TRIOMPHE' DE TOVS LES AVTRES, ET PLVS EMBRA- 
SÉ DE L'AMOVR DE SES SVBIETS , J>rE L'ANCIEN HERCVLES DES FLAM^ 
MES D'OETA, J^l LVY APPORTERENT L'IMMORTALITE'. LA Cm^E DE 
CHESNE. 

II. L'ordre d'architectvre cftoit Corinthe, les colomncs de lafpe verd auec Tes 
deux thermes à la telle de lyon^ÔL: pieds d'agneau : pour les railons , qui fe déduiront 
après : le coronnement,& tout le reftc n'eftoit guiere différent des autres. La hauteur 
de 25. pieds. Le iour foubs la clef de dixfcpt.Le large de quatorze.^ 

JII, L'arc estoit dédie' à MinerueDeelFe de toute humanité, qui efloit femme, & 
enfembic armée: mariant le fcxe féminin humain de roy,& affable, auecla terreur de 
Ton Egide, & Gorgonnc : elle eftoit Décile des fciences humaines, ainfi appclIees,pour 
ce que elles appriuoifent les efprits. Homère, &: les Athéniens la nommoient ciuile, 
& courtoife,autrefois ActoKslam c'eftà dire, qui rapue,& garde le peuple: luy donnant 
des veux gratieux,&benins,&: la dépeignant aux portaux des villes, aux Galeries, & 
bibliothèques des vniueriîtcs,aux temples les plus Auguftes de leur ville, bref en tou- 
tes leurs monoycs,&: médailles- Pour ces caufes on l'auoit faide feruir à reprefenter la 
douceur, &c clémence nompareillc de ce Roy guerrier , &: Martial, qui a marie deux 
chofes il diliantesl'vne de l'autre: comme font la terreur, & horreur de la guerre, 
auccque la douceur : le fafte,& gloire des viâ:oires,auec la manluetude, &: debonnai- 
rcté, vertu tutelaire du pouure Royaume de France, 
jy HervclEs embrase dans les Bammes fur la croupe du mont Oeta,&; de là rauy à 

\ l'immortalité, auoit fourny la parallèle auec ce mot. Hoc solo seipsvm svperat. 

Car ce Dieu fe voyant au deifus de tous (es ennemis, tout le monde mis en paix par 
fon moyen, tous les monftres vaincus, lunon au roi!Ct,Euryfthce au bout de fon rolle, 
n'avant plus ncn à luy commander: ce cœur généreux trouua en foy mcfme,fuic£t 
d'vnevivHioire bié plus difficile, &: ardue que toutes les aurrcs,s'enançat dans les flam- 
mes,^ par ce moyen furmonrantceluy,quiauoit fubiugué tout l'vniuers, qui cftoit 
luy mefme: ny ayant autre ennemy plus vaillant .ifurmonrer: puis qu'il auoit faidte- 
ftc à toutes chofes : iufquesà brauer la commère des Dieux. Ce grami difeur Romain 
Ciceron parloir comme cela de la clémence de Iule Ca'far. luy rcmonftrant que par ' 
fes batailles il auoit veincu autruy : mais que par fa clémence il dcmeuroit vidorieux 
de fov mefme. Cxteros quidem omnes vivons bellorum ciuihttm iam ante ttqttitate^f^ miferi- 
cordi/t viceriU : hoduruo vero die te ipfum vicfii. Ippim l'i^orimm vicijfe vtdcrii : cuw ea ipfa 
quj illa crut adepta viciis remifjli. Nam cum ipfitn vtéhru condicicne iure omnes vicfi occidif- 
femut clément i£ ttix iudicio confnu ati fttmus. ReEie igitur •vntii intticlui es , 4 quo etiam ipfnts 
vicforU condicio, vif^deuicfa ejl. Vou^ auiès aupamunnt^àx^oit ce grand homme , veinctt 
tcttt autre^que vota : mais atiiourd'huy vow vow ejles furmonté loui mejîve : ^ aués triomphe 
de U viBoire me One, ayant pardonna aux vtiwîu ce e^u'el'e aanit gngné de bonne guerre : d'au- 
tant otue nom e^iom tom perdus par droiiî de victoire: mais vojlre clémence nom k conferue's', 
A bon droict doncqties vom eHes feul intmcible,(^ fans pair: pui^s que vous aués furmonté ton-, 
te mefiire , ^ droi£l deviSloire. Voila comme cet Orateur arraifonnoic ledomteurdu 

n.ondcCarfar. 

S;re. 



âe l'Hercule Gaulois triomphant. 137 

Sire, fi par mcfauanture, ou par cas fortuit, ces miens cayers iettcs fur quelque 
table, tomboienr encre les mains de voftre Majeltc ; ne defdaignés pas deicctcr les 
yeux fur cet ArcenpaffaMt; &: permercés moy,quifaislc moindre de tous voz hum- 
bles fubieds,de vous dire auec beaucoup plus de raifon,Qns comparailon.ce que Ci- 
ceron dilbit à Ca'far,qui n'cftoitqu'vne ombre de voftre vertu, &: clémence, puisque 
là ne s'agifîoit,que d auoir pardonne à vn Marcel citoyen de Rome:ou il me faut par- 
ler,ou beçavcr pluftoft de voftre mifericorde.qui a donne la vie à plus de cent miliÔs 
dcFrançois voz fubiects, que vous rcn iés entre vos mains,&: à vnRoyaume tout entier 
fî peuplé, & fi vafte qui vous auoic faicl la guerre fi roide- Vous l'aués pluftoft embrafie 
que d en cftre prié,&: requis : & lors que moins l'on euft ose 1 efpercr. A l'entre de Pa- 
ris voftre Majcfté outre la bénignité, &: mifericorde dentelle vfa enuers les citoyens, 
elle enuoia fains&i fauues les Efpagnols, Italiens, Vualons, Lanfquenets.pUis aymanc, 
& louant voftre douceur qu'ils n'auoient redouté voftre valeur en bataille rangée. 
Vousfiftes vnedictdamniftieeternc'le,& pardon gênerai de tous lescxcés,&:crnnes 
attentés, non feulement en cette ville la, mais en tout voftre Royaume , qui auoient 
eftc en grand nombre. Et bien que la gloire de cette clémence (oit telle. que tous les 
beaux e(prits,&: tant de bouches d'or de ce Rovaurrie en voulans parler , y ont perdu 
l'efcrime : elle eft touresfois fort diflcmblable à voz autres trophées, &: martiales lou- 
anges, qui fe peuuent amoindrir de parol'es,extenuer par les meidifans,communiquer 
auec les foldacs, attribuer aux cueneméts,paliier des cas fortuits. Et certes en guerre la 
vertu des foldats , la commodité du champ, le fccours des confédérés, les troupes, les 
prouilions, les ruics, le rcmps, le heu y ont bonne part. En ces mémorables fieges de 
Paris, de Chartres.de Rouan, de Drcux,de Laon,dc la Fere,&: d'Amies, à la reconque- 
fte de la Bourgogne^.: tant d'aurres piouinces de ce Royaume, au rcftablificmenc de 
c<:.x. eftat acablé,à la cure de cette police altérée, &: cacochimc, fi meilleurs les Princes 
du fang,fi les premiers officiers de h coronne, (\ vue bonne multitude de Cardinaux,, 
Eue('ques,Abbés,,Mag!ftrars hommes de robhc lôgue en tous cftats,fi tant de lecours. 
confederés.Suinés,AIcmans,& Italicns,fi tantde valeureux capitaines,&: foldats, qui 
fetrouuerent aux coftés de voftre Majcfté, n'cuficnt faicl cette fainéte reiblution de 
fauuerlacoronncà cclijv,à qui Lin.uuro l'.uioit donnée, de n'abandonner iamais foa 
Prince: fouffrir toates fortes de trauaux : trauerfer&; franchir tant de difficultés: lui- 
ûet à corps auec tant de dangers,tant de perces,& rifques de vie.dc biens,d'honneur, 
&: rcputation,quelHercules,&: fut il encore tout autre,que les Poètes ne chantct.eufic 
peu refiilcr au torrent,mais bien au rauage d'vnemet i\ enflee,5<: fi tempeftueufed'vn 
il grand Rovaume,flotant de tant d'endroits, agite de tant de vents, remply de tant de 
fyrtes,&d'efcueils, où Alexandre le grand eufiefaid naufrage vn million defois?Mais 
quant à la gloire qui vous rcuienc, S i r E,de voftre clemence.il n'y a compagnon au- 
cun: le tout vous en demeure: ny la valeur de ces Princes,ny le courage de lanoblef- 
I feny la fidélité des confédérés, ny le confei! des robes longues : pas vn de ces Colon- 
'nels,pas vne de ces belles croupes,ia'y ont que voir. Et qui eft bien d'auantage , la for- 
tune tant vantée des Poëtes,n'oferoitfe donner auccqi-ie vous aucune parcelle de cet 
honneur,elle vous le quitte: elleconfefl!*e quec'eft du crcu de voftre feule vertu , &: 
qu a vous feul, après Dieu. en appartient la gloire.Les hiftoriens ont loué , d'vn accent 
merueilleufementgraue.auec grand appareil,&: piafe Alexandre le grand , de ce que 
ayant prins en guerre lafcmme,&: les filles de Darius fou ennemycapitalJcs plus bel- 
ks cteatures de leur temps, non feulement ne les toucha,&:neleslaifaenrien deJeur 
honneur »mais les Iionnora,& carefl'a comme feurs : les laifla viure en leur cftat;&: pri- 

0^2, ftine 



/j<f Le labyrinthe Royal 

ftincgrandcur,appellantIaRoynefamere,&: les fiilesfcs Ccms. Née qulquam ex prlfii»£ 
fortunx magnijîcenfia captiuù prêter fduciam defuit. Mais qu'eft cela,ci'auoir fauué l'hon- 
neur à vnc poignée de femelles,au regard de ce grand monde François, qui tient la vie 
de vous,&: rcleue fon faluc,&: repos de voftre clémence? Aufll certes,cctte vertu eft hé- 
réditaire à la race de Bourbô:domcftique, &: intrinfcque àcel'ang Royal, &:celc(le de 
S.Loys: naturelle du touCj&infufe à voftre Majefté. Et me fouuiensàce propos que 
me trouuât au difcours que fut faid de ce labyrinthe,&; dciTein airecque monfeigneur 
rilluftriflime Vicelegatd'Auignon, qu'il voulut entendre de poinden poinâ:, pour le 
grand loin, qu'il auoit,que tout allait bien , il print vn lîngulier contentement en cec 
Arc érigé à voftre clémence, difanc que c'eftoit la vertu naturelle fil vfoit de cetermc^ 
de voftre Majefté : &: que tout l'appareil luy agreoit merueilleufemenr(ne fe pouuanc 
difoit il, inuenter fuicd plus propre,& conuenable au Royj mais cette partie plus que 
toutes les autres. Voi autres vertus, Sire, tant acquifes, qu'infufesquelamain libé- 
rale de Dieu a élargies à voftre Majefté,la rendent redoutable aux fiens, & effroyable 
aux eftrangers:mais la clémence la rend aymable aux vus, &: aux autres: &: faiâ des 
effcds admirables es cœurs de vozfubieds, que vous ne voycs&nerçauez pas. Ho- 
norez, Sire, en vous,cette vertu non moins honorable à voftre front,que le diadème, 
qui l'enuironne •• &: s'il eft loifible de fe chatouiller de la beauté de quelque gloire.ay- 
me2,prifez,& hauflcz cette cy par deftus toutes : qui vous a acquis, vous accroift , &: 
vous garde.vous accroiftra,&: gardera toutes les autres. 

Mais fi noftre nombre feptenaire s'eft rencontré tout à point aux Arcs precedens : 
encore mieuxenceftuy cy confacréàMinerue, Se à. la clémence inuiolable du Roy. 
Voyons cequ'en efcrit PhiIonIuif,& après luy Bungusiceluy la en fa Cofmopœie,ce- 
ftuy cy en fon feptenaire s'accordant de mot à mot auecquePhilon, duquel voicy les 

paroles, /AOVaç ^i coq ipnv O i-Tnà, huTi yiVva,V ?dpUKiV, OJTi yé^VCùâOj' àî W atiloM 01 /J&IJ à!}\Aoi (pl~ 

voLf KÔy>ç\'Xp-i' 01 cTï TTudzf^fi^C'iOi Ta )î^/^ivi tSv (WjUnvi'Jfor.'jTc k^ /boin')ivvcù.', yjiTi "^fvi'w/Mvov 

àxmrov jui:'c-t,cc(\. à dire Le Jettl feptenaire a cela de propre ^de ri engendrer aucun antrenom- 

hre,^ de nejire engendré : qiia efié la canJeqKe les autres fages comparent ce nombre à O^i- 

nerue^qui n'auoit point de mere^^ ejloitvierge enfentee,cmie difevt les fables ^du cerueau de lu- 

piter: maif les rhilofophes le comparent à Dieu principe de toutes chofes : car ce qui n'ejl en^en^ 

dré^é' ri engendre ne fe meut point. C'ed le dogme de Philon , touchât cette propriété du 

feptenaire, d'cftre immobile,&: inaltérable, comme l'auons monftré au premier Arc 

au quarréde Mars,& en ceftuy cy,cn la clémence immuable de fa Majefté. 

V. Pline parlant du Roy des Abeillcs,di6t au li.ji.cha.ij.perfonne n'a peu encoresfçauoir 

iufquesàmaintenant Ji le Roy de Abeilles portait aiguillon^ eu non \ ou s'il ejtoit feulement mt- 

mi de ft* MaieUé: ou fi la nature le Iny ayant donné, il ne s'en férue pas : iflud conffat Irnpe- 

ratorem acuteo non vti. Cela efl notoire a totts que ce Roy ne fe fert iamais de l'aiguillon. D'icy 

on auoit tire le premier emblème dépeint au vuide de l'Arc, quieftoitvn lardinauec 

vnc cruche d'Abeilles voltigeantes tout autour , àlafuitte de leur Roy , auecque ce 

^'^^' NON HABET, AVT N^N VtïtVlK ILLO. 

Le bon Tiberius Emperetir remettant fon Empire entre les mains de fon gendre 
Maurice, s'en feruit en la belle harangue,qu'il luy fit.que Nicephore rapporte au liur. 
iSchap, 6. Voicy la fimilirude, & les documents qu'illuy donne, qui dcuroienteftre 
peints en huile, cnlapoi6trinedetousIesRoys, qui défirent heurcufcmeut, & lon- 
guement rcgncr. Le fcepire Impérial , diCt ce grand Prince, nom admovefie de n'exercer 

\nt 



de t Hercule (gaulois triomphant. jjp 

vf$e futjfmce immotieree , ér tjr*nnique en nofire gouuernement , »ins flupo^ vneferuitude 
fpiendide.^ue lu tlemenccé" mifericorde commandent à la cholere,(jr ta crainte à l'arrogance. 
Car la nature a donné aup des Rojs aux A(>eiUes,quelle a armes d'aiguillon, comme d'vne puif- 
fance naturelle ^^ fpntanee pour fouuoir pic[uer, s' ils veulent, Us defibejjfans, é- refraEi aires: 
Sed apis minineTyrrannicii^veritm communi vtilitaticommodum, ér iujhm aculeu hahef.maU 
cette bejitolle n'a pas vn aiguillon tyrannique,é- violent, ains équitable , é' dftifant au bien^ ér 
profit de la chofe publique. Ce bon Empereur, croy-ie, Te fouucnoic de l'cnfeignemenc 
que Antjgonus donoic à Ton fils violant,&: afpre par trop à fes fubied:s,';t-;t oh^ct, Snm, 
TYiv ^xa-i\^ct» ^fAMv tvJh^ov ij) è\MiM;ne fçais tu pas,mo fils,que noftre Royale puifTance, 
& grandeur, ne (l qu'vne fplendide,& belle feruitude, & efclauage, ou bien , comme 
Pindare rappellc,vne illuftre mi(ere,& apparence? 

Cette deuifedonquesexprimoit icy l'efïeâ: contraire de la clémence du Roy, la- 
quelle luy a gaigné plus de cœurs,que fes canons de citadelles '. luy a apporté plus de 
vidoires,que Ton efpee de triomphes : luy acquerra à la pofterité plus de lauriers, qu'il 
n'a acquis par fa valeur de palmes,&: de trophées : & en fin aeftclefeulpiuot, qui luy 
a aflcuré,& alfcurera ion eftat.Qui voudroit ramaflcr tous les traiûs de fa clémence, 
mefme de la plus fine.qu'il a exercée enuers ies plus grands,&: capitaux ennemis.il en 
feroit vn gros tome,&: ne fçay s'il en trouueroit le bouc,& la dernière période. 

Le second emblème de l'autre coftc,e(loit vn Elcphant,rcfaifant faire place dou- 
cement , auec fa Trombe, à vn troupeau de brebis qui fe trouuoit à fon pas. L'ame e- 

. oit te e. CLE MENTI A PLVS^AM MEDICAEA. 

L'on dit, & Plutarque en eft daduis au iz. Sympof que l'Eléphant comme il eft le 
pîusgrand,& le plus effroyable de tous les animaux, il eft aufiî le plus humain, & clé- 
ment : Cï que marchant parmy quelque troupeau de menu beftail,principalement fi ce 
font brebis, il les deuoye deça,&: delà auecque la trombe, pour ne faire mal. Que s'il 
rencontre au dcfert quelque homme perdu, & efgaré , il fuy fert de guide, & le remet 
en chemin. Le mcfme Plutarque raconte encore vnc chofe plus merueilleufe que 
toutes celles cy: c'eftqueà Rome, pallant vn Eléphant paimy vne troupe de ieunes 
enfa!is,qui le ioiioiencil fur piqué en faprobofcidepar l'vn d'iceux : d'où iuftement 
irricc il encnicua vn pour Icilancer en hauf.maisoyant le cry lamentable de fes com- 
pagnons crfraycs du dclallre de ce pouure iuuenccau , & entendant leurs plaintes , fe 
contenta de les auoir intimides , remettant doucement le patient en terre , fans l'of- 
fenfer tant foit peu, que de la peur. Valerian rauy de cette clémence de l'Eléphant en 
tire cette conclufion, au li.z. Puif quedonques l'Eléphant fcmble efire l'idée,^ modelle d'vn 
iujle , CT" modère gouuernement : Aient o Regii nomcn tum ob altas virtutes^tum ob hanc ipfam 
r*ianfuetudinem,atque clemcttam adeptus efi: C'est à bon droici qu'on luy donne le no de Roy en- 
tre les animaux,tant pour fes autres vert us, que pour fa manfuetude, ^ clémence plus que pour 
autre. Marc Antoine Empereur furnommé le Philofophe difcic qu'il ny auoit chofe, 
qui rendit plus rccommandable aux nations vn Empereur Romain,que la clémence: 
& pour ce il ne voulut iamais permettre,que l'on rudoyât nô pas melme ceux, qui s"e- 
ftoienc reuoltez contre kiy. C'eft cette vet tu, laquelle mift Ca:far au nôbre des Dieux, 
confacra Augufte,furnomma A ntonin le débonnaire , érigea les ftatues auec des Ele- 
phans à Maxime Balbin,&: Aurelian Empereurs trefclcmês,& humains. Bref qui feu- 
le immortaliferaHenry IIII. noftre Prince fouuerain,& luy acquera à la pofterrité l'hé- 
ritage d'vn furnom de trefcourtois,&; trefmifericordieux monarque. Le Uit^on. 
Clementia plys qv, a m m e r» I c .« a. 

a 3 E^ 



l'^o he labyrinthe Royal 

Eft fonde fur ce que les hiftoriens dienc de la clémence admirable de Clément 7. de 

Medicis, laquelle de fon viuar,efl:oic défia tourné en prouerbc,come il fe préd auffi en 

proucrbecn cet endroit, pour fignificr vnc clémence incomparable. Picrius au liu. 43. 

l'admire en ces termes. Frimam Clementu Uudem , &tnte nojlra tultt lulm Mediceus prin- 

cefs nojier^qni finiulac Pontifex Max. eleclm., atque Çalutatm eji, omnium Jlatim , ^ exrum 

quidem atrocipmarum iniurinrum oblit us, ij s omnibus è'VfJîigiopepercit ,quos aduerfarios ha- 

kuerat iniquipmos^quîque no bonis ta,ntHm^^fortunis eitts,fedcJrvif<g,tModis omnthtn^wfidiati 

ftpittô fuirant. ^uare Ciemenîts nomen (^ tutnU manfuetudinis primus perpetuùmque moni- 

mtntïi ajfuwpjit .}it plus bas, fede^im hoc negotium nlijs relinquemiis eam fmlje mUri Princi- 

p/is clément lam prof(fi,vt vcl hojtes ad eam Mernis literarum monimentis celebraodam iwpul- 

Jitrajit. 

'1. L'inscription dcdicatoire eftoit ainfi dans roualc,&: petite frize. 

I. 

lminervae cratiosab laossoae. 
^ II. 

INCOMPARABILl CLEMBNTlAE REGIS, 
Voicy l'infcription triomphale de la grande frize. 

m. 

rotO Sf'SCEPTO PRO SALVtE HENRICI IlII. CLEAdENTlS, PII, OPt. i.MAX. 
CVIFS INFICTA nRTFS t^ NE Ail NE NISI ^ PIETATE SVPERATfR. OB CI- 
rEIS SERVATOS, IliirRIAS^E DIVIN A AMNISTIA RECNO CONDONATAS, 
HOC TRIOMPHALE AETERN^B lMANSVETVDINIS CMONIMENTVM EREXIf, 
^ERNAMJ^E DONAl'IT AVENIO SECVNDA SEDES APOSTOLICA , DVCTr, 
INSTINCTIVE PONTlflCIAE CLEMENTIAE TpTELAIUS, 

Au rond de l'Arc ce diftiquedonnoit fur les thermes faifts en forme de lyon , 6c 
furcequ'auons didide l'Eléphant: Icfqucls deux animaux, comme ils font les Roys 
des autres^à: les plus généreux, iUes dcuancentaufli en clémence. 

IV. 

^V ^IS^'E EST C^OlIon MAGIS EST PLACABILIS IRAE : 
ET FACILES UMOTf'S AIENS CET{EROSA CAPIT. 

V. 
FERRO ET FACE CONTVDIT HTDRAM. 

Les fables difcnt qu'Hercules furmonta l'Hydre auecqu' vn flambeau, plus qu'auec 
fa mafl'uc.Le Roy a abatu plus d'ennemis par le feu , ou pluftofl: par le brafier de fcn 
amour,^ clemence,que par Ton cfpee. Voyés fon edid eu l'Arc fixiclme. 

VI. 
SaXHPIAS SHMEION HMEP02 TP0n02. 

L4 douce humeur de l'homme fage 
Du -T/ray falut ejl yn prefage^ 

VIL 

LIBERA *ivM CAFTIVA LICET, ^ID CMITIVS- HAC fl? 

HBSIO- 



de ïnercule (jaulois triomphant, 14.1 

X. 

lîBSIONtM (yiLCIDES BX FAVCm'S ERIPIt ORCI. 

Hercule deliura la pouure Hefione fille du Roy Laomedon du monftre Marin,quc 
le chenu Neptune Roy de l'Océan luyauoitenuoyé contre Le Roy adeliurc la pou- 
ure France prefqne perdue: & en cela confifte cette parallèle. 

XI. 
AIXMHTH2 TAP ANHP FHN TE KAI A2TT SAOI. 

• Le ijadUnt homme de guerre 
Smue la <-vtlley O" la terre. 

XII. 
PARC ERE SFBIECTIS, ET DEBELLARE SVPERBOS. 

Les Anagrammes eftoient cfcrits en leur place.en mefme ordre , que les autres : & 
fc rapportoientà rhypothefe de cet Arc érigé à la clémence du Roy. 

viiL xin. 

UENRICrS BORBONirS MARIA DE MEDICIS RECINA GALLIARVM 

HIC BONf'S P'ERE NO BIS. VIDE VIDE RARAM CALLI REGIS AMICAM. 

R.EnE. N.EnV. 

IX. XIV. 

ETiRICf'S BORBONIVS CMARIB DE MEDICIS ROY^E. 

EKO VIR BONVS BONIS. DlEf"! lE DESIRE MON MART. 

C. En 0. C. En V. 

La coronne pendante foubs l'ArCjeftoitdcchefnelavraye ciuique, coronneque VL* 
les Romains donnoient à ceux, qui auoient fauué les citoycns.telle qu'a cfté la vicloi- 
re de la Maiefté fur foy merme,& de fon amour fur l'amour de Tes fubiecls : à quoy 
feruoit cet efcriteau pofé contre la tapilTerie à code gauche de l'arc. 

POVR LE MONT D'OETA 

LE CHESNE. 

HERCVL LORS FFt FEINCV ^AND N'EVST POINT DE SEMBLABLE. 
HENRT (^TANT DOMTE TOVS LES PLVS BELLI^EJ'X; 
SOT MESME SE VEIN^lT, ^1 SEVL L'ESTOIT PLVS ^'EfX, 
N'EST-CE PAS V2{^ VEIN^EVR DV TOVT INCOMPARABLEi 



L'ARC 



i 




LE SIXIEME RENCONTRE DV 

TEMPLE DE lANVS 

A V CHANGE- 

CHAP. XIII. 

^X':^^^Vof3 A Maieste fortie qu'elle fut du quatriefme dcrroic du labyrinthe, & 
' "'4^i P'^^^"*^' '^ charau du Gardnial d'Arraignac, qu'cHc trouua incontii»cnc 
' '-' au fonds de l'cfpicerie dcuant le puys de rArrape,dela à quatre ou cinq 
paSjcUe entre dans le change , &: commence de plus en plus à d'efcou- 
urir la magnificence de (on triomphe nuptial. De premier abbord fc 
prefentc à l'entrée dudid change le temple de lanus, que l'onauoit cilcué en ce lie* 
là,&: pour elhc le plus fiequcntc,&: célèbre de toute la ville, & pource que le cinquici- 
me Arc de la paix générale y cftoicdreflci&le lieu y inuitoitaufll appelle iadis à Rome 
lAtim d'autant que les ftatues de ce Dieu prctcndu.&ion temple ciloienten fembla- 
blcs places,que nous appelions changes. 

Ce temi'LE clloit la plus belle pièce de toute rArchircâ:ure;Cncorc qu'il ycuflplu- 
Ikursmanqucments.n'ayant permis la bricfucté du tem,ps,&: rarriueemopmee de fa 
KfnjcOé, del'accomphr de toutes fespcrfccl-ions. le dechifreray en peu de mots, ce 
qu' y eftoit,&: ce qu'y mancjuoit.Le plan efloit prclque quarrc de i)- pieds de Jong.zi, 
de large, 28. de haut, tout taiftà iour &:de mcnuibrie en relief. Les trois colles cftoiét 
trois rancs de cinq grades colomncs chacun, à la Corinthe,dc Porphyre rGugc,&: fer- 
pentin verd mcH'-z tantofl: d'vn-tantoR d'autre.Le quatriefme, qui cifoic ic deuanr,&: 
la fliciate de l'cdifice^au heu des colomncs, auoit quatre grands thermes de relief fore 
artiftemcnt trauaillez, auprès du naturel, cS<: bronz.'-s non pas en peinruie,mr<js en brô- 
ze brizé,& pose à la taçon,(]uc le couche l'azur : artilice, qui iaiibir paroiftre à qui n'y 
regardait de fort près > que ce fulfcnt Itacues de fin bronze iettees au moule. Le tout 
de rinuention,ô^ bel cfpric de M Pierre du Pian pemtrc Auignonnois,qui auoitchar- 
gedc toute la peinture de ce labyrinthe. Il; ertoicnt tous quatre diiferents l'vn de 
l'autre. Le premier auoit ic vifuge d homme aucc fjs pantcs de draperie , & lengcs 
entrelafles de difques . & fcftonsjrcp.efcntant le quatriefme Arc dreifé à l'humanicé, 
& clémence du Roy. Le fécond eftoit dvne telle de Bélier aboutirtant (urfes ongles, 
enrichv déferons de toute forte de fruiJs.oi de feuillacres miçrnonnement inferez,6t 
refendus: illîgnihoitlelecond Arc dulacre.,^;RcgnedefaMaief'l:é,e{lant le Bélier le 
Roy du troupeau. Le tiers faifoit vne n'.le f'.-conde& fertile chargée de fruidagc , & 
de fedons pendants foubs fcs poupes pendantes, & fécondes pour l'Arc troificline du 
Jardin Hcfperien.5<: villes de France. Le quatriefmeiiuoit le meufle de lyon fort bien 
claboré,&: accomp.igué de fes feuillages, & griffes feruanc au premier Aie dcdié à U 
force,& valeur du Roy. Tous les quatre aucient ilir leurs telles vn petit panier r-emply 
de Laurier,Myrte,01iuier,&: autre verdure, &: Heurs cueillies au lardin, avant chacun 
d'abondant fa Stylobate iafpee de diucrfes couleurs. En outre tant fur les thGrmcs> 
qtie colomncs des autres coIl--s reguoic vne belle corniche auecfafrizc, Arcinfiue 
•1 . R &:>iU:. 



I. 



1^6 Le labyrinthe Royal 

&: autres appartenances de couleur de lafpe blanc, & bleu: fur cette corniche portôit, 
vu autre bel ordre Corinthien , de vingt , & deux petites colomnes, tout autour 
clu quarré auecles Arcades d'vnc colomneà l'autre, les corniches en hauc,&: lesbafes 
en bas, le tout quaiî en façon de balliillfe , de fine menuferie, &: les colomnes faiéies 
au tour iafpces de toutes couleurs, comme les corniches dentelées d'azur.&d'argent à 
rechange. Les petites Arcades tout par tout eftoient remplies des medaillesjportraids, 
&: effigies des Ducs de Bourbon , depuis SLoys,d'vncoflé: &: de l'autre des hommes 
illuftres^de l'alliance du Roy , qui firent aucresfois , quelques chofcs fignalees en 
Auignon.fclon qu'ils ont eftés colloques tanroft ez petits rencontres , & chafaux des 
carrefours. La peinture elloir de couleur de bronze fur la toile,auecque chaffisj&: in- 
fcriptionSj ou éloges de chacun , que nous rapporterons maintenant. Sur tout cecy, 
derrière ctt ordre des effigies , & petites Arcades , Ion auoit faicîl: vn petit chafau en 
planche,regnantcout à l'entour.pour receuoirfept enfans richement vertus , paroif- 
fancs par dellus le balluftre des la ceinture en haut,<5<: rangés à file,en façon de ftatues. 
Le premier reprefentoit victoire. Le fécond laMajcfté. Le troiliefmc vne Nymphe 
Hefperidc auecvne corne d'abondance chargée de fruifts. Le quatriefme la Clé- 
mence. Le cinquiefme la paix. Le fixiefme la Religion. Le fepciefme l'immortalité, fc 
rapportans tous aux fept Arcs du labyriiKhe,& tenansen mainvn rameau des coron- 
nes pendantes auxdids Arcs.comme la vi6toire,ie laurier,la Majefté,les flcursdelis, & 
ainfi des autres confecutiuement. Outre plus l'autheur auoit faict fept odes qui ref- 
pondoicnt audicls iepc perfonnages pour eftre efcrires en or fur l'azur , & affigees fur 
la tapiiïerie au dedans du temple, ayât charge chacun des fcpc afteurs d'en réciter les 
premiers couplez à l'arriuee de la Royne. le metray lefdi^tes icpt odes à la fin du 
liure. pour n'interrompre le fil de ce difcours. En l'endroit le plus propre , &: appa- 
rent, fe lifoit cette infcription,qui nnimoit tout Icdifice. 

HtNRICVS BORBONIVS AiNTONlI . f IL ORBE GALLICO MARI, ET TERRA 
PACATO, REP. OPTiMlS SANCTISS. Q^ LtGIBVS STABILITA , VIA SVPERIO- 
RVM REGVM TEMPORE LNCHOATA TOTIES, EADEMQ^ S.£P1VS INTERMISSA 
TANDEM PRO DIGNITATE , ET PACE REGNI , ORBISQVE TERRARVM VL- 
TERIVS PRO.MOTA. PATEFACTAQ^^DESPERATiSSLMO SELVLO IRIMVS TEM- 
pLVM lANI CLVSiT. 

Plutaïqueen fon Numa did, que l'on feignoit lanus à deux faces , qu'il appelle 
aw^iTTgpjt/j^TOç, càç iiiç^v ?2 '''^'^^ '^ ^i'-f /ïîs/'^/HffavT* T.i'v aoç^ïw, icj iha.'t'jiv , à autant que 
ce, dift- il, il auoit réduit les hommes à'vne -vie brutalle^(^ fangiante à -ziie paijif^le, ^ metl- 
lettre. Que futcaufe que les Romains en temps de guerre fouloicnt laiflcrfon temple 
ouuert comme donnant libre accès à tous de s'aJdrcffer à ce Dieu,pour luy demander 
la paix,& vne vie plus alleuree: & au contraire le fermer en temps de quelque grande 
paiXjComme ayant faiâ: de luv : ainfi que nous lifons.qu'Augurte, &: d'autres le prati- 
quèrent De ces deuxteftes de lanus, print cours vne autre cérémonie de luy conia- 
crer le mois de Linuier,qu'ils nommèrent lanuarm<, comme celuy qui d'vn vifage re-^ 
gardoit l'an pafîe,& de l'autre le fuiuant. -^ 

Toutes les deux fuperllitions quadrentde point en point à fa Majeftc : non feule- 
ment pour anoirfaict vne paix fi fignalecauecquel'Efpagnol, que les plus téméraires | 
n'cuffi nr ofé cfperer de plufieurs ficelés: mais encore.pource que il eft le Roy.qui fer- i 
me le fiecle pafle tout de ferjô^" ouure le prefent tout doré de (es trophées : fermant la 
porte au nais au monde de gueri-cs,6<: de malheurs,qui depuis trente ou quarante ans j 
pailcz.auoienc défiguré la F rance,&: la plus grande partie de la Chreftienté. ^ 

PovR 



de l Hercule diauJois Triomphant. /^7 

PovR CONTINVER donques noftre piopos,Ia Royne entrée au change,re treuue de- II. 
uancce temple,où elle fut fa!uec,& retenue par le grand chœur de mullque rangé la 
dedâs,qui chata fort melodieufemêt ce (onnet bafty fur les chaifnonsjqui font es ar- 
moyries de Nauarre,& faifant allufion d'icelles à l'Hercule Gaulois, & à la reuniô heu- 
reufe,queleRoy a faid de fon Royaume: les deux derniers vers font corrélatifs; tout 
le corps plus fortable à la mufique,pour donner quelque branfle à rharmonie,que fî- 
enalé en delicatefres,&: friandifes de cour,que quelque vns appellent fleurettes fran- 
çoifes.d'autrcs délices courtizanncSjd'aucuns nuga^s cdnoras^ le voicy tel qu'il eft. 

SONNET ~ 

A V R O Y 

SurW^lafonâes Armoynes V J'^Qmarre. 

Vayné majle des Dieux, le Cafkr de la FraKce» 
Le Mars des efcadronsja meruedle des Roys, 
V^Uxundre iumeau, l'Hercule des Gaulois ^ 
Le Mercure de paix, l'Âlcion d' afjeurance : 

Henry le triomphant y qui au bout de la lance 
^s dehatu le fort de ce monde François ^ 
^Oignant vi^orieuxfoubs le ioug de tes loix 
Dyn peuple courroucé la martiale engeance. 

Seul tu as rallié l^ %oyaume^ gx' i'efiat'. 
Rangeant des fleurs de lis les fleurons à l'efclat 
De ce triple chaînon, qm brillant entrelace 

De mille, zjr mille plù tefcujjon de ta race : 
Henry y le lis, le losj l'eflen, le lien, la loy. 
Des Roy s, des grands y de DieUyde teflatyd'yn bon Roy. 

; Sa Majefté monftra d'y prendre plaifîr.l'entendant d'vn bout à l'autre: aulTi la me- 
odie en eftoit bel]e,&: de fort bonne grâce, de l'ouurage de M.Intermet,Chanoine,&: 
aiaiflire de chœur de S. Agricolqui auoit cliarge du grand chœur de muiîque.Sa Ma- 
lefté cependant n'eftoit pas iî rauie de ce fon^qu'elle ne iotta toulîours quelque œilla- 
lade fur cette belle Architeâiure,^ fur les effigies fufdides difpofces par ordre comme 
enfuit : auecques les éloges propres efcrits foubs chacune. 

Dans la fmze delafaciate, quiportoit fur les termes, cecy eftoit efcric en lettre m^ 
aune fur l'azur. 

iUGNI HEROES HENRICI IIII. GALLORVM, ET NAVARRE REGIS CO^^AN- 
3yiNEI,Qyi ALIQVANDO AVENIONE ILLVSTRES REBVS GEiTIS, EGREGIIS- 
I^E FAClNORlBVi FLORVERVNT. 

_ Les porrraicls,^: effigies qui correfpondoieat à ce dcuant, & à cette frize, eftoient 
WUX cy auec ces cloges.. 

R 2^ Caro- 



/^<f Le labyrinthe Royal 

I. 

CAROLVS MARTELLVS. 

(^M olus Martellpu Aum Caroli magnï Auemonem ohjtdione mirahilh fiife-^fuza- 
toque Aîkno Rege Arahum , recuferatamUenrico IV. Francorum Regt mm^îijjïma 
nevotï fuo amoris m AuenKmenps fui fpecimen hareditarium trAnpniJît. 

II. 

CAROLVS MAGNVS. 

t 

DiuHJ Caroîus Magnas cognomento chnfîiani^iffiusy orhù 'vnmerjï formlàolofiffî- 
mm debellator, Auemonenjcrn Ecclefîam primum à D. Martha fundatam , pojiea à 
Saracems Hugonothorum noflrorum ArchimAndriîis penitus euerfamSecundus funda- 
tordotauit, atque refîituit, cuiusimmortalimemoriadignAm munificent larn Uenricm 
IV. eiu-s oùtïmtis neposiconjèmandis , augendifque yeteribus eiufdem fanEΣ. Ecclefix 
priuHegijs, atque ombus xmuUtur. 

III. 

LVDQVICVS OCTAVVS. 

LudouicHs Ofïâuus D.Ludouici ^arens Hennci IV. Tntaut Tritauus Auenionem 
diuiurnaobjîdione abtAlbjgenJîum fxderf^acTyï'Annide liberaïut : yrbifaue muros 
pojîiA per fuos perdtdit, ne cmitas périr et. 

IV. 

CAROLVS I. SICILI^ REX, COMESQVE 
PROVINCIv€, ET ALFONSVS 

COMEBTHOLOZjÏ. 

(^arolus l.JîcilU Rex, prouincU Cornes, e^* Alfonfuj Cornes Tholozx : ambo Diuil 
Ludoutci Cermanifratres, atnue dommi sAuenionis comtentiones paSii cum Auenio- 
nenfibns^ anttqua illis prtuiïegia^ auitâmque libertatem mdulferunty auxcrunt. 

V. 

BEATVS PETRVS A LVXEMBVRGO. 

'BeatusTetrus à, Luxemburgo miraculorum patrator, Auenionenjium Diuus tu- 

telarùj Henrtci IV. ex Margareta à Luxemburgo eiufdem Hennci proauia confan- 

^uineits^cuius reltqui(e facroJanâiiC apud patres Cxlefinos quotidiams prodigijs itlu-> 

frantt'.r m die'Sj dum intérim Nepotesfm Retirant in Gallia,noua 'i^icîoriarnm , fuC' 

ceffuHmquemir^cula. 

vr. 



de F Hercule Çauîois triomphant. j^ç 

Vï. 

PETRVS DE FVXO CARDINALIS. 

Tetrfis de Fuxo CardinaUs amplij^imtu , Henrtci IV. ex Joanna, <iAlhretta ma- 
ire cenfmguineusj m (Concilia Con/iantien^ frimùm Hifpaniarttw, tum m Bafileenji 
Auenionenfum legAtus ordine teruui'inauguratuj mugnum [chifna deleuit : Hellam 
crucem iw-uiacurulii Atrium cum gradibiis m templo Domnorn-m y facellum teram- 
plum ad CAeflmos , Antenorem Francijcana BxfîliC£ partem , ijbt Jepultu-i lacet^ 
egregia. h heraUtaîe fuhflruxiv. 

VIL 
CAROLVS BORBONIVS SENIOR CARDINALIS 

Carohu Borhonias Cardinahs Carol: Comitù yindocini Henrici W.Aut filinSyAr-- 
chiepifcopus Lugdunenjïs, Caroli O&aui pifceptor ex fontibus, Legatus Auenionen- 
finm quart lis , Corjfïho , mdujlriaque "^artholowœi de Belieure ctuis Lua^dunenjïs 
<Tjiri cUrifJimiy qui eius caufa pro varijs rébus îredecies T^omam profeSîus , tnde tan^ 
dem Carolo patrono fuo LegAtwni^ a'nplijjim£ Itéras, pdeum que detulit : eo tum A" 
pudLegatum Trinctpem loco yquohodie clArijJtmuj T). de Belieure ApudRe^em,ma- 
xi^fiUs Kcgm CancellAriris^Jratus GAllici^ T{egijque Conflij lumert ac columen. 

VIII. 
CAROLVS BORBONIVS IVNJOR CARDINALIS. 

Carolus Borbonius AÎter Henrict IF.patruel/s, d'ffuilimi's Eeip.fideique Catholicte 
tcmporibuj, nuper Auemojjenlium Légat (a deci>nujy KuemonenfbH-s fupra quàm cre- 
dibdf ejî cATus^ ^ gratiufus. 

IX. 
GEORGIVS ARMAGNIACVS CARDINALIS. 

Georgiui ArmagniActis Henrici IF. AuunculitsXAroli Borbonpj in Legatione Kue- 
nio7ienJi Colle ga KotAm AHenionenfeyntnfîiîuit : patres Minmos fundauit : C<zle(li- 
nos Gentdienfes Auxtt : pœmtentes S.Georgiji quas yscant, dotauu, iocauitque.-paîer 

^fopuliy Religioforum patronttjjpauperum tutoTiOmnium ordinum dtjcnfury ay cuféos:. 
cutiii nimij immAturam Reip. mortem Auenionenfes adhuc ex infimo pecîore faudj 

) lachrimantur. 

De l'avtre coste' du temple,qui fe'pouuoit voir du chemin, où deuoic pafler La IV. 
Royne,eftoicreprefentee la Généalogie de la maifon Royale de Bourbon, depuis S. 
Loys en ça, auecque leurs effigies, éloges, colomnes, & Arcs comme deflus. Et pre- 
miferement dedans la grand' fnze fe liioit cecy dc/Toubs les effigies. 



ijo Le labyrinthe Royal 

STIRPIS RËCIAE dORBONlORVM , IT^DE VS^B ^ DIVO LVDOVICO Œ7^ 

riLiriA ^D riFFM exprès s a, et contiwata sfccessio. 

Au deffus immédiatement le voyoint lefdidcs effigies de Bronze. 



DIVVS LVDOVICVS. 

Diu/tj Ludomcm^p'inci^umy Kegumque miraculumy fan^uj'Gallinmm tutelam^ " 
qui zAfam^atque Ajricam domtiityKegnum Gallicum Albigenjthiis latroctnijs terbur- 
gauit, Nauarreum Jiabiliutt. Henrici ly. Tritaui Jtauus. 

II. 
ROBERTVS. 

Robert uj y Diui Ludouki ex Margareta fit a, '^^ymmdi- domim Auenicnis filiusy 
Borboniie jlirpù cavat, HenriciW.Francommy cl?* Nauanx RegisTritaui proauM. 

III. 
LVDOVICVS MAGNVS. 

LudoHicm I. Dux 'Xorbonins , facis ^ helli laude illufinJJimMytnm&ijJimHS ad 
Caff'ellium montem Fra»cici Imperaior exercïtiu. Tnîmi Auus. 

IV. 

lÀCOBVS. 

facobfis Marchix cornes, cladc ptSîauienJî cUripmM , Keque G allie a yfque ad 
extremum fmitum accurata JnclytM. TrUam pater. 

V. 
lOANNES. I. 

jfoannes Borbomuj Marchi£ Cornes Turc arum agitât or y atque profligator acerri- 
muj,fdeique Catholicafrenuds propugnator. Trttauus, 

VI. 
LVDOVICVS. 

.Ludouiau Borbonitti Cornes ruindocinia AzjncurtiaTJo pnelio nottu 3 yitafufpi' ' 
cieudwi morte formdabdisy Henrici IF. Atmm. 

VII. 
lOANNES. IL 

jfoarmes îl.Comes yindocimiSy paterpafria, ho^ium "Regni terror^ horrorque, pH^ 
hhc£ ItheYtatù A^ertor^ in "Je'çuAii rcbi/J 'confî^.ns^m aduc r^ii crcSu^ .Uxhrici Abauus^ 

VlIL. 



I 



de l Hercule Gaulois triomphant. iji 

VIII. 
FRANCISCVS. 

Francifcué 'Borhoniia vrinceps magni animi^ maioris fortunA^mAxima glorix^fpei 
tncomparahilù.V^eapolitana expedittone celebrù^MargaretiC à Luxemburgo fmrttft/, 
Hem'ici proauM. 

IX. 

CAROLVS. 

Carolué BorhoniHj Dt*x ymdoànus prmus , Galliarum pcji Tic'menfem cladem 
Frorexjexteroru fcriptis celeherrimHi,fui^s faSîis dunor^Ugum patronm mmortalts, 
Henrici Anus. 

X. 

ANTONIVS REGIS PATER. 

Anton'ttiJ BorhontHi dux <-vmdocmus T{ex NanantSi félicitât que aterna proie de 
rvniuerfo orbe Gallico optimè meritttjy tanti filij tantiu parens, Cnatum fu£ yinuiù 
pro commum o)nnîum bono Kegnii amplijjîmù reliqttit h^redem. Henrici IV. optïmi 
principis pater feliajjirnus. 

XI. 

Henri CM JV. ^ex Galliarum,(^ !7^auarra Chrilîiamjjtmus, Bo7ius bene bono pâ- 
tre fat us films y qui Caroli magni^acterorumque maioruyn fuorumvirtutemj atque in- 
genmm longo mteruallo reuocauit : ynufque complextts fimuiomnia^ qua prateriïa <e- 
taies m fingulù funt miratte , Gallorum Kegum maiefiatem m fummo fplendorij^glo - 
naque f^ftigio collocauif.fudit inertes, fortes debellauit, placauit Kegnum,terrmt or~ 
herOy vicit fortunam^ fpes multas maximas^tandemque oblufïantern , inuitawque inut- 
diam ftiperauit. 

Voila roue ce que fe trouua en eftre de ce Temple de lanus.L'on laifTa en arrière le 
dôme, où deuoit eftre l'effigie du Roy peinte .\ Thuile, au naturel, auec l'emblème de 
la teftede Ianus,aux deux faces, a la cime,animé de ladeuifeduRoy.Dvo protegit 
VNVS. fort à propos pour les deux faces de ce Dieu. L'on oublia aulfi la tapiflerie der- 
rier les deiïx ordres de colomnes , qui eft oient contre les murailles pour embellir ce 
quieftoitdeiour , & de muraille entre lefdicles colomnes: & fur tout la voûte fut 
laifTee tout à defcouuert.auec les feuls bois, qui caufoit vne deformité remarquable à 
l'edifîce.à faute de bien peu de cas. Au centre de ladiâie voûte , fe deuoit pofer vn 
lab^^rinthe artificiel efcrit fur le velin en grand volume moitié azur, moitié fin or en 
l'ozange.que ie n'ay voulu icy inférer pour n'auoir efté mis , & pour ne faire parade de 
£himeres,&: magnificences imagiaaires>qui ne furent iamais. 

L'ARC 



"«--« c^-^^jp^ 



PACI REGI A 




QVODNEC EXANïMr TVI 5EiVTETIA SrQViDANTE HVC DIEM.tsj 




i 




LARC CINQVIESME DV 

LABYRINTHE ROYAL. 

SFI^ LA TAIX GENSKALe FAICTS 

dedans, ç^ dehors le Rojaî4me. 

CHAP. XIV. 
A Royne, des le Temple de la nus , defcouuroit le cinquiefme Arc^ 
qui eftoità l'autre bouc du Change à l'embouchcure de la rue, qui 
mené à la place, accompagné de l'on tlicatre fai€l en Galerie tirée dus 
coftc gauche de l'Arccn bas , tout du long de la maifon , qui quatre 
ce cofté la; de forte que toute cette place eftoit parée eu toutes Tes 
aduenues,autantque le lieu le pouuoit permettre de ces trois pie- 
ces que le viens de dire. 

Sa maieste contente du Tonner, qu'on luy auoit chanté dans le temple, pafle ou- I. 
tre,&: fe vient rendre droidVà ladicle Galerièjfe faifant faire place iufques à la pouuoir 
joindre de près. Les enfansq-ii y edoient rangés , &c alTjs tout du long en deux ordres 
de degrez, de haut en bas,en (îtuation d'Amphicheatre.tcnant chacun d'vnc main vn 
rameau qui d'oliue, qui delauricr,qui decheihe, qui de myrrhe, qui delis,&: autres: 
s'approchant fa Majeité.felcuerenc fur leurs pieds,. &: lafaluerent de premier abord 
d'vn Vive le Roy, vive la Royne. 

Pour variété au lieu de théâtre, qui deuoit accompaigner cet Arc cinquiefme , on 
auoic drelle vne Galei'ic large leulemcnc de j.picds, longue àc zS.ic deuant eftoit en- 
richy d'vn bailuftrié faiddefeftonspaiîcnîentésdcslîurecs de la Royne , porté fur de 
grands pillailres,d va bout de la Galerie à l'autre, pour reccuoir les effigies des' Roys 
dcNauarre deniefmeecolte, que celles, quieftoicnr au temple de Ianus,cn bronze 
fur la. coi!c,avants leurs eloires elcrirs au delîbubs,dans le meime tableau : tous rangez 
dans les vuidesduballuflre, comm^ dellus. Le dedans eftoit prépare de quatre rags 
de degrez rvnfurl'autre.pourreceuoir vne trenteine d'enfans d'eflice des meilleures 
maifons d'Auignonaagés de neufs à dix ans Vi plufpair, les fcpt veftus en Ange , les 
autres fcpt en Génies domeftiques,&;fept autres auffi en Anges : le rcfte en Gentils- 
hommes, ormis deux petits , quiclloientiiabiUez a la Morefquc. Ces deux Mores a- 
presle viue le Roy/edefîerét au combat, pour récitera qui mieuxmicuXi&à quien 
fcauroit le p!us,en façon de difputc fchohftique les An.îi;rammes,qui eftoicnt efcrirz 
waàefcriredeça,& delà par les Arcsdulabyrinthe,quefa Majellc n auoit peu lire ou 
remarquer en paffantjni le peintre efcrire à caufc de labricfuecé du temps. L'vu recita 
ceux du Rov, l'autre ceux de laP>.oyne à l'enuy.Ic ne les repeteray pas en ce lieu, poul- 
ies auoir défia mis au commencement du Hure félon l'ordre qu'ils furent icy recités... 
Voicy le cartel de defy. 

/, H'c fua nefao qiu nohù Anugra-tmatO' pajlim 
V^nd',ta,t,^ fortes tollitad afi'ra fuas. 



2. 



I. 



2. 



I. 



I. 



1^6 Le labyrinthe Royal 

Htec ego Régime fortunatijjtma centum 

Nomina^ Sphynge etiam tudice, mira fero. 
fi yerba quadrant rebuj, magne Oedtpe, qua te 

DoSîior m folijs doSîa SibyÛa fuù ? 
7JÙ ergo certare quid aufît nfterque yicijfimy 

Reginaque notas ^ arbitrtumque feqm? 
Nunquam hddic eff'ugies : qmd Vis deponere mecum ? 

2. Am'iculoé. I . pretmfn furù ? 2. Jmice, tuas, 
încipe. 2. non facto, i. ire aquum efî nofira omma primùm, 

1. l^ojîera Reginç , primaque Regù eant. 

Les fept Aiîges tenants d'vne mainjles vns vneTyare pontificale, les autres des clefs 
dorees,afns au plus haut degréjreciterent les éloges de fept Papes yfllis de la Tofcane, 
Les liures font pleins de leur vie, & n'eftdebefoin, que iem'arrefte long temps en 
chofe il cogneue3&: frayeeùe me contentcray de raporter les diftiques qui leur furent 
donnez,oùvous remarquerez feulement au premier, qui eft Léonin faid à la bonne 
antiquité, que de cinq Papes qui ont eu le nom de Pie, il y en a eu quatre Tofcaus. 

AU^OT SVMMI PONTIFICES EX EtHRVMA. 

I. pivs ^ARrrs. 

Tapa Vius quartus ^Aedices de fanguine cretusy 
^uattuor Ethrufcos iam factt ejj'c Pios. 

II. UHJRCELLFS SECFNDFS. 

Marcellum mfi mors nimij immatura tulijfet, 
fmpia cttm Maurà jfrica Tufia forets 

III. CLE MENS SEPriMVS. 

Clémentes jUperat C le mens ^edicpus omnes^ 
Nd adeo toto mitius orbe fuit. 

IV. NICOLAVS SECVNDVS. 

Tufcia Nicâleon mundo dedit vna fecundam, 
In duo Reginam qu^ modo Regtta dedit. 

V. LEO mCIMVS. 
De ^ledicù Deamus Léo dat Medicamina mundo. 
Si <x>el non faceret toxica y <~vel caperst, 
n GREGOKIFS SEPtlMVS. 
Gregoriîis T'igilMiSiin agendo dtcitur , omnes 
Ne dubtta Tufcos dicere Gregorios, 

nu 



de THercuk Gaulois triomphant. ij/ 

rir. G LE MENS OCTAVyS i^D RECEM. 
Clementem Ocîauum Flêrentiay GaUia Kegem, 

lam chaos antiquiim^ ni peperijfetj erat. 
Labentem mundum tenmt démenti a duplex : 

Vel tua ne caderet, <-vel mea ne rueret. 

Les fepc Génies portoient des coronnes de Ducs, Roys, & Empereurs pour repre- 
(ènrer chacun d'eux , les 14. principales alliances de laRoyne, & maifon de Medids 
alliée à toutes les premières maifons du monde, recitant les éloges qui s'enfuiuent.^' 

LES ALLIANCES DE LA TRESAVGVSTE^ 
ET TRESANCIENNE MAISON 

DE MEDICIS. 
/. ^ V S T R I A. 

^ujiriaci quoniam me progenuere parentes^ 
hnperij mecum iura paterna tuli, 

IL F RANCI A. 

Très Reges Catarina toro fccunda dedi/?iy 
Da, Maria Henncumy quattuor tnjîareriî. 

III. HISPANIA. 



Vax Merna meù thuUmts firmahitur inde : 
^wd Gallo a^nCs magnm iherrn erit^ 

IV. HFNGARIA. 

Sauromatas^Medices clarnm genuj ireperHimms 
Si nondum pttis efi^ Galha fumma redi. 

V. B AVARIA. 

A^nes Bauaros fànguùy pietafque iuç-arunty 
Jncertum an fxnguù^clanor, an pietai, 

VI. LorHARiNGIA. 
Magna etiam patruos petijt Lotharingia no^ros 
Augujîum Médites, Aujirajîaque genui, 

VIL POLO NI A. 
IroKco^ qu£ fuerat fociata Voloma "B^egno, 
Jfrn^a, recensFranco yenit ijti'inque toro.. 

S 2. rilL 



tsS 



Le lahyrtnthe Royat 

rm. SABAfDIA. 

Fas m'thi perpett4£ compofterefœdera pacii, 
^ toties proauù mn&eSabmde mets, 

IX. MANtrA. 

Mantuct quid dulcem rettocojy retmêfque fororemi 
^m fine femper erit yita, dolenda mïhi .<• 

X. FBRRARIA. 

me A démenti Ferraria reddita. ma^o ! 
Mecum etiam Medices fiedera gentù hal>es. 

XL BONONIA. 

Tuque aliat inter cognât a Bomnia felixy 

Latirigemm nofiro fangume naSia genus. 

XII. roLErrM. 

Te âom'mam magni mundi hene d^ixero^Cofmm 
Magnmn h(ibmt magno quidqmdin orbe fuit, 

XIll. VRSINI. 

Laurenti^poteras thalamù adm^gere Régna, 
V^on magis antiquamy regificamque domum. 

XIV. VARMA. 

Aufirïadum claro fociatos fknguine, nexus 
ç^ut meltf^ pojjèt lungerej nuUtij erat. 



TABLI 






del'HercHle Caulou triomphant. 

TABLE GENERALE 

DES ALLIANCES DE MED4CIS- 



//j> 



f 



/'Alexandre fîemnte en fécondes »»f- 
', de Medicis j ce>,dtt Duc de Farme. 

j . •.ItlltdeCbMUi S)uim. 

I Marguerite 



j d'Aufi^ 



riche. 



H 



Auec^itt les I 

'Empereurs, J 

V ies RojyJ. J 

I François 
I de Meditis 
j père de U 



I Tente du Roy Fhiliffé 
[^d'Efpagne. 



file d, 



I Rojne. J 

' Icâne d'AuJ Tente des 

\ftncbefa me * Roynes 



f Pat les 

Princes. 



Les alli.tHCes • 
de la maiftn'K 
lie Medicis, 



/'Ferdinand 
I de Medicis 
I d'iprefent 



Terdmjttd 
l'Empereur 

lEt de Annt 
^de Hongrie 

'D« Poloigne 

I Et d'Efpaigne i prefent regnMtt 



Auec'que les 
Ducs,& au- 
tres grands 
Jiipums. 



fAnne Duchejje de Bauiere 

j EW^ibet femme du Roy de roloirne Sigifmtni 
^ fxitr de < Catherine Duchefie de Mantoue 

! Elemêr encore Ducheffe de Mantoxe. 
C D Cl l s \ ^'"^^' ^i"l"'ff^ <i^ Ferrare. 
Ducde7-Or- ^^^^' Max,m,l,an Empereur. 



Chriftine < - 

derOrra„,e.]EtdeCUu-S^'r'^ 
file !■/..,«<,/?«« 2 



lulien de 
Médius. 

Pbilibertc 

de Sauoye, 



I de , f Ht ejloit , 
\fUe do 

' .^'i/l'J'"' 
\yns en dou^ 
I tel,ienef(!tj 
. pourtjHoj. 



(Pat les 
. ptinccfTcs.' 



i 



j Laurens 
^ de Medicis 
Magdelei- 
aede Bo- 
lotgne 
Cofme de 
Medicis 
Leonor de 
Tolède 

Laurens, &• 
Pierre dt 
Medicis a 
Pierre de 
Medecis 
Lucre/Te 
"Rrnabuoni. 
lean Fran- 
çois de Me- 
dicis 
Cacheripe 

ifor*f \ 
lean dt 
Medifif 

Marie S/U- 
\iti4ti. 



nry fécond. 

Catberiae de Medicis Royne ieVrattct 



/"Hearr dcoaà de Valois Roj it 
' France. 

Catherine de MedicU. 

Henry quatriefmc de 
Bourbon. 

Marie de Medicis. 



J 

Auecqite /«S 

Roys. 



^Alfonfne 
des Vrfns. 

I Clarilfe dos 
yrfns. 



{ M^ouCe fectod Vue dt 
Ferrare. 
LeoùOl de Medicis. 



Gaillaume de ConK^gne 
Duc de Mantoue. 

Leonor de Medicis fceuT de 
AuecqutUs I /jR„,„,. 
Ducs, £>• J •' 

i- I 



vrands Sa- i P^ul lordan Duc deBraciats» 



gneurs. 



1 



A 



Ifabelle de Medieit 

Pierre Radulphe 
LucrelTe Je XfA/icis 

I François de Cibo 

! Magdelaine ds Medicis 

l GmUiMvaedePavO 
VBlaachc d« Medicis, 



Les 



i6o Le labyrinthe Royal 

Les autres fept Anges faifoienc pour les fepc Cardinaux delà maifon de Medids^ 
encre lefquels Hippolyce fut Archeuefque d'Auignon l'an rjzj. Prince tant celetjfé 
es hiftoires pour fa valeur : ie m'en déporte pour le prefent. 

LES CARDINAVX DE MEDICIS. 
7. HIPPOLYTP'S DE MEDICIS CLEMENTIS m. NEPOS^ 

Hîppolyto Cauarum feâem rexijfe fecundam 
T^roximm a T*apa pajius, honorque fuif. 

i. lOANNES SALVIATI LEONIS X. DE CMEDJCIS 
EX SORORE NEPOS. , 

îàBatam toùespatrutts^te interprète ^nauim 
Saluât j 'Ut i?îde faim, hmc ]\/ledicina foret. 

}. KICOLAVS RODVLPBVS LEONIS X. EX 
Lacreùade Medicisfororenepos. 

Vndique nutantempatrum fifdflîdtt orbem, 
J'^Ql ntirandum: humerts fi tultt ipfi tuts^ 

4. lOANNES i^I^ELyS DE MEDICIS, 

Talii erat, qualiportauerat omine nomen : 
%^'onbHS AngelicUi Angelico ingenio, 

s. ^LEXATiDER DE MEDICIS 
Cardindis Florentinds. 

^u quoque dum Regum nuper facrafœd.era mngiss 
^ngelm esypacùymilituq^ decm. 

g. FE£DINANDFS DE CM E D I C I S 
magma Dux EthrurU. 

T^ quoque principibi^ permixtum agnofie latinisy 
Qmm Tapam poterant, nunc habuere IDucem.. 

JNTONiyS MARIA SALVIATI. 

^N^ecfine te falum, credo, confsîeret orbù : 

2<[cc fine de <iy^eâim foMUs : 'Vtrumque tuum ejt. 



de ïJ-fercuk (gaulois triomphant. j(fi. 

Sa Majefté cfcouta iufqucs icy fort paifiblemenc, & goufta fur tout les Anagram- 
mes , & le bien dire des deux petits Mores. Le rcfte des enfans habillez à la francoifc 
deuoient reciter les éloges des Roys de Nauarrc , qwi eftoient efcrits foubs leurs eS- 
gies : mais le tard fit changer d'aduis. le les ay icy couchez de mot à mot pour la fa- 
tisfadion de ceux , qui n'y peurent pas atteindre auec les ycux,ou qui né lescntea- 
dirent pas. 

I. 
HERCVLES. 

IrTercules ille Ojyndis jUtuSy qm Trïcorporem Gerïonem dehellamt, 

^N^arrAi&familu RegU caput: labyrinthe Regto,^" pompA nuptiali ar^ 

jument um dedit, 

II. 

GARCIAS XI.MENES. 

Gardai Ximenes,pofirecuperattmi à Barharis virtute Qarol't Aia- 

^m !N^miarrA Tlegnum, 'Rex prîmes y deinceps ter fepteme flirpe fua. 

Nanarr^os ^egeshahmt flicceffbres m regno, per totos annos ji8. ohïit 

inno Chrïfii yjS. I^egni ^2. 

ÎII. 

SANCTIVS FORTIS. 

Sactitis Vnî.7''Cauarroru?n Rex terfeptimii4,cognomento fortin, ex 

Profkpia Ximenia ^ultimHSyAiiratnolmKiArabum Imperatoris 'vallum 

p catenis intextum, quo Qhrifliano eqmtatui viam , ^ 'victonam aperï- 

^etfPrmceps ïnclytm l^enetrauitùndéque ex euentu Mauarrxontm Re- 

^um ïnfigma catenis intertexta conjiamt. ohïit: an 12^4.. 

IV. 

THEOBALDVS I. 

Theohaldui primus (Campant £ Cornes ^ 'uir firenum,!^ 'uexato ingen^ 

'rihus prdm Ottomanmco 'jmpeno nommât ifirnus.ohut an. I2j;j. 

V. 

PHILIPPVS PVLCHER. 

Thilippfis '\P nicher Rex Francorum 3 ççf ISfauarrx, qui oAuenionem 
vna cumjùmmo Pontijîce Clémente quinto jummam fortunamïnuexit: 
^rtiorin Regnando,quàm felïcïor. ohtitan.ijij. 

VI. 

PHILIPPVS III. 

PhilfppHs ^ .Shuronum (ornes, oh rem (^atholicam aduerfùs CranatA 
Vrïncïpem féliciter ftifceptamigefiâmque clarijiimus : pofi Ludouicum 
^utintim,Ctrolum T^ulchrHmjÇ^Philippumpnmiim quartus k Philip-- 
10 pHlchro [uccept ^trique regjw . oh Ht an. rj^/, 

VIT. 



102 Le labyrinthe Royal 

VII. 

GASro FOCCIFS. 

Gafio FoccU 'vaccU Q)7nes T^ei Qifirenfis fcïentifimi4i , rebm geflU 
inclytui, fcrïptorum ore celehernmm,egregia proie glorïojm^ n T^hilipùO' 
j. quart as propter Eleonoram Jujfecfm îNiauarr& Regno.ohiit an. 

VIII. 1 

FRANCISCVS PHOEBFS. M 

Franctfcm l^hœhns Gaficnis Foccij jUms^oris extm'ia j4pollmeâqH(y, 

ac digna Jmpeno ^oenujlate JpectahtlM , cuim Regnum JUatris T^lanchiH 

fœmmâ cordât tpïm& confdtjs fnblimc, atque erectamjletit, dum pr<zapHa. 

Qjrisfiam orbts capita colhdercntur. obïit an.i^Ss- 

IX. 
lOANNES ^LBRETIVS. 

Joannes Albret'ms 'uarpjs fortune fuccejiibui fis déque 'verfatus, ÇÇ) 

fkorum ingenio magù , qukm fio agîtatus Jkpra fortunam tarnm ère- 

çtusy atque inmctus enatauit. ohût an. ////. 

X. 

UENRICVS i^LBRUriVS. 

HenriŒs çtAlbretms Joannâ RegtuA parens^qu^ otAntonio Borbonia 
T>ucîVindiX)Cîno HenncïlV.parenti fetn -matrimomum , Regnum que: 
Islauarrâ in dotew:, h<&reditatémqMe pcrmïfit. obût an.ijjj. 

IL PevR NE Rien démordre de la méthode qu'auons gardée es autres Arcs, ilrefte 
maintenant de déduire par le menu ce que reftedc ccftuy cy pofcà la paix.Son ordre 
cftoit Corinthicn,res colomnes d'vn fort beau lafpc gris, les thermes Ceres^ér hacchm. 
Sa corniche de marbre obfcur, fcs flvlobates diucrfifiees d'autres kfpes de plui3eur* 
fa^^ons. Il auoit 28. pieds de iour, 3c. de haut, de large 17. 

III. Il estoit dedïe' à Mercure Dieu de paix, que les Romains peignoienctoufiourï 
es porches,& Académies auec Hercules, & vnpetitCupidonentredeux:pour donnée 
àeutcndre que la force mariée auecque la railoneitmcre de paix , &; que F v ne fans 
l'autre ne peut fubfiftcrenfa perfediô. Klercure cftâtcn lamaifon,ou au difaindclu- 
pircr,ou de Venus.rend les hommes eloqucns, fe^ifés, accords, doâres, confeillers del 
grands,moycncurs,&: arbitres de paix,naits aux legations,& ambalîadcs pour accord, 
<ier les Princes. Ainû l'enfeignent tous ces Mathématiciens, qui font cftat de conter 
]cseftoilles,deconterollerledeftin,dc compafîcrles iiecles, de gourmander !c ciel.de 
ranger les Planètes, de baquetter les Elemëts,dc mefnagcr le forr>&: fortune des mor- 
tels. Et de là les Poètes ont fiict Mercure le Dieu de paix , l'interprète des Dieux , te 
maiftre d'éloquence, le Geuic de confcil,&:d"e prudence. 

i'V'». La PARALLELE cftoi: vn Gcrion à trois tcftcs ,qui fut Roy dcs Efpaignes,enuemy| 
d'Hercules;!] b.ïifoit vne maffue, qu'il tenoit d'vnc main,&: auoit auprès cette deuife. 
IcjvM.iAM FOEDVs. Le fcoscn cft.clait.dela paix d'Efpaigne, auecque l'Hercule de 

uoflrc 



de l'Hercule Gaulois triomphant. lâj 

- noftrc France. Et ne faut pafler cecy fans s'arien:er vn peu à pefcr.quc le feptcnaire efl: 
propre à la paix, aufli bien qu'aux parallèles precedentcs,s il ell vray,cequendictPhi- 
Ion en la vie d'Abraham en ces termes traduits de fon Grec en noflre françois;pal- 
ûgcà mon aduis, remarquable. Les amateurs d'hon»cnete\é' ^e vertu^àiù. ce luif, préfè- 
rent à toutes chofes la ffiix, dr "vne vie paifibîe : é" cffi pourquoy nojîre Legijhteur Aio)fe,touf- 
ioiirs femblahle a foy a appelle le feptiefme iour^<^ fabhat des Hehreux.du nom de repos, ^ de 
paix : non pas^comme cj^uelques vns ont voulu dire,pource que au feptiefme tour le peuple ceffoit 
de trauailler: mais pource qut le rwmbre feptertaire tant en l'vniuers, qu'en nott^ mefmcs, comme 
tous le cofejfent, ejl x<^ia-^^çoç, y^ d7i6,\iij(^ç,ti?^oyeiy.cTurv!; n, y^ lïpm'izorrstloç ctTrdyTav cli^zBjuav: 
c'cft à dire , le pltfs paijible^ ejloigiié de guerre, ennemy de difcorde, é" amateur de paix entre 
toiis les nombres. \\ lepreuue fort doftcment au rcfte de fon difco'ursrmais icnc m'y veux 
arrefterd'auantage: feulement ieremarqucray en paflant, que la paix eufl; auflî fon 
feptenaire, ayât cflé conclue, faide,iurcc, &: célébrée folennellement le ii. qui efl trois 
fois feptiefme de luin. Ce fut leiour durepos,iour de dimanche, de l'an ij^S. que le 
Roy accompagné de plufieurs Princes, &:: officiers de la coronne , & des députés de fa 
Majeflé Catholiquejie Duc d'Afcot, l'Admirai d'Arragon, le Comte d'Arambcrg, le 
PrefîdtntRKhardot.&Dom Loys Veres fecretaire d'cf(:at,auecquegrandefuite d'au- 
tres feigncuis Efpagnols,&: F!amans,aila en grande pompe,&: magnificence en l'Eglife 
noftrc Dame à Pai is ; où ayant, chanté MefTc monlîeur le Légat de Medicis Cardinal 
de Florence. fa Maieflé monca fur vn Theatre,figna,&:pr.cfl:a le ferment de paix fur les 
Euangiles entre les main.s dudiclrLcgaf. Et après que lefdifts députes eurent bailc le 
gcnouil au Rov,il les inuita d'aller diluera lEuefché , leur fît milJe carcflcs , &: en fin 
leur diâ: ce bel A pophtegme. fay aimé^ôr defrè la paix , ^ ne fera^ iamais la guerre, que 
contre ceux, qui refuferont la paix^ Efcriuaut cecy, me vint en tefte vne penfee curieufe, 
que ie veux mettre horç. Qilre vouloir dire.que l'on ne voit pas meilleurs les Mjniflrcs 
& furueillans trotter parles Royaumes pour mettre ia paix entre les Princes Chre- 
ftiens, comme font,&i ont faid de tous temps noz PrelatSj& Cardinaux ? à cecy ie ne 
peux refpondreautre,fînon que peut eftre ils font trop empefchés à corner la guerrcjà 
rrompetter les rcuolces,àfanfarer,& apoflropher les rebellions: veu qu'ils fc fondent 
en la paix comme la cire auprès du feu: l'ôfçait leurs pra<n:iques,& menées ordinaires. 
Quand le Roy elloitdeuant Amiens,& tout le Royaume en grand dangier, Codur 
Miniftred'VzeSjdela part des Egiifes reformées preflntaàmonfeigneurle Duc d'V- 
zes, quatre vingt mille efcus.s'il vouloit monter à chenal. non pas pour aller faire leur 
deuoir à fecourirle Roy.mais pour brouiller les cartes.&: f~e déclarer chef d'vneparri- 
cidiale rébellion contre la Majeflé tres-chreftienne: ce que ce grand feigneur fage, 
noble,vailIant,fîdelle à la coronne, & Catholique tout ce que fe peutjrenuoya fî Icing, 
que le beau naturel, duquel Dieu la fauorifé , efl efloigné de tout ce que ne reffent fa 
generofîté,&: noblefîe,laquelle reluit en tous fes faids,& propos, autât qu'en Seigneur 
que l'on puific cognoiflre de fon aage.&defa qualité. le vous laifîc à penfer , qu'ils 
deuoient faire allors par les autres cachots,ifc recoins du Royaume, où ils fe font bar- 
ricadez en oflage.Que fi \zs occupations de la guerre, n'épechét ces meflieurs depé- 
feràla paix,ne(eroit cepas pource que ils font trop occupez àcultiuerles vignes, & 
iardinages.&à encrcrcnir leurs boutiques,fe defians encore . peut eftre, d'auoir accès 
auprès des grands,poureftredeiibafî'ee(l:ofïc,queles plusfcauâsgrouilliers, &:rape- 
taifeurs font les plus hupez Miniftrcschez eux , & tiennent plus du fainct Efprit de 
ce pays la, qui leur grouille dans le v£ntreiour3&' nuicl. Mais ie les pinfc toufiours, & 
aîsfefadicnt. 

T L'£M- 



i6^ Le labyrinthe Royal 

L'emblème du cofté droi(S eftoit la figure my fterieufe de la paix dépeinte, & tirce 
du prototype de Tibulle. 

Atnobis fax aima yeni^Jpicamjue ieneto, 
Troflnai O* fomù candidnj ante fmm. 
Fax alutt nj'itesyt^ fuccos condidiv vua^ 

Vunderet lut nato tecîa ûaterna merum. 
Face bidens:, vomerque <-v\gent^ ac triftia duri 
Mditis m tenehri^ occupât arma fitm. 
Il n'y auoit point de différence de l'vne à l'autre : finon que cette cy eft vne pein- 
ture parlante : l'autre vn tableau muet. Le mot eftoit facile. 

/■£/îr OMNI A DVLCIA SECVM. 

Le second EMBLEME cftoiicomposé d'vnemain tenant vn Caducée de Mercure, 
Hiéroglyphique de paix, &: vray lymbolc de ladeuife duRoy.qui porte vne maflue 
croifec auec vn fceptre,6«: vne efpee.auec ce mot, D vo pkotegi i vnvs, comme le Ca- 
ducée eftvn fceptrecrojlé de deux ferpents entortillés, que tous expliquent, Centre 
autres Pline,des partis contraires vnis parlefceptrcSi: par la force desRoys, aufqucls 
il touche de faire la guerre pour auoir la paix : qui eft la fin &: le but de la lufte , &: lé- 
gitime guerre. La dcuife auoit de l'allufion à celle du Roy. 

DVO COLLIGAT mVS. 

C'eft fa Ma)efté,qui a ferré le noeud d'vne fainfte paix entre ces deux grandes , & 
puifl'antes monarchies de France. &i d'Elpagne : l'vn des grands, & miraculeux effecls 
de fon bras inuinciblc , rendant prcfquc en vn moment deux Royaumes li oppolez à 
pointes contraires, pailiblcs,& comme frères." & la France fi trâquilk,&: lî calme,qu'iL 
nereftepas vn fouHc de toutes lcscourmentes,&: tcmpeftcspaifccSjqui l'auoicnrpref- 
que mifc à fonds d'vn naufrage inemediabie. Loiiéfoit ce grand Dieu des armées, 
qui a infpiré à ce grand Roy vn eCprit de paix, pour l'allégeance de Ion pouure peuple, 
qui n'en pouuoit plus accablé de mifcrcs , & quafi plonge en delclpoir de le rauoir 
iamais. 

Au bout de la Galerie fecontinuoit la fuitte du labyrinthe par cet efcriteau de 
grand' lettre rouge Romaine. 
VAKC CIN^IESME DV LABTRINTHE ROfAL: POVR LA PAIX CET^RALEy 
J^E SA C\ÏAIESTB TRESCHRESTIENNE ^ APPORTt £:Z^ SON ROTAFAÏE, 
FAICTE AVEC SA MAIEStE CAtHOLI^'E ROT DES ESPACTiES, J9f-'H£R. 
CVLES PACIFIA CHARGE DES TROPHEES DE CERION ROT lADIS DE TROIS 
ROY AV MES EN CE PATS LA. L OLIVE. 
Vl. L'inscription de la dédicace double feruoit,commedeflus,à l'argument. l 

l. I 

MERCVRIO CADVCEATOBL 

IL i^ 

PACI REGI A E. 
IIL 
L'infcription triomphale façonnée à l'antique en forme dcfada^ ancien. 

FOEDVS HISPANVM. 

QVOD 



de l'Hercule Gaulois Triomphant: 16 j 

OyOD NEC EX ANIMI TVI SENTENTIA, HENPvICE CLEMENS, SI QVID ANTE 
HVNC DIEM FACTVM EST , VINDICASSIS . AVT VLLO ALIO GENERE VIN- 
DICANDVM CVRASSIS : IN H^C VERBA FOEDERIBVS COMPOSITIS PETITO- 
RES TVI ARMA DEPONVNT : ET NE RESIDVA IN ANIMIS, ETIAM POST PA- 
CTVM. IRA REMANEAT, PRvETERITA ABOLERI OSCVLIS PLACVIT , TIBIQ^ 
EA CAVSA CLEMENS' PONT. OPT. MAX. CVIVS INTERCESSIONE , ET LA- 
CHRYiMIS TANTVM HVMANO GENERI BONVM FECISTI, ARGVM HVNC PO- 
NI IN lANO PER NOS VOLVIT, SCIVITQVE : ET PRO TVIS MAGNIS MAXI- 
MIS MERITIS OLIVAM DARI. 
C'efl: le vers du rond de l'Arcade. 

IV. 
BAt tlBI ERVNt i^RTES , P AGISSE lAlPONERE (JUOREAf. 
Les (ixdes piedeftals/onc ceuxcy. 

V. 
PACI OLEAGINEAM DONAr POST PRAELIA CLAVAM. 
Hercules après auoir veincu les Geans, dédia fa maderfaidedebois d'Oliuier Hié- 
roglyphique de paix) à Mercure .• &: le Roy après cane de vidoircs.à confacré fon efpce 
à ia paix. EAmn ejivicHs Gigtiftibia Hercttlem junm clauam Aiercurio Polygio conjecrajfe.qua 
dicunt fuijfe ex Olefijho, ér re^uduLiJp , nct'f^ radicibus injignem arbsrem factam futjfe, ce 
diclComesau liurej chai. l'OHiic (îgnifie la prorperité,& abondance de la paix,quc 
l'on auoic icy depeinte,&: que Rondird imitant Tibulle d'efcrit ainlî. 
Elle evfla tout le fein de la, belle Pomonne. 
D abondance de fnu&s^quenoiit vrodui^ l'Autonne. 

VI. 
ATTOT' en EIPHHH ZOAPKEf AAON AE30I. 
7/ rangera fes fuhicSîs de formats 
Sotihs le printemps d'vne éternelle paix. 

VII. 
O COHIBETE IRAS: Icr^M lAM TOEDVS, ET M NES 
COMPOSrtAE LEGES. X. 

Pindare diâ: en Ja 3. ode Olympique, qu Hercules apporta de forcloingl'Oliuc en 
Grèce, y inftituanc les icux olympiques , où les veincueurs fuflcntcoronnés d'Oliue. 
La parallèle de ce piedeftaleftoitexcraidede ce lieu de Pindare, & compofee de ces 
vers,que chacun peut facilemét appliquer au Roy,qui a arboré 1 Oliue de paix au lïii- 
lieu de la France. 

AMO): KOMAI2I BAAH TAAT- 

KOXPOA K02M0N E A A I A2 , T AN H OT E 
12TPOT AnO 2KIEPAN nATAN ENEIKEi>5 
AM$ITPT0NIAAA2 

MNAMA TaN O'ATMnn, KAAAISTUN AE0AnN. 
^ue cdoUuier on luy donne 
Ç La bleu -céleste coronne,. 

,^'Hercule vt^forieux 
iSaigna fur l'ijlre bourbeux^ 
Pour en corenner les tejles 
K- Qcs. Olym^ic^ues. ^^thletes.. 

I « Tu. a. Pa.ui'anias- 



i66 Le labyrinthe Royal de tHercul. Gaulois triomph. 

Paulanias efcrit.en lès Actiqucs,que la paix auoit efté la nourrice de Pluton le Dieu 
des ricliefles , qui ic cenoit en Eipaigne plantureufe iadis en mines d'or. Ce que vou- 
loienr fignifîer les Athéniens par leur ftacue de PIucon,qui eftoic ieune enfant entre les 
bras de la Paix i^i nourrice.La pouure France commence de cafter le bien qu'elle ap- 
porre,&;rexperimenteratoufioursdeplusen plus,tanc qu'il plaira à Dieu luy confer- 
uer,& profperer ce mariage,qui doit cftoufterau berceau toute guerre,&: diuilion: & 
faire refleurir les lis de France en l'Apuril d'vne Royale pofteriré:cc qu'eftoit progno- 
ftiqué par l'Oliue fymbole d'abondance , &: de richeiïes ; puis qu' en la fainâie Efcri- 
turecelt vnephrafe ordinaire de dire qu'il y aura de l'huile.pour fignifîervne moifso 
plantureufe en tous biens. Les deux autres vers,qui fenfuiuent promettoient le mcfme 
en termes diuers. L'vn de Mufee vn peu akerc, l'autre de Virgile, vifans cous deux à 
l'Qliue verdovante,que cette Princefle plantera au iardm de la France. 

Xî. 
nOAAA KAMXIN F.PPIKOS EBH nOTI N.\TAOXON AKTHN. 
E?î fin de compte^ Henry le fort 
Jpres tant de '-Viiguesyprend port. 

XII. 
PHTLLIDIS ADFENTr NOSTK^E NEUFS OMU^E riKE^lT. 

Les quacre Anagrammes tendent à mefme fin, & font mention de la paix fortex- 
prcfTement. Le dernier eft vn vers fcazon. 

Vin. XIII. 

HENRICrS BORBONU'S MARIA DE MEDICIS REGINA 

ORBIS SFB HCC VIRENS. BEI MEVICA IN ARMA REGIS. 

S. En N. IX. 

BEI^RICVS BORBONIFS, UiiARIA DE UHEDICIS RECI2iji 
HEM! BONI DH.KEGES ORBIS , MERCFRIFS , x^C DIANA. 

N. de trop. 

XIV. 

CMARIA DE lMEDICIS GALLORFM REGJNA. 

ME A MIRA REGNA MIRE GALLIClS i^DDO. 

F. En o^. 

La coronne eftoitd'Oiiue ioubsla clef,en ligne de paix, quia toufiours elle repre- 

^ "• sêtee par l'Oiiue.Les Ambanadcuis,que Encc cnuoye au Roy Latin, sôt cous corônés 

de verdOliuierduy mcfme allanc à Euadre monftre àPallar,qu'il eft venu c5me amy, 

&: homme de paiXjcftcndanc la main auec vn rameau dOliue.SemblablemencStace 

faicl que Ty dec demandant le Royaume de Thebes à Echeocle au nom de Polynice, 

luy met entre les mains vn rameau d'Oliuier , pour luy monftrer qu'il alloit comme 

Ambaftadeur de paix. Les Poètes font replis de ce Hiéroglyphique de paix-&: encore 

la colombe porcanc à Noë la nouuelle de paix,tenoic vue branche d'Oliuc en fon bec, 

qui a depuis donné matière aux Poëtes,& à l'anciquicc de faire le mefme. L'epignime 

faida cepropos,efcric comme les aucres,eftoicai$gé au cofté droiddel'ArCjVis avis 

dç l'autre infcriptiou en fuittc du labyrinthe. 

POVR GERION PACIFIE . L'OLIVE. 

^ CZS IAVB.IEKS l'APPEUDS SXCOR CET OLWIEB. 
Û ORAî^D HEKCVL FRANÇOIS! L'ESPAldXOL GERJOIt 

^i SANS (^ejnCre l'^mcy dv gavlois erancion, 

lOlHT LA ai'ERRS A LA SAIK, ET VQLli'i AV LAVB.IZS,, 

L'ARC 

* 



* ^ 



DIAN/^ LYSÎZONA 



PIETATI REGL^. j^^ 




/. 



V^i^RX.riE .. i^£ ug:qx!c..h£x. iv: x^u klcisj] 




L AR C SIXIESME D V 

LABYRINTHE ROYAL. 

SVR LA "RELIGION, ET 

ahfolutïon du Roy. 

CHAP. XV. 

f< A Royne paflee foubs l'Arc de la paix,delà à quatre ou cinq pas, à 

^'x^^'iSM ^''^ue du Change.cômença à delcouurir celuy de la coauerfion mi- 

C^rÇ raculeure,& abfolution du Roy, érige à l'i/Tue de la grand' place dœ 

" Jt lii maifon de ville, à l'endroit où fc rencontrent les deux rues , qui 

vont à noftrc Damc,& au Palais. 






Soti THEATRE c^oit le plus grand, le plus beau, le plus fupcrbe, |. 
& remarquable de tous lesautres,qui cftoient fur pied,firué à main gauche de rArc,&: 
continue des la grande boutique, qui faiârle coin, iufques au puys. Ileftoit enrichy 
de quatre grandes colomnes grizes,ftriees,& cannelées, de rslief, vernies,aueç les cha- 
piteaux dorez, d'ordre côpoâre, pofees es quatre coins furletheatre,acc5pagnees de 
leurs corniches de lafpegris/aisat lcquarredulôg,& du large, & de leurs ftylobates 
de diuerfe forte de marbres. La hafte Gaufa vn défaut de peu de faiâ: , mais qui 
cuft de beaucoup orné,&: faid voir l'architeclurcdemeurant le cofté de la maifon d€ 
ville fans tapifîerie,tout ouuert, qui fut neantmoins commçdité pour la grande afflu- 
ence de peuple accourue au fpedacle de la bataille d'Hereulcs auec le dragon, que s'y 
deuoit exhiber.Dans la fiize de la corniche du deuantjfc lifoint ces vers de Scneque, 

O QVANTA FVDI MONSTRA, QV^ NVLLVS MIHI 
REX IMPER WIT: IN5TITIT VIRTVS MIHÏ 
IVNONE PEIOR. 

Dans celle,qui faifoitle rebras d'vn çofl;c,ceux cy fe lifoient. 

PENE VECTOREM ABSTVLIT, 
PRONVMQVE RETROVEXIT , ET MOVIT GRADV, 

Pe l'autre cofté, ces autres deux. 

VIRIBVS rRACrVM CAK^M 
IRA FfRENTEM, Et BEL LA TENTA NTEM IRRJTA 
JNTyUMVS ORBI, TVM SVB HERCVLEA CAPVt 
\jiUCOHDlT VMm^. 

Tout cecy feruoit comnie d'argument à ce duel de l'HercuIes eombatant aueeqiie 
l'Hydre , 6^ d'.<^:iigm2 pour faire voir l'clï'ect des guerres,6c bataiilcsiicra Majçftç ay. 



tt;oraoh'v*>v5 /ictoice toulc de fes ciinpmis. 



T % 



Crrfe 



1^0 Le labyrinthe Royal 

Cette Hydre, ou dragon eftoit d'vn tresbel artifice, & d'vn afped effroiable, de la 
grandeur d'vn grand dogue d'Angleterre, tout efcaillé de verd, &:deiaune, auccque 
{es ombrages de noir5&: de rouge:il auoit les gnfes de Leopart,le groin camard.le froc 
cnfonré,roreillede lyon,la barbe de bouc,Iacueue de coleuure,le corps, les ailles,&: la 
teftc de dragô,auec la place de fix teftes ia coupees,qui faifoit, qu'il tenoit pi' du dra- 
gon,que de l'Hydre: il ellinceloit des yeux : iettoit le feu à furie par la gorge.par les o- 
reilles5& parrellornach: retiroitj&eflançoitia telle, & le col d' vue grande coudée: 
ouuroit la gueule d'vn grand pied •• ioiioit des mâchoires, & de la langue fi parfaite- 
ment, comme s'il fut tout vif, par des rellbrs, &: engins inuifibles; il reculoit,&a- 
uançoit de cinq pas^pourfuiuant fon homme,&: fc retirant dans fa cauerne , qui eftoit 
la grande boutique du coin ouuerte d'vne grande a rcade,&: rencontrée tout à propos 
que l'on auoit ombragée de mouirc.ramee,l^rbage,verdure, &c gazon. Hercules, qui 
le deuoitcombatre,cll:oitequippé à proportion, auec fon arroy à l'antique, la teftecoi- 
fee d'vn meufle de lyon aucc fon poil , & fes dcns.non pas en peinture, mais au vrav» 
d'vne vraye telle de lyon, que l'on auoit trouuee tout à propos : comme il ny a rien de 
fi rare,que n'aborde en A uigfion. Le refte du corps eftoit d'autres peaux retirantes au 
Ivonfur lenud. Encetequippage,Ia mafleau poing, au preallable, que de donner la 
diarge à ce monftre, la Roy ne eftant arriuee,&: ioinde au Théâtre, Hercules recita ce 
ouc fenluic. 

L'HERCVLE COMBATANT. 

Des le herceati^de mes mains tenârdettes 
Tay ejlr angle cent mille , ç^ mille bejles, 
'Des mon enfance à la mort ayant mis 
La plus grand part de mes fers ennemis. 
Toufiours depuis de l'Hydre fourcilleufe 
Tay comhatu l'engeance be/Ii^ueufè. 
Tlus l'en retranche , au plus elle en reprend. 
Plus elle enrage 3 au plus te me dejfend : 
^y^fCais fifaut il y qu'en fin te m'en de face 
"branlant en main le hampe de ma majfe. 
^es ppt goXiers ne m'en refie plu r qu'vn 
Le plus cruel, ^ le plus importun. 
^R^idis ton bras, (tAlcide,ç^ ta majfue 
Quelle aille à boyS, quelle tombe abatue. 
JoueXJrapet^trom^etes, ef tambours. 
Lfydrcy l'oicy le dernier de tes tours.. 

l'ay faii3: profcflion au commencement de ne rien dcfguifer des défauts, qui fu 
uindrent à Texecutiondu deflein. Icy en, pafTcrent trois for£iafchcux,&L qui refrof- 

dit< 



de l'Hercule Gaulois triomphant. i/j 

dirent de beaucoup cet ade,que l'on auoic rcferué pour cette place fi célèbre, comme 
le plus fîgnalé.A lafemoncc,que faifoic Hercules, le chœur du char triomphant com- 
posé de voix,&: d'inftruments,auoit elle apofté pour chanter la guerre de laneqiiin à 
î'aflaut de l'Hydre : mais ils fc perdit au belbiu.le laiiTanc rompre, &C dcfplaccr par les 
foules. L'autre défaut notable fut en ce que à l'arriuee des Princes l'on fit ioiicr trop 
toft le gros du feu,qui deuoit fortir de la gueule,&: oreilles de l'animal .■ il que à la ve- 
nue delà Royne il n'en rcftoit que bien peu, ne demeurant entier que ccluy de l'ello- 
machjoccafionant ceux,qui en auoient la charge , de recharger les refl'orts fur le faiâ:, 
&d'efcouurir comme l'on diéV.le pot atixrofes,qui futvne vraycnieferie. D'abôdant 
après la première charge,Hercu!es le défiant de (es forces, &: fe iettant à genoux, com- 
me ilauoit faict vnefoiscn la plainedeSellon, bataillant contre les Geneuoys, toutes 
les trompetes, qui auoient eu à ces fins leur rendes vouscnladicle placc,auoientcom- 
mandemct defanfarerla recharge, &C d'cfueiller Hercules à vn nouuel alTaut.Ellcs dif- 
parurent aulTi bien,que les chantres , prenant ailleurs leur auantage, &: delaiifant ce 
Ipectacle froid comme glace,& fans ame.Hercule ny pour cela,recité qu'il euft, print 
cœur de la Royalle attention, & patiêce de (a MajelK',plus efficace à enflâmcr le cou- 
rage des Adeursà bien iouër.que le chant d'vn Tyrree à animer a la guerre:il entre en 
lice, va afl'aïUir fon ennemy enfacauerne; & comme effraie del'dfpeddcce monllre, 
fe profterne en terre,faifant cette prière à Dieu. 

Perei qui mimez^ cette gnirids ynachine^ 
Encouragez^ mon Iras , ycnforcez^ ma boiSîrine. 

Il exprimoit allegoriquement les dcftroicts , efqueis s'efl trouué le Roy founentcs- 
. fois, (S: vue fain£l:e,&: reiigicufe couitume qu il a en (es plus grands dangers, de drefler 
• Ces vœux,&: les prières aux cieux, recognoiflant que tout fon bien vient de !à, &: qu'il 
n'eft rien fans la grace,&; ipeciale faueur de ce grand Dieu, qui en vn momét peut ren- 
uerlertous les Roys,&: abatre toutes les colomnesdclaterre.Ii latouliourspicufeméc 
pratiqué, mais lîgnamment à la iournee d'Yury,en la belle priere.que Salluftc du Ber- 
tasamis en rhymc. Ainiî Hercule plein d'efprit,&de nouueau courage avant prié, re- 
double fon effort, iuf'ques à tant que l'Hydre defmcnbree (e rendit , pliant le col iuf- 
qu'en terre fe confeflant abatue,&: furmontee. Alors le vidorieux, & triomphant Hé- 
ros, luy mettant le pied fur la gorge , expliqua en ces deux vers tout l'énigme de ce 
rencontrcparlantenlaperfonnedu Roy fe tournant aux auditeurs,au dernier vers, & 
iettant vu profond foufpir de fa poidrine. 

Monjîre effroyable, afreux, le te tien te te tten\ 
if'ay achepté bien cher le fceptre quejîoit mien. 

Les trompetes deuoient encore icy trompeter la vidoire, mais elles v firent défaut 
auffi bien , que le char triomphal , auquel touchoit de chanter en démarchant de ce 
theatre,rhymne de triomphe,&: le viue le Roy. 

Il y euft force Oedipes,qui conterollerent cette Hydre en ving & cinq façons : qui 
penfoit vne chofe,quien difoit vue autre,qui philofophoit que l'on entcndoit l'hcre- 
fie,qui eft vrayement à plufieùrs teftes, fans cef^e s'eflant démembrée du vray chef de 
rEglife,qui eft le fils de Dieu,& fon vicaire en terre. 

L'ar: 



t?^ Le Uhy'mthe Royal 

Laic prochain leur en donnoit le ("oupçon drcfie à la couetfionj&T religion du Roy. 
l'aduGuc (.-M'en que le plus grand triomphe de la Majefté fut de cette vidioire de foy 
«ieihie,qui luy afleura deux grandes coronnes tout enfemble : celle deFrance.à: cel- 
le du Cici/ans laquelle celle lan'ell nen,ou fi ellecft quelque chofe, n'eft que plus 
grande macierc de peines éternelles, puis c^mc patentes patenter tormenta patjentur : tout 
cela cfl vray,&: la Majcilé en a faid toufiours cet eftat ; &: ne fc peut reuoquer en dou- 
tc.finon que de ces âmes efchappees , & enyurees du hanap de leurmifere, & morta- 
lité, qui ncpcnfentquafi que par ieu,&: par longe àlagloire,&coronne future: mife- 
rables,Sc dignes de compaflion,ne s'apperceuâs de la mort,cui les talonne de près, & 
de ce que les attend après l'ombre de cette vie , que Pindare n'a pas ofé mefme nom- 
mer ombre d'vn corps, mais ombre d'vn fonge.Tout cela di-ieeliant, ce n'eftoit tou- 
Tesfois du deflcin.ains de faire voir vn abbregé,&: viuc peinture de toutes les batailles, 
& trophées en blot de la Majefté. Et fcauent les députés , que l'intention première de 
rauthcur,fut de l'exhiber au premier Arc.où eftoit la parallèle de rHydre,ne fut qu'ils 
voulurent le garder pour ornement de la maifon de ville. 

Cette bataille fut (uiuie de quatre petits Satyres veftus de moufTe de pied en cap, 
•qui iciiercnt vne SatyrCjOU Morologue.fur leluie£l' de ce dragon.en langagcprouéçal, 
p!ai(ant,&: fenrentieux de ^oy. Ils pourfuiuoient l'allégorie du combat appliquants le 
Cour,auccque faceties,&:fentenccsdepaysà la vérité des lauriers , ôc triomphes de (a. 
Majefté en gênerai, qu ils reprefcnterent conformément au pcrfonnage, qu'ils renoicc 
autc grande attention, &bicnueuillancc de fa Majefté,&: de la grande multitude de 
peuple, qui y afîîftoit. Le Prouençal fc contentera dauoircftéouy vne fois en fi belle 
compagnie, &: nous pairerons outre. 

L'inicription, qui continuoitla liaifon dulabyrinthe.eftoit telle. 

V^RC SIXIESME D y LABYRINTHE RVXAL SVK LA BENEDICTIOKI^, Et 
ABSOLrriON DONNEE AV ROT V AR TipStnE S. PERE LE PAPE CLEMENT 
Fin. SOVRCE DF BON HEVR DE LA FRANCE, ET DV REPOS DE roVTE LA 
CHRESTlENtE : ELLE EST REPRESENTEE PAR LE GRAND , ET SAGE PRO- 
METHEE DESLIE DV CMONT DE CAFCASE PAR HERCVLES. i 

II, L'arc estoit consacre à Diane,qui eft la naïfue image de l'Eglifc , & de la vraye 
religion illuftree par le Soleil de iuftice.SaincL Auguftinlc traiûe fort au long furie 
Pfeaul. lo. où les reformez de noftre temps trouueront vne bonne Mercurialle , pour 
leur reformation, s'ils la veulent prendre , & y verront les naifucs marques de noftre 
Eglife, qui eft d'autant plus lum.ineufe de la reale prefence du fils de Dieu ( recogncu 
par Platon en fonTimee,&: par le grand Trifmegifte au Pimandre,pour Soleil intel- 
ligible ) que l'Eglife refroignee,&: la Synagogue de Geneue en eft brune , & eclypfec 
parrabfcnceduSauueur,quila abandonnee.&rcprouuceen (es ténèbres , & en fon 
Euangile imaginaire,&: inuifible : laquelle s'eftant gliftee depuis les Apoftres par cer- 
tains Aqueduds foubfterrains,&: par ie ne fçay quels bourneaux incôprehenfibles, en 
£n, de bonne fortiuie, reiallit, & s'alambica l'autre iour tout à coup, au milieu de cp 
grand lac myfterieux,qui en eft tout reformé , &: miraculeux. La Lune eft feptenaire 
comme l'Eglife : remarque de Clément Alexandrin en fes Stromes,de Seleucus Ma-tt^|.' 
xhematicien,&: de Philon aulîi en la Cofmopcie , qui font d'accord , que la Lune e9:J jj| 
toute feptenaire, changeant fept fois de face, chacune de fept en fcpt iour .• &: zS. fois 
(qiu font quatre fois fept) de maifon celefte. i. elle commence par le croi/fant. z. . 'a- 



de r Hercule Gaulois T^fio7npha}iP. ip'j 

uanceàla moitié. 5. s'accroiccn bolTe. 4. cft pleine. j. retourne en fa boirc.ô.en fa moi- 
ne. 7. en ion croiiî"ant,& en fon premier poincpar où elle aiioic commencé. De cecy 
f\iir ibn profit fur le pfeatil. allègue S. AuguUin . & au 110.17. ^^^^ Q'^t^ chap. 4. il die 
que le nombre feptenaire fignifierEgiiic Catholique laquelle a rcccu de lefus Chrift 
feptSacremens."aeufept diacres des le temps des Apoftres : a dillribué Tes prières fo- 
lenncllesen fept heures canonicales , comme le fils de Dieu auoit compofé la fienne 
de fept pétitions : ic le Roy des Prophètes de fept autres heures Sept tes in die laudem 
dixi tihi. Et (on fils Salomon fa requeftc de icptartieles-Ses docteurs font fignifiez ea 
l'Apocalypfepar les fepteftoilles,que veitS.Iean à la dextredu médiateur ."les myfte- 
res par les lept féaux : fon vniucrfalité, 6c ellendue Catholique par la conftcllation de 
rOurfeen lob 9. félon S. Gregonc J^urdi^rcfuri }iomifie,{^ui in cwli arce conjlttutuspptem 
ftellurumradijs fulget,nifi vniuerfalii Fcclefia, exprtmitur} Voila la première conuenance 
de la Lune auec la Religion du Roy premierné de l'Egide, ôiCreceuen l'Eglife, entré 
au Royaume de (es profperités , par la porte de 1 Eglife. Il y en a vne autre en ce que 
Diane cftoit nommée des Grecs Lyfizonc.c'eftà dire,quidellie la ceinture, t^tfo^^^ow^ 
foluitdiu ligatam. Ce qu'on luy attnbuoità l'occafion de ce que la Nymphe Bi itomar- 
tis fetrouuantenfilaflce dans les rets,fans efpon- de remède, voiia vn temple à Diane, 
qui l'en depetra,& defliatoutaulîi coft. Chacun fçait combien de nœuds, de corda- 
ges, & d'embarras fa Majefté denoiia tout en vn coup . par la tant defiree profefljon, 
qu'il fit à .S.Denis.delaFoy,&: Religion de fesance(ires:qued'cfprics il cfclaircit; que 
de difHcukez,&: obftacles il rompit : que de barrières, que de nuées, que de brouillars, 
que d'ombrages il ofta, après cetre faincte.refo!ution,fi importâce à toute la Chrcll:ien- 
té.principalement après labenedi3:ion recciiede noftreS.Pere,ouplulloft:dela main 
de Dicu.qui l'a beny,&: profperé du depuis en toutes chofes. L'on peut dire auccque 
verité,quece futlecoupd'vn Alexandre coupant tout à faitl le nœud Gordien inex- 
tricable de ce Royaume. Cela cftoit dcu au feptenaire du Roy : car l'on eftoir abfous, 
félon la loy de Moyfe (ce que Philon au liurc du decalogue fur la fin , n'a pas laiilc en 
arrière^ toutiours par feptenaire, comme au feptiefme mois de l'an : &: de fept en fcpc 
ans:&: principalement tous les quarante neuf ans, qui eft le feptenaire quatre, &: l'aage 
du Ro/J'an du grand Iubilé,&dj remilTion pleniere, duquel il elloit commandé au 
Leuitiqiie, f^iestibi feptem hebdotnadA^s annoritm , hu erit an^uti lubtlxi. Et cettes ù nous 
efpluchonsde pies l'efcriture.nous verrons queks remiirions,&: abfolutions de quel- 
que coulpe que ce fut.auoient pour terme quelque feptenaire Au Deuteronome lô. 
Septem dicbm comedes a.fflicttoms pinem en l'Ecclel". i^o.juper peccMores fepttiplani: au Le- 
uitique i.6.'ç>\\iÇ\i:\xxs(o\'i^^ddfim plag.u vejlr.is -v/que in fcptvplum , penutiam vos fepttes 
proprer peccatavej}ra,coniptam'vos feprem plagis propter peccata l'eHm : Et en Gen. 4. 
fepnes animaduertetur in Cain-.'Ez mena/rant ceux,qui tueroient Cain, omnii qui occident 
Cainfeçtem vindicfas exoluet. Les luifs demeurèrent feptare ans en la captiuicé de Ba- 
bilonne : Il futpropofé a Dauid par l'Ange s'il aymoir mieux, pour fon péché, que la 
famine régna fept ans, qu'autre chofe: &: en fin en raorurent de pefte feptance mille. 
Nabuchodonozor fit pénitence fept ans: la fcur de Moyfe,pour ion péché, demeura 
ladre fept iours. Dauid après l'adultère fit pénitence fept iours. La pcnicence ancien- 
ne de l'Eglife Catholique pour les gros pèches eftoir de fept ans. En U ?/. qu.s.ficiuoi. 
Etdif.Sz pr£sbiter27.ciu.i. Et les pfcaulmes que nous ap ellons penitentiaux,pour cet- 
te confideration font du nôbre de fept.^/./« attt.de ccleb.AiijJ'.c.i.le ferois trop txa(ftc,&: 
ennuycux,fi ievoulois nmafler tout ce qucfe peut dire fur ce propos.Sculemér pour- 
ce qu'il s'agit icy dw i'Eghfe , qui cfl; fainci:e,&: de la piete.iSj religion du Roy , & de la 

V bcnc- 



//^ ^^ Uhyinthe Royal 

bencdiciion, qu'il receutdenoftrefaincl: Père. le ne puis paflervnc autre fignaleepro 
pncté du ("eptenaire^qui (uic àc ce que venons de dirCjCrclaueiee par Jes SS. efcrits , & i 
hautlouee par Philon en Tes Allégories, au liure ifur ces mocs de la Genefe : Benedtxit 
Dem dtei feptimo^^ fan^tficaatt enm. Dieu abenj le fefuefmetour, ^ la fan£iifié : ce que 
deuroit (uffire aux plus curieux, pour leur faire voir,qu'il y a de la fainfteté au fepte- 
naire du Roy, & de la bénédiction diuine. Lifezlediot Philon, fur le decalogue près 
de la fin, vous y crouuerez que toutes les grandes feftes des luifs furent fanctifiees en 
iours feptenaircs. Les paroles font remarquables, que i'ay tranflatees en noftre langue 
mot à rciOt. Les fltts grandes feJlesAit-'\\-,ont ejlé attrthuecs au fepU-niitre^kl' endroit ^que l'an- 
née ejlmypartie par deux Aequinoxes du printemps, é^ de L'autoînne,(^ Je célèbrent Jept iours 
entiers de fejle,kcaufe des fept mok de chaf([ue Aec^uinoxe. Outre plus tous ceux qui eftoiét 
immondes, & polluts auoient fept iours de terme,& le feptiefme ils eftoient purifiez. 
En Exode 8.&: 19- au Leuirique 4. i j. &: zi. aux nombres 19. Nahaman Syrus fe plon- 
gea fept fois dans l'eau, &: guérit purifié, &: fandifié de fa mezelerie. C'cft afiez de la 
dédicace de cet Arc. 

III. L'AR.CHiTECTVREefl:oit d'ordre compolite le plus parfaict de tous,& correfpondâc 
au Théâtre, meflé du Ionique propre de Diane, &: du Corinthien, qui ell gav,&: allè- 
gre, lescolomncsde lalpe bleu, la corniche de lafpe verd:lefrontifpicc hny par trois 
boules en fes recoins:les deux Hermès, qui foulageoiêt la corniche. eftoient des Cen- 
taures enfans des nuées , defquelz nous parlerons es emblemes,fcmibûuef(j^ viri,femi~ 
uirique boues, tout I'a rc eftoit de mefme grandeur,que celuy du change. 

IV, La PARALLELE s'cntendoit dcllc me(me,c'eftoitHercules,quidellioit lefagePio- 
methee attaché au rocher de Caucale : & cette deuile auprès. Vincla omnia kvpi. 
La fable en cft vulgaire , & cogneuë. Elle eftoit vn peu varice en la perfonne de Pro- 
mcthecayât le cœur entier,la poiftrine fans ouuerture,&: vne Aigle morte à ics pieds, 
(car auilî les fables difent qu'Hercules la tua) & non pas le cœur defchiié , Se brèche 
de l'AiglCjCûmmc l'ancien Proraethce, qu'Hercules deperradcschefncs de Caucafe. 
Le tout eftoit faici a pofte.pour deux circonftances notables de lacorucrfion, &: ab- 
folution de fa Majefté. Hercule dcfliePromethce, &: le Roy que nous prenons pour 
Hercule eu tout ce labyrinche,romp luy mefme les liens de fon amc,&: de Ion Royau- 
me , contre les mauuais confcils de plulîeurs,qui cerchoient autant Ja ruine de la Ma- 
jefté,que de toute l'Eglife : il a toulîours tenu bon en ce point de procurer i\\ bencdi- 
dionenuers fa Saind-eté,la prier,rimportuner,robtefter,6c comme forcer.fans force, 
de ce faire: cftant en cela foy mefme fon côfcil,&: fon folliciceur,& pource l'ô ne trou- 
vera eftrangclî en la pourfuite de la parallèle de fa Maiefté auec Hercules on la prins 
deiliant Promethee.prenant tous les deux à vn cftcct. Le Promethce eftoit peint auec 
le cœurfain,& entier,gifant l'Aigle morte à fes pieds, pour reprefcnter la belle prote 
ftatiô,que fit le Roy à fon inftrudion.d'auoir toufiours gardée la foy faine en fon cœur 
des principaux poinds de noftre créance : comme il le déclara lors qu'eftans appeliez 
parfon command^u)ent,me/îïeurs de Bourges.du Mans,de Nances,âd d'Eureux-pourlj^i 
rinftruirc,ildi(5tn'enauoir point de befoin fur la réelle prefence du corps du Sauucur 
au S.&: reformidable Sacrement de rEuchariftie,d'autant qu'il lauoit toufiours crcflc 
ny de l'Eglife Romaine, qu'il auoitaufll toufiours eftimé eftrela vraye Eglife. Et à la 
bonne heure : la confeftlon de cette foy fecrette profeflee publiquement en la Méfiée, 
luy ouurit,à l'inft.lr.tousles rcfi!orts des cœurs de fes bonsfubietls,^ les portes de fon 
Royaumc.Ce fut l'a 1595 le ij-.de luillet feptiefme mois de l'ânee.au iour deS.Iaques,& 
.S.Chriftofle,en la grande Egluedc S. Denis,de laquelle le chœur eftant tendu deta- 

pifleric 



in 
tioi 



de l'Hercule Gaulois triomphant. // j 

! pifleric releuee de foyc, &: d'or, l'aucel paré d'ornements Royaux de velour cramoi(i 
brun,auecla chapelle de mefme parure.Ie dais , & l'oratoire préparé pour fa Majefté 
auecque magnificence Royalermonfcigneur le Cardinal de Bourbon accompagné de 
neuf ÈuefqLies,&de tous les religieux defaind Denis, qui portoiencla croix, &: le li- 
ure des Euangiles,s'achemincreiiC lufques à l'entrée de l'Eglife vis à vis du Beneftier, 
où y auoit vne chaire parce de damas blanç,dedans laquelle monfïeur de BourgeSjqui 
faifoit l'office s'affit, attendant le Roy , qui fortit du logis Abbatial accompagné de 
quarante Archers de fes gardes, & après douze trompettes, fuiuies de toute la noblefle, 
au milieu de laquelle fa Majcltécltoitenuironnee des Archers defagardeErcofloife, 
& marcha de cette façon à pied, les rues tendues,& couuertes de loncecs , iufques à 
rEglife,auec le contentement,&: alegreil'e du ciclj& delà terre, &: de tout le peuple 
hauirantiufqucsaux nuées Ton vive le roy.A l'cncreedelaporte trouuantmonfieur 
de Bourges, cette ame vrayement genereufe fe iettaà fes pieds: en quoy il fe monttra 
plus Hercules qu'en toute autre chofe.puis que comme nous difions au chap.i.Higy— 
nus3& d'autres difenc que ce fut le vray gefte d'Hercules, qui le mit en cette pofture 
entre les confteliationsceleftes appelle pour cette occafion engonafis en Grec, que 
veut dire agenouillé, comme cette action humblenient triomphante,logera le Roy au 
Royaume du ciel, qui ne manque iamais.apres cette vie pafl'agere. Donques eftant à 
genoux, protefta de viuie,&: mourir en la religion Catholique, Apoftolique, & Ro- 
maine .'^iura de la maintenir enuers tous, & contre tous: & après bailla vn papier 
audict Archeuefquc,dedans lequel eftoit fa profcfTiondc foy: puis ayant receu labe- 
nediâ:ion,il fut relcué par les Euefques,& s'achemina droid au chœur de l'Eglifejayac 
tous les Ecclefiaftiques dcuant luy , au milieu de tous les Suifîes , qui faifoient deux 
rancs dedans la nef,batanr le tambour. Il arriua à l'autel, s'agenouilla de rechef deuanc 
luy,fereleuât alla faire le figne de la faincle croix fur l' Autel, le baifa.Se retira derrière 
rAutel,où il futouy en confeiîîon, & ramené s'agenouiller fur l'oratoire préparé fouz 
le dais; ou il ouyc en grande deuotion la Méfie célébrée par monfïeur de Nantes. 
Apres l'Euangilc monlicur le Cardinal de Bourbon luy donna le liure à baifer,&: puis 
la paix en fon temps. La IVleffe dicte, il fe retira auec la mefme magnificence, qu'il e- 
ftoit venu;&: depuis recognoiflant bien qu'il ny auoit rien d'authentique , & de vala- 
ble de tout cela,quc fon atîed:ion,fbn zele,&: la fincerité de fa foy,&: confcienccfi no- 
ftre S.Perc lePape n'y metroit la main, comme celuy à qui Dieu a mis les clefs de f aind 
Pierre en main, pour onurir le ciel, Si l'eipee de faind Paul pour couper les nœuds, & 
liens des âmes de touslesChreftiens de quelque qualité qu'il foient, il pourfuiuitfi 
chaudement euuers fa Saincicté d'auoirfa paternelle benedidlion ('comme il auoit ia 
faicl quelques fois auant cetce folennelle déclaration de fa creance)que fes plus grâds 
ennemis conGderants fa ferueur en cet endroit, ne pouuoicnt qu'ils neconfe/railenr, 
qu'il auoit eflé viuement touché d'enhaurque le fang plus que trefchreflien de fain6t 
Loys bouiUonnoit dans fes venes ; que la bonté, & religion naturelle de la maifon de 

' Bourbon ne pouuoit mentir. le laifîcà dire comme fa Majeflé à ces fins,enuoya à no- 
ftreS.Perc Sixre V.monfieurde Luxembourg: à Grégoire 14. le Marquis dePifani: à 
Clément 8 feant à prefent.monfieur le Cardinal de Gondy , & puis monfieur de Ne- 

' uers,.Sd en fin monfieur d'Eureux,qui rempoita,&: receut au nom de faMajeflé l'abfo- 
lution,&:bencdi'n:ion Apoftolique auec toutes les formalités, & diuines cérémonies, 
pompes,& magnificences Royales. qu'il appartenoit à vn acte le plus merueilleux.qt'e 
fefoit veudemilleansen ce beau Théâtre du Royaume de France. Cefutl'an ij^y. 
le 17. de Septembre, mois, &: iour feptenaire. l'ay voulu icy mettre vne partie de l'e- 

V i did. 



f/6 Le labyrinthe Royal 

à\di- que fa Majefté fie pour monfcigneur le Duc de Mayenne l'an 1596. en lanuicr. 
Pour faire voir par la voix,&; tefmoignage de fa bouche Royale en quel cftime il a eu- 
cefientriôphe.ians lequel les autres ne luy eufîenc feruy deguicrc,ny pour vue gloire 
folide,ny pour le falut de fon amc, qu'il prife fans comparaiion d'auantage , comme 
Roycrelchreftien,querous les Royaumes, &: mondes imaginaires d'vn Alexandre le 
grand, qui palîenr.&abandonnenclcur homme, plus ville que le vent. Ce font icy les 
propres termes de l'edicl. 

Comme l'offce â vn bon Roy foit d'aimer fes fuhieCfs comme fes enfans , les tr dicter comme 
tels^ (^ croire que leur félicité ejl la fienne: Dieu, ^ la hommes f)nt tefmoings aufi , fi depuis 
^liil luy a pletf nom appeller a cette coronne'^tiota attons eu a^utre pltti grand foin, çjr dejtr , que 
de nom acquit er de ce deuoir. Car ayant trouuè ce Royaume rcmp ly de partinlit es , rmts nauons 
non plus efpargné nojlre propre fang^ pour de fendre nojlre authonté, que noftre clémence , pour 
remettre, é" oublier les offenfes , qui nous efioient faiHes.Bnquoy nous recogmiffons nanotr esté 
moins apjtez de la grâce, éf beneâiSimi' de Dieu en l'^ine^qWen l'autre -voye.Car s'il nom afou- 
uent donné de victoires fur ceux, qui combat oient cotre notu^ilnom a encore plm fottucnt accrett 
la volonté,^ donné les moyens de vaincre par douceur ceux qui s en font rendm dignes. De forte 
quenompouuons dire ^N'AVOIR CHERE CMOINS Af^ANCÉ LA REVNION DE NOZ 
SFBIECTS SOVBS NOSTRE OBEYSSAlVCE PAR CLEMENCE, ^E PAR NOZ 
lyiRMES. Et vn peu plus bas. Si toU que mm auons eu quelque relafche de mz plm grands 
trauaux^parles aduantaies, que Dieu nom adonnez fur noz aduerfaires , nom auom voulu 
Approcher de nom des prélat s^é' do fienrs de bonne vie,(jr des mieux ver fez aux faincles lettres, 
poarnom injlruire en la vérité de la religion Catholique , de laquelle Dieu nous ayant faiél la 
grâce de 'nom rendre capable, auec ferme propos , é^ refoluîion d'y pcrfeuerer iufques au dernier- 
fttfpir de nojlre vie ; 2V om n auons eu dipids plm grand defir, que de participer en toutes chofes 
a l'vnioa, ç^ focieté de l'Eglife Catholique, ApoFloUque, Romaine, & ^ nojlre réconciliation auee 
nojlre faincl Père le Pape, ^ le fainéf Siège, comme chacun à peu (ognotjhe par noz avions , ^ 
les continuelles pourfuittes,^ recherches que nom en auons faiéf. LefquelUs auroier.t eflèîelle-i 
ment trauerfees par les ruzes ordinaires denozennemis,que fncJhero'stance,c'y la raifonneuf- 
fent efmeu,^^ fortifc lavertu,é/' bonté fimrullere de nosire Sain ci Père (lequel comme père com-^ 
rnun,^vray fucceffeur,^ imitateur de fainci Pierre, n'A eu efgard, qu'au feul bien de la reli- 
gion Chrefiienne) nom n'eu fions iamais acquis le bon heur de Jafatncfe benedifiion, î;y de nojlre 
dié^ie réconciliation par nom tant dejiree, pour l entier repos de uoHre ame^ i^ la fit nf action 
plm grande des conjciences de nojdicts fubiecti ejmcus du (cul zèle de la rehgion. En quoy cowme 
nom auons trefnrande occajion de louer Dieu , ^ magnifier aufi l equanimifé de fa fainctete^ 
pour auoir par fa prudence, ^ bonté confondu l'audace, (^ menfonge de nofdicî's ennemis , nou4 
ne l' auons pas moindre d'à I mirer la prouidence diuine,en ce qu'il luy à pieu faire, que le chemin 
de nofre falut aye aufsi ejléceluy,quiaejtéle plm propre pour gaigntr, (^ affermir les cœurs dt 
nofdicls fubieéts, çy- les attirer à nom recegno/jlre,(^ cheyr, comme il s'cjl veu bien tojl après no 
Jlre réunion a l'Eglife,^^ to'ufiours depuis continué. 

Voylala plus parc du preâbuic de ce Royal edi61: que i'ay voulu icy inférer pour failli 
revoir la lîncerij:é,& candeur de la foy,& religion de fa Majellé : le deuoir quclîe y a K 
apporté, les efircâ:S:qui s'en font enfuuiis, ^(.x deuorion trefchreftienneau fainclSiCtf 
gc,&; à noftre fainâ: Père le Pape.&: enfeigner à fon exemple a certaines âmes, qui n'ô? ifiiiicii 
rien de vray Chrcfticn qu\n fonge,& apparence, que les Roys ne dcfdaigncnt pas de llioijsi] 
ie mettre à genoux dçuant les Papes. & de rechercher par tous moyens la réconcilia- [ 
tien aueciceux.Linint cet ediâ:,lesHugucnots, peur eftrc&rccs fcnuhugucnors fuërôf, iïoljt- 
& changeront de chcmifc, Uiflcs \th palier : ils y ont paie le péage. 

Povjij 



de F Hercule Gaulois triomphant, 777 

PovR FAIRE entendre cette roif,&: ce feu, d'où brufloit fa Majeflé de boire dans la V. 
viue fontaine de la fainâ-cfoy Orthodoxe, parle canal, &: miniftere dcnoilrefaind 
Père Clément 8. Au premier emblème l'ô auoit dcpemt vn beau cerf,aux coines d'or, 
allant ànageà vnefontainc,qujreialhfoitd'vn rocher parla tefle d vn Agneau, auec 
cette ame. Tf^A ME CLEME^iTIA TRAXtt. 

Les cornes dorées fignifient la coronne, ainû qu'a cftc deduid amplement en l'Arc 
fecôd.- la roche cft l'Eglife, é" f"p^^ fj^^c Petram ^dificabo Ecclejïam ^/c/îwî, l'Agneau Clé- 
ment 8. la clémence melme, qui a autant fauorilé ce Royaume, qu'il l'ave elle, peut c- 
flre,dcpuisCIouis,desfuccefl'eursdeS.Pierre.Lerefl:e s'entend, fans que ie l'explique. 

L'avtre EMlîLEME parloit à rherelie,quele Roy aflomma le iour de fa protertano 
faide à la veiie de fon Royaume,en deteftation de ce nouucl Euâgile canfç de les tra- 
uauXjlource de noz malheurs. La deuifeeftoit double ; vn Soleil , qui à grands rayons 
pcnetroic au trauers des nuées efpclfcs les efcartanr çà,6d làjanimé de ce mot. 

obstantia soLvir. 

Et vn HeIiotropion,que l'on appelle autrement,herbe du Solei! , planté en vne iflc 
au milieu d'vne mer ondoyante,fuyuantjmaugré les vagues,&ife tournant au mouue- 
ment du Soleil. Auecque fon mot. 

BFC RAPIOK, ^OCVli^E NltES. 
L'oM EN AvoiT donné autres deux au peintre, qui furent oubliez &lai/rezen arrie- 
re.L'vn elloit vn Pegafe fur vne montaigne s'elançant des pieds de deuant vers le cie), 
&: donnant vne rude ruade des pieds derrière contre la montagne, auec ce diclon. 

K^LTA PETIT, DEPRESSA PREMIT. 
C'cil le grand coup , que receut 1 herefîe fur la tcfte, le Roy vray Heliotropion fe 
guindant au ciel vers le Soleil de iuQ:.ce,par vne foy entiere)&: lïncere, & defpeçât les 
brouilI.u"ds,&: brouces des ei; eurs,c imme vn clair Soleil, qu'il eft.luiuât ce qu'en auôs 
dicl en l'Arc deulitfme.L'autrc deuifeeftoit vn Soleil efclatant de toutes parts fortanc 
d'vneefpeifenuee,aueccethemiftique, EO lAM CLARIOR EXIT. 

Icy lesdeuoyezde nûftretemps,auec vne irreuerencein{upportable,& crime cotre 
]a Maiefté,quifaidhôteà pluiîeurs mefmedelcurparty,ofent bien dénigrera cetriô- 
phedu Roy le plus merueilleux de tous les autres, accufans d'hvpociilîç la blus belle 
la plus fainct:e,la plus falutairçaftion, qu'il ayeiamais fai^, ^ pour luy , &: pour fon 
Royaume,&: de laquelle les Angçs fè sôt ellouys au ciel, ccpédant que les Huguenots 
en plcujoicnt en terre.-Liiés ce qu'ils en ont efcpit en ce libelle dekur.s doleâces, qu'ils 
luy prcicnrerent deuât Amyens pour luy faire peur.'iniuricux à toute la France, diffa- 
matoire contre tous les Princes.inrolçrable contre le Roy,blalphematoire cotre Dieu, 
ïls difent la dedans, qu'en fa Majeftc n'y a rien d'altéré, que le dehors.que nous poife- 
dons fon corps , ils pofledentfon ame." qu'on l'a forcé d'aller à la Mell'c : qu'on l'y a 
pouffé par force; nous faifant d'vn Roy fans pair trefchreftien.trefprudent, trefadui- 
fé,&: frcirage,vn deteflable,5(: fcelerat Machiauel, ou vn Rabelais sas foy,§(: fans reli» 
gion.Toutela Franceaveu cesRodomontades,qui contiennent pis quecela,&a rou- 
gy de honte de leur hontc.Hc DieuiiiU créance des Catholiques fut cftéiîdeloyalle-» 
ii le Roy n'euft efté plus mifericordieux. à leur pardonner leur impofture , qu'eux, im- 
pudents à le calomnier .\ la vcirç de cous fcs fgbievhiquç fud'cnt ils deucnus r que fuf- 
(ionsnoqs deucnus? ou fcroitauiourd'huy lapouure France? forcé d'aller à laMeife? 
lîjeflieurs que dictes vaus?.î quoy pêfc?. vous? ou elles vous? quel efl: voftre fcnsj quelle 
voftre au4-ice?qiie! le rcfpcil que vous deuez à vnRoyfL'eftimcz vous iî peu genereuxi 
luy qui h\C\ rrciubltj h refrcfous fcs pieds, que de rien faire pat ciuincc ? lors que 

Y 3 tvv.r5 



lyS Le labyrinthe Royal 

toute la France armoit contre luyquaridefaimé; lors que les lois, & les edids de fon A 
predecefleur,&: du Royaume luy enleuoient refperance d'elttc jamais Roy. &; qu'il e- '"" 
lloic fur le point d'eftrc pcrdujpar le grand effort de toute la Chreftienté ennemie ir- 
recÔciliable non de fa perfonne , mais de voftre herefie,que luy a caufé tous fes maux: 
l'a on vcuiamais changer la religion,qu'ilauoitluccéauec lelaicl,& quel'apenfé ac- 
cabletjS il ncrcuft accablée ? Et depuis que par tant de prodiges, iL miracles, fcs pro- 
pres ennemis l'ont aifis dans le throne Royal, n'a il pas monftré , que routes les armes 
du monde n'eufîent eu la force de le faire aller à la Meffe , s'il n'eufle voulu ? pouures 
gens,& malauifés que vouseftcs, n'a ce pas efté après tant de victoires , qui luy font 
tombées du ciel dans lefcin,&:qu'ila veufes ennemis prefqueaterrés , qu'il agaigné - 
cette grande. &: lignalee vidoire fur luy mefmcJoù eftiés vous?que faiiiés vous? à quoy 
pcnliés vous? couriésvous le Heure en Angleterre .''faiiiés vous les chafteauxen Ze- 
iande?rouliés vous les caroux en AIemaignc?monopoliés vous à la Rochelle? pefchiés 
vous aux grenouilles au lac de Geneue ? quand tout cecy le faifoit en vn Théâtre fi ; 
rclcuéjôc 11 ample que la France ? il receut lors , qu'il en eftoit le moins prefle , & em- 
braffadc cceur,&: d'affedion l'inftruction que vous deulfiés prendre à Ion exemple , fi 
fclonvortre arrogance accbufturiiee, vous nevouseftimiés plus accords, plus f âges, & 
plus fenfez. que luy,qui vous afraié le chemin : plus auifez, que tant d'autres grands 
feigneurs de France.qiii vous ont abandonne^ : plus entendus, que tant de grands, & 
doctes perfonnages.qui vous ont Anathcmatifcz:plus religieux,que toute l'antiquité, 
qui vous a condamné ; plus fainâ:s,quc toute la Chrefl:ienté,qui vous defaduoiie, vous 
abiure,vous abhorre,vo' detefte. A prenés,meiricurs,de n'eftre pas fi fages en voz dog- 
mes.fi ahcurtez,&: accariaftres à voz folles opinionSjfi irreuercnts cnuers les Princes,{i 
iniurieux à la Francc,fi impudents cotre voftre Roy.qui fcroit de vous, s'il vouloir, ce 
que fes ayeux firent de vorancefl:res;Clouis des Gots, Charles Martel des Sarrafins, 
Charlemagne des Saxons, &: des Lombards.faind Loys des Albigeois, Charles (îxief- 
me des Schifmatiques,les autres des autres. Mais la plume m'efchappe de pouifuiure 
ce difcours fi véritable, & cette p'einte fi ciuile : ie me commandcray pour maintenâr, 
de peur de n'eftre prolixe,&: vous, s'il vous plait, en tirerés profit , & ferez plus fages à 
raduenir,quand vous parlerez de voz Roys. Or que les huguenots foicnt des nuecs,& 
brouillars Alambiquez du lac de Gcneuc,eleuez,&: couucz par l'avdeur, &: chaleur des 
libertez charnelles dans les hypocauftcs de Saxe le vray caucafe , &: roche d'erreur, ie . 
m'en déporte iufques à vne autre fois. C'eft vn corum populo^ l'an pafl'é couroit vne ode 
intitulée Nebvl^ lemanic^, où cela eft deduidt fufïifamment , fur laquelle les deux 
emblèmes fufdids auoient efté moulez. le ne fçay quel corbeau d'Alemaigne nom- 
mé Rulman,Niddan,Cat,y avoulu rcfpondreàîSIifmes : mais quels vers '( Confits en 
broët,reboulisenCraot,cramoyfis enfoupvvein,conroyezenBirêbrot:figras, fi gros, 
& fi rcfcds,qu'en troifiefmeclafle,quien auroit autant faid, il croupiroit trois mois 
au banc, & au nid d'Anes. Pardonnez luy pour cette fois:fi l'autheur de l'ode n'eufTe 
cftimcàdeshoniKur,& comme Anathcme defe prendre à vnfi miferable cfcolier , il 
luy euft chaufté les efperons de fi pres,que l'Alcman y euft perdu la fangle , &; le baft: 
s'il y retourne,il en portera la folle enchère. Il a a faire auec vne forte partie,&: auec vn 
hommcqui fera plus de vers en vn iour,que Rulman n'en pourra digereren vn fiecle. 
S'il entreprend de luy lauer la tefte , il ne faudra point d'autre Barbier après luy. Ce- 
pendant ie me contenteray d'inférer icy rode,pouraurant qu'elle explique les deuifes 
de point en point,& poire quant &c foy refponfeà Niddan Rulman Aleman ; Toutes- 
fois foubs le bon congé, Se plaifir de l'Autheur.lequel à m5 aduisn'en fera marry: ileft 
<Jc mes amis, le plus iDtrme,&: intrinfcque qui puifl'e eftre.. 



de l'Hercule Gaulois triomphant. //^ 

INNEBVLONES LEMANICOS 

NEBVLAE I^EMANICAE 

ODE 

ORTHODOXOPINDARICA. 

DICOLOS TETRASTROPHOS. 
STROPHE. 

EVflatus auras dum peragrat leues, 
Fagafcjue hmmas adglomerat vapor, 
'*^- Vuratur afirorum colores 

C^oSIe diem tenehrans opaca. 

Sugente cœlo per medlUm yolat^ 
\ Concreta Cretufquc denfo frigore penfles 

uem facit, Niu^tt proccUo^, C^ muofos 

& grandi- ^ ; ; r 

nera. ijrmdinAt m pelago jurores. 

Ex locis Heu ! de Ucunts ilîe paUftrihus 

paluftribas . ' ' 

cifcrtur in Hw excrcatiis mm tenet aéra, 
um. Typhoque fufjlaîtis fuperho 

Soltmgas temerat quadrigoi. 

Ex foiis '^efpef/at orhem commm Hefpero 
obieftahi- OhieSini aftro , dum radios fïnu 

Sorbet repercujjos apricoy 

Ty^diculos Jïrnulat colores. 

9^'\'°[^' ThaumaNtianas proikit îrides-, 

ai ell , & l ' 

ad piuaiam SenÇumque falhtydum grautdas dm 
Irrorat ampullas caduco 
Mox refluos hihiturus imhres, 

Hinc /kpe formas immemorahiles 

Rara& dl- ,/ • r /, 

fa facit vo- Mentîtur humor : jape "voragmem 
raginem. Attemperata denfa raris^ 
Et ref'tgos facmnt hiatiij. 

Vides ad ortum luminâ lihero 
<]ua: funt' Appollifiem perpendtcularihtts 
\:V^:n. Tallereytrgis.cumrefraSîa 
luminati. j^^çg (-^^qj pénétrât ijapores^ 

Fallor} 



i8o Le lahyinthe Ko^d 

ho/cft*fo- ^'*^^'''* ^ ^^^ "vànm fydens ad latus 

lis imsgi- KorAfitem adAuflrum tiube fub ardua, 

nés, qui in , ' ' 

Dubeinftir CeNtuplicata co-T/paraTitur -. __ 
mmlt^re- SjderAy tergemmiquc foies > 

fziancur. 

Fa^fnj rejîexa pnfui imagine 
Adultermas tum fpecies trahit, 
Cum terminata Déliant 
y» nehuU ca^mntur tgnes. 

Nebuiaeft, £» ///^, qu£ fc tolkre noH potefi 

QUI ob '■ ■' . , , I 

craflitiem IntamiTiatu yrbwiu wcubaty 

non fc po- T ' ^ ^; ^ ■ 

leftarcoi- Langu€tque fer planum pjuina 
''"• In fie files rejoint a mmhos, 

Ccnflcintur imbres : imbribM obuias 
cùm afcé- zAptate pelles : cù*n reuoUuenti 
pl^à'uiif""* Cdlàmque yelarit profundumi 
Mox pluuiAs dubit wfolentes. 

Sed ynde rupto murmurât Aethere 
la nube fi- Conccptui ardor ? cur ~^.îga perjirepunt 
fuiffii- fuhetra, defultoriofque 

Jngeminant per mane bombas ? 



une 
na. 



Eihala- 
tionesccc- 



Ctrcumreclufiis dum incaluit tepor, 
'Pracïifque quarit Kubibuj exitum^ 
faiDiusin- ardente complexu^bilibres 

cliifa- ri 

Cum jremitu taculatur ignes. 

Jx on aufui nubilia adultéra 
MD^rcffus' ff^p^ndere ajiroyjemiboues yiros 
iiion, cen- Troduxit ïnceHtu , bouefque 
lit. Semmïros jtne fine fudit, 

ANTISTROPUe. 

Caluiniano turbine Galheum 

CaloiniaDa rr / ) ^Z* 

bçreûstur- Vuigus ciert '^idimtij '. artijex 
bat Gaiha. Furorû} erroTifque fiidum 
Uxrefis ohtenebrauît arbem. 



Crapttt' 



Conce 
in Gc 



de l'Hercule Gaulois triomphant. iSi 

'P" Craffatur atrox proximè ah ArSîico 
niaeftcaa- Co>npa^i7iata fri^ore.flehiles 

fabcllonl t -^ / ; 

Tonat ruinas : turbulent os 
(^oncitat m populo tnmultuj. 

Heu ! de Licunû xUa Lemarucù 
ûrta !(. ia- /;;;j,.^^f AuerfH Tortice flUDCTa 

eu GcDC- 1 i 

uenfi inru- EUto. ter fuhlmie, dufio 

mcfcit. ' J _ 

Sacra jupercdio profafjai. 
Orhem ynittfijltm defmcit : C^ firè 

Se cpponit y ^ I I I r <-T^ • 

oibica:Ko lam jola huocî cor : ac Jpeci^Tjci 
''ç^ît^°^\ •- Laruata^-ventdmfque ftatum 
rneumatihomma mira pandit. 

Panas nuerehi yerjtcolorihuj 

Scnfum ti- _, / / / rT /- 

tiiiat fuca- Titiuat Aures : iit^ue juo Hejùerum 
nV^ifàu'- Mundi.protaheriinte jaftuy 
bres eue j,^ ùluuios [ohoUfcit arciu. 

ruinai. l J J 

Heu ! qitot Ijcunoj, quotjue voraginest 
acu'^anr" ^ot DxdaUoJ i>r,plicat orhitasy 



roos & cir- 2)^^ f^fj.^^ prailaru colorai 

' i 

In fi)eaem^/i>nuLita verts. 



cumuenic. t 



VirzAtd nubes haudalia eft tna'^u. 
gia. .^^7? lanceatos cum crepuit Deos, 
Cum catapultatofque Chrijîcs^ 
Xiphoma- XiphowachxncreLoJque fratres. 



N'afcitur 

intcr 

dios. 



Cli.t:ra cil 
polluci 



Radius bi- ^alis patern<zj dum Vhueton rotas- 
Extrenifu amoit,refpice Apolhnes, 
Si4i tempU- facrataftf'ie Suerctij 

Ecclerti ^ J J n 

ci.àQutr fibi ratiaice moaerentur xjlu. 

impuilcn- 
tctallumit. 

V'inA tantum. '-vanx pa^elia, 
Th.vit/i(}tCi}f.iue Jolis imagines! 
.^ u pon'e îetC7\ ant£ terj.'u 
In pj^ulo Jimdauit error. 

X Frocra- 



mac 

lui. 



hina- 



iS2 Le labyrinthe Royal 

Trocraftinatrix refit humi mfotens 
quT/"oii' VoUre mbesy mœmhnj imminet^ 
Vum j^iret aura-, prouehat que 
VlahraylatehricoUmque fumum. 

Vormidolojt fulminis tmfetmn 

ftrâges c- Immane frendentem rotatu 
Bxtimmt tremefuSîa teUus. 

Clittipt impétigo dira lihidtnù 
, ... ^ Circumglobata nube Lemanica 
magiftra. Dum erumùit, arde?ites in orhem 
Fulminât exittofa flammaj. 

J<lon fl mihi jînt qnotquot tnhofpito 
Leri7(e Chelidro pofihuma guttura 
muita pro- Ke^ullulahant^ ynonflra po(?!m 
^"*'' Dicerey nubigenâfque laruas. 

Sol illa vidtt y fol procul arbitres 
Sole Hqua- Intorfït ic[Ties , ille liquahilem 
n°fci«." ■ ^^^^'^Jp^-^ ymbram , dijjîfata 
Nube, diem retegit ferenurn 

EPODOS. 
GalleTitan , fi mea tantulù-yj 



Soiiiu -jp y^^^ tanmnt: mazne , tibi modo 

^.Gaiii* Henrice.debetur . ûHod atras 
CN^lla timent tua régna nubes. 

,^à fol recedens, qua rediens '^olat, 
bïïaf'totu Miraculum orbis Catholia micaSy 
orbcmgio- B.e^umme terror. corculumque 

rupciuaut l^ i ^ ^ i 

TontificiSyColumenque magnt. 

P^on Gallica armis niibda dijSipsi-, 
rairacuu, Sed pdce , &* artc , ^ confilio facù 
hserefim ^uod cxtcrt B.ezes nec anni4i 

& eneruat. ^^c trcpido potuerc hella. 



t 



de f Hercule Gaulois Triomphant. iS^ 

ft (fed illud quando yoles ertt) 
nco n""' <^ fi poetam, vel fùa carmina, 
S""- ^Ht fronte^ qua Eegnum ferena^y 

Jut oculo <Tjideaslibenti! 

Inflaho pulmonemy atque tomtr»d 
Alcmamorum proijciam loco: 
Tonûtbo : fttfiolUmque Diuos 
Borhonidoé fufer afira tecum. 

Fremam tAmhianosUuriger ordmes, 
Canam trmmphos innumerahiles^ 
Emhoujïajîicôque homho 
Turiaca^ refonabo palmas. 

Sxpelle noSîenîi defitper arduum 
Frtstende lumen : proijce queûfolej 
Mollire telù corda duro 
Impenetrabiliora ferro. 

DifieSïa fîubes in tenues breui 

yanefcat aurasytamque tuo prope 

Lîqimta ab orti*^ ranares 

In Galatam refupinefvmbras. 

Ite inctiharum femina ijubium^ 
Coquente Phœbo : cedtte, cedtte 
Sub Tartammi Uenrico tonante^ 
In fragiles liquefa^a ventos. 

Les inscriptions, quant à l'ordrejÂ: difpolldoti n'auoicc rieii de diflèrêc des autres yj 
La dédicace du coronemenc eftoicainfi. 

L 

VIANAE irSIZONAE LJOSSOJE. 

II- 

PIEfATl, Et' RELIGIom RECIAE. 

. L'infcription triomphale, lavoicy,enfon entier , car le peintre, pour n'eftre aflez 
capable la fi:ize,rauQic tron^^uee en quelques endroits. 



184- Le Lthyrïnthe Royal 

III. 

.CTERN^ PIETATI, AC RELIGIONI HENRICI IV. CHRISTIANISSÎMI REGIS, 
NEPOTIS CAROLl MAGNI , FILII DIVI LVDOVICI : QVOD FIDEM AVITAM 
MAIORVM SVORVM .STVDIIS, AC ROBORE IN ASIA STABILITAM , IN AFRICA 
PROPAGATAM, IN TVRCIA ASSERTAM , TOTO ORBE CAT^OLICO A MILLE 
TRECENTIS ANNIS CONTINVO PROPVGNATAM, AVCTAMQVE SVSCEPERIT, 
NOVAM, ET ADSCITITIAM EXEMPLO REGIO ABIVDICARIT , DVLCISSIMAM 
PARENTEM ROMANA.M ECCLESIAM DEOSCVLATVS,COMPLEXVSQVE FVERIT: 
CLEMENS OCTAVVS BEATISSIMVS CHRISTI VICARIVS, PETRI ^TERNVS, IN- 
TEMERATVSQVE SVCCE5SOR , GALLI^ VNIVERS^ PATER. AC PATRONVS 
INFATIGABILIS, TOTIVS ECCLESI^ CATHOLIC^ VNICVS PARENS . HJtRE 
SEON TERROR , TVRCARVM FROFLIGATOR , 1 R/ETER PATERNAE INDVL- 
GENTIAE OSCVLVM BENEVOLEMTISSIMVM , ETIAM ARCVM POSVIT, THtA- 
TRVM FECIT, PALMAM DECREVIT, REGNVM FIRMAVIT , GALLIAM SERVA- 
VIT , PACEM INVEXIT , BELLVM CONFECIT, CAELVM APERVIT. j 

Dans le rond de l'Arc ce vers exprimoic le gefte de Promcchee dcflié. ^ 

IV. 

svstrur EXVTAS vinclis ^d stdera pal mas. 

La parallèle eft des Cenraures enfans des nuées, hommes en apparence par le deuant 
& en beaux iemblans,mais beftiaux par derricrc.cn cour le rcftc du Tcns, 6c du corps. 
Hercules les aterra,commc il le d:ct en Euripide,<S<: il s'enccad allez par l'ode luldùîe, 
que noftre Hercules en a faid: le mcinie. 

V. 
KENTATPOnAH0H nOAEMON OTiC EEHNI2A. 
l'ay accablé les troupeaux 
Des Ce?itMires demy-yeaux. 

Ces quatre petis vers Lyriques viennent de la première ode de Pindare. 

VI. 
MKKE© AAÎOT SKOHEI 

AAAO ©AAnNOTEPON 

EN AMEPA OiAEINON A2TPON 

EPHMA2 m' AI©EP02. 

'Me cherche vu ajîre ph/j yermetl, 

5A(e plti4 brillant que le Soleil, .1 

^iti nom efclaire tou^our 1 

Redorant l'air tout le tour. 

VII. 
IL LE SIMVL lMANîBVS tENûft BIVELLERE NODOS. 
Les autres trois ne font pas lî propres du Roy,qu'ils ne quadrent encore à la Roy- 
à moitié, comme les trois du codé gauche de tous les autres Arcs:la parallèle eft du 
^^rberc portier des enfers fubiugué par Hercules, Tymbole de l'herelie que les pères 
rccognoiffenteftre lignifiée par ces mors. Et porta tnfertnon prAuakbitnt aduerjui efnn^ 



nea 
Ce 



àe l'Hercule Gaulois triomphant. i8^ 

X. 

CVSroS OPJCI PERVIGIL REGNI CANIS 
COMFONIT i^FRES tlMIDVS , ET PAtlENS TRAHT, 
t^NTRO^E 7QT0 CESSIT. 

XL 
HPirE^EIA $ANH P0A0AAKTTA02 H fl 2. 
Z-'oicy reluire lAurûrCy 
^ui tout cet air recolore. 

xir. 

ET ELVVIVM VINCLIS INNAREt CLOELIA RVPTIS. 

Les quatre Anagrammes fe rapportent eflenticlement au fuie£l.Le premier fe fon- 
de (urNuma le Roy le plus Religieux de la Genniicé : les autres fur les emblèmes, & 
fur tout le dernier tire de l'Atcen ciel prefage de temps ferein,&: fymbole,du pache.ou 
ferment faict par fa Majefté,&: donné de Dieu après le déluge pour ligne de paix , &c 
de calme,telle que la déclaration du Roy a aporté à la France. 

VIII. 

HENRICFS '^OKBOD^lVS GJLLIAKFM %EX 
HIC KAKFS ORBE NFMJ ^LIGIONU LVX. 

'2. En I. 

XIII. 

MAl^A DE METfîCIS GALLOKVM REGINA. 
^MfRA MFNDl GLORIA C^ARES MACS T>ie. 

IX. XIV. 

ENRICyS BORBONIVS CM ARIA DE UMEDICIS 

ROBORE Ny'BES VINCIS ME DICAS DEAM IRIM. 

E. Répété. lM. Répète'. 

La coronne attachée foubs l'Arc elloit faide de palme, qui a cçttc propriété de VIL 
fe hauiîerleplusjquepluson l'abbaifîe: comme le Roy s'eftant humilié au S. Siège , à 
r£gli(c,&:à fon Dieii,s'e(lrehau(réd'auantage,non feulement deuantles hommes, & 
auxyeuxdelapollcrité qui prifera pluscc feulatlede fagciieroiîté, que tous les au- 
tres: mais beaucoup d auanrage dcuant les yeux de Dieu, qui le coronnera d'vnc pal- 
me,&r dVne coronne immortelle Cequatrain,qui felifoit dans vn grand quarré , en 
vn coin de l'Arc, prefentoit la palme à fa Majefté. 

POVR PROMETHEE DESLIE. 
LA PALME. 

O LE TRIOMPHE HErRErX! NON PAS POVR FROAfETHEE 
W SCTTHI^'E ROCHER PAR HERC'/L RELASCHE. 
C'EST AV ROT DES REPLIS SACROSAll^CT^ DETACHE 
A ^l BAB. IBSVS CHRIST CETIE PALME EST DONNlE. 

X 5 L'ARC 



iS6 






(ï- 






LARC SEPTIESME ET 

DERNIER SVR LES NOPCES, 

ET MARIAGE DV ROY. 

CHAP. XVI. 



.nf55«^s\>j:^ A Majcfté l'apperceur inconrincnt qu'elle euftpaflefoubs lefixiermc. 



V' 




f-^^(vi^^lj prënàùr à main gauche la riie,qui mené au pays du bccuf nommée an- 
^^-"^^ cicnnemcnt la limccrie.au bout cle laquelle,à l'entrcc de la petite place 
^** jj decepuys,rarc eftoicpolctoutdalargedelarue, compoféde Tesfept 
lo^ P'iitics, Comme les autres. 
Av LI1.V d'vn Théâtre, pour variété, l'on auoitdrelîc vue belle tour, quefe voyoic 
du bout de cette Hieparle jour de l'Arc., au milieu de la place, defTus, &: au tour du 
puys. Elleeftoit fajde d'vn fort gentil artifice : folide d'ais polits , &: bien ageancez, 
ronde auec les cVcneaux.bouquets,& meurtrières , feinte de pierre de taillcen pointe 
de diamant à la ruftique.variec de plulleurs couleurs, haute de quatorze grands pieds, 
efpefTe en fli rondeur de ii. en fon diamètre de quatorze. Au deuant en vnc grande 
tabied'attentc de. marbre noir.fe lifoit çctteinfcriptionjeftoffec à l'antique impériale. 



I. 



SPTPLICATIO GRAtriéTOl^TA. 

iMMonrAin cloriae, ^eterj^ nominis, PERENNIS TORT^NJE het^ 
RICO jy. :regi, galùco cmax. navarricq max. ^llobrocico max. 

Sf''RGVNVlCO J^AX. A^FITANICO MAX. TROVINCtALI MAX. PIO , FELICI, 

ricroR{, REsrïryJoRr galliarfm, assertori LEcrM^côNciLiAToni or- 
bis , riCTpRIOSlS^MdO-y GLORlÛSlSSfMOj^E PRlNCIPf PAKTJM VIRryTE, 
Sr.itfLitAM^'E Noro AJMAfRlMoNia SIM, CENERI^E SVO IMMORTA- 

iïfAfJEM XJvÉNioNENSts^ s'yï; Éirs perennitati, maie- 

SrAnj^E DËfV.riSSIMI roTIS, PERBNNIIS, SrpPLICATIO?iJBrS, ^D SA' 

crosancta deiparae pvlvi^aria GR.4rvi.AmrR. 

Ceux qui fonCjtant foit peUjVerfcz en l'hiftoire de FranG€,técbghoift:ronc qu'en ect-i 
te infcripcion la grandeuriôf çfteudue de cette monarchie fr-ançoifeeft remarquée, ea 
ce que clic comprend auiourdiiuy toutes ces prôuinces.quî eftoict à diuers feigneurs, 
il n'y a pas encore quatre cents ans.Lcî Al!obrogcs,qui font proprement les Daulphi- 
nois.ôc no autrcsCcôbicn que ic n'ignore pas.quel antiquité a ptins quelque fois le no 
d'Allobrogc pour le nom général de Gaulois; au Dauphin Humbert.qui s'en défit, & 
les donna à Philippe ie bel,enuiron l'an 1393. la donation fut faide en Auignon,y feanc 
Clément fixiernie. Quelques vns difcnt qu'il les vendit quarante mille efcusrqui eft 
quafi autant comme s'il les auoit donné.Quant à moy.ic m'en rapporte.Philippe Roy 
de France fils de S. Loy s iucccda au Comté de Tholofe i Alfoufe fon oncIe,raary d» 

Icanoe 



VENERI NYMPHEVTRIi^ 



NVPTIIS.ET PERENNI:, . 
^sv. TAT 1 REG . ^ * 7 




MHWiililiiiiiiMiiiaiiilliiiiiwiiiiiiiaiiiiiiiiiitiiiH^ 




de ïlrferciple Gaulois triomphant. iSj 

îeanne fille du ieunc'CopateKaymondjfelon le pache faid nu Contrat de mariage. Ec 
fut annexé à la coronne ce Comté par ce iTioyen,ran iiyo.Lc bon Roy René par do- 
nation faideàLyon.donnaleComtéde ProuenccaLoys vnzielme, qui luy fucccda 
par fa mortjl'an 1481. le rrjGfme Loys l'an 1477. &: 78. après la mort de Charles dernier 
Duc de Bourgoignc , Te rend maiftre de toute la Bourgoigne : qui auoit cfté iadis le 
Royaume des Bourguignons cornprenant le Daulnhiné, &: la Prouéce iufques à Nice: 
comme rAquifaine,6(: les contrées de Tholofe, le Royaume dcsGots: &parainii au- 
lourd huy la coronne de France eoncienr en (on enclos trois puilfants , &: trclanciens 
Royaumes,&: celuy de Nauarre,qui faid le quatiicime. 

l'appelle les Auignonnois miiJiuipes Regm matejlati dettotifï'/mos , poiirce que ils ont 
efteznaturalifeZj&faids paiticipans detouslesdroids d'Aubayne, & priuileges du 
Royaume comme les Regnicolcs meimcpar les Roys de France,ruiuant les lettres pa- 
tentes de Loys XI. Henry II. Et fur tout de Charles neufiefmc, datées de l'an i^6j.ca 
Noucmbrer où il parle nivSi.Ordonnqns.^' déclarons par ces preÇenteSy que lefdtcïs m/tnans^ 
habit ans,(^ natifs âc ladicfe ville d' Autgnon tant naii^que a naÏÏire^ é' les prejêns , dr auenir 
ont peu^peuKcnt^é^ pourront auotr, temr, pojfçder^acquerre en nojlre Royaume terres, (jr pays de 
nojlre okejffajice tontes Jortes de hiens,(y fans que no^ officiers ou autres puijfènt en ce prétendre 
pournoti-s aucun droiçt d Aubayne,^ paretUernent tenir, exercer, (jr poffedcr en nojdtcîs Ro\au- 
Ynes,^ pajs de nejtre oheyjjknce, tout offices^ejlats^charges,^ commipons dont ils font,^ feront 
pourueus, é" généralement iouyr,^ l'fer de totts les priuileges, franchifes.é" Ubertez,dot iouyf- 
fent mz, propres fnbie6is,n-utfs,^ Kegnicoles é''^- Depuis elles ont cflé confirmées fou- 
ucnccsFois pat les autres Roys,<5c de frefche mémoire, par Henrv quatriefmcjl'an 15-90. 
qui en a donné les lettres les plus amples^^ les plus tauorables , qui aycnt encore efté 
données de tous les autres. 

Quciî ie voulois icy faire dénombrement des Auigisonois, qui ont eu les premiè- 
res ciurges,3c dignitcz du Royaume, & ont faid des eflays de fidélité plus que natu- 
relleà noz Roys , le m'en iio:,-) a vn Inhny , &: ne ("ortirois iamais de mon labyrinthe. 
Chacun peut iuger du pafl'c.parcequ'il en voit tous les iours. Toute la France a eftc 
le théâtre de la valeur, &: fidélité, des grands exploits de guerre , des ofïîces (ignalei 
taids a la coronnc,&: aux Rov s par ce braue . &: mfatisrable eucrrier Lovs de Grillon 
maiitre de camp du Régiment des gardes du Roy,&: Cheualier deics ordres, !e bras, 
& le courage le plus roidc, braue, & martial, qui ave porté les armes , de la qualité , es 
guerres paifees.Il receutdefia,cn la bataille mémorable deLepante,vn coup de flefche 
au traucrsducorps.iHetrouua à la recouuerre de Calais furies Anglois, aiieclegrâd 
Duc de Guife l'ayeul : il a triomphé ez iournces de Iarnac,Dreux,Moncontour, pour 
la defenfe de cette coronne ." il a faid fentir fon bras de fer aux rebelles au iieçe de 
Nifrnes,à laprinfede S.Iean d'Angeli.àla pourfuitte de la Rochelle : on luy donna la 
gloired'auoir fauué leRoy au fiege deTourSj 0;ù il fut abandonné ,,& perdu vn Ipng 
temps entre les morts: à celuy d'Amiens,commc iel'ay apprins de la bouche mefmc, 
il en fitautant.il n'y a coin en toute la France,où iln'ayc donné quelque grand coup, 
ou aux ennemis de la Foy.ou à ceux du Royaume. 11 porte fur foy vingt, & deux playcs 
mortelles, fi autres il n'en a receu de fres,en la guerre de Sauoyc.Auffi Henry j.luvci- 
criuant, n'vfoit d'autre infcription que de cette cy ; Au braue Grillon., & le Roy ré- 
gnant de cette autre, /^» hra'ue des hraues. Hoji^tne au cefte,en.n«my iurc,&: irréconcilia- 
ble des Huguenots, qu'il ne peut ny patir,ny fentir: qui faid autat.d'eftat d'vne greflc 
de boulets, que d'vne ptifedepillules : qui fe rit des médecins allant en ville, & à la 
guerre Je iour mefme.qu'il a prins medecinerqui fe gaufle des Chirurgiés,qu,i luy arra- 
chent 



iSS Le labyrinthe Royal 

chenc les os,& luy fourrent la lancete : qui ne fe chaut ny de pelé , ny de tondu : ny 
de noir,,ny de cliauld : ny de f.iim,ny de foifiau refle la complexion la plus courtoifc, 
&: RoyaIe,quei'ayc cogneu en homme de guerre ."amy aflèuré, franc,&: inuiolablc à 
ceux qu'il ayme : tenanc de les promclîes, & de fa parolle comme vn Roy : affable, 
voire lulqucsaux plus petits : Aumofnierlî onquesfoldat le fut: l'on voit par les rues 
courir après luy les ciquadronsdc pouures,&: de gueux: on ne s'ell pas encore apper- 
ccu, qu'il aye faitl refus à vn feul de la troupe, finon quand il auroit tout donné:&: co- 
gnoit on d'ordinaire,où il eft,par les files des difetteux,qui l'attédct à la porte aflèures 
de leuc lipec. Ce grand Dieu, qui l'adcliuréde tant de dangers, luy en tiendra bon 
compte, &c l'en recognoiilraàce grand iour,auquel lesRoys feront bienaifes d'auoir 
les mifcrables pour aduocats :&:lcs aumohiiers bien-heureux, d'auoir les pouurcs 
•pourinterceifeurs enuers fa diuine Majefl:c,qui a faiâ: tar de belles promefl'es à ceux, 
qui fe monftrent libéraux enuers les petits. Et à tant foitdid de cette infcription. 

Sur icelle au fr5t~des meurtrières, en vn autre marbre noir,cftoientefcrits ces deux 
mots. 

L'EPITHALAME ROTAL. 

Dcflus immédiatement , au créneau de deuant,ron auoic dépeint IHerculestel 
qu'ilcit pbantafiépar les Aftrologuesjentreles conftcllations.tournud. à genoux, te- 
nant d'vne main la Toyfon de Lyon,&: de 1 autre fa malfc^parfemé de fes eftoilles ; ce 
qu'il mérita pas fes hauts faiâis.Siurfa teftc eftoit ce mot,qui lignifie eftre colloq^uc ea- 
£re les Dieux. 

AroTHEOSlS. 

Et plus bas cet autre, que i'ay délia expliqué. 

II. 
ENGONASIS. 
Toutcccyfaifoita mettre en auant ledelTein deIatour,&: del'Arc. quiell vn Epi- 
thalame du mariage du Roy auec prefage de poftcrité,qui le rendra immortel, & luy 
fcruirad'Apotheofe. L'efcriuain oublia mal à propos, ces deux vers , qu'on luy auoic 
donné pour enceindre la tour,foubs les crcncaux,dcfcouurans l'allégorie d'jcellc,<jue 
l'on auoit dreflee pour deuife de la maifon de Bourbon. 

III. 
AT GENfS IMMORtALE MANEt, omXTOSJ^E PER ANNOS 

STAT FORtmA DOMFS, ET ^VI l^VMERANTyK ^FORVM. 

Au crcneau,qui eftoit à la droiitc de lEngonttfis^ deuoit eftre cet A-nagramme , qus 
1,'on a faid grauer foubs le portraid de laRoyne. 

IV. 
MAKin DE MEDÎCIS XOTNE. 
m ME DIS LA MERE DTN ROT. 
C. En V, 
Cela feruoit au prognoftique de la pofterité.attcndue de ce mariagc,qui eft vnc de* 
parties eflent'eles de l'Epithalamc : & par amù l'Anagrâme eft propre de ce qui eftoir 
icy tr.iiâc. Dieu par fa bonté veuille exaucer les fouhaits, iitlci vceux de tant de gens 
de bienjqui le deliicnt,& l'en prienti 

L'infcrip- 



de tliercule Gamois triomphant. iS^ 

L'efcriuàin ne fur non plus foigneux , d'cfcrire les autres dirons nuptiaux, qu'on 

luy auoit donné, pour mettre en chafquc créneau , foir que la briefueté du temps le 

preuint,roit autrement; les voicy tous tels, qu'il les auoit , extraiiSis dcsEpichak- 

mcs des Poètes anciens. 

5. ^AE SVRGEKE REGIi/l 

CONIFGIO TJLI f 
ô. CIXGE TEMPORA FLORIBVS. 
7. BONA CVM BONA 

NVUir K^LITE VIJ\G0. 
S. Vr TENAX HEDERA HAC, ET HAC. 
p. PARVyS HONORIADES GENIB^S CONSIDAT AriTlS. 
19. rOR^At^S VOLO PARVyLVS 

srr syo similis patri. 

II. E7 PVDlCiriAM SVAE 

lMATRIS IlipiCET ORE. rr 

12. LVSIMVS SATlS, y_JT BONI 
CQNlfGES BEi\E flFlTE. 

Ce dernier mettoit La fin aux théâtres, la Tour feruant du feptiefme , par vne p.'a- 
tefornic,qui eftoir i la cimc,où l'on auoir placé trois Nymphes Mariage, la Francc,&: 
l'Immortalité , qui amena vn petit Henry cinqaiefme , le faifant fqrtir de derrière le 
crencau,où eiloitdcpuiKlelacbnftellation d'Hercules. Mariane raifoir la perfonne 
de la Royne logée fur cette Tour,commc vne belle Hero Héroïne, à laquelle ce f^rand 
Leandre François cft en fin paruenu à la nage,& après auoir franchv ee labyrinthe de 
niaux.& de fortunes que nous auôs difcouru iufquesàniaintenât.L'immortaluépor- 
toit vne Sphère de nianere trâiparente en main, èc vne coronne en tefte de grâu cris, 
compofee de diamans, rubis, efraeraudes, &: autres rares pièces : fa. robe eftoit de da- 
mas incarnat : lepetitHenry eltoitdc fort bonnegrace.veifu defatin bleu,rayc dor- 
&: d'argenr,a\ant vne coronne de pierrerieen tcl]:e,belle,& riche a requipollcnr,auec 
vne croix de melmcilir le front,de grande valeur. Les deux Nymphes ornées a pro- 
portion, auec leurs GuirJandeSjchanterent l'Epithalame, qui s'enfuit en forme de dia- 
logue recirans en chantant, &: chantans en recitant. L'immortalité pour varier, &c ne 
la/Ter du chant , recita feulement: comme au/Ti le petit Henry. La mulique manqua 
encore icy, ayant charge de reprendre l'intercalaire de l'Epithalame : & ne fe faut ef- 

merueillerjiien vne figrandefoule.&: concours de peuple innumbrable,touteschofes 
ne viennent à leur perfectionjà: s'il y a toufiours quelque peu de defaut.qui ne fut pas 
toutefois remarquable en toute cette entrée, comme fe peut voir par tout ce difcours. 
Voicy l'Epithalame , qui fut chanté fur vn Air,que le Roy ayme , que l'on auoit re- 
cherche àpoflc&recouuercdc bonne parc, 

Y EPITA- 



jpa Le labyrinthe Royal 

EPITHALAME 

DV ROY^ ET DE LA ROYNE 

LA FRANCE, M ARI ANE, L'I M M O RT ALITE, 
LE PETIT Henry. 

LA France. 

'T^d«cf , fuù que Dieu fit ejîre 
Vn Roy teJ^ 
-^. ,, Vourquoy ne le fit il naifire 

Jfmmortel'i 

Helas <-vne race telle 

Veformaù 
Deuroit bien e/^re immortelle 



F 



J tamaù 



t 



VENIS L'ESPOIR DE LA RACE 
, , DENOZReyS: 

' 'VENES , QJ' É lE VOVS EMBRASSE 
.... , ..U: ..".-, iJiiC;-'"' ■ M-lLLii. *OIS. --lU'-,. 

, Maria, u ou te "viennent ma, Pnnce e 
oli:.jp, CesÇanglots> 

■S[i y hnir,-^r,i ^france. ■^'«•J'' ''^JV l'amere detrejfe 
-.-■.' Dans mes os. 

Maria. Tout l'yniuers eH en loye 
■■-r^ ■ Et en m, 

FRANCE. Cecyfa!^? que ie l'armoye^ 
Et gemù. 

Maria. Lamentes tu l'allegreffe 
De ton Roy ? 

FRANCE. ^°^ î^^ -^''^ "viuoit fans cejfe 
Comme moy: 

Maria. '^'^''^^ n'entre en la fient me 

'De Charon. 
FRANGE. ^^' Herculfin;^la l'efichme. 

D'Acheron. 

Maria. tHon : Hercule yifl encore 
Immortel, 



ïRAN- 



LIMMC 



de l'Hercule Gaulois triomphant. ' ipi 

FR.ANCE. Mai^ rnon Henry^ que i adore 
€ji mortel.''' 

Maria, yoicy du ciel la nonuelle 

Tant que l' eJÎGille mmelle. 
T{oulera.y ^^ 

Ce glorieux Hymenpe 

Luy vromet 
Une immortelle lignée. 
FRANCE. ^ilefçait? 

"^" Ce II S?, ^ ce 'r/iariage 
Triomphant 
Tortent ajfeuré prefàge 
D't« e?jfant. 

Enfant^ qm fembUhle au pete 

En '-valeiii') 
^Apportera à' fa, mère 

Tout bon heur. 

Auec les troupes françoifes 

Tu batriu 
Toutes les ijles Gregeoyfes 

De ton bras. 

Trainant tés bandes ifnelles 

Apres toy 
Des Vyrenes maternelles 

Seras Roy. , 

Tu reg^igneras d'iAfrique 

Les cantons, 
€t la Sphère Sarmatique 

Des Polons. 

Ta banniras de tSuropt 

Le Turban, 
Et camperas fur la croupe 

Du Liban. 

r 2 3-4- 



tp2 Le labyrinthe Royal 

yujques au riuage more 

le te VOIS 
VUnter ai* fein de l'Aurere 
' Vne croix, 

le te yoù dans thorofcope 
Du flambeau 

D'Hercules y qui tenuelo^e 
De fa ^e au. 

FRANCE. ^^"^^^ L'ESPOIR OE LA RACH, fte. 

iMMoa. '^oyez^ cette contenance^ 
€t ces yeux: 
Il retire aux Boys de France 
Ses ayeuls. 

FRANCE. Ce naù rejfent la prouejfe 
De Clouys : 
Et ce beau front la mblefft 
De Loys. 

Immor. Ce fourcil f débonnaire 
Si courtois. 
Donne de l'air à fa mère 
^ue tu voys. 

fKAvcE.y^y ^^ffg oeillade agréable. 
iMMOR. f^oy ce dos, 
iKAtiCE.'^^beau^que douxyqu amiable 
IMMOR. ^ue difpos. 

FRANCE, l^'y^ desyeuxefide Bellonne 
iMMOR. ^'yn de Mars: 
IRA N CE. Le chef apte à la coronne 
IMMOR. L'œil aux dards. 

FRANCE. '^'^**^' L'ESPOIR DE LA RACS , tu. 

M A RI A. ^^fl^^ facree coronne 
De quel nom 
Veut AU quon enuironne 
Svnfeuroîi? 



i^mr 



de r Hercule Gaulois Triomphant, jpj 

VENES L'ESPOIR DE l\ RACE, &«. 

Henry. Puis <jue ie fuù la femence 
D'yn grand Roy: 
Du fung le f lits pur de Frace, 
le youdroj, 

Auoir yn grand cimeterre 

Maintenant, 
Pour aller faire la guerre 
En leuant. 

Tuij efiant d'Henrj quatriefme 

Le mignon 
leyeux^que Henry cinquiefne 

Soit mon nom. 

Maria. SoyeT^ tout plein de courage 

Comme luy. 
Henry. ^^ encore d'auantagey 

Si te fuy. 

SaMajeflé monftra en cet Hymcnec plus d'attention qu'elle n'auoic ^«(S encore." 
bien que les gardes délia lafles,ou altérées ne donnaflenc pas grâd filence.aufli Ja cho- 
fê la touchoif de plus pres,& les belles voix donnoienc beaucoup de grâce ■ au vers. 
Neancmoins fefaifantdefîatard, vn des Capitaines des gardes fît marcher au beau 
dernier coupletjquefe deuoitchantcr,penrant qu'il y en auoit encore d'anantaj^e : & 
craignant.que le iour ne manquafl: au refte du triomphe Si faut il cependant conilde- 
rcr,auant que paH'er outre, la façon , & le myftere de l'Arc. 

L'oKDRE eiioit parfaidcompofitc : lescolomnes, & corniches dVn fort beau iaf- II. 
pe gris couleur du Roy , Tes hermes deux ieunesdamoyfclles auecqne des hs en main 
marques de pudicité, &de l'heur delà France refleuriflante au printemps de ce ma- 
riagc.'la hauteur de rœure.& la largeur eftoit corne du precedcr,occupant toute la rue, 
ainiique tous les autres Arcs, qui rempliilbienttoucle vuide des rues: fi que il eftoit 
ncccflaire de pafler par deflbubs. 

Il ESToir dresse à Venus, que les fables difoient eftre la Deefle du mariage . la- Hf, 
quelle auoit charge de lefpoufe aux nopces de Hebc, & d'Hercules. Ils fe fondoient 
fur la Phyfiologieduplanere, qui nous amcinetouiiours le Soleil dont il aeftéfur- 
nômé des Grecs (pa>ç!t>i^ç des latins venus. Cet aftre a grâd domeinc fur le mariagc:eft 
ioyeux,& cordial de foy,pIein d'agreable,& bénigne qualité. Venus Jïtn domo vd Deca- 
po ftto fuertt int$enta^ diâ: Firmicus, tamin ditérns quàm milurnu genitnra gaudt/ mtU- 
titud:nem,felicitAtisau^entuni^ è- bu7iée fortuna ptitmia dicernit. Si vero /« dom» , vei De- 
tAtio loHts fuerit, honores , é" dtuttiM ex mulierum CAufnfortendit, Ht vxcres /tMS magne pre- 
ÇeqHcntur amoris affeiÎHyindé(^t*e Untiam, dr gf^^àiutn parabunt. 

Y 5 Nous 



ip^ Le labyrinthe Royal 

Nous attendons de ce lia: fortuné vne ioye,&: profperité de tout le Royaume : ce fera 
le Phofphoros, qui amènera à la Frâce ce nouueau Soleil dcfiré aucc vn éternel prin- 
temps de paix,S<: d'afleurance pour cet eftat fî heureufement cftably , &: rallié par la 
vertu, & clémence du Roy;mais nous ne parlôs pas de la Venus,que quelqu'vn pour- 
roit bien pcnicr.Les Romains comme fe voit es médailles de l'Empereur Numerian, 
&dc Fauftine Augulle, cffigioient Venus tenant vne vi£l:oirc en main, accoudée fur 
vn bouclier.^: cette infcription tout auprès. Ven vs victrix : cheux les Sicioniens les 
firefcrcfres.qui luy feruoient deuoient eftre l'vne vicrge,&: l'autre chafte.En Cypreellc 
portoit barbe,&: ciloit toute virile, & gucrriere:auffi le mot du guet, & le drapeau des 
armées de Ca'far eltoit Venus, de laquelle il fe difoit tirer fon extradion : c eft ellejqui 
paroitles coups aux plus grands guerriers en Homere,& Virgile.commeà Diomede, 
à i€nce,&: aux autres : elle cftoit quafi touûours auecque Mars entre les armes5& par- 
my les barailles.C'efl: cette Venus,à laquelle fut voiié cet Arc, non pas à cette fote, 
& infame,qui n'a rien de ma{lc,rien de grand,rien de généreux : caignarde,poultron- 
ne,cafanicre,diflblLie,denoyale,monfl:rueufe.Hors d'icy.que l'on ne m'en parle point, 
en ces nopces des deux âmes les plus mafles,&: genereufes de l'Europe, traidees,& c5- 
clues parmy les tonnerres des canonades : ftipulees parmy les afrauts,& làegcs des vil- 
les : célébrées entre les plus furieux eflays des armes Royales.confommees quafi aux 
tranchees,& au pied des cafemates des ennemis. 

Car pendant que fa Maiefté fouidroyoit les Alpes, prenoit les villes, afllegeoitlcs 
citadelles les plus munies, &: ]mprenables,elleenuoya môlicur de Belle Garde s5 gtad 
Efcuyer,à Florence pour ratifier ce mariage promis,& traidéà Rome par monfieur le 
Cardinal d'OfTat, & monfieur de Sillery Ambafl'adeurpourfa Majertéversfa fain- 
iftetéll pafîa par cette ville d'Auignô le 3i.d'Aouft de cette année léoo.Et s'acquita iî 
dignement.^: promptemcnc de fon x^mbafrade,qu'il arriua auecque la Royne à Mar- 
feillele3.de Nouembre:& affin que le nombre feptenaire ne manquai! en ce dernier 
Arc de cette dernière Tragœdie,fa Majcfté accompagnée de madame la grande Du- 
chefi'c,de madame la Duchelîe de Mantoiiefafœur.de dô Antonio fô frere,& du Duc 
de Braciano fon parent,furgit audict port de Marieille auec dixfcpt Galcres.La fienne 
cftoittoiitecompofeedefept: longue de fcptante pas, & de vingt fcpt rames de chaf-^ 
que collé, qui cfi le nombre fauorable au Roy , & mefme des années del'aage de la 
Royne- C'eftoit bien,à ce que l'on dit, vne des pièces les plus rares, & admirables, qui 
ayent efté vcues fur la Méditerranée de plufieurs fiecles.Elle eftoit toute dorée en de- 
hors : la poupe marquetrce de Cannes d'Inde, de Grcnatines.d'Ebene, de Nacre , d'i- 
uoire,Sd. de pierre bleue •" le couuert de zi. ou trois fois fcpt cercles de fer doré , char- 
gez de perles, &: pierres pretieufes.auec vingt &c vne grolîes Topafei, & Efmeraudes. 
Au dedansjvis à vis du (iegedelaRoyné,eftoient les armes de France en fleurs de lis 
de Diamant: & à coflé celles du grand Duc compofees de fept pierres pretieufes rc- 
marquablesjdecinq grands rubis, vn faphirdegrandiffîme pris, éc vne belle efmerau- 
de au dcffousjfans conter les perles que ie ne mets pas au rang des pierreries. Ces armes 
cftoient encore fcptenaires au pris,eîlimees feptate mille efcus. Entre les deux armoy- 
ries eftoient deux croix de rubis, & de diamans : les vitres à l'entour.toutes de criftal: 
les rideaux de drap d'or à franges. Les chambres de la Galère tapiflees de mefme. En 
cette pompe fa Majefté entre à Marfeille fur le tard : y feiourne iufoues au 16. dudid 
mois,&: après le trirte départ de madame la grade Ducheire,&: àc madame la Duchcf-. 
fe de Mantoucfifœurjqui reprindrêt la route de Morence, elle fe part pour faire fon 
entrée à Aix: de là vient en Auignon,oàelleeftreceuc lcisf.&: y ayât fciourné , com- 
me nous 



de l'Hercule Gaulois Triomphant. ipy 

mcnousdironsmainrenanr, l'efpace de crois iours s'en va à grande iialrc à Lyon ar- 
tendre le Roy,quieftoicallors à la guerre:)' fajd Ton encrée le 5. Décembre: le Roy Ii 
vienc creuucr le 9.1e mariage fe faid en la grande Egli'c de ladite ville. le dixfcpciermc 
du mefme mois, l'an du grand lubilé feptenaire,au mois de la naiffance du Koy , qui 
naquicle 13.de Decébre.a vn iour fepcenaire.dVn Roy,&: vncRovne l'cptcnaire, nom- 
bre qui cft encore fauorabie,&; comme facal au mariage. 

Car premieremenc le fcpcenaire efl: le Hiéroglyphique de fécondité, & ie le tire du 
Jire des fainds Peres,&: fignammenc de Theodorec : lequel expofanc le my ftcrc de la 
mère de Samuel, qui fie fepc cnhns( £lui^ jlerilk pcperit feptem)fr<xdic!t EccUfuifxcHnàitn, 
tem : feptenarius Jiqmdem nt4merus fignnm cH multitudinii , elle predic la fécondité de 1 E- 
glifediciljcftanc le nombre feptenaire le fymbole de muîticude,comme ilcftprinscn 
l'cfcricure à roue coup i/eptiesind/e cadit luHn'S^ c'cftà dire,plulîeurs fois. Outre ce,cô- 
me rcmarquenclesnacuralin:cs,&: les Médecins, le leptenaire domine en rour, & par 
touc à l'enfantemenc. Les femmes oncfepc heures, pour marqucaîicurecd'auoir con- 
ceu :Jes fepc premiers iours Tenfanc reçoit fa première fîgure,au ventre delà mère; le 
trois fois fepcic'fme,qui eft le ii. le mafle commence à prendre la forme par la telle, 
&:par l'cfpinedu dos.La feptie(mefepmamc,au dire d'Empedocles , le corps eft touc 
organiféitSi: en prochaine diipoiition de recepuoir lame raifonnablc. Au douxicfmc 
feptenaire de iours;,ou dixielme fepmaine,il commence, fc mouuoir, pour déloger de 
ccftjGcolle&: prifon maternelle.&: cil vray,que iesenfans de (epcmois viuenr, ceux 
de huiâ:,àgrand pemeL'on a faicl vne expérience admirable . que la feptiefme fille 
qui nailt , lans qu'il y aye eu aucun mafte p.umy , eft enfantée aucc peu ou point de 
douleur. Apres que l'enfanceft nay , tout fon faids'eu va par feptenaire iufques à la 
morr.Plutarquetriôphe fur cette maticre,auxqucftions Romaines, nôbrc zoi. Et Phi- 
Ion en la Cofmopeie.Si l'enfant après la nailfancc vift fept heures , il cft iauue, cftant 
l'heure feptieime la première cnie de (a v]e,comme elle l'auoit eflé de la conception: 
deipuis toutes les autres crilesau iugcmcntde tous les Médecins , iont Icprcuaires. 
L'on iuge des Fiebuies continues, & des maladies violentes en y.iôurs.ainGque l'cu- 
feigne Auiccnna.Et celles qui font de durée fclon îemeime Philofophe, prennent fin 
ou le 7. Mois, ou le 7. an, ou le 14. ou le 21. qui font tous Icptenaircs. Gallicn a cfcrit 
trois beaux liurcsdcs iours CritiqueSjOÙ prilant la mcrueille, la force, &: l'iniîuencedu 
feptenaire,dit que les grandes fiehures ont de terme ou fept iours , ou quatorze ( qui 
cilla vravc crifedHippocrare au 2 Aphorifme)ou vingc& vn.LesPhvfiognomes de 
leur cofté, prennent argument de la ianté des hommes, &: mcfmc des mccurs,voire en- 

icore des diuers lineamens du vi(ag° , lur toutes les années <cprcnaircs:Et principale- 
ment pour la vie.ou pour la mort.iur le 42.56. 6j. qui eft le plus dangereux , & 70. qui 
n'arriueàguiere de gens. D'auanragetous les aages,jS^ les plus lïgnalez changements 
de face,& de façons défaire courent par feptenaires. Le 7.iour dercnfaiiremcntlc re- 
j liquat du nombril s'en va par terre: le 14. 1 enfant commence à s'apperceuoir de la lu- 
mière. Le feptiefme mois les dens de laid: commencent à poindre,&: enlortcnt fept de 
chafquecofté.leziil commence de bégayer :1e 2.8. à marcher: le 35. qui cft le cinq fois 
! feptiefme,a cftre f'curé.L'an feptief me.les premières dens tombenr,& en renaiffent à.ç.% 
j plus folides,pour les viandes plus f olides : de mcfmc de feptenaire en feptenaire,fe di- 
iftinguent les autres aages delhommc,felonlafupputation deSolon.quevouspouués 
ilire en la Cofmopeie de Philon.comprinfes en neuf dtftiquex. Vous apprendrez de là 
imcfme, que le corps humain eft compoféd'vne Iliade de feptenaires: l'intérieur de 
! fept fortes d'inteftinsjl'cxcerieur de fept mcmbrcSjles organeSj& vafes de parfaidc de- 



coCiion 



ip6 Du, labyrinthe '\RuyM 

coclion d'autres fcpt • les cxcremens encore font fepc : la teftc à fept trous : les obieâs 
de clijfque fcns (ont fept : par exemple,de la veiic : le corps , la dillance , la figure, 
la grandeur , le mouuement , fon contraire , &: les couleurs , qui font fcmbla- 
blcmcnt de fcpt efpeces. L'on n'auroic iamais faid de dire tout : i'ay monftré les 
fontaines, allez y boire à grands traid;s,&:ie m'en vay cependant difcourir ce que me 
reftc. 
IV. La PARALLELE la voicy,vne Biche blanche auccque Ics cornes,& ongles d'or,& vn 
collier de Diamans,&; Topafes aucc cet cfcrit, nemo tangat. pofee foubs vn laurier 
verdoyant Ce mot en vn rouleau. 

CASTITAS IMPENETRABILIS: 

Hercules, qui meine cette biche à la lefle d'vnc chaîne d'or , cet hemiftiquc /ùr (à- 
teftc. yt yiDI, VT PERIL 

Cet autre foubs fes pieds. 

IL LE TRAHIT, tRAHirVR^yE VICISSIM. 

Hercules c'efi: le Roy. la Biche laRoyne.la blancheur la pudicité,lelauncr,qui ia- 
mais n'cll frapé du foudre, rmuiobblcEdciité . la corne d'or, la coronnc:ies Diamans 
& Topafes,la eonftance.Ic collier, & les ongles d'or.la parfaide beauté. Hercules après 
auoir beaucoupcouru par rrronts , &: par vaux, par bois, & par prais , trouua la biche 
Mcnalec. l'emmena, la dedia.Le Roy après vn labyrinthe de labyrinthes, vne foieft de 
trauaux,vne merde maux , vn monde de dangers, vne elpace imaginaire de difficul- 
tés,;', la bonne heure, a rencontré cette pudique Ccrue foubs le laurier d'vne vertu , & 
fidélité inuiolable:il a cftcfurpiins de fcsattraids, & elle des fiens : le vcinqueur eft; 
veincu,& le veincu veinqueur. Noftre Pétrarque en auoir donne le thème , lequel cf- 
criuâtvne parfaide beauté, ioinde à vne pudicitéimpenetrablcfit cerarefonnec iur 
U Laure AuiG;nonnoii'e. 

yv^ candide cerna fopra therha 

Verde m apparue con duo corna à'orô 

Vra. due riuere a l'ombra d^jn allore 

Leuundo l (oie a la fiagion acerba.. 
Era fia yijra ji dolce^ ^ faperha 

Cloi lafciai per fegiiirla ogm lauora- 

Came taure y chtn cercar thefore 

^b» ddetto l'afanno difacerba. 
Nessvn Ml ToccHi al bel colla d'intorno 

Scrttto hauea di Dtamanti, C~ di topa"^!) 

Libéra farmi al mto Ce fare parue. 
Et era l fol gta yolto al mezg giorno 

Gliocchi mtei (ianchi di mira non fait 
^uand! lo caddi ne la'cqua , ^ ella.fparue. 



Remarques que ccbeau traict nessvn mi roccm qu aucun ne metouche,c{i tiré de, 
ce que l'oa cfcrit de Cefa'-,quifouloic attacher au coi dequclques^Biches viî bilIetjOU 
citoicnt efcrits ces mots.. 



de l tiercuLe i^aulois triomphant. /// 

T^OLI OHE TANGEHE, ^lA CAESARIS SVM. 
Et puis leur donnoitla clef des champs. Pline en dit de mcdne d'Alexandre le 
grand, duquel Cefar eftoic grand imirareur , &: ercholier: de forte qu'il efcrit, que 
quelques vnes de ces Biches furent trouuees parmyles boys, cent ans après Ale- 
xandre , auec l'efcritcau , qu'il leur auoit mis : d'où l'on tira confequcnce,que cet a- 
nimal eftdvne fort longue vie.Donques comme qui trouuoitces Cerfs, ne les ofoic 
toucher , pour rcfpeftde 1 Empereur, ainfi l'ingénieux Pétrarque dicl de cette belle 
créât are,qu'il admire tant.qu'elle demeure enticre,& fidèle à fonEmpereur,cct adiré 
à Dieu.comme l'explique Rufcclli. 2\> quatverJiU Petranha fsr quel Cefare,qHe Lauru 
ch'iAma il fuo Cefare^ ha voluto inîender iddio Re de Re,(^ Imperatore de gl' Imper atori. Qui 
aura leufes meilleurs efcrits aura recogneu, que la Laure,qu'ilchante,eltoitd'vneiîn- 
gulicre pudicité,& beauté tout er.séble.qu'il choilît pour Idee,&: thème de Tes rhyth- 
mes,n"ayant autre but,& fcopc,que le laui ier : ainlî le pcnfe ce bon Poète, que louius 
raporte en Tes cloges,en ce bel Epigramme. 

4^/ tanta Etrufci carminis dulcedine, 
Txmque afiuojts "vexera pnecoNijs 
Tiiam puellaWy yt nemo te non crederet 
VUgrare qumtis nec "Vel Aetna ir/cendijs, 
Atqui idem amoris frigidns neglexenSi 
Amajfe Lauram , an lameam^ te dixertmi 
Il faut croire à Pétrarque, puis qu'il luy donne ce tefmoignagc en tant de pars : &S 
fignam.mentau (onnet prealleguc.&ràceluy de fonEpitaphe,qui fut trouué dans fon 
tombeau, i'an 1550. par le Roy Françoisiequel palîant par Auignon,& entendant que 
cette Laure tant ceieb.rce gifoit aux Cordcliers , en la chapelle de la trefancienne, & 
trcfjioble maifon de Sade , y alla, la fît defcnterrer, y trouua vne boy te de plomb auec 
vn fonnet de Pétrarque dedans, où il diâ-,que le pris, & la fin de Tes vers n'eftoit autre, 
que le laurier, le voicy cxtraid de la copie mefmc qui fe trouua dans ladicte boytc, la 
quelle i*? garde en cote en ce conuent. 

,^1 repo/an quei lafîe e felici offa 

Di quella aima gentde é fola in terra- 
Afpro é dur hajj'o her ben teco haifoterra: 
El yero honor lafama é belta fcojfa, 
Morte ha del yerde lauro fuelta efmojfa 
Frefcha radice^^ é il premio di mia guerra 
Di quattro iufiri : é pu jt anchor non erra 
Mio f enfer trijlo é il chmde in pocha fojfa,. 
Felici planta in Borgo de Auignone 
O^cque émori:é qui con ellatace 
La penna^ elfiilj'inchtofroja regione. . 
deltcati membri ! 6 viua face 

Che anchor me euoci èflruggi : inginochiom- 
GHtafcun priegt ilfgmr teaccetti inpacti. 

Z: Quaiîi 



jp8 Le lahymwe Royal 

Quand les Empercnrs,triomphoienc à Romejl'on attachoit au bout du char Tri- 
cmphal vn foit,&: vne clochette que l'on fouloit pendre à la ceinture de ceux , qu'on 
nienoit mourir. Et y auoit vn homme derrière le char qui leur dil'oit Hominem mé- 
mento T'B fouuenés votti que vous ejtes homn^e. L'on vouloir par cette cérémonie auifer 
ces grands Princes au milieu de leurs triomphes, qu'ils eftoient morte]s,&: fubieéts à 
tous les malheurs, que nous voyons airiucr aux hommes : & fur tout à la mort,qui n'a 
cfgardàperfonne. En Conftantinoplc aufacrede l'Empereur l'on en faifoit tout au- 
tant: & auoient decouftumede porter au nobîueaa,& glorieux Empcreur,de quatre, 
ou cinq fortes de pierre,luy didmt qu'il choilit celle de laquelle il voudroit baftir Ion 
tombeau,pour luy ramentelioir ainiî la penfce de la mort. 

Madame, puis que cet Arc eft le dernier de ce triomphe, dedic à voftre Majcfté^ 
&:à la vidoire.qu'elle a emportée par deflus le plus vaillant Prince du monde,qu'au- 
tre n'a iamais l'ceu domptcr,que vous : permettez au plus indigne, &: au moindre de 
tous V07. humbles rubic£ts,de ne laifTer en arrière cette perfection, & fainde cérémo- 
nie du triomphe Romain. Le grand Roy François nous en fuppev-jite l'eftoffe: il nous - 
defcouurelespiperies du mondc.lavaniré de la gloire humaine , la tromperie de la 
beauté du corps,la mifere de cette vie , le peu de cas qiK les grands doiuent faire de 
cette fplendeur pairagere.Cc grand Prince s'en vaau tombeau de la Laure la plus pii- 
fee pourfabeauté,quefut iamais: le faiclouurir : ne trcuue que dcsos,&; vne Anato- 
mie horrible, afreufe,puantc:que pretcndoit il? que cherchoit il la?qu'elleefto',t l'in- 
tention de ce Monarque li fage ? pcnfoit il la creuuer aucc la naifue couleur -entre les 
morts,pour admirer ce chef d'œuure de beauté ? nô,maisil vouloir dcfcouurirvn mi- 
roir pour les Princes,&: Princeflcs.pour les Roynes,& les Roys.Il vouloir faire ce qu'il 
auoit entendudeccgrandStoicicn,leqiiel pour induire les hommesà.ia peiifee falu- 
taire de la mort,fouloit dircainfiO combien de fois m'eft il aue:vj , dVncrcr es tom- 
beaux d'aucuns morts,(^ efmeiueillc,6i tout hors de nioy de ce que ie voyois , ie iec- 
tois mes yeux fur cet hydeux fpectacle : ic remiioys ces os: r'afiembloys ces pieds ; ïe- 
iognois ces mains : roulois ce teft: maniois ces colles : & entrouurant mes leures , ie 
foufpirois en moy mcfme. A ce propos ie me founisns d'vn acte mémorable avenu c\\ 
la perfonne d'vn grand Prince de noftreremps , de grand crédit en la Cour de Feidi- 
nâd,& Charles Quint.L'Imperatricc Yfabeau eflant decedee.il euil charge de la fai- 
re conduire au lieu de fafepulture àGrenade efloigncc de plufienrs iournees.-ellant ar- 
riué,&:le corpspoféen l'Eglife, comme il fut quetlion de le hurer , le cercueil de 
plomb,où il eftoir/ut ouucrt.&defcouurit on (on vifage , lequel eftoit Ç\ d) forme , & 
défiguré, qu'il ne fe trouua perfonne de ceux qui l'auGict auparauant feruic, qui ofaft 
alîeuremcntdirequecefut la ficc de l'EmpericrcLcs autres fcignci^rs & dames qui 
alliflerent à tel fpedacle fc retirèrent bien tolf, ne pouuans fupporter la puareur de ce 
corps: maiscePrince.pouriafinguliereaftedion qu'il luy portoit, ne pouuoit fortir 
de là , &: s'appcrceuant que délia il eftoit toutenpourrirure, & cetre beauté tant 
prifee par tout i'vniuers,reduideen li piteux fpedacle. s"arrefta tout court, & fichant 
les yeux de fon corps,& de fon ame fur cet obied,difoit en foy mefme.Etquoy ? elt ce 
où fe terminent les grandeurs de ce iiecle? eft ce là ta dame,& maiftreffe.^ eft ce cette 
Impératrice la plus bc'le du monde ? Regarde ces pieds, les diuers chemins, les faults, 
les cabrioles, &: gambades qu'ils ont faids : ces mains, combien elles ont ioiié,& fou- 
laftré,mign.ardé,&:flaté: ce teft,combiende chimeres,&:phantofmesiIarefuaflc:ces 
machoireSjCombien de frianrs morceaux elles ont mâché: les trous de ces yeux, à co- 
bicn de vanités ont ils feruy de porte,&: de feneftre:&pour lepUilir de cette curioiité, 

quel 



de r Hercule Gaulois triomphant. ipp 

' quel grand nombre de péchés ont eftc c5 mis pour lefquels lame de ce corps fe treu- 
; ue.peuc eftre,à prefencen peine ? He Diet i où Ibnc ces traids, &C actraids de vifage, 
qu'cft deuenu c& beau ceini: vermeil ? à quoy fe terminent ces pàrfuns ? qui a terny cet- 
! te cerufe,& ce vermillon ? où eft paflee la mignorire,& beauté de ce corps (i bien faidî 
' de CCS yeux gratieux > de Tes ioiies rebondies ;- de cette perruque blonde ? de ces mem- 
; bres,&; lineamês li proportionnés?' de cette ftature fi maieftueufeJoù Te trcuuct raam- 
î tenant Tes atours,&ccs pretieux habits dechiquetés,balafrés,mouchctés,bigarrcs,ver- 
tugalés, haufîcpliés, deguirés,5.: contrefaicts en mille façons.'' ces aurcilles percées, & 
annelees d'or,&: d'argenr,aueG contrepoids de pierres pendues? Ces chcucux grifez,&: 
grillez à la payenne, entortillez en ferpent .'' efliendus en chauuclouris ? frifcz à la Mo- 
refque ? troufles à l'Alezan ? noiics à creins,& à cueiie ? Aind diloit il en foy mefmc, 
& plein d'eftonuement contemploit,&: conlîderoit profondement.qu'il faudroit que 
bien toll luy fe trouuaft en mcime cftat: &: s'efcrioit de rechef: Miferable que ie fuis I 
dequoy me feruent les richefies puis qu'il faut, que laie fois ainfi tout nud ? dequoy 
toutes ces mignaidifès, &L delicatelfcs, puis que ie leray là lî falc,&:fi puant ? dequoy 
les plailîrSjôd viandes exquifes, puisque ie dois feruir aux vers de curée ."^ dequoy ces 
grands Palais^puis que ie n'auray pour tout ccla,que fcpt pieds de terre ? dequoy cette 
beauté de corps , puis queicferav fi effroyable ? dequoy les plaifantcs compagnies, 
puis que ie me treuueray tout feul f dequoy les esbats, & padetcmps^puis que l'on me 
doitgarroter,& coudre dans vn linceul? dequoy toutes les piafes, tous ces honneurs, 
tant de gloirc.tant de triophes,&: parades, puis que ie dois deuenir vne carcaffe d'oiTe- 
mens,vne voyrie de puantcuf,vnc fourmilliere de vers, vne gucfpiere de ferpents,vne 
fondrière de pourriture, vne Anatomic de rifee,vn phaivofme de frayeur, vn iouët de 
la mort? Entre l'es dii'cours,& arraiionnemens de fon ame, il fe iettepar tetre, pleure 
amercmcnt;baignant le paué de fes larraes,'S<: faifant retentir l'Eglife de fes foufpirs,&: 
fanglos,faicl: vn délibéré propos de tromperie monde, auant que d'eftre trompé de 
luy : ce qu'il fit peu après, donnant du pied à toutes les grandeurs delà Cour,&fe reti- 
rant en vne Religion, où ila velcu fort faindement. Ce fut la fainde Philolophie de 
ce Prince." &penfcmov, que le Roy François, fetrouuant à ce fpeftacle hy deux des 
cendres de la Laure,en penfa encore d'auanrags , que ie n'en fçaurois dire : & pour le 
moins, en eufl: belle o:cafion,&: s'il ne laprintpourfov, il îalaiifa aux autres: propo- 
fantce beau miroir aux PrinccfîesdeiaCour,où toutes les plus grandes dames aurot 
touiîours où le mirer ; lî elles veulent prendre vne petite heure de leur matin , pour y 
penier, afin qu'elles ne tombent en ce deiarroy, auant qu'y auoir penfé. Le Roy com- 
pofa ces vers qu'il fit efcrire , & mettre dans la boy te où eftoit le fonnet de Petrarche,, 
d'où ie les ay tirés, pour les inférer en ce lieu. 

VERS DV ROY FRANÇOIS 
PREMIER DV NOM. 

SVK LE tOMBEAV DE LAVPxE. 

En petit lieu comprms vota pouiiezi'oir 
Ce qui comprend beaucoup par rcnon^.mee^ 
Vlume^ lnhcur^ la, langue^ ^ le Çcnuotr 
Eurent veincm par l'amant de l'a]rnee. 

Z z OCen* 



200 Du Ubjr'mthe '\Royal 

gentil' ame ejlant tant ejlimee 
^ui te fourra louer, qu'en fe tatfant ? 
Car la parelle ejl toaliours réprimée, 
,^a»d le fuie cf furmonte le difant. 

S enfuiuent les deux deuifes es deux coins de l'Arcade. 

La PREMIERE elloit vnPhœnix,quirc btuiloic fur vn amas de canellc, poyurc, & 
autres drogues Aromatiques.iiuecquc cette ame. 

O FOELIX HAERES^E TH ! 
y Pour monftrer,que de ce mariage de ces deux amcs,qui s'entrayment d'vne amour 
il IoyaIe,&: liRoyale,le Roy en renaiftra comme vn Phœnixcnfa lignée, que toute la 
France louhaitte,ô<: attend,auecque lî grande impatience. 

La seconde cftoit le vaillant, &: inuincibic Milon Crotoniates faifant gciic des 
braSj& du corps d'auoirlaillc efchappcrvn cœur,qu'vneicune Nymphe luyauoit ar- 
raché par force de mains, le leuant,&; monftrant viûorieufe par brauade. Aux pieds 
de Milon cet hemiftiquecorrefpondoitàfongeftc, 

ET NOS CEDAAiyS i^MORT. 
Puifque l'amour furmote toutes chofes omnia vincit amor. Et nous autres auflî laif- 
fons nous furmonter à ceftuy-cy de cette Nymphe chan:e,& pudique, que i'ay choyfie 
pourmachcre efpoufe. Diodorele Sicilien en (a Bibliocheque, au liurc ii.a laifîc par 
efcritjque ce Milon le plus braue.&: le plus fort de tous les Pancratiaftes , qui triom- 
phèrent iamais en Grèce, auoit couftumc de fe vetlir,comme Hercules, atfcublé d'vne 
peau delyon,&: tenant en main la mailiie. Paufanias aux Eliaques,&: GalHen au z.Iiu. 
TOC vyic-tvm adiouftent, qu'il eftoir ii paiiTlint,& fi nerueux , que tenant , &: ferrant vne 
pomme en fa mam il nefetrouuoit homme en toutelaGrccc,qui la lui peut arracher: 
voyrc qui peut le faire mouuoir d'vne place. Aciian toutefois en donne cette exce- 
ptiô. M;A&)vûç T«T« TJîV pcictv, m ù T^yj-iPjL >ylïcr/ji, nSc-iç twc -vriTia^a^v s.'Vf^r ta v-cvc.:; i. i f^«- 
fjbivv, cwii laça cwv)iv ?£v-« ctX^vety-yiTLL -T^f ç au-mv 77oAA-ix<,; I'ay metamorphoicMilô en vn 
Roy,&:fa pomme en vn cœur,queperfonne n'a peu gaigner.quela Royncfatreshon- 
norce,trefchafl:e,& trefchere clpoufcqui m'a pouffé a Iny dédier ce dernier Arc com- 
me vidorieufe,&: vcinqueuc du Roy.maJUreifcj&iefclauede fon cœur à rechange. 
VI* L'xNSCKiFTioN delà dédicace cftoit ainii, 

L 
VENERI NYMPHEf'rRlAE, 

II. 
PERENNITATI REÇUE. 

Celle de la grande frizc eftoit meflee de vœu,&: deprognoftique. 

m. 

CMAniAE CUEDICEAE GALLORVM , ET NAVARRORVAi REGÎNAE CARO- 
LOMAGNORVM, ET LODOICORKM DIFIN^M GENFS IN SVO HENKICO, DIAE- 
c)fE SLANCAE TiOMEN, k^T^'E miEMORIAM IMMORtALIfER PEREN- 
TiATrRAE , HAEC PRIMVM BEIiE JFSPICATA PERENNFA SVI DVLCISSÎMI 
AVENIONENSES,FER[ALEM^aARCyMHVNC PRO SVO HERCULE TRIFMPHA- 
ro POSVERf^?ir. TVH MVLTOS ex FOECrNOO VTERO , SANCro^E CVBl- 
LI PRECANfVR HETiRICOS EX i^NlMO. CONtFGEI VERO OPT. MAX. CUTR^ 
TEAM ^ro^VE DECREVBRyNT. VOTO PVBLICO. OMNES.OMNES. OMIMES. 

Dans 



I 



de [Hercule Gaulois triomphant, soi 

Dans l'Arcade feruoic ce vers vn peu biayfc de Virgile. 

IV. 
VICTB lMIHI, k^LCIDE, POTVISTI CEDERE TANTfM. 
Le didon de la parallèle eftoic à demy emprunté d'Ouidc. 

V. 

WON PIGET ALCÎD-EM VICTRICES MILLE LABORVM 
VIRGINIS IMPERIIS Sf^PPOSVISSE MANIAS. 

L'on di<3: qu'Hercules vidorieux des Tyrans, domteurdes monftrcs,triomphatcur 
des enfers, reigneur,& maiftre de tout rvniucrs, fe laifTa neantmoins furmontcr de la 
princefle Omphale fille du Roy Lydien,de telle façon qu'il s'afluietità faire tous fcs 
commandemens iufques à luy liurer fa toyfon de Lyon , & fa mafle, comme la mai- 
flreffe vcinquerefle de fon cœur. 

Crajfajue rohujîo deducit pollice fila, 

Aequaque formofe ûenfa rependit hera: 
Vtcitur infelix fcuticœ tremefaSîui hahenû 
Ante pedes démina perttmi4i[fe minas. 
Tout cecyfaifoit à donner à entendre, que le Roy n'a efté veincu d'autre que de 
Tamour de JaRoyne fon cfpoufe.Ces quatre pctis vers font de Pindare en la premier» 
Olympique. 

VL 

T'OÏNEKA nPOHKAN TION 
A0ANATOI OI nAAIN 
METATdTAXrnOTMON 
AT0I5: ANEPUN EONOS- 

Pource les Dieux luy ont donné 
Vn fils fi beau^ (^ fi bien né^ 
^uds ont enuoyé immortels 
Ca bas "vers les hommes mortels, 

vn. 

TER^VE ^VA-tER^FE BEATI. 
Ce font fcpt fois heureux, nombre de bon heur à tous les deux. Le vers de l'autre 
parallèle eft notoire. 

X. 
CORNf^A, PLENS, LEGIt RAPIDIS ACHELOVS IN VNDIS. 
Hercules ayant bacu Achelous,demeura maiftre de Deianira, qu'il luy enuioir,&: ré- 
cent enfemblc la corne d'abondance dudici Achelous furmonté/comme de cet heu- 
reux mariage s'enfuyura tout le bon heur de la France. Nous auons déclare ailleurs 
cette bataille,&: efcornement d'i\chelous. 

XL 
EN0A POAn nOTE MIX0EI2 
TEKEN EOTA 20$n- 
TATA NOHMATA EOI nPO.TEPHN 
ANAPaN nAPAAE2AMENOT2 
n A I A A 2. 

Z 5 fe 



202 Le Uhjrinthe Royal 

Le grand Dieu lupiter auec fa belle Roji 
i^u fap au Soleil dedans vne Ijle enclofey 
Engendrèrent tofts deux autrcsfois feft enfans 
Les flm fages de tous les humains de leur ternes. 
XII. 
£r VVLCURA VAClAr TE PROLE PAREN'tEM. 

VIII. XIII. 

HENKICVS BORSONm MARI4 DE CUEDICIS REGINA 

SORS HVIC NON BREVIS, I DE A SACRA IN DEI CREMIVM., 

B. En S. y, Detro^. 

IX. XIV. 

MARIA DE MEDICIS REGINA. MAT^IE DE MEDICIS ROTNE DE FRANCE. 

MIRA DE A TMEN DABIS REGI. FIANCEE DE CE ENRT MON MARI DESIRE. 
C. En B. D. En N. 

yil_ La ccronne eftoit de myrte auec vue belle pomme pendante au de/Tous : la co- 
ronne pour le Roy, la pomme pour la Royne, comme la plus belle. Les Poètes dedi- 
bient le myrte à Venus, pour eftre la fueille encre tous les arbres la plus agréable : o\x 
pourcc que Venus fe trouuaen auoir vne coronne,lors de la dilîîute des trois Déciles, 
fur leur beauté, deuant le prefidial de Paris. Ces beaux vers de Nicandre en fes A lexi- 
pharmaques le difent ainli,& enfemble font mention de ce iugcmcnt de Paris>qui ad- 
jugea à Venus la pomme d'or,où eftoit efcric Detvk pvlchriorl 

H'pnç t' ly.(i^crlnç yLHvv\ç çiçoç i<^ v7nJ\£fo 

Y^âhMOÇ ÛVViKCC KVTTQJLV ùt' fJç tQJLV yiipiTVKJUV 

ASÛvarnf, Kl(7{Maiv ù lehcioia-iv opura-i. 

O ma belle Cjprù, quand les autres Deejfes 

laloufes te lunot$nt le cartel de defy. 

Elles n'ornèrent pat de ton Myrte leur trejfes, 

tjl'laù es bois Idcans^ de quelque orme fie try. 

De coftc,&: d'autre de rArc,ron auoit efcrit le quatrain, qui faifoit pour le my rte,& 
l'infcription titulaire du labyrinthe, ny ayant eu place à la tour pour la mcrtrejCorame 
«s autres théâtres. 

POVR LA BICHE MENALEE. 

£ E Al Y R T E. 

^'EncVL NE'VANTE PLVS SA BICHE DE MENA LE: 
ET LA PRISE, ET LA PBOTE EN EST TBOP INEGALE : 
L'ESPIEV, L'AMOVR, LES CHIENS SONT VOZ BEAVTEZ^LES RETS 
CE MTRTHE NFPTIAL, DONT l'ENLASSE VOZ CHEFS.. 
C'eftoit icy la dernière claufule de l'argument. 

XE SEPTIESME, ET DERNIER ARC DF LABYRINTHE ROYAL, DV TRESHEV^ 

REFX MARIAGE DV ROT, AVEC MADAME MARIE DE MEDICIS HEROÏNE,.. 

ET PRINCESSE D'INCOMPARABLE VERTV, ET BEAVTE SVR LA PARALLELE. 

^E LA BICHE lMENALEE PRINSE,, ET EMMENEE lADIS PJR HERCVLES.. 

LE OIÎÏRTE. 

LE 






2.0% 








LE SEPTIESME ET DERNIER 

RENCONTRE. 

T>ES COLOMNES D'HSRCrLeS 
fur la deuife au Roj, 

CHAP. XVII. 

Es EscRivAiNs font fore perplex;&: douteux cntrceux,descoIorancs 
d'Hercules cane célébrées parles Poètes,&: hiftoriensneprendrav l'o- 
pinion kplus vraylerablable.&qucfaidleplusànoftrepropo's. La 
plus parc ciennenc,qu'Herculesayinc couru route la terre habitable 
par Tes triomp'ies,&vidoircs,eftant paruenu au bout de terre ferme, 
vers les Illes fortunées à l'endroit , où eftoient les champs Elyfiens 
Tielon ce .\\ca. tiennent Ifacius,&: Clearchus Solenfis; il y planta deux colônes d'Ai- 
rain d exceiriue,&: énorme grandeur.y ayant efcrit ;ut< ■ji'zzùùt^pçc, nihtl vlfra, rien ou- 
tre: pour monllrer^que l'on ne pouuoit palfer plus auant. Denis l'Africain Géographe 
le tient comme cela. 

Erra n y^ çjfAac/ Tjçct tizjtjjuyiv 'Ro^v.?.koç 

Hx/tj iij ^?<Jc~soç Iç oupxi'iy iS'ftt/us yj'x?. 

La fe guindent au ciel, les colomKes cti^lcide: 
Grand cas'. iv}%e eft d'Airain à It riue-^dantide. 

Or Charles Quint Empereur frère de Ferdinand ayeul de la Royne , avant e- 
flenduion Empire rafques aux Indes Orientales, & Occidentales, beaucoup au delà 
des coîôncs d Hercuics,'foit qu'on les mette au deftrcit de Gilbratar,foit qu'elles fuf- 
fent vis à vis des lÙcs fortunées, autrement Canaries' il print vne deuife la plus propre, 
que puiiïeeftre,oppofee à contrepoil à celle des coJomnes d'Hercules, mettant deux 
co lomnes auec vne coronne fur chacune ." Tvne de i'£mpirc,&: l'autre de Regne,&: vue 
troiùefmeen haut auec ce mot Plvs ovltre : qui eftccntradicloire à l'efcrit des co- 
lomues d'H-rcules,& propre de ce grand Empereur,rout ce que fc peut. 

Suiuant toutes ces connderacicns, &: pouriuiuancla parallèle d'Hercules auecque 
]e Rov.pour conclulîon de tout le fuied , l'on fit drelîcr deux grandilîîraes colomncs 
de 3j pieds de haut.quefa Majcilc defcouuroit des la tourxar elles eftoient pofees de- 
uant le Palais Apollo!ique,à l'entrée de cette grande p!ace,qui eft au deuant,où abou- 
tit la petite rue, qui fort de la place du puvs du bœuf, où eftoit la Tour. L'vne de ces 
colomnes eftoit de iafpe rouge couleur de Nauarrcl'autre de bleu couleur de France: 
toutes deux d'ordre Corinthien : le chapiteau dore, liées d'vn trcîbeau fronnfpice 
brifé par le delfus, de quatorze pieds de long.io!ide,de relief, &: à deux faces. Les Ar- 
cliicraues de iafpe rouge.Ies corai cites de ia(pc bleu , les frizes de marbre bleu. Cette 

pièce 



20^ Le labyrinthe Royal 

pièce d^ArchiteAure porta qua(î tout le malheur de la précipitation , & furprinfe, fi 

que à grand peine fut elle poieeau rrudy.deux heures auant la venue de laRoYne,qui 

futcaufejque les iurcriptions,& Armoyries furent vn peu peruerties, &: mifes hors de 

leur place: toutefois fans dilformité autrement remarquable: les voicy toutes telles 

qu'on les auoit deiîgné,& donne au peiniLtre^St: qu« pour la pîus parr.elles furent col- 

loquecs. 

Au fonds du frontifpice eftoit efcrit en couleur d'or fur azurjcn groffc lettre. 

[OLVMN^ HERCFLIS.. 

Sur la colone bleuuc cftoient les Armoyries, & la corone de Frace:fur la rouge celles 
de Nauarre:au felle fur le brifé du coronnement vn efculTon peint à deux faces, ayant 
d'vn colté vue coronne d'eftoilles lignifiant le Royaume cclefte,& de l'autte les Armes 
de Char'emaigne auec l'aigle, il fut oublie des ouuriers,&i: ne fut pas pofé en fon téps, 
que fut la i'eule faute la plus notable , & que l'on regrettoit le plus. Au mefme endroit 
entre les cheurons rompus, au plus haut derccuure,on auoit plaiîté vne grande mafle 
d'Hercules fai£teau tour,en relîef,croifee dVn fceptre doré , & d'vne efpcc argentée 
pôles fur la mailcjen croyx de faind André. C'eft vae des deuifes du Roy, à mon aduis 
la plus bclle.L'on auoit adioufté fur l'efpee vne petite coronnCjOU mitre dePape,&:: fur 
le fceptre vne autre coronne Royate.-Ie mot de la dcuifc du Roy dvo pr otegit vnvs, 
cftoit apphqué à l'EglifeCde laquelle faMajefté eft prote(2-eur,§i fîls premierné,c5me il 
eftauffi conitruateurd'Auignon)&: à fcs deux Royaumes. Dans les grandes frifcs,qui 
prenoient d'vnc colomae à l'autre, eftoitefcrite la moitié de l'autre dcuife du Roy, 
Dédit has, quefignifîoitles deuxcoronnesde France, &c de Nauarre, entre les che- 
rrons rompus vifans à l'efcuflon des deux Armoyries,eelelle, &Imperiale,efl:oit l'au- 
îre moitié. Dabit his vltk a. Au defllis fe deuoient cfcrire dans vne bandcrolle de ta- 
fçtasblanc,ces deux dictons en lettre d'or. Nihil vltra. Rien de PLvs.Et,DvopRO- 
ïEGir vNvs. Le temps nepermiftpas que cela fut: ny les infcriptions des Stylobatts 
aion plus, que i'infere icy.neantmoings en la forme,&:teneur qu'elles auoient cfté bail- 
lées aux ouuriers. 

Ces quatre cftoient pour le cofté droiû corrcfpondans à la deuife , & les quatre 
^frniçres pour le cofté gauche. 

L 

HXÏTE KAI XAAKEI02 E2 dTPANON EAPAME KlflN. 

C'eft le vers de Denis rAfricain,quc i'ay rapportc,& expliqué vn peu plus haut : &. 
Tcut icy dire,que les trauaux du Roy abboutiront au ciel,felon fon Dawt his vltra,, 
fe la de.uifc que luy auoit efté donnée aux fuidi^es colomncs> 

H. 

NTN TE nPdS E2XATIAIX QiT 

PilN APETAI2IN IKANilN, AnTETAÎ 

OIKO0EN HPAKAEQ2 2THiVAN„Td no'pSiâ- 
A- E2TI 20$0I2 

KV À2o'$.OIX. 

lit.- 



I 



de 1^ Hercule Gaulois Triomphant. 20 j 

Le grand Theron pame»i4 
Au fefle de la vertu 
Les colomnes à atteintes 
D'Hercule^ que l'on a feintes^ 
Defquelles onq au delà, 
'Nj fou^ny fage n'alla. 
III. 
HIS EGO NEC METAS REKFM, NEC tEMPORA PONO. 
Qui eft autant comme le Dabit his vltra de la deuife Royale. 

IV. 
HENKICVS '^OR'^ON'IFS 
BIS CFl FIRENS HONOR. 
B. En L 
D'autant que fuyuant l'opinion de Clcarchus Solenfis,les colomnes d'HcfcuIcse- 
ftoient auprès des Ifles fortunées, on les auoiticy prinfes pour fymbole du ciel, 6.: du 
Paradis, où vifentj&doiucnt vifer tous les defleins,&:trauaux de fa Maiefté , comme 
au fcopej& à la fin, pour laquelle tous les humains, tant Princes que vaflaus ont eftés 
creés,&: en laquelle coniifte la vraye felicité,&: la gloire folide, &C feule proportionnée 
à la capacité de noftre ame,de rien moins capable,que de l'éternité. La dcfcription des 
Ifles fufdidles elloit empruntée de Pindare. 

V. 
EN0A MAKAPriN 

NA20N flKEANIAES 
ATPAI nEPinNEOTSIN- A N- 
0EMA A£ XPT20T a)AErEI. 
OPMOI2I TUN XEPA2 A N A- 
nAEKONTl KAI 2TEOANOI2. 

Là les ^ephirs gratieux 
Battent les Ijles des dieux. 
Là les fleurs toutes doreès^ 
launijjent parmy les prees, 
^m leur tij?ent des chapeaux^ 
Et des brajfelets fort beaux, 
Vî. 

En' AAAOI-- 
21 A' AAAOl MEFAAOI- TÔ A' E2XAT0K KO- 
PT^OTTAI BA2IAET2I. MHKETI 
HAOTAINE ndP2ION. 
Les autres font ^ands d'ai^kuri 

V» chafcuft enfes grandeurs: ' 

t^ais les Reys ont le dejftts. 
3(5 regarde rien de plus, 

A a '^''^'' Ces 



^o6 Le h'ihyfmthe Roy.il 

Ces autres verfets du mefme Piadare emprûtez de la première ode des Olvrapia- 
qucs,expliqucntco»te l'allégorie des colomncs d'Hercules, &: de cette dcuife, le moc 
Grec z-'CLîtfrx(à beaucoup plus d'emphafe.que tout ce que nous fcaurions dire en no- 
ilxe langue pour lîgnirier cela. 

VU. 
jn;oRrMj>rE ^ stïrpe xepoTes 

OMSIA Sf'B PEDIBJ'S, VEMI^E REGIME yiDESlST, 

viir. 

HEXHICn BORBOXirS GALLLARVM REX 
SIS REXJX COLVMXA ROSI BEA HERCr'LIS. 

La Rovnc contente du chant de Ton Epithalame, partant de la Tour, le vient ren- 
<îre aux rul'diclcs colomnes.palTant entre deux, où elle rencontre vne autre fois.la ca- 
lialleriedcs dieux,quiportoientlescoronnes enl'equippage, que nous auons defcric 
au commencement, au troiderme rencontre. Ils s'elloienc icy rangez en haye , & de 
iîle depuis les colomncsd Hercules, iulquesà la première porte du grand Palais au 
chemin de ia. MajeAc.' afin que elle palTant au trauers,les chefs récitaient les fept qua- 
.train5,quieftoientd"crits par les Arcs pour les coronnes,relon l'ordre, que nous les a- 
wons couchés cvdeiruSjnavâteuraMajeiléletempsdelirechaciien Ton lieu. Le tard 
rompjt encore ce coup, ne reliant plus guère de bon iourjque ce qu'cftoitneceflaire 
pour monter à noftre DamedeDoms. L'vndela troupe le mefme qui auoit comen» 
cé au premier Arc deuoit conclurre par ce huidain qu'il auoit aprins par cceuf. 

Crflvd Dieiéy qui tiens entre tes m.wns 
Le cœur des "^ys en fAune^Arde^ 
Reçois no\ yœa.r» & çontregarde 
Ce coude d'Aymaîis nuxhit^Kams ; 
Las! rezafde ce l;ci Royaly 
Fa:Jh;t refiler de leur aage 
_Septante bons ans d'xuanîage, 
Au vefon du defim fatal. 

APPENDIX 



r}E ÇE Qve se "passa a nostre 

Danie de T>oms, ^ aux tours fuyums. 



I 



TpvTE LA cauâlleric pteTque auccquc vne multitude innombrable de peuple fc 
ffcuua ralTcmblcc en ce beau champ de dcuanf les deux Palais , capable quafi d'vnc 
jetjtearmcc. L'on auoit paré la prClTsierc porte du Palais Apoftolique fore propre- 
ment de fcl^onç,&r 4fmoyrièsdcuoftrcfaînt^Pcre,duRoy,<iela Roync. bi, de mon- 
fejgneur îc Vicelcgar,»! nv manquoicricn, que peut cftrc cet Ansgramrac qui n'cu/Tc 
pas eu œauuail'c grâce , «'il y fut cûc inTcré en quelque lieu conuenablc. 

CAKO- 



de l'Hercule Gaulois triomphant. zo"^ 

CAROLVS DE COMITIBVS PROLÈCATVS. 
rV MODO ?Er?,l LOCO C LAVES SERVâBIS. 

G. En £. 

Ilcftdu boysjdequoy on les faicl : delamaifon de Comitibus font forcis pîus de 
quarante Cardinaux, & plufieurs Papes des plus célèbres ; tels que furent Innocent 
troiriefme, Grégoire neufiefme, &r Alexandre quatriefrae, tous de la trefiUuftre, & 
trefanciennemaifon des Comtes de Signie. 

Icy cous les tambours fe ramafferenc d'vn cofté , & les trompettes de l'autre -• l'on 
comméce le tonnerre de la Scoppcterie,qui dura enuiron trois quarts d'heure anime 
du tintamarre des Trompettes, fifrcs,&: tambours, iufques a tant que fa Maiefléic 
fut retirée. 

Messie vRS les Preuoft;& Chanoines de aoftrc Dame n'auoient rien mis en arrière I* 
pour triôpher de leur coQcc.èc euffent faict encore d'auantage.s'ils n'euflent eftés fur- 
prins du cemps,&: fruftrés des ouuriers entrepris.ôï: hypothcquc-z de toutes parrs.No- 
obdant ils baftirenc vn des beaux Arcs , qu; fe peut entreprendre félon le temps , de 
mefme forge, &: inuencion auec le labyrinthe Royal, &: tracé d vue mcfme main , tant 
les infcriptions.que le refte de rarchiteciure.il approchoic le plus à la perfecli5,& a la 
forme d'vn Arc Triomphal à rantique,s'ellans ferui5 fort à propos du porche de !'£- 
glifc, qui cfl: a l'entrée incontinent a la cirae de^ degrez, en cette place forme que le 
Cardinal de Foix fit refaire. Le deuant eftoit compofé de deux groffes colomnes de 
iafpe canelecs,&: Striées de haut en bas,leur5 chapiteaux a la Coria:he,hautes de tréco 
fix pieds, grofles à l'equipollent: le tout en relief: comme l'arcade aulli , qui portoic 
fur deux pillaftres à l'âtique de mefme ordonnance ayant de iour de l'impoftc en bas 
37.pieds.Sur l'Arc regnoit vnc grade corniche de iafpes,&; marbres diuers.auccque fon 
frontifpice,quifaifoit de hauteur en couc 9. pieds. L'Empereur Chariemaigne à che- 
ual y eftoit peint en volume plus grand.quc du naturel. Sur iâ tefte dans vne ouale cet 
cfcrit fe lifoir. 

Diro CAROLO (jyfAGNO PARENTI OPTIMO , 
AT^E HEKRICO KEPùTI CùliSERVATûRL 

Et deflbuz dans la frize. 
SANCTA AVEM0NE:\'SIS ECCLESJA SECrXDA SEDES APOEtOLICA , SVM- 
MORVM POKTIEICTM PRAEROGATIFIS, AT^E CINERIBFS , CO::iCILIORVM 
PRiniEGIIS , IMPERArORVM DONIS , AC VOflS , REGVM GALLORVM P A- 
rnoCISlO, HENRICI POTISSIMVM un. CUEUrELA, GRAriAS^VE FL0RE2<S, 
At^VE INCLYTA OB PlETAtEM AVGî'StlSSlMIS EVKDATûRIByS VEtERI^ AC 
TiOVO CAROLOMAG:iO DEDICAVIT. EX ANIMO. 

Sur les bouts de la grande corniche, au défaut du frontifpicefè voioienc deux dû,- 
tues faicte de bronze en plate peinture, rapportées à trois pointes de pyramides , qui 
cmbellifToiét le fefteil'vnc eftoit de la gloire m5da:ne,l'autre de la celcfte,que Charle- 
magne s'eft acquis parfafainâreté.fuvuantrvnc&halerât après l'antrej&les récontrât 
toutes deux en vne. Aux deux defcentes de l'Arc eftoient dépeintes les deux principa- 
les vertus qui luv acquirent cette double gloire, & qu'ont touûours efté comme les 
deux piuocs, &: pierres fondamentales de la Monarchie Françoife : la Pieté auec cet 

À a i hemi- 



2o8 Le labyrinthe Royal 

hemiftiquejET placidi servate pios:&: la Iuftice,aiiec cet autre.IvsTiTiAQV^E dédit 
GENTES FRENARE svpERBAs. Chafcuiic auoit fcs marqucs , & Hiéroglyphiques ordi- 
naires auec vnc plante des fleurs de lis en main. Dcrious ces deux figures au vuidc 
d'encre les pilaftrcs, &c colomnes on auoit contrefait en bronze deux batailles telles, 
que l'on voit es coftés des Arcs anciens,le trouuant le Roy auecque l'arroy, & equip- 
page de Charlemagne dans les meflees parmy les cheuaux,&: chcualiers culbutez, les 
lances rompues, les corps morts,£^ fcmblables fpedacles de guerre. Dans le rond de 
l'Arc eftoitlabienuenuëàlaRoyneen ces vers,qu'ony alaifî'cencorepour eftre pro- 
pres de la bicnuenuë que les Anges peurent faire à la treflainLle mère de Dieu le iour 
de fon AlTumption fefte principale de ladide Eglife. 

VENISri TANDEM Tl^A^E EXPiCTATA TRIl^MPHIS 
VICIT ITER WRVM p/eTaS, DATyR ORA TrERI 
O REGINA T^At 

Au dcdans,la ployé efleuee de terre de 58. pieds, longue de ai.large de 17. eftoir tou- 
te femee de fleurs de lis iaunes en chap d'azur.Mais les deux flancs furent fignalcs par 
deux rencontres notables: celuy de main drojtie de l'aneiene peinture , & portiaid: 
dclaLaure, qui fetrouua là toute portée. Nous en dirons après quelque chofe. Le 
gauche de Cette infçrîption cfcritte en grofl'e lettre Romaine dans vne table d'attente. 

^OD SANCTAM AVENIONENSEM ECCLBSIAAÏ A DIVA MARTHA HOSPf- 
TA CHRISTI APVD NOS HOSPITANTE PRIMO EVNDAtAM 7p'M A D. RVFO 
EILIO SIMONIS CTRENAEI CHRISTi DISCIPVLO EPîSCOPO PRIMO CyBERNATAM, 
POSTEAlJHABFM IMPIETATE i^ïHINO REGE^^C DVCE VIOLATAM, FVNDI- 
TFS^E EVERSAM, DiryS CAROLVS CMACNf-'S imperator opt.cmax.cvm 
^iAFARRAEORp'M REGNVM PKIMVS A BARBARIS FINDICASSET, GALLICVM 
DILATASSET, ROMANf'M REST/n'ISSET, EVERTlSSEr ^RABICfM , FLOREN- 
TIAE FLOBENTISSIMAM CIPITATEM PE]}iin'S PROSTBATAM, k^E^'aTAM- 
^E SOLO INSTAFRASSET , SECrNDFS FP'NDATOR , AC PARENS DE NOVO 
J^'ALEM HABEMrS EXtRfXERlT, DOTaRIT^E, SVI CLIENTES PBAEPoSI- 
TyS , AT^E CANONICI , OUAIESTATI EIVS ADDICri DEyOJIJ^'E, CRATAE 
PIETATIS ERGO HVNC INGENTEM i^{\CVM El AC NEPOTl HÉNRICO IIII. 
REGI GALLORVM, Et NAVARRAE, REGINAE^E NEPTI DVLCISSIAIAE MA- 
RIAE DE iMEDICIS PP. ANNO OiiAGNO PIACrLAKI CI:). DC. EXE^NtE AD 
Xiy. KAL. DECEM. VOtO k^ETERNO. 

SOMMAIRE DISCOVRS DES 

EGLISES d'Avignon. 

II. Elle est remarquable pour les trois rencontres du Roy , de la Royne,&: de cette 
Eglife. Car Charlemaigne chafîa les inHdellcs de Nauarre,& conquclla à la pomte de 
iefpce les Royaumes deNauarre,Caftille,& Arragon, qu'il remir,comme dit Calcon- 
dyle profefleur Florentin, aux Princes Efpagnols. Le mefme releua les ruinesde Flo- 
rence, qui auoit efté rauagee , & ruinée de fonds en comble par ce monftre d'Atila. 
Voyéscequ'endifent les hiftoricns de Florence, &ce qu'en auons touché au com- 
mencement.En fin ayant cfcornc les Arabes , &: Sarafins, il fonda vn grand nombre 
d'Eglifes pour reparer le: incendcs,& ruines qu'auoienr faicl ces Barbares, lefquels de 
guet à pan,&: de propos arreflié abbatoiér les Eglifçs: voire,à ce que quelques hilloriés 
en efcriuenc,auoient ferment, & vœu entre eux de ne laiiTer aucun temple des Chre- 
ftiens furpied,ayeuls,& pères grands, oùû voa? voulésjfourriers de noz huguenots 

grands 



de F Hercule Gauloù Triomphant. 20 p 

grands reformateurs des Eglifes de France. Mais Dieurufcita ce grand Empereur, & 
luy donna Tinftind de baftjr vue infinité de belles Eglifes , pour monftrer.que la rage 
Barbareique ne peut rien contre la prouidence.&: foin qu'il a des ficns , & particuliè- 
rement de fon Eglife,qui eft la prunelle de fon oeihvfte d'icelles fut cette cyjqui ne fut 
jamais ruinee.que cette fois là. 

Icelle fut fondée premièrement par faindcMarthcjCommeil appert par les bulles 
des Papes,& fîgnamment de Xifte le quart .• par la traditiue irréfragable de cette Egli- 
fejoù Ion voit encore le lieu de fa penitence:& par lésantes mefme, & vie de faindie 
Mart^iCjOÙeft faiâre mention du miracle qu'elle fit en Auignon à la porte du Rhône 
xefufcitantvnieune garçon, qujs'eftoit noyé. Vincent de Beauuais le narre tout au 
Jong,es Ades de cette fainâ:e,qui a efcrit il y a quatre cens ans.Saind Vincent le pre- 
cheur,mais bien le miracle des prefcheurs , qui honora autrefois Auignon de fa de- 
meure,&: de ïès merueilles,dit au fermon de fainde Marthe, que ce miracle fut fait^ 
à l'endroid , où eft leur conuenr des Dominicains,nous en auons ouy difcourir am- 
plement les années pairees,auccque àts autres preuues plus miraculeufes , que le mi- 
racle mefme. Mais i'ay hafte,& ne fais cftat,que de toucher pour maintenant en paf- 
fant, chofes fi importantes,& qui méritent vn difcours, & recherche plus exacte. De 
faind Ruf premier Euefque fils de Sim5,qui porta la croix de noftre Seigneu.rla cho- 
fe en ell rrop batue,en l'hiftoire de fa vie , & en fon vieil office, que l'ordre de S. Ruf, 
qu'il a fondé,retient encore .•& aux Ades authentiques de fainàPaul de Narbonne 
fort expreffemenr. C'eft ce Rufus, duquel parle S. Marc l'Euangelifte au chapitre ry. 
i^ttgariauerufit pratereunte?» quempiam Simonem Cyren^mn •venientem de villa patrem Ale- 
xnnAri^é' Rtifi,vt tolleretcrucemeiuf. Depuis czito, première fondacion.l'Eglife demeu- 
ra paifible iufques au Gots.qui la pillèrent bien auec la ville, ce peu de temps qu'ils y 
deraeurerent.routefois ils n'abatoient pas les lieux facrés, comme il confte par les hi- 
ftoires,& nommément de la prini'e de Rome , &: de la defenfeexpreffe , qu'en fit leur 
Roy Theodoric,que vous trouuerés couchée de mot à mot en l'hiftoire des Gots. En 
<^uov ces Barbares,& furies d'enfer eftotent moins furieux que les fainds Euangeliftes 
de noftre temps,qui ont mis à bas en ia feule France en moins de trente ou quarante 
ans,plus de dixhuidmilie Eglifes , qu'ils voyent maintenant quafi toutes radrefices, 
ou a radrcifer foubs le rcgne pai(3ole,&; religieux de Henry Illl. noftre Charlcmaigne. 

Apres cette bourafque des Gots,noi^re Seigneur enuoya aux Auignonnois S.Agri- 
col leur Euefque tutelaircjl'â éjo. qui reftaura ce peu qu'i 1 y auoit d'altéré en ces Egli- 
fes:enbaftitplufieurs de nouueaucotteesen fa vie,&: fur toutes celle qui eftauiour- 
d'huy la première paroifle foubs le nom de faind Agricoî,où il mit les moynes de Le- 
rins de l'ordre de faindBenoit,commeauffi à noftre Dame fa cathédrale: d'où peut 
cftre du depuis elle a retenu le nom de noftre Dame de DomSj&c de la roche de Doms 
à caufe des moynes de faind Benoitjqui s'appellent Doms, en latin Dotnni, comme fi 
font les Chartreux,&: plufieurs autres religieux.Neantmoins i'ay pourpenfé autrefois, 
quel'etymologie pouuoit eftreautre.Car ietreuue deux chofes, qui fontafieurees,&: 
que l'on ne peut reuoquer en doubte. L'vne que de la roche de Doms , où eft noftre 
Dame,iufqu'afaind André, qui eft icy proche, l'on fouloit aller à pied (zc^ paflant le 
Rhône de/Tus la Barthelafte , S>L fc rendant du cofté des Auguftins à moitié , & l'autre 
moitié dedâs ville Neufue.IaifTant le paiî'age libre de S.André iufques à la dide roche. 
Cecy nous a efté efclaircy, & aueré, ic cftançonnc de bonnes preuues , les ans paflés, 
& le verrons plus à loyfir s'il ne tient à ceux, qui c.Vt doiuent auoir le foin.Cela eftanr,il 
iè treuuc d'ailieurs,qiie toute cette traidc à.z% col)inc5 de S. André , efquelles le roch 

A 5 eftoic 



/ 10 Le labyrinthe Royal 

cftoit continu, s'appelloienc le mont d'Andon,& en latin mom AndaonenJls'.\\(tz la do- 
nation quefic le Comte Raymond aux moynes de S.André de leur raontagne,& ter- 
roir d'alentour, vous y en trouuerés àcs nouuelles. D'où ie tire cette confequence.quc 
peut eftrejl'on difoit anciennement la roche d'Andon,&: que petit à petit.par corrup- 
ption populaire li frequcnte,que nous voyons tous les iourSjl'on commença de dire la 
roche de Don. Auffi d'ordinaire l'on ne di£t pas des Doms,{inon que les plus doftcs, 
mais la roche de Don.Chacun en penfe ce qu'il voudra,cc n'eft pas vn article de foy. 

Depuis S.Agricol coulèrent quelques années iufques à l'an 73j.que les Sarafins,co- 
mc ie viens de dire,fe faifirent d'Auignon. Alors toutes les ^Eglifcs furent abatues , la 
dilcipline Religieuse peruertic,les Moynes défroqués^, . Jes Ecclciïaftiques maflacrés, 
&: reformés à la Geneuoyfe,toutes chofes facrees,& prophanes peflemelees.Entre tac, 
la Cathédrale fut releuee par CharlemagnCjqui luy donna de grands biens , y mit des 
Ecclefiall:iquesfeculiers,Sd entre autres vnit à rEuefché l'Abbaye de S.Rufpres de la 
Durence.Toutcecy confie authentiquement par la confirmation de ces donations 
faide par Loys le débonnaire fils deCharlemagneàRemy Eucfque predecefl'eur de 
Fulchcrius, voyez l'autographe auec le grâd fcau d'or en l'archiue de l'Archeuefché li- 
gné de la propre main dudi£t Empcreur,& les lettres de Loys onziefme de l'a X504. où 
il donne de beaus priuileges à l'Eglife d'Auignon.f» confidemtion de ce t^ue^àadi il.elle eji 
moiélt ancienfie^é" "^^ fondation Roy aile fondée p^ir ie Boj charlemagne , ce font fes propres 
mots. Ainfi demeura cette Eglifefeculiereiufques à l'an lo^ôquele Pape Vrbain fé- 
cond les érigea en Chanoines réguliers de S. Auguftin, laquelle règle ils ont obferuee 
iufques à tant que Iule fécond les fecularifa vne autre foiSj& les mit en reftat,où ils fe 
îreuuentpourleprefent, rani475;. leur donnant priuilegede porter les capes rouges 
delfus le lùrplis comme les Cardinaux. Voila de l'Eglife de noftre Dame. Pour le re- 
gard des autres Eglifes,Dieu fufcita le grand Fulchcrius Euefque l'an 835. lequel plein 
du zcle de la maifon de Dieu,& grand amy,&: familier de Bofo Prince premièrement^ 
&:puisRoyd'Arles,print à cœur de remettre lus les aurres lieux l'acrés , ce qu'il fit a- 
uecquetrefbcn fuccés,dequoy il appert par fon tcflament. Polde , &:Paradinont ef- 
crit que lediâ: Bofo Prince d'Arles luy en baftit vneà l'honeur de noftre Dame dedas 
la ville d'Auignon: ils ne noment pas qu'elle c'eft,mais il eft facile à le colliger ; car en 
Auignon ny en a que deux de noftre Dame."Ia cathcdralcS: celle que l'on nomme no- 
ftre Dame la principale.'Oreftil que la cathédrale eft de la fondation de Charlemai- 
gne^ qui en doute ? il s'enfuit donques en bonne forme,que c'eft celle de la Principale: 
outre que fon nom nous en donne vne preuue pcremptoire.Car pourquoy fe nomme 
elle Principale? cft-ce pourcequeelleeftlacathcdrale,ou la plus ancienne.''elle ne le 
peut,& ne le fut iamaiSjfuiuant ce que venons de dire de fainde Marthe, &: ce que l'on 
en voit à veuë d'œil : car l'Eucfque n'y demeura iamais. Il s'enfuit donc puis que les 
hiftoriens prcalleguez difent en termes exprés , que le Prince d'Arles en fonda vne, 
quelle aye eftc appelleercommcelle l'eft en tous les anciens contrats,& manufcripts> 
Pri/icipalii en latin à Principe Arelatenft^ Q^i eftoitauffi pour lorsfeigneur d'Auignon. 
Fulchcrius de foncofté remit les autres de fon patrimoine,àcequ'ilen dit en fon te- 
ftament. Celle de S.Agricol auoit perdu fes regles,&: fes religieux, il la dreffa en prioré, 
toutefois parochial, comme auflî celle de faind Pierrc,de S.D!dier,& les autres, la plus 
part fondées par S.Agricol, auquel cftar. elles demeurèrent iufqu' à ce que,long temps 
aprcs,elles furent reftaurees en la fplendeur que nous voyons à prefent, &: érigées en 
eollegcs de Chanoines. S.Agricol par lean 22. Papc(fcant en Auignon)ran 1321. Sainâ: 
Pierre par Pierre Cardinal Prcneftin,rau i^jiJ. S,Didier par Bertrand de Deucio Car- 

dinail 



d^ t Hercule Çauîots triomphant, lu 

dmal Euefque de Sabine la mefme année l'an ijjé.&i j/.ie me depoite des autres pour 
ce que le temps me prefle. , 

Vis A VIS de rinfcription que ie viens de commencer, au flanc dextre de l'Arc, for- ^^■ 
tuitemenc fe treuua vn des beaux rencontrcs,&: le plus à propos que l'on eufl fceu de- 
firer. C'eft vne ancienne peinture d'vn peintre Florentin le plus braue en cet art, qui 
fuciamaiSjà cequelonentreuneparefcrit. Ily avn S- George àcheual auec vneda- 
moyfelle à genoux deuant luy,qu'il deliure du dragond'on tient que la damoylèllc efi: 
le porcraid au vif de la Laure:tout le monde le did, pcrfonne ne recherche , ny n'en 
donne raifon.-iediray ce que i'encuide pour mapart.&pour l'entendre facilement ie 
mcttray quelques propoficiosauthétiqucs.&alTeurees.Georgc Vafari peintre Italie en 
cette belle œuurc,qu'il a faid des peintres &dediéaugrâdCormede Mcdicis i.du no 
en la première partie did',que Simoii Mcmmy peintre merueilleux fut fort familier,& 
acquis à Petrarche, &: fut appelle en Auignon par le Pape lean zi. qui y relîdoit pour 
lors. Voicy ces propres vaots.OraJlandol/tcorte en f^ui^one,fer H comodi^éf per leaJoU 
gliedi PapsCiouafini XXU. Simone fu fatto ventre in quel luogo con grandijiima inlf^nzat 
doue latiorando moite fitture in frefco e in tAuola ne riporto Iode infinit a infieme con grAndtJ^i- 
m* vttlita. Il adiouftequ'eftant audid Auignon Pétrarque le pria inllamment de tiret 
•au vif la Laure,ce qu'il fît auec tant de perfedion , que Pétrarque en rechange luy fit 
deux fonnets fur ce fuied , qui combatoient d'excellence auec fa peinture.Il did ainfî 
fu adunchf quella di Simone grandipma vent tira oltra Ufua virtu, ventre al tempo di lM. 
francefco VetrArchu^^ abbaterfimi^uignone alla corte doue trouo quefie excellentipmo poe^ta 
defiderofo de di auere la imagine dt madonna Laura rttratta con hella grazia. dalle dot te mani 
di maefiro Simone : perche auendola poi corne defiderana ne fece memorin né" duefonctti, 
L'vn de ces fonets fe commence. 

Fer mtrar Volydeto à frotta fifo 

Con gliaîtriiche ehher fxma diquelT arte. 



-Et l'autre ainli 



^jtando giunfe À Simon talto concett^ 
Cha mio nome gli pofe in man la ftile. 



Qui les lira.verra quel compte il faid de ce maiftre peintre, &: qu'il ne luy attribue 
guiere moins eftant encore en vie, qu'on luy a donné après fa mort en cet Epitaphe, 
qui fe voit à Sienncoù il mourutjenterré à faind François. 

SlMOlil C^dEMMlO VICTOWM OMNîFM OMNIS AEtAllS 
CELBBBRRIMO. VIX. ^2^^ LX. CMENS. IL D. IIL 

îl mourut l'an 1345. troiiiefme du Pontificat de Clément fixiefme , qui tint le fiegc 
en Auignon letroifiefme après ledid lean iz. Et Pétrarque (lequel aagé deneuf à dix 
ans.fut mené d'Italie en Auignon l'an 1313- ioubs Clément y.prcdeceflcur de Jean xi.; 
furuefquit àSimon.ne mourat que l'année i374.foubs Grégoire XÏ.Or il efi; vray d'ail- 
leurs q la peinture.dô t eil queftiô, laquelle fe trouua à l'êtree de ncftrc Dame àoDos^ 
•acfté faidc fans doubte du temps du Pôtifîcat de iean licar les Aimoyries de Ja mai- 
fond'AnnibaldeCecanoyfont qui fut faid Cardinal par Iean tz. en Auignon l'an 
1317. ae mourut l'an 1350. ayant achcuc de baftlr Ja grande tour de la Motte ou cft au- 
jourd'huy le Collège de la Compagnie de lefus.Doncqucs luy a faid faire cette pein- 
ture, que tous les grands maiftres tiennent peut vn chef d'a'uure,& eftoicnt ces trois 

en rncf" 



212 Du labyrinthe '\Royal 

en tiicrnie temps en Auignon Simô le pcintre,Pecrarque qui fît faire la peinturc,&:An' 
nibal qui paya l'cftofFcCela marchc,iu(ques à maintenant,à quatre roues.Vafarj pre- 
allcgué en la vie de Simon rapporte vue autre chore,qui me lemble vne demonftra- 
tion pour ce faicl. C'efl: que Simon dépeignit à Florence en l'Eglife de San6îa. Mari» 
nouella^h vic,& l'ordre de faind Dominique, où fc voit prefque tout l'eftat du monde, 
au ciel lefus Chrift , &; les fainds : au monde les vanités , &c folies figurées en fem- 
mes d'vn cofVé(cntrelei'quelles fe voit la Laure tirée au naturcljhabillce de verd,auec 
vne petite flamme de feu, qui fort de fa poiâ;rine)de l'autre en hommes de tous eftats, 
au nombre defquels eil; Pétrarque peint au vif à cheual en equippage de Cheualier de 
Rhodcbicn que il fut Chanoyne de fa profellion. Ce font icy les mefmes termes de 
Vaiari. Nelmondo qua giu Rimangono i piaceri^^M^P vani in figure che feggono^^ mafi- 
j/ic donne. Tra lequalt e m adonna Laura del Petrarcha vejlita di ver de con vnapfcola fiam- 
rsetadi fuoco tra il petto, cjr /^ go^«, & e rit rat ta di nattirale. Eaui ancom ta chiefa di Chrijlo, 
^ la guardia di que lia il Papa, lo Imper adore I Re I Cardinali ^c. Et tra eft a canto ad vn' 
taualiere di Kodi CM.Francefco Petrarcha ritratto pure dt naturale. Il che fece Simone per ri»- 
frefcare nelie opère fue la farna di chi lo aueua fatto irrtmertale. Or efl; il qu'en cette pein- 
ture d'où nous parlons.efl: S.George à cheual fi bien faict^que le Roy François le voy- 
antjtrciraillit d'admiration, ne fepouuant fouler de le regarder : & la damoyfelle, qai 
eft à genoux efl: habillée de vcrd, & parle à fainâ: George en ces quatre beaux vers ef- 
crits au dcflbus , qui ne peuuent auoir efl:é faidts d'homme du monde en ce fiecle la, 
que de Petrarque,qu/ fèul rcleua de fon temps la Barbarie de la langue latine introdui- 
re de long temps par les Sarafinsjà: les Gots,ôi: encore font mention des flammes^ 

UlULES I2i^ ARMA FEROX BELLO CAPTARE TRIVMPHVM^ 
ET SOLItVS JAStAS PILO TRANSFIGERE F âVCES 
SERPENTIS rETR^M SPIRANTIS PECTORE FVMf H 
OCCFLTAS EXTING}^ FACES IN BELL A CEORGL 

De toutes lefquclles chofes ieconclus,que le bruit de cette peinture efl: bien foft- 
dc,&£ fur tout qu'elle efl: d'vn des plus grands peintres, qui furent iamais,&: Toican de 
nation, ce que ie m'ellois propofé principalement demonfl:rer,feruant le tout à nofl:rc 
fuiect : Pétrarque , & le peintre, pour efl:rc Tofcans ; la Laure pour s'eftre rencontrée 
en la parallèle du fepriefme Arc. 

le palfe maintenant au reftej& reprens mon propos , ayant admonefl:é le lefteur de 
deux chofes : i'vne efl que Platina efcrit que Yodius peintre florentin , fut appelle en 
Auignô par les Papes, h5me admirable en fon art nommé par Vafari le miracle de fon 
aagejfamilier,& domeflique à Laurens de Medici,& qui le premier de tous remit l'arc 
de la peinture,quî s'eftoit perdu \ôg temps y auoit,&: fur tout de tirer au naturclainfi 
que le diit Politian en fon epitaphe. 

ILLE ECO SfAÎ, PER ^VEM PICtFRA EXTINCtA REflXlT. 

le m'en rapporte à ce qu'en eft:,Platina àïOc qne ce fut Benoit 12,. faid Pape la 1334. 
en Decembre:maisie treuuequcYodius mourut vn an apres,ran 1336.^8. de lanuier, 
&: qu'il fît de grandes peintures en Florence,l'an 1334 &: 133J. comment donques pou- 
uoit il eflreenfemble à Florence,&: en Auignon? chafcun iuge maintenant ce que bon 
luy femblerade fes coniedures,ie ne les donne que pour ce qu'elles couûentjaifranc 
à vn chafcun d'en opiner félon fon bon plaillr- 

Dans 



de l'Hercule Gaulois triomphant. 21 j 

Dans cet arc, que nous venons de dechifrcr, meflleurs de noftre Dame auoiét ly. 
drcfTé vn autelàmain'gauchefoubs !'infcr!pcion,parépompeufementde touccequ'e- 
ftoitnecefTaiiCjeftâs tous les deux codés d'alentour delFoubs lefaind George, ScTin- 
fcrjption, tendus de tapiflerie de drap d'or. Là monfcigneur le Rcuerendilîune Ar- 
cheuefqued'Auignon François BordinPv.omain , prélat trefdigne, & trelbenerable 
d'vnevie,& faindeté exemplaire,^: dVn efprit, comme dicBofius parlant de luy,rare, 
&; verfé en toutes Tciences. Ingenio adomnes bonat artesfelici, ^ erudito^ reueftu de Tes 
habits Pontificaux afliftc d'vn grand nombre d'Euerques:cntreautreS;queie me fou- 
uiennc,de monfeigncurde Veruins ArcheuefquCjSd primat de Narbonne,n'aguieres 
Inquilkeur de la fov en Auignon mon treshonoré fcigneur, qui m'a touliours beau- 
coup honoré, biê que trefindigne,de fon amitié plus q paternelle: de mefleigneurs les 
Rcuerédiflimes de Befiers, de Motpcllier,de Nifmes,d'Orangc,dc Vaifonjde Cauail- 
lon,de Lodeuc,d'Vzés,(S^ plufieurs autres.^: de meilleurs les chanoines,auecque leurs 
robes rouges furie furpelis. Cependant fa Majefté parmy la fcoppetene, &: la grande 
multitude.qui rempliiîbit tout ce deuant du Palais, paruenue au bout des degrés, fore 
de fa litiere,&: condui£le par Dom Antonio fon frere,qui la tcnoit foubs le bras , par 
mefTeigneurs le Duc de Guife,& de Montmorency Conneftable,qui marchoient de- 
uant, & melheurs les Illuftrifîimcs Cardinaux de Gondy , S£ de loyeufe , qui eiloicnc 
auprès de fa Majcftc.fe vient rendre deflbus l'Arc.Eft receuë de mondid feigneur d'A- 
uignon : fe iettcà genoux deuant l'Autel. Baife lafaindecroiXjque mondid feigneur 
luy pi'efente,fignal,& trophée de noftre falut,cfpouuantable aux hérétiques , & aux 
démos, doux, èc aniiable aux enfans , &: difciplcs du crucifié. Apres cette première ce- 
remonie,nionfieur le Preuofl: Ican François Suares l'vn des mieux dilans deloneftar, 
& qui a faid de fi beaux efî'ays de fon bien dire , haranguant fouuent deuant les SS. 
Peres,& Cardinaux à Rome,&: dre/fant les panégyriques de Sixte cinquiefme,quenc. 
mourront iamais,eftampeesnon feulement foubs la prefledeRome , mais bien plus 
auant dans la mémoire de ceux qui entendirent fon éloquence animée de fa belle, &: 
graue contenancc,& adiun : Iuy,dy-ie,la Royneayantmisfinàfa prière, luy parla en. 
cette forte,coînme chef de ce venerablc>& trcfancten chapitre. 



B b MADAME 



214- Le labyrinthe Royal 



M 



JD AME 



S il eftoït 'vray, que nature eut autrefois permis aux rochers de fejmou- ' 
uoir, cette Sglijé heureujèmet fondée fur la fermeté de ce roch par famBe 
a^arthe defcouurant les hïen-heureux rayons de 'voflre Royale prefènce, 
treffaillant d'aifè , ç^ de ioye fè fut 'venue profferner aux pieds de voflre 
^TlftaieBé treflhrefltenney pour vous fuppliertreshumhlementla daigner 
recognoiftre pour voftre^ç^ nom pour les treshumhles,ç^ trefaffeBwnnét 
noumffons de vofhe trefiugufle coronne , qui parmy /ex henediBions in- 
finies jdont tout le peuple françois marque âe bonheur ^ç^ de gloire ce iour- 
dhuy, qui vous à rendue dans le fem de vofhre France, pour efrre la che~ 
re moitié ,ç^ la facree efpoufe du grand hCenry l'honneur, ç^ le Phénix 
des Roy s de la terre -.prions lefbuuerain Qreateur, duquel l'éternelle mam, 
corne nous croyons, à bien voulu miraculeufement confacrer cette Eglife, 
pour y exaucer les vœux des mortels, qu il luy plaije pour l'efiabliffement 
du repos 3 ç^ de la gloire de la Monarchie françoife fi rarement triom- 
phante foub s l'vnique Soleil de fon Henry, donner à vofire lAaiefié tref- 
hcureufe auant l'an reuolu , vn ieune 1? rince Daulphin-Auf!ifage,ç^ va- 
leureux, que le grand. 'Rny fin Pere,ç^ aufii doux, (^ gracieux, que vofire 
a^aiefié, laquelle nous fiupplions trefideuotemet nous pennettre, de l'ad- 
mirer, ççf reuerer par "vn modejle,^ religieux filence : puis que la langue 
d'vn inortel ne pourroit iamai^ former de parolles dignes d'vne fi gran- 
de Royne. 



Sa 



de l'Hercule Gaulois triomphant. ' 2 // 

Sa Majefté monftranten fonvifage dauoir receu finguliere fatisfaâiiondeccrDe 
harangue, refpondit elle mefmejcn ce peu de mots , Prcggate iddio accio me faccia que- 
fia. gratin. A tant elle entra dans rEglife, oùellefutrcceiied'vn motec chanté melo- 
dieufemét fur l'orgue auecque les voix,ptdant qu'elle faifoit fa prière à genoux deuanc 
le maiftre AuteljCn vn oratoire,qui luy auoit cftc préparé. Finie fa prière, elle fut con- 
duire en vn Throneeneuéàcolîéjfouz vn dais de drap d'or,tout ce collé Jaeftât ren- 
du iufques au treillis du chœur, d'autre taplfTcrie de drap d'or.ou fa Majefté entendit 
le 'Te deum laudamm. A près, elle fe retira dans le grand Palais , par la faulfe porte ferrée, 
fans forcir de l'Eglifctle peuple demeurant fruftré au dehors, qui l'attendoit aucc gra- 
de deuotion. Gloire foie à ce grand Dieu Roy des Roys, qui a mené a port ce thrcfor 
fi pretieux, placé pour quelques jours en la demeure, &L fainâ: feiour des fouuerains 
Pontifes, & beaucoup plus auant dans les ccr-urs des bons,&: féaux Auignonnois, qui 
ne cédèrent iamais aux naturels,&: légitimes françois d affection, ic de zelecnucrs la 
coronnCjiSi: Majefté françoife. 

Le i-ENDEMAiN 20. du mois,elIeenrendir laMcileànoflreDame dcDos diftetout V. 
basparl'vn defes AumolriierSjOÙaflidcrct toutes les Princefres.&; ■dames de la Cour, 
& dix,ou douze Euefques de ceuxjqui l'auoient receiie le iour deuatà i'entree de l'E- 
glife. Monfeigueur d' Auignon luy donna le Miflel après l'Euangile , &: la paix à l'A- 
gnus Dei. Elle ne bouî^ca ianiais d a genoux de toute la Mcfl'e : ne parla à ame viuan- 
re.iufquesà la fin, récita prefquc toujours fcs heures. Cependant la chapelle du Roy, 
chancoit diucrs caiuiques , &C entre autres , l'hymne Royal, Itm fancte ffiùtia, 
é" emitte cditm lacis tuA radium ., compofé par le bon Roy Roberc Roy de France 
l'an 996.bien plus ancien, que les momeries deMaror. Ce Roy fît beaucoup d'autres 
Antiennes deiquclIcsl'Eghfe le lert. Moniteur du Courroy commandoit en la cha- 
pelle Royalcpcrionnage trefdigne,graue,&: dcuot, &: qui a bien fccu marier dexcre- 
mentdeuxchofcs , quclcs hommes eftimcnc li efloignees: vue grande maturité, &: 
vertu, auecque les crochets. & ficdons de mu{ïque.'& l'art de bien organiferles meurs, 
auec r A croira, an'eharmonicufc de cette fcience fi honoiable,&: (x diuine, quand elle 
eft bien ménagée. .\ la gloire de Dieu; non pas mechraiizee par les faux accords des 
meurs diirroporiionnez.ct diicordants à la raifon vrave chanterelle de lame, com- 
pofee,comme difoir Plarcn , d'harn^onie, & de nombres comfeaiu à iacadance de la 
prédominante partie de l'homme. La iNitfle dicte, les gardes conduifoient (a Majefté 
encore par la porte de devncie; mais elle commanda^quelon printle grand chemin, 
pour donner ce comen:cmcnt à fes Auignonnois. Dom Antonio fon frerc, &: le Duc 
de Bracianolamenetentparla grand' porte du Palais Apôftoliquc. 

Peu d'heures après, au difner.furledefiert.le V d'Albcne apporta nonuellea/Teuree à 
fa Majefté de la reddition de Mont-millan , qu'elle receut comme le comble de fon 
triomphe. A la veiie des lettres du Roy,-&: au rapport de ce fLiccés,ellc treifaiilit , &: fe 
leuant de table en farfaut , fe retira pour rendre grâces à Dieu : le mefme iour Çii faire 
feu deioyccomanda de chanter leTif deum Uttânr^iHXwi les cinq heures du foir,qu'e]- 
kfetrouua auecque toute la cour à noftre Dame de Doms, à cet effcd: en fuite de- 
quoy tout tard,encrehuiâ:,&: neuf heures du foir, furent tirés quarante coups de ca- 
non fans ba!e,f.3r la roche.en ligne de fefte,& d'allegrefle,par fon coir.mandtment. 

Le mefme iour le corps de ville fut faliierfa Majefté au Palais. Monfieur l'Afteft^eur 
Suares Cheualier de l'ordre Je fa faindeté,p..nfonnage autant qualifié, que l'on fcau» 
roitdefirerpourhomme de fa charge, grand amateur de fa patrie3foigneux,5<: ialojs 
du bien public,eIoquenc,&: promt à dif-curir à coure heure,graue-,(Sj meur en fon ge- 

Bb i ile. 



21 6 Le labyrinthe Royal 

ftc,courcoys, centrant en fou porr, afreuré,&: heureux en fa mcmoire,difert, & limé 
en Ton langage , princ la paroUe au nom de la ville, lelon la cliarge,&: loiiable couftu- 
me d'AOignon.où iln'eft permis à gens de tous cftacs de parler deuanc les grands, ajns 
a efté eftably long temps y a, l'office d'Airc{reur,qui eft comme vn appendix du Con- 
fular, vn garant delà courtoifiepubliqucjvnlupport de police bien rangeejpourfou- 
lager les Confuls, &: magiftrats en ce qui appartient aux harâgueSj&: rencontres fem- 
blables. Voicy ce qu'il dit à fa Majefté. 



<^DAMe 



M 

Tous ceux que ï Ant'rqmté a recogneu, ^ que noflre aage honore au nom 
de bien difinsjÇ^ doctes, comme ils nepauroient afJeZj dignement célébrer y 
ç^ hautlouerles mentes, les rares 'vertus acqmfts,ç^ infufe s J,a grandeur, 
le bonheur, ç^ la gloire de vofire M^iefié: aufi ne pourroïet ils retreuuer 
parollesjufflfkntes a reprefenterla treshumble deuotio, ç^ inénarrable al- 
le^rejfe de cette cïté plus glorieufe,Fj fortunée de ^vojire bien-heureufe pre- 
fence, aue belle en fin entour , ç^ aj^iete, fleurijfante des grâces des '^oys 
voldeuanciers, honorée d^s fausurs des Empereurs 'vofo ayeuls , quelle à 
receu autrefois auec que moins d^liejfe, ç^ de fejle. A'Iais fi i g fils entre- 
prendre 'vn fi haut 'voUque d'y 'vouloir atteindre dv€ 'vcué feulement, ie ne 
ferois que corne 'vnprefiomptueux Icare noyédas les eaux de fon précipice, 
ç^ dans les abyfmcs défit témérité. ^iTad,ame ,nom fkpplions donqucs 
treshumblement "vofire Matefié d.e nousottroyer cette gracè , d.e croire 
qu'autant que dans l'enceinte des murs pontificaux de cette ville ily a d'à- 
mes, cefiont autant de citadelles de ^vofire Rcyaume,ç^ d.e 'Vies conjacrees, 
^ dédiées pour le firuice de vofire coronne trcfi:hrejhenne , qui n'ont ia- 
mais ficeu , ^ li apprendront iamais de céder a aucuns de "voZj très- hum- 
bles^ ç^ très fidèles fiubiects , à refipendre le meilleur de leur fiing pour la 
gloire de 'vofire firuice. 



La Royne fit refpondrcà Mofcigneur le Duc de Guife, qui repartit en peu de mots 
défi bonne grace,&:dc telle énergie, que l'on euft iugc qu'il n'eufl: iamais faici autre 
profcflion.que d'eloquencv% auffi à ce elle toufiours la première vertu d'vn grand Ca- 
pitainCjtel qu'il ell.de bien haranguer,&: de n'élire moirts habile à bien dirc.qu'à bien 
batre, &; à bien iouer de la langue,qu'a bien manier la lance. 

Le 



de r Hercule Vauloù Triomphant. 21/ 

Le îovr svyvant 21. fucfign.alétantàcaufedufeptenaire, queparleRoyalac- VI* 
cueilfaidà faMajcfté,premJerementpar laville, &puis par monrcigncur rilluftrillî- 
me Vicelegat,qui coronnaJafefte de fes magnificences, lefquelles ont efté prifees, & 
admirées de coure la Cour: aufîî eftoic il bien feanc, quexeluy qui tient la place de fa 
fiiindeté en ces quartiers,tanc afteâ:ionnee,& deuote a la France, correfpondit en cf- 
fed à la volotéj&biêueuillancc du S. Pcre à receuoir.&feftoyer fa Majefté.finon félon 
Tes mérites , que l'on ne fcauroic arteindre,au moins proche de là, & auec appareil de 
grande aflfedion fuiuie d'vn efFed qui ne fe voit fouuent en ce pays, &: qui ne pouuoic 
cftre de guiere plus fomptueux,eu cfgard à l'excellence des chofes rares , & cxquifes, 
qui s'y retrouuerent,&:àla contrée efîoignec de ces commoditez. 

Quant à mcffieurs d'Auignon.ils £rcnt Icprefentàfa Majefté ceiourla,en corps de 
villc,auecqueleur accouftumcefplendeur,&: magnificence.Ce furent cent cinquante 
médailles d'or,oij eftoitrcleuée d'vn cofté l'image de la Royne au naturel,&: de l'autre 
leportredde la viIled'Auignon en perfpediue.-&:cn d'autres l'image du Roy; qu'ils 
Juyprefenterent dedans vne belle, &: rare coupe faicVe d'vnenoix d'Inde enchaflce en 
argent. MonlicurrAfTcfireur fit le deuoitjluy offrant le tout au nom de la villcjauec ce 
peu de mots. 



M 



Les petits eJfeBs nepeuuent ejlrcproâmBs âts nohles, çj grandes caufes, 
finon entiers Dteti, Ç^ les grands,^ pmjfans monarques. Dieu fe contente 
d'^vne petite offrande de cœur, ^ noMS fuppUons treshumhlcment 'voflre 
«^aiejl'é de daigner accepter ce petit don, paurr arre,(^ tefmoigna^e éter- 
nel de l'infinie deuotion , auec laquelle tout le peuvle de cette ville a voi/J 
fes ans,^ Ç% njiepourlefruice de 'voflre coron e,^ dcfire "uiîdre foiihs l'ho- 
new,çc^ influence de la protection de njoflre ^taïeflé trefchreftienne. 

Sa Majefté fit rjjfponfe , qu'il n'eftoit ia befoin d'autre preuuc, &: marque plus au- 
thentique delà finccre:.& loyale affedion.S^ biéucuillancedes Auignonnois, que de 
ce qu'elle en auoitdcijaveu,&:recogneu en ce peu de iours, qu'elle auoit eftc auec 
eux.'quelafouuenancene luyenefcouieroitiamais de la mémoire : qu'elle fauorife- 
roit,&: cheriroit touliours la belle Âuignon,la ticndroir en fa prorcdion, & fauuegar- 
de, ne cederoit iamais à ces deuancicrs à raymer,&: carcfîcr de {(:.^ faneurs. 

Apres le difner.commc nous auions commencé de dire,mondi£lfeigneur le Vice- VII. 
legacaflembla toute lanobIcfîe,&: dames d'Auignô en la grand' Hiledu Palais de Poi- 
«Sliers,que l'on appelle le collège du Roure;qu'il auoit faid préparer au preailablc tout 
exprès, &: tendre de tresbelle tapifTcrie de Flandres : ou il iuuita à la collation fa Ma- 
jefté, & toute la Cour. L'aflemblee, &: le bal acheuez.fur les cinq heures du foir.tum- 
baà pofte,au bout de la fallevne grand' pièce de rapiftcrie, defcouurant la collation 
préparée par mondidfeigncur en trois tables drcfîces dans vn parquet enclos de baî- 
luftres,& gardé par les Suiftes pour n'y admettre tous indifFeremmêt.L'apparcil de ta- 
ble feulement fut cftimé plus de quinze cens efcus. 

Bb 5 l'en 



21 s Le labyrinthe Royal 

l'en ay rcccu l'ordonnance , & toutes les lîngularitez par le Sieur lean l'Ange Scortia 
Geneuois citoyen d'Auign6n,qui auoic faid venir de Venife,Gencs,Naples,& autres 
lieux d'Iraliclcs picces les plus rarcs,&: principaux ingrediens de ce feftin,par le com- 
Riandement de mondi£t feigneur. 

En latableducofté droift, le voyoicut toutes fortes depoifTons faifts en fuccrc, 
comme Lamproyes, Anguilles,Carpes,Barbeaux,Truitcs,& autres en grand nombre. 
Il bien fiiiârsqu'a les voir on eultiugé qu'ils fuflent en vic.& ne manquer autre.que ce 
que difoit le plus grand fripon de tous les Poètes, {^dde ac^uam, natabunt. Outre ce il 
y auoit des lcuraulîSjlapins5pigeons,canars,chapons,te{les de veaUjpetitsporceauXj& 
autres animaux àmanger,tous faids defuccre d'ouuragedeVenile.De plus.'diuerfes 
fortes de confitures feches de Naplcs, rares, &: exquifes tout ce que fe peut, à foifon, 
contrefaictes de mefme en fuccre. Finalement vne grande quantité de pafte dorée de 
Ge«es,& prunes de damas en fuccre,auec grande largeffe,^^ abondance de dragée de 
toutes fortes. La table de main gauche eftoic couuerte de trois cens petis paniers tous 
dorés.o: argentés,^: peints de diuerfes couleurs , auecque le* armoyries de la Royne 
par dcHus , &: celles dudict Vicelegat au fonds. Ils eftoient pleins de toutes fortes de 
fruiclsfaids en fuccre près du naturel: comme fcroient pommes, poyres, figues, ray- 
fins,povs, amande3,chcnilles de mer,prunes, peches,abricots,cocombres, melons, & 
autres diuers élaborez à Venife.iJ^ à Gencs.Outreplusrque fut bien la chofc la plus re- 
raarquable)l'on auoit pofé iur la mefme table cinquante ftatues en fuccrc,grandes de 
deux palmes ou enuiion, qui reprefentoient les anciens Empereurs Romains,Celar, 
Augurce,Tybefe,& les autres; & les dicux,Hercules,Iupiter,Mars,Mercure, Saturne, 
Apollon,&iemblablcs: comme aulfi les DeelTes Venus, Diane,Pallas,CybcleJunon, 
& leur fuitte : toutes {îmignonnementfaidcs,&: reprcfeutees au naturel, qu'il ncfc 
peut rien de mieux. Mater'mm fuperabiit opm. Les dieux, pour cette fois la, n'en eurent 
pas du meilleur. En la table du milieu , qui eftoîr celle delà Royne ( couuerte d'vn 
dais,& parée dVn i?eaiî ftege pour receuoir fa Majefté,/fe voyoient de toutes les fortes 
de viandes des autres tables.ô,: douze des plus belles (btucs choiiks des cinquante.^ 
au furplus ia fcruiete de iuccre fi bien trauaillce,que les plus clair-voyans l'eftimoienc 
cftre de lin. Beui eria menfas ccnjnmimus i7}quit Inlus. Toutes chofes ainfi ordonnets,& 
bien apprefl:ces,faMajcfté entre dans le parquet,vifite,& admire toutes les tab!es,puis 
l'eftât alTife en la fiéne,y appelle les PrincelTes de fa Cour-.madame de Guife,(S^ mada- 
jTiovfelIe fa fillcmiadame ia Cotefic d'Auueigne, & madame de Venradour auec les 
principaux fcigneurs,qui y aflifterent pour lors: Dom Antoine de Medicis fi'ere de fa 
Majefté.môfeigneur le Connertable, M. le grâd Chancelier,&: autres grâds fcigneurs t 
car moufeig. le Duc de Guife eftoit défia party des le lundy, pour aller trou-uer le Roy 
en diligence.Les autres feigneurs,& dam.es de marque s'en prindrenc aux autres deux 
tables de cofté, &: d'autre. La collation paracheuee , les petis paniers, où eftoient ks 
fruiûs de fuccrcfurentdiilribuezà tous lesfeigneurs.aux Dames,& dumoyfelles,qui 
s'y trouuerent:&: de là fa Majefté reprenant fon coche,monte;& fe retire au Palais,où 
elle fut receuë de trente coups de canon,qui furent tirez de la roche de Doms, pour 
redoubler le tri5phe,& la fefte, & la ioye de ce pcuple,qui ne fe pouuoit aflouuir de la 
veuë de fa Majefté.Elle fe partit d'Auignon le l'endemain iour de Mercredy à vne heu- 
re après midy accompagnée de toute la noblcfle de cette ville &: de fa Cour , & mer- 
ueilleufement fatisfaide tant du bon accueil de raondid feigneur le Vicelegat en par- 

ticulier,quc de toute la ville en «çeceraL 

^ ^ LES 



de l'Hercule Çaulois triomphant. 2rp 

LES SEPT ODES DV TEMPLE 

DE lA NVS DRESSE AV 

CHANGE, 
Qompofees par l'oAuth^ur du labyrinthe. 

ODE. I. 

T^ricolos Tetraftrophos. 

VICTORIA. 

^dprimum arcum triumphalem. 

L A V R V S. 

P^AN. 

FVlmen gradimm martm Hercule s :, 
^tfce^tra mm G allie a temperas. 
Si coUa ia^antes chelydros 
Centuplici fîiperoi triumvho. 

Difcedè ab armùifige fuper tholo:. 
Satù laborum pertultf inclyta. 
Proies TonAntis , monfira dmo 
Perata fùccubuere ferro. 

faSiata portum G alita, refpkity 
Spiratjue pacem : Jupiter arduus 
Dej^e^at Alcidem fuperbo 
CunSicL fupercilw moumtem. 

iAflrtZA mundo reddita carulam 
Cnfpans Oltuam pancratiafiicas 
fHe5îit corollas , ^ cornantes 
Z>entilat in fiadio corymbos. 

Jam '%oma currus comparât aureos, 
Torofque Clemens in Capitolio 
Teftos locauit : tôt a pompas 
Turba tuas célébrât Deorum. 

Hanc file njiBorù fator Herculis 
Kubra coronam texuerat manu -y 
l'eJlumquePteanemfecundo 
jfmperat accderare aelo. 



!29 Le labyrinthe Royal 

^on eH laèomm dignior Herculùi 
^acLm qu£ Deorum calicolaj mAntid 
Oflentat : tlla DiçdaUiu , 
iHa alias fuùerauit art es. 

magne Ifeu te ferfida prouocat 
Jn bella luno : feu Y'igndus minas 
Jntentat Emyfiheuj^ quadrigas 
tAnte tuas religantur ynh^ 

ODE. II. 

Tricolos Tetrafirophos, 

MAIESTAS. 
Aàfecunàum armm triumphalem. 

L I L I A. 

STEMMATO G RAPHIA,. 

<*Ad Kegum Callorum 
Jïemmata. 



Rcgnum f^KhCKTA Diuis ccditû fjdera 



Galliï cae- 
lo compa- 
satur. 



Terra incubaîe vidmiij Aetherâ, 
Calcjque Tellhri ^ro^mquos^ 
Et celeres per inane ftammas. 

Tradejiinato mmidits ah ordtne 
Totuj recefjit'. pendulaRegtbus 
Sijîuntur aHrar, qu£ per orhetn 
•Aurifero fpatientur igne. 

.^uidquid quadrato magna yolumine 
Circumrotahat machina^ proxtmum 
Terra tenetur : G alla Tellus 
Tergemino foholefcit ajîro. 

Zam Celta orIos argnit, g^ fia 
Diuinitatem haiulat in/inuî 
Uîc Ule^ qui quadrnm yocahaê 
êiwpyrmm modo Jt dit ardor.. 



*i 



âe t Hercule Gaulois Triomphant:. 

Siue Agnuâ iïïic hraciiat locum , 
^m ciuitdtemfielliferam régit: 
Seu turba Diuorum beati's 
Elyjïum radijs colorât. 

ciemcns Clementù aBri propitiuj fauor 

benignus: ^IfO COTufcanS CX CapltollO 

foiem rc- jrca'/ia terrarum henigno 
Interiùs pénétrât tepore. 

Vu illafolù flamme a^lnmine 
Remota pricfens permeat ownia, 
Eccliùtica fidens latina. Hy-- 
perùoreos radiât recejfuj. 

Cardinales Clemetjs UtifJis arcibiu incubât y 
mi^nora y~ g^ purpuratoruw agmina PrincipHtn 
Hmc tnde\ ficut inter ignés 
Sol rapiiur mediM minores. 

Rcgma ^^^^^ j^^g Thœben mittit ab Hefpero 
Suam fororem:quando ab Ethruria 
F ter que fùrgit , fue Thcebujj 
Siueforor 'Tje-neranda Vhœbi. 

Mlriç^no- Maria , fkuo quf properat mari 
men.vide Infiave.Keznu orta frementibMs: 

ad cap. «. ^ . 

huius libri. ^ux foj^es wfdme procelU 
Marmoreis dominetur yndis. 

c^/j ille claua terribilis polam 
Rex engo- Extcrret aflris additiis ? Hercules 
cttiem. ■^'^ fallor die , cuii^ alto 

Terra tremit flupefacïa noâo ? 

Leone y g^ Hydra, quce timuit^ do mat 
ArmatUâ' orbem, iamque fugacibus 
Infultat aflris: infolentes 
Orbe feras fupero fatigat. 



Ce 



TfUin 



222 Le labyrinthe Royal 

îaftea'tîfTx'^^ c^»^/cd«;^w luno puerpcra 
Domine Cdlkm refufo protulit vhere^ 

yâ-Ka. id Dum Ucîat Alcîdem , paptllis 
^^'"- La5îeolo faliente rtuo. 

Hic Gallicanas pctruulit^ Hercules 
Suxit PapiUa-î ; lilia, qu£ modo 
CruentAi USîefcente puros 
Hercule fjufcipmnt colores. 

Dur Gui- Hac parte fulgeus Herculeus nepos 
nepo/li'lt- Incedit : alto fydera ^-vortice 
tcm. 'Detorquet,alterntfque Phœht 

Cum proauis comitatur aflrum. 

At Martis olli confpicuus décor, 
Ardenfâue yultuj argmt mclytum 
Micare numen : martiales 
TPulfàt equi cataphraBii-s armas, 

Turmafque ducit ; pila minac'ihiu 

Ver fans lacertis : arma falo frémit^ 
Arma arma c<zlo , yentilatis 
Armafolo quatit Auriflammis. 

Concftâ- Saîurnus auo maximus impetu 

biiis Mot- SubieSîa raptat fydera, dum ftmul 

sacuinum. Latonidos ducit gemellosy 

Aut refugam remoratur nAroîon. 

aAnnofus ïnquam , qui grauidam Hercule 
DuSîat parentem, denfâque dijfipat 
Ohjîacla belli, lam feneSîa 
Decrepitas réparât lucernas. 

Beileute ^[^fus tlllNC eloûulo pOtetlS 
Cancella- 1 L 

rius Mer- V^cpos Atlafjtis, qui toties pdem 
lam paùîns heroum qmetam 
oAutor amafy religâtque pacemi 



Aut 



de l Hercule Oamoté Triomphant. 22 j 

Aut Atian- ^^^ fallor^ Atlos njerms arduum 

Curarum Olymj)um fuUinet , ^ Polis 
y trinque luxaiiSy bihhrem 
Axem humerts, animifque torquet. 

. U^ec fixa, celant agm'ma Trinci^um: 
principes zAurato, ca>nùo lilia cctmlo 

icliquafiïa _ ; • /^ p 

fydcra liiijs tulgent^ inerratitejque flamme 
g'twd. ^'' ^^ clypeo glomerantm yno. 

Eipeftatus Hoc vcre Taumm fùrgere non yides 
"o Ddphï- Soli propmquumj cm micat aureum 
nus Prin- 3)^ froute comu ? yerna, Tmro 

ceps Altro '' -' 

vernocô- Profùeritos yenïente fhmt. 

paratur. ■'* J o 

Nouate Galli fundituj intimas 

ProgBofti- -L, 

cum noui Terra recejjw : vere oriens nouo 



Czfans. 



lam folij ad Taurum cadentii 
Fax végétât) renouât que mundum. 

lam fqualory aut fi qu£, macies pecuj 
Tardât ytetum i fi.que noualta 
înculta fidunt , fiole "verno 
K^gricoleu adhibete Marras. 

jEterna calo durities ineB : 

Kmna^ gx' anms non temerabdes 
Rotantur orbes , fiempiterno 
Ajîra volant fiociatafiato. 

Caefiar fier auum n^ergilias fiedens 
Durabit mter^vel libra ficorpium 
,^à tardât, vnca contrahentem 
Brachiai fiydereâfique cheloi. 

ïlîo refidunt aquorafiydere: 

Hoc tut a in vndis cymba fiu^ernatat-, 
Saluôque luSîantes per Aufiros 
ISlaitta vehet Dromades apluflro. 



C c i ODE 



p 



22^ Le labyrinthe 'Royal 

ODE. III. 
Dicolos âifirophos. 

FELICITAS. 

aAdtertium arcum triumphalem. 

MALA AVREA. 
IDYLLIVM. 

I Ande triumphaîes Heroïcavena Dithyrarxifos: 
Cortma fundo mugiat recujjc. 
Tu ferrugineum mea detere Cajîalis teporeWy 

éMox Imreandos "ventda, fujurros. 
Tor fentes Genios, O* transfuga flabra fomnolentiSy 

Kefundeyrmo defluente yems. 
Decurrant agiles fejîo fede.fluSîuante Lmho, 

Apollmam Naïades Larina. 
.^mdqmdinejî amm(C pulmonibnj excitante Vhœho 

Totum fu^erho ftiret apparatt*. 
In lyrico Tragicum fujfundere difpares fuadent 

Kegifquelauri^ connigifque myrti, 
Thejjiiaco 'uenit iile per omnia deuehenduj axe, 

Hac Tetrachordo terfonanda pleSïro. 
Ingredimur locafeta tepentihn^s hincy^inde ah Suris 

Magno minantes Infula^ Atlanti. 
Hic jlirtunatum furgit nemuf^ hic epaca Tempe 

Centuplicatîs pullulant ocellis : 
Vernanti Zeplyro grauidas coqutt rber aura glehas^ 

JEquantque Botri 'Tampinos fcquitces. 

Propofitio „, I r r^l T- r 

bipartua. "^AYte alla jpira?3t Florentta prata y ère Thjco^ 
viridaria AïïK^na ïnonte^ ftorCy fronde, fonte : 

Proxtma gemmato mala aurea germinant tn hortO) 
GiiUilam. Ridente oliuis,lilîjfjue campo. 

Mollihiij lUa duoperagrahmttéyoThalia,plantis 
Entoujtapno^ numimfque pleni. 
Primiî de ^ua prmhn auratis nubit fréta terra lenta ramis: 
ncndu:poft Herûoja Uto mox '-uireta prato. ■ 
de fiorcn- ^^^yjQ^^ avtefores feritat Draco fuaueoletishorti 
Dcfcriptio j inuidendas braSieante Meffes. 

peridû pro uifjc rofor Rhodanuj de naribuj.atme Ararrefiexts, 
Gallia. -; . ' ^ ■' 

Late tacentes Jkmunt per agros. 



i»m 



de t Hercule Çaulois triomphant, 22 j 

jfntus Hamadryades fluitatihué ante cmra peplts, 

f»ter/irepeNtfs flutibtu Fauoni 
HeJ^eridum nex£ focidibus ad manum cauruis, 

Lafciuientes implicant choreas. 
In medio radiant^ crépit a,ntihu4 inter ama pomù 

FruSieta nono comparanda ctelo. 
Omnïa per campum loca garmliit infùjùrrat amnù 

Submurmuranti huUiens in alueo. 
Vda. meliphylltf olet yndique^ hlijfjue ripa, 

Certatque <-ui5ïis Galluj albor afîris. 
Fcecundam Cererem Telltumarata dat quotannis. 

Et tmputatx 'vinex. phalernum. 
Jfllic iniHJpe mulSîralibtié mfdent Capellay 

Trahuatjue tentai la^em papillas : 
Tinguia necjtccis queruluj cremat Aujîerarua glebisy 

D^c rura aquofo radit Surui tmbre. 
tAutumni nunquctm fallentibuj ejjluunt Oliuis, 

Sua.fque mollis ficus ornât "vmbroj. 
Hue ijt Alcides BorboniHj : inde certpu anguis 

Cufîodis îllos fubmgare faflus: 
Ferratam rigido clanam frémit ad fores lacertOj 

Soùitque permx inmum Draconem. 
Submittente fera tumidum caput^ atqueblandientes 

Caudx fluentis replu ante no dos, 
Amphitryoniades meiiSyHerculis abnepos ^^(auarri 

Franca trmmphans infiila potituj 
yngredituryfrugefque [iio legit aureas in horto, 

vitro caduco decidente fruSÎH : 
Hefperiditm quoque titrba cubilibus Herculem recepity 

Et hoff?itales firuxit apparatus. 

Dcfcriptio _ i ri r^l J • u. 

Tiridarij bENSERAT hoc jolers tloretta^qutenemuj proptnqutt 
pro Ho" luxtà ^eatos nympha feruat hortos. 

iArdet ab Alcide uxm faucia^perque denfa fxdtti 

Syluarum oberrans nuptiale clamât. 
JEmulf^ Slyfio fondet lociAt , ^ cornante luco, 

Ami&na Ioh'hi lilieta traSîu : 
Luxuriant perpsndicuLvibuj ordinata Xyjîis, 
Et marginatis perma ambulacrts. 

Ce I C'e^a 



teatu 



220 Le labyrinthe Royal 

Cleha ^eridromidoi tegit aurea^ trïflicique Jlratai 

Ex fore fùirant ambulationes. 
Tars in fontes alij ffij^a ùrope germinant in herha: 

Tendent opaci's pars ^trinque ramts. 
Jn médium pomù certare Cupidines retortù 

Jlïic folebanty morjîuncuhfqiie : 
Alctdsm fmuladnjiridaria fentmnt ouantem 

Jam miti^aio ^erfrui Leone, 
Expédiant pharetras , O' fpicula 5 feuientihufque 

Tt^fcam fagiitù appetunt pueUam. 
"Vnm m incertum iaciens ferit , infimumque telo 

SortiîA beSÎHj pr^cpotens arundo 
Tranfadigit mediam-.penetralwHj mfidens meduUts 

Jiîjiillat altoé intus ore ftammas. 
lUisfuo ^usros jijii iubetHercult yicijjîmy 

tAdorta ymù fauaare t^dis : 
Accipit alternosm pe&ore'-uulmraiuj igfJesy 

raflifque Nympham nutihns lacejjît. 
7onmnit intervtrtiqiie'.Thala/Jton aduocata Sorgas 

jdp^allecianfam Cauar<ea cantat. 

ODE. 1 1 1 r. 
Dicolos ^îHrophos. 

CLEMENTIA. 

Aâquartum Arcum Triuwphalem^ 

CARMEN SECVLARE. 

POsTERA compojitis aheunt contagia feclisy 
NoMoque munduj innouaturordine. 
' Aurea iam redijt, iamqae Aère a définit atoj, 

Tiacularts albet ex Tybri dies : 
EffraSïis votiua patent Capitolta njaluisy 

Et feculares pontife x pandit fores. 
Vndique propitiam circumfuit orbtsinyrbemy^ 

Suoque mundum T{oma claudit ambitu. 
Scandit Apojlolicas telliis habitabdù arces^ 
Inommaits €X£iata fordibffj:,. 



Flacata 



de ï Hercule Gaulois triomphant. 22 j 

Tlacata Tyheris fmai modo mttigat 'l'nda, 

Nec execrato lam redundat alueo. 
Afptcij orafis mitefcere fydera diuiS) 

Et rara ctelum conglohare fulmina ? 
Ipft vices fortita Dei Clementia princeps 

A crimimfa plèbe culpai amouet. 
Mïttor appenfo figit pu fulmina clauo, 

Vagaque fmnos mijctt licentia. 
Uofpitibics menfas, &> grata cuhdia ponit 

^otqiiot beata, yijîtamntlmwa. 
Accidit ante pedes miferis mortahbuj yltrOf 

Et recréâtes ofculatur hofpttes. 
Tontifices ad membra manus languentia primm 

LongAUHi^ atque fraSîiié annts admouet. 
Lajfa ^eregrmis pura quoque corpora lympha, 

Mixtifque gaudet expiare lachrymis. 
pietas! pojïtis aptat m^ntdia quadrisy 

Et ho^itale Vont:fex penum jirutt. 
Obfequw jiupefdcîa fents fedet ordtne longOy 

Beata tanto plebs Qupedmario. 
Tanta fui magno Clemetîti ejl cura peculi^ 

Eotiere mentes^ i^ fouere corpora. 
Interea ftmdt Rex Tranfalpmm amore 

Tabulas fub idc^-K tempus expedit nouai, 
T{egia vexato yemt mdulgentia %egnOy 

Nouumcjue Gallis apperitur feculnm . 
Viderat infefis populos concurrere fïgnis 

HenricHs , atque Regnum ab tmo yertere: 
Lu5î:ficazAle&o dirarum ab fedefororum 

JnfAYida latç bella feminauerat. 
Terra latrocinijs cmdibus ima dehijcens 

Centra cieri vfay lachrymabdes 
Teceratj excidijs prope conclamata^ ruinas. 

Sus deque vorf> deuoluta cardine. 
Bella gerebanturnuUos menturatrmmpboS) 

Suôque dues innatabant fanguine. 
Cumque foret Gallo Tunnisfpolianda lacerto, 

Terrajue dudum Turcus opprejfor facrot) 

In 



22S Le Uhjr'mthe Royal 

In fua tranfadigit n;tSînces '-vifcera dextrasy 

Suis ç^ tpfe Galluj artibfu ruit. 
Heu quantum terra potuii , pélagique farare 

FrancHs Tyranm terror Ottomannici 
Hoc quem Hugonot£ fuderunt fanguine Farca 

£x noSle nuper, atque Calitim faite. 
G allia, longmquos iam poneret 'Z'itima fines, 

Eademque Kegnt meta, qua mundi foret, 
Lilia poftremos pafim fererentur ad Indos, 

,^à drues orbes fecit HiJ^anuj nouos. 
Florida finittmum necfolo nomme Francum 

Ferret) fre tique ripa ^agellanict, 
Imperïo aurifuoj premeres.^HenriceyMolucoi» 

Et ditioris mfulas Taprohana, 
Sceptra Trauancorios regerent Borbonia colles^ 

Serujre docdù mailet Henrico lapon, 
^mnetiam pojiliminto repetit a redirent 

AJiA potentis) (^ Talefina loca. 
ISlofler Erythrteum miles decurreret aquor^ 

n)ominufque ruhro nauigaret infalo. 
Diues odoratum Calecuto efferret Amomum^ 

Et Cherfonefo quidquid aurea venit. 
Ignotas aliurn gentes reperijfei adJufrum, 

^uo Lujïtamu nauta tmllits appulit. 
Suh luga iam TanaiSy iam barbarus ijfet Araxes,, 

tiofinque cultus infolentes Tartan, 
^acchantttr tamen immemoresy cxâque furore, 

Dum perduelles inferuntRegno manus . 
Heu quodnon auderenefas! quidlinquereinauftim 

llJa populatrix confueuit H^rejîs ! 
Regnorum grauida exadijs, ^ fta cruors 

Exofa Diuisy non ferenda Regibus : 
Vergit minterttum fùmm^ inclinât a rainf 

Flos omnium Prouinciarum G allia. 
meaj quid trépidas? moribundaque peSîore ahima 

Gallia,fupremos Ufa ducis Jjiirituj > 
Ecce fenefcenti faciès redit altéra feclo. 

Et l.\ee?u demam prodcunî Saturnia^ 



Bmui- 



de r Hercule Çaulois triofnfhant. 22^ 

H er cuit de s Henricuj agrïs fua, t empara reddity 

Vmgejcme tend!, rejîimtas vberi. 

Aduocat antiquas odijs fdentih^ artesy 

Ver quai yetufitc fama creiut Gal/i^e. 

file prier po/i ta fontes compleSiitur iray 

.^uihiis redonet impiata crmina. 

Haffenuj indonntij alios fuperauerat armiSf 

fam yiSior ipfe 'umcitur Qementia. 

Félix mmmm geminis ClementibMs tetoi ! 

TûJîtifice fimmo Koma^ Kege Gallia. 

ODE. V. 

<iAd Qmntum (tArcum tr'mmphalem. 

OLIVA. 
PINDARICVM MELOS. 

Strophe. I. Col.ix. 

QViSQvis Olymptaco cert aminé 
Ex Eliacij oleù 
Captiij , Jîupet /Eripedes in fcammate 
Ter puluerulenta cttatù 
Curribus feruenti in agone rapt, 
Fumante arena, 
Liberù Bi^as habenis 
Semine ab ^therio, de naribuj 
D>cdalas fiantes anhelo ex ore flammas. 

ANTISTROPHE. Col IX. 

J{e Cronij Pelopis in pulueres 

^uà pnemia Tyndarida 

Jn <-uortice Olywpiomcarum tnferunt, 

Tojlhac ad olentis Epiruj 

Tr£petes yortant Oleeta rotas : 

Celtarum m oris 

Alter Alcides Olmas 

Seuit ad irrigua oram Sequana, 

Lineafjue> ^ carceres^ metafque ponit. 

EroDOs. Col. IX. 



Serio ^daunrte ludos 
TrtscipHante facity 



Dd Et 



2^0 Le Uhyrinthe Royal 

Et perafiù imperijs^ mentis 
Purtos trtumphos arrogat: 
Borhonides njezctAS 'vt- 
cirieiùitj aptat Olmas faîpehriii 
Vontibni Ijîriacù quales peregrè 
çAmt) hyt ri o ni ad es 
Extuiit feleSïa /Jiptamm tropxa: 

Strophe, t. Col.ix. 

,^ando in Hyperhoreù fecejfibfij, 

%ipciq'.ie T^oryphenca.^ 

zAd jatidicum louis authoris nemuSy 

Optabdts arhuta plantit 

Imlytis Bigts oper^pretium 

Interputiiuit. 

5 Marte defefo yicijjim 

, Artibus in yaria alternantibus^ 

, Ajfolet pdx ejje cordt pofi duellum. 

Antistrophe. Col.ix. 

llle Deo genttuj Volytropos 

.^inquatria Pancratij 

Pojiqitam facra ludicra primii inuexerat 

In "vorticibii-s reboantis 

jlpheij mox torrid^ Sole loca, 

Clmofque aprica 

Luce apertos exécrât us 

Slidis, <-vmbriferas ex Manalo 

Tranjiulit cum Qrua Oliua^s auricorm. 

E PO DOS. Col. IX. 

"Nofler jlcides Olmam 

Plantât ab Hejperia, 

Celtiberûm ex flexibui aurifluù, 

Iramque cmdem opprimit, 

^£ mferoâ inimtcat 

Turgida Imbus vrbes , ^,ferox ! 

Sanguinolent a brutos procudit enfes : 

D^uminis Ancipitis 

îHe pofi qttadrata quàm déliera clufi. 



Stro- 



de F Hercule Çaulois triomphant, 2j i 

Strophe. 3. Col.ix. -^ 

tAt mea. éMel^omene fer deuiay 

nAbruptaque quo froperaj} 

Ah dejïne Threïcias flridoribitj 

Chordas tenuare remtJSiSy 

Neu frofundo Vmàamm ab ore T)ijs 

Altè okoftantem, 

Aut fuos ^anes lacejfasy 

^ui per apertayoUns mfiar facne 

Alitis^fummo caput cutlo recondit. 

AnTISTROPHE. Col. IX. 

Florigera fed apis more^ ^ modo 

S tri dent i s-, odora Thymo 

Ter Thejf'Ja Tempey'-vt olentes roridis 

Exercita Sole SaliSiis 

ïN'ASiA ocellos, meUea fraga légat ^ 

Sudumque NeSîar. 

Cernuos Jïc parua pronïs 

Sijiey Thalia, pedes m falîibiUy 

FÏofiulos Herois extremofjue carpe. 

Epodos. Col.ix. 

Ah^ vide fisy ah Thalia-^ 

Florea. Tindarico 

1)1071 locis decliuthtij arua terûy 

JgnauA pleS^ro, pinnulis 

StrtduUjiners Scarabxui 

Jntyba amara legasy velcarduos 

Arcadico petori quales Nemauji 

Delicia ejfe folent 

Tfansfugis Germanicis ex Hypocaufits. 

Strophe. 4. Co].ix. 

In pAtrios cineres, yhi minxeranty 
Cùm rudere Tiadaricè 
^J4£ fylU nec a/picere^wc Jtnciput ' 
Ciiuumque forety cerebrumque 

D d f lUgio 



2^2 Le labyrinthe Royal 

V^egxo tiiho t ^cokhicque mala 
Exors , vel tlla, 
r^a Coturnices lotantur^ 
Ckm vaga Lufia a'^itat^ ^ortigwe: 
Heu I mauyfncaîa qui ruSlare cola 

ANTISTROHE. Col.IX. 

T'r,metnorahihtimfarta^mtmy 
Ojffii reflucnte^ pedum 
Si'obris tUfiicas.Piperij-, i^Thuribiis^ 
Lardoque juîura cucuHurn^ 
Jnuerecundi fatis^ hauà'^eriù^ 
De ru-re halba-y 
''Pwdaro Vlàutina p^fflan- 
tAnt probra , barbanem antiquariam. 
Et bacillo dt^fid cdrmma , cl'aî latrma, 

Epodos. Col.IX. 
Veierajj'e illos oporfet, 
Tri/îéque pukurepos 
Ad Bîdental detinwjfe grèges, 
■ Cïirn p'dmo ankeh ramidum of- 
fa.faturiimque Veratro, 
Spurcidicumque forum exhalauerat. 
THmeho^'eDco^vleSiroqise^yiiufzi 
Dexteriore aines 

OrtUitbiu }mdto impare Henricû Vci'tis. 

ODE. VI. 

Trico/os Tetrajhophos. 

AIAX MASTIGOPHOROS. 

Aâjexîum ^rcum triûphalem. 

D 1 T H Y R A M B V s. 

C"^ 'Est le tiltre de l'Ocîe {îxicrme.C'cftoit icy fa place ; mais l'Autheur a troiiiic bon 
^ qu'elle courut à part,pour ce que elle tcnoit vingr,&: quatre pages d'Jmprimene, 
&: cuft trop aIo:>^t rouurj,ge,dnqucl on dcfïroit raui: de voir le bour.ioinr qu'elle co- 
tenoicquelquesrcparnesgaillardeSj&importantcs à certains Huguciiocs, qui s'cftoiet 
voiîlu meOcr de faire des Odes,&: icra Icuc fcparemér,auec plus de loy(îr,&: contente- 
rjnct.Cependâr(an)ylccreur;pvoi.!rnelajf]cr v^uidccet Arc,ledict AUtheura iugcdeuoir 
eftre inféré icy en laplacc dcrOde,rhorofcope duRoy lignamer remarquable, &: ef- 
critauiourdefanaiflanceparvn des plus dodes Aftrologiens,que la France aye por- 
té de ce (îecle.'où vous remarquerez par le menu,tout ce que s'efl pafl'édu depuis en la 
pcii'onne de fa Majellé.aucc augure plus que probable de ce que nous attendons de fi 



ae L nercme Kjamou i nompnam. 2jj 

L'HOROSCOPE DVROY 

TRACE' A SON lOVR NATAL, 

par vn grand Allrophile 
de noftre temps. 

PAEAN. 

NOTA Mathemat'icis htecfîtgenitura peritisy 
^uos in confilium Parca Jeuera yocat 
tiota Sibyllmx perDindima cajîra, ruagantt 

Acropolis turbxjCafietlidumqae choro. 
Nec te vlebs Uteat qmd fiumina nota loquuntur 

Jfmurns O' Rhodope , faxaque dura canunt. 
CunSia falutifero fiieri verfentur in ortu^ 

Taanoj Ut os noSie die que canant 
Maqniu enïm cAo Van eH delappa ah altOi 

Cm feptem calamis fifiula nexa fmt 
Van Vyrenxte numen venerahile yern<e 

Cut pater Jlctdes, cuique Diana foror. 
Huiuj in exortu rifa efi confcendere libra, 

Et cancer medio régna fouere loco. 
Laniger occafum tenuit^Capricornuj in mo 

Car dîne regalem fidere fixit humum. 
Occiderant hojies vitx, Genijque proterui, 

Suturnuj quinti limitis loojjieserat. 
Awrebat Martem ^goceros^fed Sole propttquo 

Tôt a repugnantis ru refoluta fuit. 
lupiter emer/it'^quadrataque lumwa Solis 

Mercunoque dedit, mftt e^ ejj'e pio. 
Hofiibtté annexa Andromède religata catenis 

Septima lunan corpore yicia fuit. 
Luna dabat regnumjortunam^tempuj e^ annosy 

Auflralifque malumfuflulit Andromeda, 
Saturmque ^tces O' noxia lumina éMartis. 

Mirumeffeceruntyt cumulentur opes'. 
Prjecipue Cytheraa Venm^qux diuite forte 
^ Jlhtjîrat yitamjnohilitatque domum. 
Jntanto aflrorum concurfu.Mufa^quid optas 

Belli fuccejfuj^regna, m-el Uiperwm ? 

D d i, Tort nr-.-' te 



2j^ L,e labymwe Jsoyai 

Vortunate merycùm iam compleuerii annos, 

^os tua, pro mentù ferre corona, fotefl^ 
Aude altûuid dignum natura O* origine cteli, 

Nec timeas hofles folltcitate mari. 
Te decet eff'renatujeqmsycalcaria^turmtey 

Bella per externosyfinitimofque locos. 
Eu rop<e partes cum Gallis fœdere iunges'. 

Tt^vero mLihicas this ad arma faces. 
Inde Britannorum pugn<u renouabis atroces^ 

Oceanuffjjue vitra bella cruenta gères, 
î^on deerunt ammo'vtres^noH copia rernm: 

Succèdent yoto Jîngula qu/eque tuo. 
Cumque triumphantt fdix yi&oria cedet 

Dicet lo Paan G allia iunSîa tibi. 
Atquc reuertenti teretes fociabit Oliuas, 

Téque patrem patriajaurigerumque canet: 
Tu quoque cum populo patria virtute reliSîo 

Régna triumphali pace tenenda reges. 
lura dabis gentt Lybidz^fraEîifque Britannis: 

'Tlena erit auxtlio terra paterna tuo. 
Et natale folum Vernx. de nomme diBum 

Te modérante ytoi experietur aui. 
TCi Velut ajîra fonanti fidei pia cura tenebit 

Et fortunabtt relligionts amor. 
Sic aui£ lufîus merito cantaberis hteresy 

Et fies fmdis corporCy mente, fi de. 
Matris habes formam^conjîantia tota paterna efty 

Prudens confiliumprafitit ynm auus. 
Sic patris ^ matris ptlïucida fafÏHs imago 

Henrici numen, Margaridifque tenes. 
^uando erit tlla diesjiceat cum dicere faSîa 

^uf. iuuenis traS^ojy perfrciefque fenex ? 
Tu. mihi materiamfactlem,Nauarre,minijiras: 

Tuqtie parens^fed y os hac monument a décent. 
Bat t dut me a mu fa régit fermonis habenas, 

Bi prohibeî carmen longiudire meum* 



ODE 



de H Hercule Gaulois Triomphant. 2jf 

ODE. VII. 

Dïcolos Tetrajîrophos. 

NVPTIAE. 

^djèptimum Arcum triuphalem. 

EPITHALAMIVM. 

APOTROPAEVM 

HENRICI, ET MARIiE. 



M 



Ater aima, Cupidinum 
Intimum tra.be Cypria 
PeruoUns mare , Tufctte 
Galliam Gemalibtti 
iArdet addere udis. 



^ualts idalias Venus 
T^ldet inter OreadaSy 
Sic Tyrrbenia proximè 
ZJfqne littora garrulum 
Termeauit ad tArnum^ 

Intérim tahet Alitem. 
Kemtges dare pinnnlas 
Celttcis Aqudonibus^ 
Gallimmque medullitHS 
Vulmrare Gradimm. 

Nuptialta fauaitj 

îUe fpicula dum ùtbit, 
llla Virginis in JinUy 
llla "vultibus mÇideti 
Sejjttatque labellis, 

X 

lam reciprocA per falum 
Comme are Ligu^tcum 
Audiuntur identidem 
Antecœnia fœderis 
Incentma mgaiis. 



Inily- 



lïCUS. 



2^ s Le labyrinthe Royal 

Inclytum nurama genuâ 
^l morahitur amfliuii 
Z^irgtnem dahit Herculh 
Hercules numéral dies : 
Terdmande qwd objlas f* 

Triiemis q)um paras y rate 'Re^iay 

Regia: Re- ■* ' Va, ■» 

gius appa- ArgonAUtica <-vmcere 

Tran^ra molle loquacém 
Pontum arantia puppihis, 
Ferdinandey qmd objîas ? 

oAh ! fat eft modo, non tihi 
Ferdmande, penculum efl, 
Nequa pulchrior omnia, 
CN^uii <eqmra ytderiti 
Colchicumue nrofundum. 

Tota iam fora aureo 
Fornicata cacumme^ 
Indicifque peramhitum 
ZJihrat alta ToVa'KJjSj 
Ferdinandey qaid ohftas ^ 

Aureis laquearthujf, 
Aureo latere, aureis 
Clara remigijs fat e/?, 
Certatura Trtremibus, 
IPerficifque Vhafehs. 

\ndico ex Eheno foros, 
6xttmumque ratis latus. 
Dente in longum Elcphantïno 
Do5îa Tufcta yefijt, 
Muftuamque carinam. 



Vlti 



mam lam operi manum 
Addiditj nilnl tntus efy 
^uod deftderet artfexi 
Hercules numerat dies y 
Ferdi?tande) quidolflas? 



rrodeas 



de l'Hercule (gaulois triomphant. 2^ y 



'c 



Prodeoi noua nupta,Ji 
lam videtur , c^ afjîd 
tÂnte lilia fplendidù 
Vmonibuj fncljifa, 
Gemmeûmque petaurum. 

Regins ad Tardât anne amor. an dohr? 

fuos vltimu . rr n 

Talc. Tries quod tre necejje Jtt^ 

Lachrymifque frequentihtfiy 
Heu! matertera triHwr ^ 

Te Qorijîma moraîur. . 

Tatrm ofcula dum rapù^ 
Lti^uofâque per vicesy 
Or a, coud que carpiris. 
Hercules numerat diesy 
Maria, quid ohfiasf' 

Mira The- '^'d theatra yolantibitt 
ré"iJ'cx- Infrementia machinù, 
hibita. FenfiUfque Tragœdias^ 

Obfiupefcis^ abtt dies 
Maria, quid objias .<? 

files. Regia arte rotaiiles 

j^jlimare dapes^ quafi 
Lapfa fydera fulgtdum 
Apperire lacunar. 

Hac miracula , qua facit 
Patruué tîbi plurima, 
^anta nec Babilonius 
Venditajfe poteft labor, 
Ah relmque Marta ! 

Bfferi omine cum bono. 
Foras aureolos pedes, 
Aureâmque fùbi ratem :■ 
Hercules numerat diesy 
Maria, quid objîas ^ 



2^ s Le labyrinthe '\Royal 

Vltimum imemina vale, 
Et nomljîma, Tufcitc 
Reddè, KO» fin€ Uchryynisy 
Veibaydicque, vale mea 
Flore^aia tandem. 

■ i^n creptdine carhafa 
Reginafol-\. Haurientia profperos-y 
"'^- "-.> Plena puppe fauonios, 

V •' Te '-vocant^ & abit dtes j 
Maria qmd objîas ? 

jfte^ hntea liberté 

Explicate rudentibaj, 
Certatim iSîibus hdry«^ hic 
l^giam quAtientibuji 
Verberate carmamj 

2^e qua fropitijs mora 
Fiat -pltra tAqmlombtu : 
îam Kegina pedem mtuliti 
lam Regina ratem impulitj 
^cinde namta funem. 

Sed D^eptune, quid ^olis 
Aduerfam SauicNtibMJ homdas 

expcritur 

tempefta- Trouocare Dorazines 

***** ■ f r 

Aufe^nAHWHi objirepis, 
Reginamque laceffïs ? 

Z^ix Liburmca tra'ûjïjt 
Hofpito mare Itttora, 
TJixque fe Llgurumjaloy 
zAbfque turbine credidit, 
Jmmâmme procella. 

Taifroenria- nuhilus 
. '^uÇer-exaet aquora, 
• Cxrulufque fuprànigro, 
-.. Se'^tmfs Yejît*entibuSi 
Vsnto-deflMt^mUr^ 

Iam 



tein 



de l Hercule Gaulois ITriomphant. 2jp 

Jçtm ^hocenjïbtis imminet 
Sponft rorida fluSlthns : 
Sed'^etas, fàle turbido^ 
'Vorro progredi, o inuide, 
V^eptane, quid ohjîâs >. 

t^Ua famifja turbines 
Reginajn- Mi»!^ tenita defûîcit: 
omnespto- NulU Clûclia hachip 

cellas.ac- . , •' 

que intre- Vortiorwas Enatiit, 
Prtehantibué yndis. 

Hoc dejtderium Herculù, 
^JIhj hoc facit Hertulis^ 
D^e medullitHJ ix.Jit4.aris 
Maria^ Herculis ajiih^, 
Sentiat maris x,jlm. 

Mafllliam /»«'>^ AqUllowhm, 

fofpesap- Nympha fofpes lonijs 
LeEta portubuj applicat^ 
.^uid minas frémis irrita^} 
^J^eptune^ qutd objtcts ? 

ibi Rcgem ^^'^^ Ma/iha yirum 
prçftoiatut Opperitur^ adefî dies 

,^0 Ce amore reuinciant^ 

Vt tenax hedera hdc, & hâc. 

Arborem tmpltcat errans. 

Beiia Aipi- Sed Grudiu/^j inhorrmt : 
'^•^„',; Et Bellona ninaUbus 

Kegem in zAlpibns occupât. 
Ne fuam Mej^ara m ex mari 
Toji pertcU re^eptet. 

Jlla rogitur in die^"'^ 
liijidelta. de fuo 
Flere nuncia 'comuge, 
^(einmadejfeiiam i?î Al^ibus 
Dejùdare lo^umitur. 

Ee r ItlÀ 



na im 
méto l'un:. 



â 



2^0 Le labyrinthe R oyal 

Jlla fepiHs hoc ait : 

Immmet meus Hercules^ 
la m prono Rhodano ratem 
In Cauarihué appiil/t^ 
tN^uigâtque propwquus. 

lUe fiebiM hoc ait : 
Ite^ dicite > 77ec mora 
Crj(litiHj ftret Hercttlem 
Lii'iubn Me^ar<e dieSi 
Nec morahitur dUm. 

Heu ùarumper mhofhita 
Arma, mitior amoue-t 
€t nrocul faror igneus^ 
'^ellona, hmc cho ruat^ 
Atque Pace jequc^îru^ 

Tibî£ Ittuï locOf 

Pro cornu docdes lyr/e. 
Molle titfcio q'iid jc;u7it^ 
Inférant que ThaLffch 
Pro clangore tuharum, 

Perflas mpenetrahdiSi 
yirgmique fuum yirum s 
Zy'irginémque fuam Viro 
^mplacabdis abnuù : 
Ah Bellona quid objias ! 

Arma promouet Hercules^ 
Bombardifque tonantib(u, 
Alpiurn tuga concuttty 
Intérim pi A dum tcnat 
Deianira quej'elas. 

Dira^feua^ ferai horrida» 
^uidtnféantia dextero 
Vota diflrahis omine'*. 
Gaudijs properantibus 
Ah Bellona, quidobf as I 



Ktt[k}c» 



de F Hercule Gauloù Triomphant. 2^1 

fj^equicquam. nthil arduum 
omnia vi» ^^0 fuo timet Hevcule : 
cic amor. yfque ad Acrocermniai 

Inuijs licet Al^ibus 

Trofequetur euntem, 

Inter arma necejfe yJV, 

Inter tela necejj'e fit y 

Inter aka necejfe fit ^ 

^ Inter ima necejfe fit ^ 

Trofequetur euntem. 

Sextiafne "Vides Aquas 

J;o|'"c*ditut ^'"itla Elyfij locay 
Aqu«ri- O'ûmtentibuj AEolisy 

Uas ycrlus. 

ZJf'.jue planitiem Herculis 

Ter fuxofa volant em ? . 

Otyor Volacri NotOy 

lufj Druennca fer ijada^ 
Infidàfque nimis finus 
Hue frceteruolat ad tuosy 
Cauaraa , pénates. 

Lajfa Vontificalibus 
Pcruenit^ Confidere faUttjsy 

AueaioQc. x^ < ■ 

me a ^uenion-, "venity 
Improbumque via venit 
Mleuare lahorem. 

Hortulum vocat vrbiuniy 
Fiorem Tr- Flofiulum vocat 'z^rbium* 
Nil '^faria pra tuis, 
Ndque mœma pra tuis 
Florentina moratur, 

Sed defiderio fui 
Tota faucta corculi 
Longa. non trahit otia, 
IJixque delicias labrisy 
Hîc pnmonbw haurit. 

E c î 'Concitx 



2^2 Le Uhjr'mthe Royal 

Concitx inflar arundinis 
^duerfo Rhodano affatim^ 
Kecïo tramite nititur. ^ 
Hanc tenere nihil ^otefi : 
ytam deuorat ardens, 

sratim Lu- Ltigdunenfihm opptdo 
|duQ5 pro Gratulantibus admouei 

Kciuicur. 

LeEîicAm^ omine perbom, 
Ad yetujia Munatij 
MummentA Utini. 

Hic vbi ad '■veterem InfuUm 
Eaptori R.hodafio ptgrum 
Virgo fan dit Arar jinurrij 
Seque flumine cum fero 
Ambimte maritaty 

'Deianira hono Herculi 

Tandem^ tandem aliquando ft 
Tota tota remnctet, 
Vt tenax hedtra, hdc, O* hdc 
Arhorem implicaterrans, 

éÂîAHortis fatuvy ^ Jui 
CafirA deferet Hercules, 
Necy Mari A, periculum efi^ 
^ra ne magis yrgeaty 
^uàm tui Hymenai. 

Hymen, o Hymenae, Hymen : 
Craflini bue aderit die: 
ZJtx deno lapide hinc abefi, 
Ahîquem lam tottes yiji 
Tr^fiolarii miquis. 



AS 



caue hîc inAnia gAudia, 

tica proie- inAnejque Cupidines I 

quad iam Vrafto nuncià deferutiJi.:^ 

faûa. -* ■* , 

Kegem cajira mouri.-W 



adueniic. 



de F Hercule Çaulois triomphant. 2^j 

Niinciifi- ru^y^ accumbere cœneroi 

Cti ad Re- i 

ginam cœ- Duvi creduU nimctjy 

lœna. concubia^ cam aaejt 
^i triftes iterumin manum 
Det à Kege tabellas. 

. . ,. Omnium immemor, çy dapum 

Hinc ille *. 

lachrymae. \(tm vertdcfx, mndentiom 
Lttereu oculij legiSy 
Et jïmul reperis malè \ 
Regem cafira morari^ 

Vuherata medulUtujy 
Lihay "verhaque frotmus 
Exécrât Ai quadras proculy 
Et mantilia proijcisj 
Ingratafque tabellas. 

Tum refundis ab infimo 
Hac fufpiria ^eSîore : 
Dira^fteua^fera^ horridat 
Gatidijs properantib^ 
nAh Bellona! quid obflas? 



Rex net- 
inopinato 



Hynen, o Hymen/ce^ Hymen'. 
clam in CUnculum aduoUt Hercuks, 

répit. Iratamque loco prms 

Kegtnan tacite infpicity 
Adrepitque per aulam. 

Mox ipîaram à-nè fjLn^vriç 
intercipit. Commodum aggrediensytocosy 
Atque delicias facit, 
Ignotufque retro^ catè 
lllam ample fiitur omnem. 

Illa fenfit ab Hercule 
Colla non duhio premi, 
Su'jfultanfque metUjfimul ^ 
Regia in genua exilit^ 
Obtinetque marittm. 



Ille 



2^^ ]L,e lahyr. Royal de ÏJrTercul. Gaulois triont^h, 

llle fraude hona, prior 
Ruit notus in ofcula^ 
Atque humo trépidant aliénât.- 
Sic T{egi bona cum botta 
Nubit alite ijirgQ^ 

^0 quo mu fa ? fat efly fat ejî: 
Ah lam de f ne ferme ax! 
Ah iam de fine: talia 
Non décent fiera CaliheSy 
Pratextafque Camanas. 



Va t'en voirledeur en la page 146.1a place des fèpt odes fufdic^es, au Temric de 
lanus drefle au milieu du Change: où tu pourras voir à quel propos elles ont cité icy 
inrerees. Adieu. Et prie pour moy: fers, ayme, honore, glorifie, admirekRoy, ôcfi 
treshonorec, & heureufe conforte ; cjui eft toute larecompenfc, que-i'aetends de toy, 
pour ce mien petit labeur. 



DICITE PIERlDES.e?^. 



F I R 















SS^^ï-^ 



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